Sunday, March 17, 2013

Zone euro: Chypre,10 heures pour 10 milliards!

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                          Chypre: Un plan d'aide de 10 milliards d'euros plein de promesses...



 
« C'est une catastrophe! »,notre source à Chypre résume ainsi l'accord de la Zone euro et du F.M.I qui porte l'aide à quelques 10 milliards d'euros maximum, c'est à dire bien inférieur au 17,5 milliards escomptés un temps par Nicosie. Une stratégie bien différente que pour l'Espagne, la Grèce ou l'Irlande. Dès les premiers conciliabules à Bruxelles, était palpable un certain malaise: « Plus d'une dizaine d'heures de négociations avec les principaux contributeurs du plan d'aide qui sera finalement acté au terme d'une énième réunion très rapidement décrite comme là aussi, celle de la dernière chance! Une opération qui comme de coutume plongera un état dans l'austérité la plus rude qui soit. » Le F.M.I devrait participer à hauteur de 1milliard d'euros, la directrice générale Christine Lagarde étant intervenue pour confirmer sa contribution pour le plan d'aide, coupant court à la rumeur qui prédisait un possible refus. Des débats jugés longs au même titre que les nombreuses sollicitudes de l'expertise du président de la Banque Centrale Européenne, un Mario Draghi jugé très pragmatique sur l'urgence du cas chypriote.
 
 
Taxe exceptionnelle...
 
La plus grande annonce sera bien celle d'une taxe spéciale et donc exceptionnelle, elle visera principalement et directement les dépôts bancaires chypriotes et pouvant aller jusqu'à 9% des encours et une retenue à la source sur les intérêts de ces mêmes dépôts. (6,75% jusqu'à 100000 euros) « C'est une nouveauté dans le genre, le signal donné par cette exigence risque de voir aboutir une levée de boucliers des épargnants, un pays comme la Russie pourrait représenter jusqu'à 20 milliards d'euros de dépôts, les ressortissants et consorts apprécieront! » Les relations avec la Russie étaient plutôt bonnes, liées en partie à l'histoire du pays, cependant il faut s'attendre à une certaine remise à niveau des liens historiques, mieux diplomatiques, « Il faudra bien sauver le soldat chypriote... » La facture risque de laisser des traces, Moscou donnera sa première réponse lors de la prochaine rencontre avec le ministre des finances Michalis Sarris, « Une réunion ce lundi que beaucoup perçoivent comme celle d'un homme désemparé par la tournure des évènements. Le plus compliqué pour lui est bien de devoir assurer seul le service après vente de la décision de la troïka. » L'ancien président de l'Eurogroupe, le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker était monté au créneau pour éviter que Chypre sorte de la Zone euro et relance les potentiels effets domino tant redoutés. « Il faut rechercher une solution qui ne soit pas un effacement pur et simple de la dette! » Avait-il clamé tout en confirmant « Je ne peux imaginer que nous laissions passer le week-end sans avoir résolu le problème chypriote. »
 
 
 
Blanchiment...
 
Selon différentes sources, il n'est pas impossible que Moscou soit en mesure de donner le change, une piste de prolongement d'une maturité d'un prêt de 2,5 milliard d'euros venant à échéance en 2016 serait en partie acquise à la cause chypriote. « C'est pour certains observateurs, le blanchiment d'argent de Russie et autres qui est visé par cette mesure, il fallait remettre certaines pendules à l'heure, c'est chose faite! »précise une autre source. Un audit sera réalisé pour faire un état des comptes, il serait déjà bien entamé et risque de soulever « certaines altérations des bonnes pratiques d'un état membre de l'Union européenne... » A l'image de la Grèce, il faut s'attendre à des mesures précises qui au delà de la taxe spéciale, viseront à mettre en place « un plan de privatisations plus rapide et efficace qu'il ne fût pour la Grèce voisine. »Madame Lagarde pour le compte du FMI s'est faite très précise sur le sujet « Nous ne voulons pas d'un pansement , mais d'une solution qui dure et qui soit soutenable. » L'Allemagne devait insister pour que l'épineuse question du blanchiment (Paradis fiscal, centre de blanchiment d'argent sale, secteur bancaire hypertrophié, régulation laxiste...)  reste au centre des débats.
«La confiance en Chypre, comme endroit où l'on peut avantageusement garder son argent, est désormais ruinée», estimait le président de l'Association des banques régionales russes, Anatoly Akasakov.
 
 
 
Pas facile...
 
Dimanche soir, le président chypriote, le ton grave, devait informer son peuple que la taxe spéciale exceptionnelle allant jusqu'à 9,9% des résidentiels était censée devoir rapporter 5,8 milliards d'euros d'après les premières estimations de l'Eurogroupe.
 
Cette option serait selon le président chypriote « L'option la moins douloureuse! »Précisant dans une allocution télévisée que « Ce plan n'est pas celui que nous souhaitions mais il est le moins douloureux compte tenu des circonstances. (…) J'assume le prix politique pour cela, afin de limiter autant que possible les conséquences pour l'économie et pour nos compatriotes», a précisé Nicos Anastasiades.«J'exhorte les parties au Parlement à prendre une décision. Je la respecterai pleinement, dans l'intérêt du peuple et du pays»,(...)  «J'espère qu'ensemble (...) nous prendrons la décision la plus sage», a dit le président. Il a assuré avoir «bataillé jusqu'à la fin» au sommet de l'Eurogroupe. Il a aussi admis que «la route ne sera pas facile».
 
C'est ce lundi après-midi que son parlement se réunira pour entamer le processus pour la ratification du plan d'aide, il semble que des mouvements sociaux soient attendus dès l'annonce des débats liés au plan controversé. Le président ne cachait pas que la route serait en rien facile, invitant ses compatriotes à l'aider dans cette étape cruciale du sauvetage du pays. A suivre...


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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