Thursday, March 28, 2013

Zone Euro: Luxembourg n'est pas Chypre! (Exclusif)

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Jean-Claude Juncker: "Luxembourg n'est pas Chyp... re!"

                       

La récente mise au pilori du secteur financier de Chypre devait faire l'objet d'une comparaison pour le moins hasardeuse. La gestion de la crise de l'île de Chypre par les différentes instances internationales comme l'Eurogroupe laisse quelques sérieuses réserves d'appréciation sur la logique primaire du plan d'aide international, « certains esprits se sont lancés dans une campagne de Luxembourg bashing »très ciblée. Dire ici que la situation du Luxembourg est fondamentalement différente de celle de Chypre est une évidence qui ne risque pas de surprendre ceux qui connaissent la réalité du Grand-Duché financier.


 
 
 
 
 
 
Confettis...
 
La première évidence est bien dans la diversification acquise à l'expertise de la place, à Luxembourg elle se compose par un périmètre d'activités plus étendu qui de la présences de banques à OPC et les PSF n'est en rien comparable à Chypre. Un temps au paradis, l'île s'était un peu trop vite imaginée comme l'égal d'un Luxembourg ou Genève. Les rêves de grandeur d'une place financière de l'optimisation fiscale aux dimensions internationales se sont heurtés au réalisme des fondamentaux d'une économie bien réelle. Le modèle luxembourgeois peut encore assurer un bon fonctionnement tant il se fonde sur des sérieux acquis, en partie liés à son histoire, et l'évolution des différents acteurs de la place. Peu à peu, c'est à souligner, les professionnels quittent le trop simple cliché de paradis fiscal pour asseoir un nouveau paradigme, celui d'une constante évolution réglementaire.« Il est clair que Chypre était un de ces nombreux confettis de la Zone euro qui souhaitaient tirer profit de l'optimisation fiscale, mais de là à vouloir raccrocher un tel wagon au train des autres places financières internationales, c'est faire peu de cas des experts et du professionnalisme qui font les places de Luxembourg ou Genève. » insiste notre source.Au Luxembourg, le secteur bancaire contribuait à plus d'un quart du PIB du pays fin 2010 selon des chiffres du Statec, et a généré un bilan global de 796 milliards d'euros en 2011, ce que les médias relevaient dans leur étude pour tenter la comparaison avec Chypre....



Attali et consorts...

La problématique de Chypre est bien dans cette mono culture d'une économie jugée à juste titre comme « simple casino » par le ministre français de l'Economie, un Pierre Moscovici qui s'est ainsi évité l'occasion d'une complaisance toute diplomatique mais au combien salutaire tant il a bataillé dans les conciliabules de Bruxelles «  pour que certains évitent de charger plus encore si mauvaise barque! »Le plus important était de voir ses réserves sur le fait de pénaliser les plus petits épargnants, enfin acquises au plan d'aide international acté. Plus tard, en Allemagne, certains se sont lancés dans une comparaison assez « gonflée » entre Luxembourg et Chypre, profitant de « l'occasion » pour tirer à vue sur Luxembourg, histoire de faire le buzz... Une opération vite « dégonflée » par les services du gouvernement luxembourgeois qui viennent recadrer si mauvaise entreprise... En ordre de bataille, « Le dauphin de Jean-Claude Juncker qu'il m'est possible d'entrevoir comme un sérieux successeur pour ce qui est de défendre Luxembourg, un Luc Frieden qui nous avait donné de sérieux gages dans la gestion du « Livangegate », montant au créneau pour défendre la BCEE, la banque et caisse d'épargne de l'état luxembourgeois (un des meilleurs rating au monde!), enferrée un temps dans une sombre affaire  par l'effet de certaines présumées complaisances elles aussi, pour le moins hasardeuses!» précise notre source à Luxembourg.  En effet le ministre des finances luxembourgeois vient de répondre aux facilités de certains médias allemands qui devaient pointer des comparaisons en forme d'allégations douteuses sur le risque inhérent d'un état qui se consoliderait par l'apport jugé « comme unique » de sa place financière et donc logiquement prépondérant. C'est en partie fondé sur la matrice du modèle luxembourgeois, « ...certains vont bondir, mais c'est une analyse en rien complète! » et donc objective tant le Luxembourg peut se prévaloir d'autres secteurs qui viendront vite faire mentir des « Attali et consorts qui devraient pointer aussi dans leur analyse des sociétés comme SES, RTL Group, j'en passe, et des meilleurs...» devait conclure notre source. Démarche salutaire pour enfin comprendre que ce pays cultive aussi les talents de la diversification. Le ministre allemand des finances est venu siffler la fin de cette mauvaise partie en soulignant  «Chypre était un cas très particulier, tout le monde le savait», a ainsi déclaré ce jeudi le ministre allemand Wolfgang Schäuble. Selon lui, le modèle économique du Luxembourg est totalement différent de celui de Chypre. Il juge  par ailleurs infondé et clairement «absurde» une comparaison entre les deux pays. De quoi compléter la prise de position de l'ancien patron de l'Eurogroupe, le premier ministre luxembourgeois, un Jean-Claude Juncker qui s'en est ouvert sur la chaîne de télévision publique allemande ZDF: «Je ne me sens pas visé car il n'y a pas de parallèle à faire entre Chypre et le Luxembourg. Le problème chypriote était un problème exceptionnel».





 
 

Etienne Schneider, ministre VRP en Russie avec Jean-Claude Juncker, et M.Medvedev!
 
       
 
 
Economie diversifiée...
 
 
Etienne Schneider, ministre de l'économie du Grand-duché est à la manoeuvre pour ce qui est de diversifier, et donne le change à cette curée médiatique pour le moins légère... D'ailleurs «  ... notre premier VRP est bien Etienne Schneider, mais au pays,  il ne manque jamais de faire évoluer les mentalités sur le sujet!  (...) Il fait tous les possibles pour mettre en accord le Luxembourg financier avec l'ensemble des acteurs de notre économie, intervenant sur Mittal, Cargolux, développant la logistique et tous les volets de l'innovation...», il y a une réalité, le secteur est surdimenssionné dans l'échiquier économique luxembourgeois, mais le ministre met donc un point d'honneur sur le besoin constant de diversifier celui-ci. Les fondamentaux et le rating luxembourgeois sont à des années lumière de la réalité de Chypre, la raison, l'histoire de ce pays qui se solde encore avec un déficit inférieur au 3% imposés par Bruxelles, même si la crise contraint l'état luxembougeois « à prendre les justes mesures pour traverser une période à l'évidence plus complexe, faites de vents contraires... »en fait de quoi fermer le banc. En début de semaine, le commissaire européen en charge des Services financiers, Michel Barnier confirmait déjà notre analyse; « Ce n'est pas à Luxembourg que s'est posé le problème, mais en Irlande avec certaines banques, en Espagne, au Portugal », histoire de calmer certaines ardeurs pour ne pas dire envolées lyriques de bas étages.


 Luc Frieden, Jeroen Dijsselbloem président de l'Eurogroupe, Christine Lagarde du FMI.

  



Boîte aux lettres?
 

Le ministre des finances luxembourgeois est attentif à l'image de sa place, Luc Frieden s'est frotté aux joies de la communication « de crise » est finalement tire certaines lettres de noblesse de ces tristes expériences du passé « un montage plus tard, il me comprendra... ». Précise notre source à Luxembourg. On ne viendra pas ici donc s'étendre sur ce reportage de France 2 qui pointait la problématique de l'érosion de l'assiette fiscale et les fameuses « ...boîtes aux lettres! », dont acte. Aujourd'hui, le ministre nous revient en force avec une communication adaptée, directe et plus en phase, comme très réactive, pour ne pas dire enfin clairement à propos. Nos nombreux amis à Luxembourg le reconnaissent, eux qui travaillent dans cette place financière qui se bat comme l'égal d'un Genève, pour assurer un avenir sur un secteur qui n'en doutons pas, doit rester sur « le vieux continent, et lui assurer l'empreinte de son histoire. » Il serait regrettable de tirer à boulets rouges sur un secteur qui bien que pouvant faire « légitime débat, permet toujours de maintenir de la croissance et des leviers -indispensables- pour l'accompagner!»


Pour Luc Frieden, Luxembourg et Chypre présentent "des similitudes, la taille du secteur financier par rapport au PIB", a reconnu le ministre des Finances, mais s'est empressé de souligner à juste titre, les différences, comme une "grande diversification" tant en terme d'origine géographique elle aussi très différente, Chypre étant « une arrière boutique de certaines fortunes de Russie! », précisait d'ailleurs un rapport de l'Union européenne sur « le blanchiment » nous précise une source diplomatique européenne proche du dossier. Luc Frieden a également insisté sur « le type de clientèle avec les fonds d'investissement et la gestion de fortune. » par exemple comme la nette progression de "l'Equity Family",  insistant sur le fait que « Luxembourg n’adhérera-t-il pas à des politiques qui viseraient à renationaliser des éléments du marché intérieur et à y introduire des éléments contraire à l’esprit des traités et au bon fonctionnement de l’économie... », rejoint dans son analyse par le gouvernement luxembourgeois qui s'est dit mercredi « ...exacerbé par des comparaisons entre secteurs financiers internationaux dans la zone euro.» tout en rappelant que le Luxembourg abritait quelques 141 banques de 26 pays différents dont 9 pays de la zone euro. Notant au passage que les établissements français et allemands représentent plus d’un tiers du secteur bancaire luxembourgeois.

 «En ce qui concerne le secteur financier au Luxembourg il y a lieu de souligner son caractère fondamentalement international au sein de la zone euro qui fait de lui un point d’entrée important pour les investissements dans la zone euro. Ce secteur contribue ainsi à la compétitivité générale de tous les Etats membres». Précise le communiqué du gouvernement qui réfute l'idée de ne calculer le risque d'un secteur financier qu'en fonction de sa taille par rapport au PIB: «Sont au contraire d’une importance primordiale (1) la qualité et la stabilité du secteur et (2) et sa taille par rapport non pas à l’économie nationale mais bien par rapport à la zone euro et au marché intérieur dans leur ensemble».

La BCL (Banque Centrale du Luxembourg devait même insister sur le fait que le gouvernement luxembourgeois n'est impliqué dans la place qu'à hauteur de 6 % du PIB (jusqu'à 10 à 11 % si on prend en compte les garanties), alors qu'à Chypre, l'État investit dans les banques pas moins de 30 % du PIB. «C'est une autre dimension.» devait conclure son chef économiste interrogé par les médias luxembourgeois, Jean-Pierre Schoder.

 


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Pour compléter votre information:






  
 
 
 
L'innovation au Luxembourg...  
 
                                                  .http://www.luxinnovation.lu/
 
 




Le secteur financier luxembourgeois:

  • Le secteur financier luxembourgeois est fondé sur cinq piliers incluant la gestion de fortune, les prêts internationaux, les produits d'assurance, les fonds et les produits structurés.
  • 141 banques pour 26 pays.
  • 3.840 fonds d'investissement vendus dans 70 différents pays dans le monde.
  • Plus de 700 investisseurs de 60 pays différents.
  • 66 banques dépositaires et 139 administrations centrales sauvegardant l'administration des actifs.




     Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF):



     





     
     

    Un des articles sur la comparaison...

    "Die Welt" (langue allemande)

    http://www.welt.de/finanzen/article114592788/Auch-Luxemburg-hat-fragwuerdiges-Geschaeftsmodell.html





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