Sunday, December 23, 2012

Zone euro: Eurogroupe, la succession de Juncker fait toujours débat!

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                                             Jean-Claude Juncker, fin diplomate...
On le savait, remplacer Jean-Claude Juncker est une mission bien délicate... Loin de faire consensus, le nom du ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem serait bien moins accepté par les Français comme il semble l'être d'avantage par l'axe des petits états du nord de l'Europe et par les Allemands
Jeroen?
Les Allemands sont bons clients de l'idée de voir la fonction revenir à un petit état de la zone euro, mais semble subsister de sérieuses réserves sur les qualités du néerlandais: « Un problème d'envergure pour une fonction qui suggère un talent démontré de diplomate dans l'âme, diriger l'Eurogroupe dans le contexte particulier de la gestion de la crise et du calendrier qui s'annonce ne sera pas tâche aisée. La mise en route de la supervision bancaire, celle même qui préfigure l'Union bancaire, les implémentations futures du rôle central des superviseurs et dont le principal comme la Banque centrale européenne (BCE), suggèrent une personnalité en adéquation avec Paris et Berlin.... » Nous confiait un haut diplomate européen. Cependant la candidature du néerlandais dispose d'un soutien amical du président sortant de l'Eurogroupe, le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker qui n'exclut pas de voir « la fonction occupée par une personnalité qui représente des idées que défendent les pays nordiques, sachant que les Allemands trouvent plutôt bon le néerlandais... »

Super Mario II ?
A Paris on préfère militer sur la prudence et se donner encore quelques autres pistes, «Histoire de bien mesurer le futur rôle que devra tenir le prochain dirigeant de l'Eurogroupe dans l'évolution du cadre de la fonction acté au conseil de Bruxelles en Juin dernier. D'une certaine façon, l'Elysée veut garder bonne main sur une logique qui gagne en épaisseur... Il se dit à présent dans certaines hautes sphères, qu'on ne serait pas contre un deuxième "super Mario", après Mario Draghi à la BCE, pourquoi pas imaginer Mario  Monti, « Un professeur d'économie fin diplomate qui nous a démontré sa loyauté au même titre qu'à l'endroit de nos amis Allemands.(...) Mais il est peu probable que le chef du gouvernement italien démissionnaire soit candidat, les italiens le préfèrent au plus près de leurs difficultés actuelles. » (…) « Le plus important est bien de trouver le candidat idéal, celui qui permettra d'assurer un équilibre entre toutes les réalités qui composent la Zone euro, c'est à dire au delà des seuls français ou allemands... » précise notre source à Paris.

Pierre Moscovici « en partage »avec Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances était « la candidature tandem en part time un temps sur les rails »,mais il en ressort que les allemands ne souhaitent pas vraiment donner « sa chance » au ministre français de l'économie. Sans compter que le ministre français ne semble plus intéressé par une fonction « qu'il souhaite renforcée et dans un cadre plus démocratique, c'est à dire devant rendre des comptes devant le Parlement européen en plus du Conseil européen... » Une idée qui ferait son chemin dans les conciliabules du Parlement européen.

Au pays!
Pour l'heure, « On recentre les négociations sur un profil de ministre des finances, essentiellement un profil d'économiste voir en réelle capacité de maintenir l'efficiente qualité d'entremise diplomatique cultivée par Jean-Claude Juncker depuis 2005. » (Année de création de la fonction informelle puis toujours plus formelle:ndlr) L'actuel premier ministre luxembourgeois étant toujours plus désireux de diriger la bataille des futures échéances électorales de 2014 au grand-duché: « Le pays étant dans un climat particulièrement rendu complexe par de nombreuses affaires d'états. Porosités avec des promoteurs d'un stade national dit de Livange, dont l'affaire éponyme, écoutes du premier ministre par ses services de renseignement.. (...) Notre premier ministre doit assurer à son gouvernement ses chances, elles sont en réelles difficultés avec la dégradation des fondamentaux de notre économie, des réels problèmes de compétitivité se font jour, un climat social dégradé et un système tripartite de négociation, longtemps vanté, semble à bout de souffle. La place financière internationale de Luxembourg est en pleine mutation du fait des nouvelles contraintes réglementaires, Mittal est aussi de la partie sans compter des investisseurs Qataris qui claquent la porte de la société aérienne de fret Cargolux, c'est dire que Jean-Claude Junker est attendu... au pays! » Insiste une source à Luxembourg qui aimerait voir en ses temps difficiles son premier ministre aussi irremplaçable, « ...vanté à l'intérieur qu'à l'extérieur! »(Ambiance).

Jean-Claude Juncker, ayant assuré que sa décision de quitter la présidence « du club» des ministres des finances de  la zone euro d'ici à la fin de l'année (ou au début de l'année 2013 dans les faits) était « irrévocable. »Il avait accepté de jouer les prolongations « en contrepartie de la nomination de son gouverneur central Mersh au poste vacant de la BCE. », sur ce point, « Il obtiendra gain de cause et satisfaction double, celui-ci s'étant vu confier le dossier de la supervision bancaire au sein de l'autorité supranationale de Francfort, bien belle consolation pour le Luxembourg ». Nous confirme un haut diplomate européen qui souligne l'extrême longévité de monsieur Juncker, chef de file des ministres de la zone euro qui « occupe son poste depuis sa création en 2005, et dont le mandat est arrivé à son terme le 17 juillet dernier. »

Pour l'heure, nous allons voir comment l'Eurogroupe et la nomination de son président feront consensus dans les semaines à venir, les négociations étaient encore trés ouvertes cette semaine... A suivre.


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