Wednesday, May 16, 2012

Zone euro: Le paradis Luxembourg proche de l'enfer?

Tags




           Palais de Son Altesse, Chambre des députés, Luxembourg.



Le paradis Luxembourg proche de l'enfer? La crise nous donne ses meilleurs enseignements... C'est à Luxembourg que se préfigurent aussi les enjeux de la future politique de la Zone euro. Le team "Finance Offshore" est allé prendre "la température" autour d'une bonne table, morceaux choisis de nos échanges avec des luxembourgeois sympathiques, mais finalement très remontés... Ce petit état qui s'est fait connaître pour sa place financière aux dimensions internationales se cherche un nouveau modèle économique. Souvent brocardé comme unique paradis fiscal pour ses atouts de l'optimisation fiscale, ce pays doit composer avec toutes ses réalités...
 
En Europe, ce Grand-Duché n'est plus vertueux sur les questions macro-économiques, c'est le FMI, dans son dernier rapport qui nous le démontre! Enfermé dans un optimisme aveuglant, l'état est confronté  à la crise qui pénalise toute la Zone euro. Il en ressort  un besoin crucial de se trouver un nouveau modèle économique! Politiquement, il est un exemple relatif de consensus, dirigé par une coalition démocrate chrétienne flanquée d' un parti socialiste.  Il est un état qui se veut clairement progressiste après avoir été une démocratie chrétienne purement conservatrice.

Nombreux vous diront que ce pays est loin d'être dans la situation de certains de ses voisins, pourtant force est de constater que ce pays semble avoir été incapable de préparer son avenir. Partant d'un relatif confort économique, il s'est vu infliger certains ajustements qui lui imposent de se trouver un nouveau modèle macroéconomique, logiquement plus efficient... "Ici, on se trouve comme sur une île au sein de la zone euro en pleine tempête! Place offshore dont les qualités ne sont plus à démontrer, disposant d'un tissu économique très performant pour les services, il est un état modèle!" (...) "Le seul bémol, et il est de taille, le Luxembourg demeure extrêmement dépendant de sa place financière et de ses nombreux aménagements pour garantir une fiscalité des entreprises ainsi domiciliées... Elles veulent s'éviter des contraintes toujours plus croissantes tout en étant au sein de la zone euro..." Luxembourg, dégrisé par l'OCDE, "Pour avoir signé les fameuses conventions fiscales, il se retrouve dans la classe des "bons élèves", "(...)"ceux qui viennent vous expliquer que tout ce qui se fait ici est bien dans les cordes du droit européen...".  


"Souriez, vous êtes filmé..."

Cash, cash...
La première chaîne de télévision publique française (France 2) est venue faire son enquête! L'émission "Cash investigation" (la bien nommée) est venue soulever le tapis... "d'un certain poker menteur!"
Désireuse de démontrer l'envers du décor, les journalistes sont allés faire "les boîtes aux lettres"...
Du groupe Wendel à GSK..., le voyage s'est avéré salutaire pour une "certaine leçon de chose". Les observateurs les plus éclairés de la place vous le diront, la déconfiture du ministre des finances Luc Frieden, "... restera à jamais gravée dans les mémoires!" Pour lui, son pays est un état qui n'a rien à se reprocher ou si peu!  Des boîtes aux lettres? "Une plaisanterie", "...à Luxembourg ce n'est pas la réalité!" Toutes entreprises présentes "...démontrent une activité réelle!"   Il semble que l'on serait ici  bien plus dans l'interprétation du fameux périmètre du statut de l'activité réelle d'une société "...comme le permet le droit européen!" On remarquera vite la gène du ministre, qui à mesure des questions de la journaliste, s'enfonce vers... un certain déni!  Personne "lui en fera procès", pourtant le malaise est grand. Le nouveau président français se veut très réaliste sur l'épineuse question des paradis fiscaux. François Hollande sait trop bien que si la croissance peut devenir un atout "Il ne faut pas accepter que des territoires construisent leur succès au détriment des autres!" Cependant,  le ministre luxembourgeois des finances s'est engagé à transmettre aux autorités fiscales des pays d'origines des sociétés domiciliées à Luxembourg: "Toutes informations utiles aux autorités fiscales de l'état d'origine pour préserver le potentiel manque à gagner qui serait ainsi identifié..." . Une bien belle promesse: "Les juristes sont formels, ces belles paroles sont du pain béni pour toutes futures actions en justice contre l'état luxembourgeois! C'est dans l'état de New-York (?) qu'il faut s'attendre à certains revers, en effet les dossiers UBS et Crédit Suisse sont un premier exemple en la matière...." Le Luxembourg s'était plié devant les autorités américaines pour l'affaire Madoff et son encombrant sous-traitant luxembourgeois, Luxalpha...   

De Karachi à Livange...
C'est dire que "Finance Offshore", souvent bien informé sur ce genre de dossiers, vous annonce déjà quelques futures belles affaires "sur les notions de probité.. . made in Luxembourg".  "De bonne guerre, le ministre ne va pas se tirer une balle dans le pied, son état fait force de réelles compétences en la matière. (...) Les questions d'équité sont secondaires, pour cause..." Pourtant "les services secrets sont formels", de nombreuses sociétés domiciliées à Luxembourg ne seraient pas toutes exemplaires: "La crise du printemps arabe (montages divers pour fortunes de dictateurs familles et consorts...), l'affaire Karachi (montage de sociétés écrans vente d'armes), la présence très marquée de sociétés liées à l'économie numérique pour ""dumping fiscal"" (un rapport  d'enquête sur le sujet est à l'étude pour la Commission européenne:)  font un ensemble qui laisse perplexe sur le discours du ministre luxembourgeois..."La Commission européenne table sur un déficit public pour 2012 de 1,8%, un peu supérieur à ce que prévoit le gouvernement (1,5%). Ce chiffre serait ensuite ramené à 1,2% en 2013 et 0,9% en 2014, avant de se dégrader (1,8% en 2015). Cette tendance s'expliquerait par des changements dans la législation européenne sur la TVA dans le secteur du commerce électronique, qui sera perçue en 2015 dans le pays de résidence du consommateur et non plus dans celui du fournisseur de services. La perte de revenus pour le Luxembourg est estimée à 1,2% du PIB. Pas facile de communiquer dans un contexte aussi particulier, celui d'une crise économique qui n'épargne pas ce petit état confronté à des indicateurs macro-économiques qui ne trompent pas...

      
      "Le projet avorté de grand stade de Livange, ici déjà évoqué les pieds dans l'eau..."



Le plus intéressant est de savoir comment va réagir l'influent  patron -sortant- de l'eurogroupe "... notre actuel premier ministre luxembourgeois,  Jean-Claude Juncker!" Car dans le pays, un vent de renouveau souffle sur des braises ardentes d'une classe politique enferrée dans des affaires scabreuses. "Présumés délits d'initié pour le marché d'un futur grand stade national dit de "Livange", dont les épisodes judiciaires se compulsent comme un étau qui risque de rattraper certaines pointures" (...) "Il faut comprendre, ici c'est culturel, dans notre pays, on traite affaire autour d'une bonne bière locale, on va droit au but, tout le monde se connaît, alors on a tendance à faire des raccourcis... pragmatiques..." (...) "Mais il faut reconnaître que les temps changent. C'est sans compter sur certains opposants qui se disent lassés de ce clientèlisme, logiquement à mesure que pointent de nombreuses difficultés économiques structurelles."(...) "Ce n'est pas nous ici, qui avons cette distance utile pour enlever toute la passion d'une rancoeur voir d'une frustration liée à un système de castes locales..."

Incendie politique?
Le FMI, lui ne fait pas dans les sentiments, il remet tout "ce beau monde" devant ces responsabilités: " Il faut agir, l'incendie politique est proche, l'équilibre s'étiole et risque de venir casser "si belle machine!".  Alors que pour d'autres: (...) On voit bien l'incapacité notoire de nos serviteurs pour s'affirmer dans des dossiers aussi sensibles que celui d'ArcelorMittal qui vient de devoir fermer certains sites au Luxembourg suite à des commandes en baisse. " (...) "Les juristes d'ArcelorMittal partent gagnant dans la bataille, ils font juste une lecture des contrats signés avec l'état luxembourgeois, le reste n'est que pure fable politicienne..." Le groupe dont le siège est à Luxembourg n'en revient toujours pas, on lui demande de passer "seul" à la caisse suite à la fermeture de sites présents sur le territoire, mais ce même groupe ne manque pas de rappeler les imposants investissements effectués..." (...) ArcelorMittal en faisant le choix du Luxembourg se retrouverait donc unique  responsable de la crise liée à la mondialisation, " ...un peu facile!" Ce n'est pas évident pour ce groupe de devoir se démettre de certains pôles, il y a des compétences, des employés de hautes qualités qui doivent disposer de toutes les capacités garanties par les contrats. "Si l'état doit en prendre une part, il doit honorer ses engagements au même titre que le groupe le fera!" (Ambiance) 

Le premier ministre luxembourgeois est monté au créneau pour que les terrains des sites fermés reviennent à l'état. "Par compensation.." Pourtant nombreuses critiques fusent sur un gouvernement qui se défausserait toujours plus sur le groupe... "S'évitant sa part noble de critiques!"(...) "Jean-Claude Juncker se fait fort de faire la morale au peuple grec, il ferait mieux de s'occuper de notre pays, les employés d'ArcelorMittal sont des travailleurs biens formés et avec de réelles compétences, ils méritaient une autre implication. Notre pays n'a rien fait pour l'innovation, aujourd'hui, tout le monde découvre que le seul secteur financier est une erreur de stratégie!" (AmbianceII)

Croissance...
Bon il nous faut mettre un certain bémol sur les remarques de nos amis luxembourgeois "trés remontés!" Il y a un certain pessimisme qui gagne les classes moyennes du pays, il s'explique par une peur en rien différente de tout ce qui se perçoit en Europe. Mais dans ce pays "...il y a une nouvelle génération de politiciens qui veulent en découdre!" Au premier rang duquel , le ministre de l'économie (socialiste) Etienne Schneider qui souhaite par un PNR (Plan national de réforme "Luxembourg 2020") miser sur la croissance! Étrangement il fera l'objet d'un large consensus de la part de nos invités: "Quand il parle de croissance, on ne peut que lui en faire crédit, il connaît trop bien les raisons de la situation actuelle!" Car ce ministre conjugue "...optimisme avec réalisme!", en droite ligne avec les thèses programmatiques du nouveau président socialiste français, un certain François Hollande! En déplacement avec une fructueuse mission économique au Canada avec son Altesse Guillaume de Luxembourg (héritier et futur Grand-Duc), il ne manquera pas d'envoyer un signal amical au président français "sur la croissance!" ...alors que son premier ministre venait faire l'article pour Wolfgang Shauble à Paris "...chez son nouvel ami Hollande!".  (L'actuel ministre des finances allemand est un candidat à la fonction de chef de l'eurogroupe.)   Le plan luxembourgeois de relance se veut comme le marqueur de l'implémentation des objectifs que souhaite porter le gouvernement. Une construction matricielle sur les futurs fondamentaux de l'économie. Il a le mérite de faire force de pragmatisme et réalisme mesuré. Le contexte est particulier car le pays "doit faire des choix stratégiques pour anticiper l'évolution de la place financière toujours plus contrainte par les nouvelles réglementations internationales." L'Union Européenne préconise de miser sur la recherche appliquée et l'innovation, en encourageant le secteur productif vers des produits à haute valeur ajoutée. La R&D (recherche et développement) a représenté en 2010 1,6% du PIB, l'objectif pour 2015 étant fixé à 2% et 2,6% en 2020. La Commission de Bruxelles salue les efforts entrepris pour développer les politiques de R&D, notamment en renforçant les liens entre les grandes écoles et le monde de l'entreprise. Dans l'ensemble c'est un plan équilibré qui mise sur les secteurs clefs des services (très présents dans le pays) et donc  l'innovation avec la recherche, en passant  par les nouvelles technologies; notons un volet qui mise sur la formation avec un nouveau programme pour assurer cette évolution.

Dans l'ensemble, il nous faut garder à l'esprit les conclusions du FMI et de l'OCDE pour le Grand-Duché, elles ont le mérite de souligner un sentiment largement perçu par nos invités et amis luxembourgeois que nous tenons à remercier.


                             Cliquez pour comprendre. Source OCDE







Photographies: Tous droits réservés.



Finance Offshore © Copyright 2012 Tous droits réservés.