Monday, September 3, 2012

Zone euro: Mario Draghi dans le viseur de la Bundesbank!

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Mario Draghi: « La politique monétaire nécessite parfois des mesures exceptionnelles..."



« Trop , c'est trop!... » Dans les bureaux de la BCE, certains commenceraient à voir rouge! Surtout en lisant certaines manchettes de la presse allemande... Selon notre source, une certaine lassitude gagnerait l'institution...« On nous prend pour qui? » Alors que visiblement certains gages étaient sur la table des négociations, on remarque que la BCE se voit contrainte à subir de nouveau les foudres de la Bundesbank. « Il y a des bornes à ne plus dépasser, aucun texte européen instigue un pilotage systématique et automatique de la BCE par... les seuls allemands! » (…) « On voit bien que les marchés attendent des prises de positions déterminées, le nouveau programme de rachats d'obligations est une mesure indispensable pour une -entrée en matière- du futur MSE ! » (Mécanisme Européen de Stabilité:ndlr)

« La politique monétaire nécessite parfois des mesures exceptionnelles notamment quand les marchés sont fragmentés ou influencés par des craintes irrationnelles...», explique Mario Draghi dans les colonnes de l'hebdomadaire allemand « Die Zeit. ». Pour certains, il est clair que « le ton monte entre la BCE et la Bundesbank! », une posture qu'il nous faut relativiser tant les deux institutions sont tenues à s'entendre sur l'autel de la gestion de la crise de la dette en Zone euro.


Equilibriste

« On est plus dans des calibrages de la communication verbale que de réels profonds désaccords, chacun tire la couverture médiatique... sur son nombril. Les allemands bille en tête!  » Nous confiait une autre source bien informée. Cependant force est de constater que la qualité des relations est pour le moins très tendue voir « ...en profond décalage avec les habituels exercices passés des points presse de l'institution! », « Ceux qui se veulent rassurants, comme l'occasion de désamorcer certains conflits... d'idées! » Mario Draghi n'est pas nouveau dans l'exercice de la communication de crise, ceux qui le connaissent vous diront qu'il est homme de dialogue, mais à une exclusive: « Le dialogue constructif et seulement! » Car depuis des semaines, on remarque que rien est épargné au patron de la Banque Centrale Européenne, il y a des discussions de couloirs qui ne trompent pas... La situation est d'autant plus compliquée que le calendrier n'est en rien favorable « ...aux prises de bec! » La raison, l'attente d'un jugement par la Cour Constitutionnelle allemande qui doit venir sceller l'avenir du futur Mécanisme Européen de Stabilité, « décision qui tombera comme un certain couperet ce prochain 12 Septembre!... » Si d'aventure le premier bailleur de fonds de la Zone euro se voyait contraint par le contrôle de son parlement, il faut s'attendre « A l'effet domino d'un certain bordel! » nous confirmait une autre source à Bruxelles en affirmant que « Toutes nos décisions du Conseil Européen via le sommet des 28 et 29 juin risquent le statu quo, de fait... » C'est dire qu'il faudra une réelle compréhension des marchés, à vouloir mettre toujours trop la pression, « ...certains risquent de se tirer une balle dans le pied! » Mario Draghi est finalement partant pour donner un certain bol d'air, cependant il se doit composer avec les pressions qui s'exercent de toutes parts: « Sa méthode est bien celle de l'équilibriste qui se prépare au saut à l'élastique.... avec parachute! » (Quand même...) Mario Draghi comprend les impatiences, mais il suggère un champ d'intervention plus adapté au mandat de son institution: « Chacun doit comprendre que ses annonces sont une invitation à la modération! », (des propos), « Et de cette escalade médiatique -montée de toutes pièces- par le côté allemand qui ne veut rien... lâcher! » La très « devenue trop » orthodoxe Banque centrale allemande ne laisse pas l'épaisseur d'une feuille à cigarette entre tous les acteurs de la partition, on entend parfois que « Francfort est en Allemagne, la BCE est à Francfort, ...Dieu merci! » C'est dire la défiance que subit de plein fouet l'institution qui gère la politique monétaire de la Zone euro.
 
Intervention?
 
Pour apaiser l'ambiance, Mario Draghi, a bien rappelé que la BCE gardait en tête son objectif prioritaire de stabilité des prix, « qu'elle resterait indépendante dans ses choix et qu'elle agirait toujours dans les limites de son mandat.» Pour certains analystes comme ceux qui collaborent à Finance Offshore, cette posture semble exclure des rachats d'obligations illimités. « ...mais le contexte est clairement casse-gueule! Les prévisions de croissance en Zone euro sont à l'image des efforts de certains politiques, clairement baissières, de plus la baisse du taux directeur est certes possible, mais on s'attend plus au statu quo, partant de 0,75%, plus bas historique de l'institution! Il ne faut pas s'attendre à des miracles...  Le baume au coeur viendra avec des annonces concrètes sur les rachats d'obligations et une porte qui pourrait s' entre-ouvrir un peu plus...! » Nos sources à Washington tablent plus sur cette logique qui se voit contrainte à un certain attentisme du fait des complications liées au calendrier, la décision de la Cour Constitutionnelle étant « L'épine principale...  et puis soyons clair, il faut un ordonnancement dans les futurs demandes d'aides par l'intervention du FESF et du futur MSE! le côté formel qui suggère une demande officielle est à présent un acquis  incontournable pour les états qui souhaitent utiliser l'outil et bénéficier ainsi d'un soutien de la BCE. « En ordre, les Etats devront donc d'abord faire une demande d'aide officielle, impliquant des engagements précis d'efforts accrus d'assainissement des finances publiques, un cahier des charges qui serait défini avec le FMI en plus de l'institution de Francfort... ce qu'a de nouveau martelé Jörg Asmussen, membre du directoire de l'institution de Francfort.

Plus longs...

De toutes évidences, pas de surprise sur le nouveau processus, outre la demande d'aide officielle de l'état requérant, il faudra à la BCE suivre une procédure -précise- pour faire obligatoirement coïncider toutes interventions sur les rachats d'obligations. M. Draghi a déjà fait savoir qu'une action de la BCE sur le marché secondaire de la dette publique serait coordonnée avec les fonds de secours des Etats européens, le FESF et donc son successeur,  le MES. Notre source y va de son avis: «  Serait bien malhonnête l'analyste qui nous prétendra ne pas comprendre telle posture. L'indépendance de la BCE, que certains jugent toujours plus relative, se fonde toujours sur l'application des traités, si ceux-ci intègrent la définition d'un outil comme le MSE, elle se doit pleinement implémenter les procédures et donc forcement décevoir ceux qui plaident en faveur d'un certain automatisme sur la prise de décision. » (…) « Les paramètres sont plus longs, cependant réactiver, ce programme n'est pas impossible, il faut travailler sur la logique de la croissance! Certes la BCE ne va sans doute pas annoncer des plafonds sur les écarts de taux d'emprunt entre les Etats de la zone euro au-delà desquels elle interviendrait automatiquement... » Des analystes qui étaient rejoints dans leur attente par le président français, un François Hollande qui soutient le volontarisme de l'institution: «Quand nous constatons qu'il y a des écarts de taux d'intérêt d'une telle ampleur entre plusieurs pays sans justification économique, ça peut donc être une justification pour une intervention. » Mais selon Paris, « Le risque est toujours que la Cour Constitutionnelle allemande étende le champ du contrôle parlementaire en Allemagne, c'est à dire le premier bailleur de fonds de la zone euro, ce qui compliquerait davantage tout secours européen aux pays en difficulté. » A suivre.
 
 
 
 
 
Voici la tribune de monsieur Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne au quotidien allemand "Die Zeit":



En français?

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The future of the euro: stability through change

Contribution from Mario Draghi, President of the ECB, 
Published in "Die Zeit", 29 August 2012

Across Europe, a fundamental debate is taking place about the future of the euro. Many citizens are concerned about where Europe is heading. Yet the solutions presented appear to them unsatisfactory. This is because these solutions offer binary choices: either we must go back to the past, or we must move to a United States of Europe. My answer to the question is: to have a stable euro we do not need to choose between extremes.
The reason this debate is taking place is not the euro as a currency. The objectives of the single currency remain as relevant today as they were when the single currency was agreed. To spread price stability and sustainable growth to all European citizens. To reap the gains of the world’s largest single market and make the historic process of European unification irreversible. To raise Europe’s standing – not only economically but also politically – in a globalised world.
The debate is taking place because the euro area has not yet fully succeeded as a polity. Currencies ultimately depend on the institutions that stand behind them. When the euro was first proposed, there were those who said it would have to be preceded by a long process of political integration. This was because sharing a currency would imply a high degree of joint decision-making. Member countries would be a “Schicksalsgemeinschaft” and would need strong common democratic underpinnings.
But a deliberate choice was made in the 1990s not to give the euro such features. The euro was launched as a “currency without a state” to preserve the sovereignty and diversity of member countries. This informed the so-called “Maastricht setup”, which laid the euro’s institutional foundations. But as recent events have shown, this institutional framework left the euro area insufficiently equipped to ensure sound economic policies and effectively manage crises.
For this reason, the way ahead cannot be a return to the status quo ante. The challenges of having a single monetary policy but loosely coordinated fiscal, economic and financial policies have been clearly revealed by the crisis. As Jean Monnet said, coordination “ is a method which promotes discussion, but it does not lead to a decision.” And strong decisions have to be made to manage the world’s second most important currency.
A new architecture for the euro area is desirable to create sustained prosperity for all euro area countries, and especially for Germany. The root of Germany’s success is its deep integration into the European and world economies. To continue to prosper, Germany needs to remain an anchor of a strong currency, at the centre of a zone of monetary stability and in a dynamic and competitive euro area economy. Only a stronger economic and monetary union can provide this.
Yet this new architecture does not require a political union first. It is clear that monetary union does entail a higher degree of joint decision-making. But economic integration and political integration can develop in parallel. Where necessary, sovereignty in selected economic policy fields can and should be pooled and democratic legitimation deepened.
How far should this go? We do not need a centralisation of all economic policies. Instead, we can answer this question pragmatically: by calmly asking ourselves which are the minimum requirements to complete economic and monetary union. And in doing so, we will find that all the necessary measures are firmly within our reach.
For fiscal policies, we need true oversight over national budgets. The consequences of misguided fiscal policies in a monetary union are too severe to remain self-policed. For broader economic policies, we need to guarantee competitiveness. Countries must be able to generate sustainable growth and high employment without excessive imbalances. The euro area is not a nation-state where persistent cross-regional subsidies have sufficient popular support. Therefore, we cannot afford a situation where some regions run permanently large deficits vis-à-vis others.
For financial policies, there need to be powers at the centre to limit excessive risk-taking by banks and regulatory capture by supervisors. This is the best way to protect euro area taxpayers. There also needs to be a framework for bank resolution that safeguards public finances, as we see in other federations. In the U.S., for example, on average about 90, mostly smaller, banks per year have been resolved since 2008 and this had no impact on the solvency of the sovereign.
Political union can, and shall, develop hand-in-hand with fiscal, economic and financial union. The sharing of powers and of accountability can move in parallel. We should not forget that 60 years of European integration have already created a significant degree of political union. Decisions are made by an EU Council filled by national ministers and by a directly elected European Parliament. The challenge is to further increase the legitimacy of these bodies commensurate with increasing their responsibilities and to seek ways to better anchor European processes at the national level.
A more solid political foundation should allow for agreement on a basic principle: that it is neither sustainable nor legitimate for countries to pursue national policies that can cause economic harm for others. This constraint has to be built into how countries design their economic and social models. The only sustainable model is one that is consistent with the terms of a common currency. Countries have to live within their means. Competition and labour markets have to be reinvigorated. Banks have to conform to the highest regulatory standards and focus on serving the real economy. This is not the end, but the renewal of the European social model.
From the ECB’s perspective, a strong economic union is an essential complement to the single monetary policy. Building this will require a structured process with correct sequencing. Yet citizens can be certain that three elements will remain constant. The ECB will do what is necessary to ensure price stability. It will remain independent. And it will always act within the limits of its mandate.
Yet it should be understood that fulfilling our mandate sometimes requires us to go beyond standard monetary policy tools. When markets are fragmented or influenced by irrational fears, our monetary policy signals do not reach citizens evenly across the euro area. We have to fix such blockages to ensure a single monetary policy and therefore price stability for all euro area citizens. This may at times require exceptional measures. But this is our responsibility as the central bank of the euro area as a whole.
The ECB is not a political institution. But it is committed to its responsibilities as an institution of the European Union. As such, we never lose sight of our mission to guarantee a strong and stable currency. The banknotes that we issue bear the European flag and are a powerful symbol of European identity.
Those who want to go back to the past misunderstand the significance of the euro. Those who claim only a full federation can be sustainable set the bar too high. What we need is a gradual and structured effort to complete EMU. This would finally give the euro the stable foundations it deserves. It would fully achieve the ultimate goals for which the Union and the euro were founded: stability, prosperity and peace. We know this is what the people in Europe, and in Germany, aspire to.
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