Thursday, June 30, 2011

Zone Euro Grèce: Les banques s'investiront en masse dans le plan de sauvetage.

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La Grèce en pleine rédemption?






Après de nombreuses négociations toujours plus ardues, le gouvernement Grec obtient une majorité pour faire voter son énième plan d'austérité. Largement crtiqué par son peuple, le premier ministre Grec Papandréou semble "enfin tenir la bonne corde".

Alors que le gouvernement et les parlementaires  étaient en pleine séance du vote crucial, de nombreux incidents se déroulaient sur la place qui domine ce même parlement.



Equilibre

Pendant les nombreuses heures qui précédèrent cette étape, les tractations entre majorité et opposition s'amplifièrent. "Nombreux députés faisaient remarqués que ce plan d'austérité allait devoir susciter une adhésion sans précèdent des partenaires de la Zone Euro, l'objectif de concorde nationale étant un impératif des actionnaires du plan d'aide au pays. Le F.M.I, L'Union européenne et la BCE (Banque Centrale européenne) souhaitaient de sérieux gages! Tout l'équilibre de la Zone euro étant clairement suspendu à un défaut Grec ou évènement de crédit..." Nous précisait un haut diplomate sous couvert de l'anonymat.

Dans les différentes chancelleries européennes, des équipes spéciales étaient à dispositions des autorités grecques pour aider "à la réalisation de cet objectif salutaire!".


Signal fort

En France, on ne cache pas que le secteur privé (Banques et Assurances) s'est montré particulièrement opérationnel en proposant des solutions concertées jugées très pragmatiques. "Il fallait donner un signal fort aux marchés et aux principales agences de notation qui doivent pouvoir remarquer que l'implication pour une solution est réelle tant en France et en Allemagne, les deux pays étant particulièrement exposés par des grandes pointures du secteur privé!" Nous commentait un chef économiste d'une très grande banque française et d'ajouter: "Il faut aller le plus vite possible pour éviter une contagion dans les autres pays fragilisés..."

Joie mesurée

La chancelière allemande ne cachait pas sa joie lors de l'annonce du vote du parlement Grec, une "joie mesurée selon ses proches!". "Nous voulons que le secteur privé participe sur une -base volontaire- , je veux insister sur ce point, il n'y a aucune base légale pour une participation obligatoire. Ceci doit être fait en harmonie avec la Banque centraleeuropéenne" a-t-elle insistée lourdement. Tout en ayant revue ses ambitions "à la baisse", l'Allemagne s'était lancée dans une road show trés médiatisé, pour promouvoir l'idée d'une implication volontaire du secteur privé. Elle s'est finalement ralliée à la proposition "bien française" que de la BCE et Jean-Claude Trichet s'était vue largement prônée par le président français, Nicolas Sarkozy,  la fameuse "Initiative de Vienne" également largement évoquée depuis des mois par Finance Offshore."Nous parlons bien d'une implication du secteur privé sur une base volontaire, la meilleure base qui soit pour entreprendre une sortie de crise!" clamait encore Angela Merkel qui s'est laisser convaincre par ce plan déjà utilisé au pire de la crise financière de 2008, dont les banques européennes s'étaient fortement engagées dans les états de l'Europe de l'est qui s'étaient vus repousser les échéances par un système de rachat du montant des titres équivalents à celui qui leur était remboursé ...à l'échéance. Le nouveau plan de quelques 110 milliards d'Euros ne pouvait être actionné sans une implication du secteur privé, lui même largement aidé par les états en 2009.

Unicité

Samedi ou dimanche, les ministres de la Zone Euro devraient faire un premier bilan des différentes propositions du secteur privé qui pour l'Allemagne, annonce "vouloir intégrer une participation plus massive au plan". La France, devrait défendre le plan porté "par ses trois plus grandes banques", jugé comme une solution "constructive et adaptée au risque inhérent de contagion tant redouté...". Un ensemble de mesures qui devra intervenir "en support du plan d'austérité du gouvernement Grec". Le retour d'une croissance dans les principaux pays de la Zone euro étant un élément déterminant si tous "les pays s'inscrivent durablement dans la gestion de leur déficit, l'Unicité de la Zone euro devant être la règle!". L'urgence était bien pour la Grèce d'obtenir la cinquième tranche du plan d'aide initial de 110 milliards d'euros sur  trois années, plan accordé au printemps 2010 par le Fonds monétaire international et la Zone euro, une étape cruciale de 12 milliards d'Euros sans lesquels la Grèce ne pouvait honorer ses engagements pour les remboursements de l'échéance de juillet 2011.

La seconde étape étant l'obtention d'un second plan d'aide -supplémentaire- dont "le vote du plan d'austérité intervenu était rendu indispensable pour entrevoir l'éventualité!". De Nicolas Sarkozy à Angela Merkel, en passant par la nouvelle patronne du FMI, la française Christine Lagarde, tous étaient en accord avec le besoin d'une "unité nationale" en Grèce. Guidé par l'intérêt général, le gouvernement Grec semble avoir acquis son premier quitus de bonne volonté, un travail de communication devant s'opérer en Grèce pour informer le bon peuple des enjeux que porte ce plan d'austérité. "Le quotidien de nombreux Grecs est trop délicat pour faire entendre raison sur le bien fondé de ce plan et des mesures toujours perçues comme la "punition collective!"  La Grèce sera sous perfusion internationale jusqu'en 2014, les modalités de ce nouveau plan "de continuation" sont toujours au centre des discussions, il y a "des modalités qui devront faire l'objet d'arbitrages toujours plus précis(...) L'objectif étant clairement de démontrer que les états ne seront et ne doivent plus être seuls à mettre la main à la poche...", banques accusées d'avoir "aussi une grande part de responsabilité dans la crise!"

La restructuration "pure et simple" est donc évitée de "justesse" pour laisser place à la restructuration "douce", privilégiant le "rollover" de "l'initiative de Vienne" qui évitera ainsi aux banques de "couper les vivres à Athènes". D'ici au -11 juillet-, dans la coulisse les tractations sont fortes pour que, les agences de notations n'intègrent jamais cette initiative comme "un évènement de crédit" au point de devoir en amender les notes des états en difficultés. Un exercice bien complexe, la commission de Bruxelles ne cache pas qu'elle repose son analyse sur les "bons résultats" du précèdent opus de "l'initative de Vienne", celui qui "sauva des états de l'Europe de l'est en pleine crise de 2008!".

Nous allons voir comment la Zone Euro va pouvoir "tenir sa thèse" alors que certains éléments du Fonds monétaire international nous invitent clairement à "l'optimise de rigueur", optimisme qui doit être très mesuré dès lors que la croissance bat de l'aile aux Etats-Unis et demeure très limitée en zone euro, dont l'Allemagne et la France semble toujours tenir "un certain haut du pavé".  Les états à petite économie, eux,  n'étant toujours pas au bout de leur peine... Le F.M.I annonce un presque 2,0% en Zone Euro (3,2% pour l'Allemagne, 2, 1% pour la France dont l'INSEE table plus pour 1,9%, faisant déjà mentir l'optimisme de son président, Nicolas Sarkozy qui parlait bien plus volontiers de 2,3 "%... La dette publique des états qui menace toujours plus le secteur bancaire, toujours exposé dans des états ou petites économies toujours en difficulté. A suivre...







Source: DIVERS/FINANCE OFFSHORE/EUROGROUPE/BCE/UE
Photographie: Tous droits réservés

Saturday, June 25, 2011

Zone Euro Grèce: Découvrez l'ascenceur Grec qu'éxigent les agences de notation!

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Toute la Zone Euro au chevet de la Grèce...
                                                    



Les indicateurs sont formels, il faut une solution pour la crise Grecque, les principaux états de la Zone Euro sont dans l'obligation de trouver une sortie. Après de nombreuses tractations, les représentants de la Zone euro font force d'unicité. L'implication du secteur privé est très certainement cette solution qui permettra de préserver l'ensemble du modèle économique de la Zone euro toute entière.

Le Conseil européen de Bruxelles vient d'obtenir un consensus "à la Pyrrhus" pour que l'implication des principales banques soit acquise à cet énième plan de sauvetage. En France, le président de la république Nicolas Sarkozy est formel, "Les banques exposées donneront leur accord pour le roll-over (rachat par les créanciers d'obligations quand celles qu'ils possèdent arrivent à échéance, de cette manière les banques ne coupent pas les vivres à Athènes) ou le prolongement des maturités des obligations, réechelonnement par les créanciers privés...", l'enjeu est double, donner un signal fort aux marchés qui comprendront ainsi que l'implication du secteur privé est bien volontaire, et permettre les besoins de liquidités inhérents au secteur...

A l'image de l'initiative de Vienne en son temps, les banques privées s'étaient laissées convaincre pour accompagner le plan européen de l'aide pour les nouvelles démocraties européennes de l'Est emprises aux plus grandes difficultés macroéconomiques structurelles. Résultat, Roumanie et Hongrie sortaient de l'impasse. Aujourd'hui, le "reprofilage de la dette grecque" suppose une implication sans faille du gouvernement Grec, il doit impérativement mener à bien le plan des privatisations, et intégrer l'ensemble des mesures macroéconomiques rendues indispensables par la troïka du FMI, Union Européenne, La BCE (Banque Centrale Européenne). Les principaux états contributeurs de ce plan veulent des gages sérieux, ils ont de bonnes chances de les obtenir: "La situation est telle, que rares sont ceux qui refuseront de mettre en application les mesures de la feuille de route, on voit bien qu'en Grèce il y a une volonté de rester dans la Zone Euro, pour cause... Alors que d'autres états évoquaient "une mise en quarantaine pour ne pas dire exclusion de la Zone Euro" avec l'argument fallacieux d'une possible dévaluation propre au territoire Grec, argument utopiste dès lors que la Grèce est bien un membre en titre et droit de l'Union Monétaire. "Le principe d'équité en droit mais surtout devoirs ne se gomme pas avec des effets d'annonces. Il y a en Europe une interdépendance entre tous les états. Le signal d'un défaut Grec serait clairement catastrophique!"

Le mécanisme de solidarité induit une obligation de respect de part et d'autre, l'exposition des banques françaises et allemandes y comprises américaines suppose une solution concertée à plusieurs étages.

Pour parfaire votre analyse, voici résumé l'ascenseur Grec, celui que les agences de notations veulent voir aboutir pour le salut du pays, son économie, son peuple:



L'ascenseur Grec:


-La cave:

- Une dette abyssale, masquée, cachée!

-Au premier étage:

- Un pouvoir politique qui se doit de suivre sa rédemption collective,

- faisant un certain ménage et devant se débarrasser de ses " "brebis galeuses",

- chassant sans relâche les corrompus et toutes ses pratiques devenues usuelles dans un consensus d'une relative omerta longtemps orchestrée de ""mains de maîtres... de castes très locales!"".

- La création "d'une commission de salut national" composée de magistrats et experts, y compris internationaux comme ceux de la troïka ...serait un plus!

-Au deuxième étage:

- Très englué dans la récession, importance de remettre l'économie -réelle- au centre des préoccupations.

- Réussir son plan de privatisations,

- tenir scrupuleusement ses engagements internationaux vis à vis du FMI, L'Union européenne et consorts. 

- Assainir les finances publiques, regagner la confiance des investisseurs dans le but de voir les taux d'intérêts baisser.

- Obtenir la possibilité de revenir sur les marchés pour emprunter avec des taux moins prohibitifs.

- Relance et maintien des secteurs économiques clefs.

- Développement d'infrastructures cohérentes avec tous les potentiels présents sur le territoire.

- Entreprendre un vaste plan de cohésion économique et social.


-Au troisième étage:

-Implication du secteur financier local dans les réformes structurelles macroéconomiques,

- définition d'un "plan Marshall" sur les questions éthiques et prudentielles et  gouvernance économique.

- Valorisation des potentiels déjà identifiés comme ceux du tourisme ou de l'armatage,

- Définition d'une nouvelle politique industrielle de production locale, développement de la recherche, développement de la production manufacturière.

- Implication -indispensable- de la jeunesse qualifiée trés présente en Grèce pour la création d'activités économiques nouvelles. De nombreux potentiels sont sous-exploités en Grèce.

 - Un gouvernement de concorde nationale qui donne l'image d'une cohérence retrouvée.


Source: Finance Offshore/Divers
 Photographie: Tous droits réservés

Friday, June 24, 2011

Zone Euro Grèce: L'implication du secteur privé provoquera une réaction inévitable des marchés!

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L'implication du secteur privé impérativement ...volontaire!




Depuis des mois la crise Grecque fait l'actualité, les récentes annonces de l'Eurogroupe et de l'ensemble des partenaires du plan d'aide font trembler...


Réactions violentes...

Alors que "l'initiative de Vienne" se veut comme la solution, l'Institut de la finance internationale (IIF) monte au créneau pour appeler à la plus grande prudence sur l'option retenue par la troïka , FMI, Union européenne, Banque centrale européenne. La solution impliquant les créanciers privés de la Grèce risque de provoquer "des réactions violentes de la part des marchés" estime le directeur général de cet institut reconnu comme le principal lobbyste mondial des banques.

"La voie est étroite , je ne le nie pas!" s'en est ouvert dans le Wall Street Journal  Charles Dallara qui modulera son propos:  "Ce ne sera pas facile, mais je ne crois pas que ce soit impossible"...  Le plan d'aide qui souhaite l'implication -volontaire- du secteur privé avec pour principaux partenaires les banques et les assureurs s'annonce trés complexe. "Il faut impérativement- éviter toute interprétation d'un  un défaut de paiement par les agences de notation, ce qui pourrait déclencher une réaction en chaîne et menacer le système financier tout entier!". Le plan doit impérativement éviter que son schéma ne soit qualifié d'"événement de crédit",  "cette fameuse modification unilatérale des termes du contrat", ce qui déclencherait automatiquement "les produits de couverture contre le défaut de paiement, les fameux CDS!".


Depuis mercredi les négociations sont toujours plus ardues pour favoriser la participation des créanciers privés, c'est bien "le principe de mécanismes incitatifs qui est abordé dans les discussions avec les autorités", la participation -volontaire- ne devant pas devenir "un miroir aux alouettes" en forme " ...de mirage!"
Pour M. Dallara repose son analyse sur une comparaison de la mission des autorités européennes jugée plus complexe  que celle du Trésor américain lorsqu'il a dû trouver une solution au problème de la dette des Etats d'Amérique latine, à la fin des années 80.

Confiance

Les Etats-Unis avaient alors mis en place le système des "Brady Bonds", empruntant leur nom au secrétaire au Trésor de l'époque Nicholas Brady, "une solution offrant aux créanciers de ces Etats d'échanger leurs obligations contre de nouveaux titres bénéficiant de garanties renforcées. L'opération avait été un succès!" précise M.Dallara dans son interview avec le Wall Street Journal. Pour lui les autorités de la troïka du plan d'aide à la Grèce seront vites confrontées à d'autres difficultés, celles déjà présentes en Zone euro  "... plus graves de conséquences par l'effet domino que porterait un tel défaut ou évènement de crédit!"

Cependant  M. Dallara insiste sur le fait que " les créanciers privés de la Grèce n'ont pas à craindre des pertes qui pourraient ne serait-ce qu'approcher celles subies par les créanciers qui avaient accepté les Brady Bonds. L'échange avait, en effet, inclus à l'époque une forte décote!". Pourtant même si le propos se veut en partie rassurant il met en avant le risque d'une interprétation différente par les agences de notations qui n'excluent pas le fameux effet "domino". Les signes sont clairement au rouge dans de trop nombreux états de la Zone Euro  qui annonce que son mécanisme du fonds spécial européen  ne sera qu'opérationnel courant 2013 voir 2014! On parlait d'une enveloppe de quelques 500 milliards d'euros, les experts préconisent un "bon tiers en plus" pour ajouter "une crédibilité utile et indispensable à la confiance...   des marchés!"

Pas de plan B...

Jean-Claude Juncker s'est montré particulièrement déterminé sur le fait que ce plan n'était en rien "un plan B" , il conforte ainsi l'idée de voir le gouvernement Grec se plier aux attentes de ses partenaires, une forme de "donnant-donnant, gagnant-gagnant!", encore qu'il sera bien difficile de voir qui sera bien gagnant dans le dossier Grec. La population est clairement à bout, et même si les privatisations se renforcent, cette dernière "cartouche" utilisée risque de "mettre le feu aux poudres" si le changement et l'évolution "ne sont pas perçus" par le bon peuple de Grèce."Il y a un sérieux problème de communication dans le pays, il faut que le gouvernement communique sur le fait que toutes ses privatisations doivent limiter l'impact sur le peuple, son quotidien, mais à vrai dire, le peuple comprend bien plus cette opération comme ""la grande braderie des derniers bijoux de famille!"", pour cause... Les réformes macroéconomiques structurelles doivent faire l'objet d'une communication gouvernementale en "temps réel" et obtenir la participation de toutes les forces vives du pays, pas seulement les élites, mais bien plus tout son peuple!" Nous soufflait un haut diplomate sous couvert de l'anonymat.




Source: Interview Wall Street Journal (Edition Jeudi)
Photographie: Tous droits réservés.

Monday, June 20, 2011

Zone Euro Grèce: Le parlement Grec sous pression pour voter l'austérité! (Luxembourg)

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                                        L'unicité de la Zone euro pour la Grèce...



Luxembourg/ Finance Offshore: Les ministres des finances de la Zone euro se sont mis en accord au moins sur un point ce dimanche à Luxembourg, ils souhaitent que le pouvoir politique Grec "dans son ensemble" puisse parvenir à faire voter un énième "Plan d'austérité", de quoi donner de "sérieux gages" à l'Union Européenne.

C'est à Luxembourg, que les ministres des Finances de la Zone euro se sont réunis pour "à nouveau conditionner" la cinquième tranche de l'aide à Athènes avec de multiples mesures que la Grèce devra appliquer à la lettre. Au premier rang, la nécessite pour le gouvernement de faire voter toutes les mesures de l'austérité, "celles qui donneront un signal positif" aux marchés qui douteraient encore des capacités de "concorde nationale dans l'épreuve"...  Démontrer que ce pays est capable de laisser place enfin à une cohésion nationale de bon sens pour avancer avec un ensemble de réformes structurelles macroéconomiques rendues indispensables.

Feuille de route...

Le gouvernement tient à sa disposition "une feuille de route claire et précise", outre l'évaluation de tous les points faibles identifiés par les experts de la troïka du F.M.I , l'Union Européenne,  la Banque Centrale Européenne, il dispose "d'un calendrier précis de mise en forme des différentes mesures d'austérité". C'est la rigueur qui tient le haut du pavé, les privatisations doivent avancer "dans un cadre plus efficient", des experts seraient donc mis à disposition pour encadrer les processus en cours "afin d'optimiser les chances de plein succès" de ce plan de privatisation.

Calendes Grecques...

Après la valse-hésitation de la semaine passée,  les ministres des Finances ont décidé de rester toujours plus fermes. "Il fallait conditionner la cinquième tranche d'aide de 12 milliards d'euros prévue dans le cadre du plan de 110 milliards approuvé en mai 2010", ministres qui ne cachent pas leur réflexion sur l'opportunité de débloquer cette aide tant que "l' unité politique nationale en Grèce s'avère pleinement acquise à la cause devenue salutaire" nous précisera un haut diplomate et ce "compte tenu de la longueur, de la magnitude et de la nature des réformes requises". Et d'enfoncer un certain clou en rappelant avec force au gouvernement grec "que d'ici la fin du mois il doit faire en sorte que tous soient convaincus que tous les engagements pris par les autorités grecques soient remplis". Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe précisera à la sortie de la réunion:"Vous ne pouvez pas imaginer une seconde que nous nous engagions à financer sans savoir si le gouvernement grec a endossé les obligations qui sont celles de la Grèce!"


"Les ministres des finances de la zone euro ont décidé de définir d'ici début juillet les principaux paramètres d'une stratégie de financement pour la Grèce", peut-on lire dans un communiqué d'une page publié à l'issue de la réunion. Mais prudence oblige, aucune date du vote est annoncée. Ils ont  d'ores et déjà clarifié la manière dont les créanciers privés seraient associés à un second plan de soutien. Il s'agira d'une participation informelle et -volontaire-, correspondant à ce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient décidé à Berlin ce vendredi.

On s'achemine donc très logiquement sur l'"Initiative de Vienne", (modalité  connue  par laquelle des banques privées avaient accepté en 2009 de ne pas se désengager d'Europe centrale au plus fort de la crise).

"Les ministres des finances de la zone euro sont d'avis que tout financement supplémentaire pour la Grèce sera de source publique et privée (...) Une participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce se fera sur une base volontaire et informelle via un "roll-over" d'obligations grecques arrivant à maturité", précise ce même communiqué.


Aujourd'hui lundi, le Premier ministre grec George Papandréou doit se déplacer à Bruxelles pour y rencontrer le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, " ...la réaction des marchés et celle de la rue à Athènes seront scrutés avec la plus grande attention!"

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a toutefois insisté "que les fonds ne seraient pas débloqués pour le moment, - même si des discussions s'engageront entre les département du Trésor des principaux États membres et les créanciers privés de la Grèce-!". Confirmant les principales déclarations de ses homologues de la réunion de  ce dimanche à Luxembourg.


Ministres des Finances de la zone euro qui doivent quant à eux se retrouver aujourd'hui à Luxembourg pour avancer sur deux autres dossiers que devront valider les chefs d'état et de gouvernement des Vingt-Sept lors d'un sommet européen très attendu, jeudi et vendredi.


Les discussions porteront sur le renforcement "rendu indispensable" des "capacités de prêt du Fonds européen de stabilité financière (FESF) créé en mai dernier, formalisation par un traité du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui s'y substituera à partir de 2013 et réforme du Pacte européen de stabilité et de croissance, un plan d'une réserve stratégique de quelques 500 milliards d'euros..."

Rendez-vous est donné le prochain 3 juillet au gouvernement Grec pour évaluer la progression des réformes structurelles dont les privatisations,  et du renforcement du plan d'austèrité... 

A suivre...


Pour mémoire:

Les grandes dates de la «crise grecque»:


Athènes

Voici un rappel des événements depuis l'acceptation par la Grèce en 2010 de l'aide de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI). La dérive des finances grecques avait été révélée en décembre 2009, après une révision à la hausse du déficit public par le nouveau gouvernement socialiste succédant aux conservateurs, avec la première dégradation de la note du pays par les agences internationales. La Grèce avouait alors une dette de 300 milliards d'euros!



2010


23 avril: devant l'impossibilité pour la Grèce d'accéder aux marchés internationaux, le Premier ministre socialiste Georges Papandréou, élu en octobre 2009, se résout à demander l'aide de l'UE et du FMI, au cours d'une allocution depuis la petite île de Kastellorizo, en mer Egée.


2 mai: feu vert UE-FMI pour un plan de sauvetage via le déblocage d'un prêt sur trois ans de 110 milliards d'euros en contrepartie de mesures d'austérité draconiennes.


5 mai: violente manifestation contre la rigueur, trois morts dans l'incendie d'une banque.


6 mai: le Parlement grec adopte le plan d'austérité prévoyant réforme des retraites, baisse des salaires des fonctionnaires.


2011


11 février: les représentants de la zone euro et du FMI annoncent à Athènes un plan massif de privatisations, chiffré à 50 milliards d'euros d'ici 2015.


23 février: première grève générale de l'année, émaillée de violences, après sept journées d'action en 2010.


7 mars: l'agence de notation financière Moody's ouvre un nouveau cycle de dégradation de la note souveraine grecque, Athènes et Bruxelles jugent injustifiée sa baisse de note.


15 avril: le gouvernement grec fixe au pays une nouvelle «feuille de route» de sortie de crise, durcissant et prorogeant la rigueur jusqu'en 2015.


6 mai: Athènes dément une sortie de l'euro évoquée par un média allemand. Les grands pays de la zone euro excluent une restructuration de la dette.


9 mai-1er juin: nouvelles dégradations de la note grecque par les agences financières.

15 mai: le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble envisage d'allonger les remboursements de la dette grecque à condition que les créanciers privés participent.


16 mai: le chef de la zone euro Jean-Claude Juncker évoque une nouvelle aide européenne à la Grèce avec «une forme de "reprofilage" de la dette».


23 mai: Athènes finalise son nouveau plan d'économies de 28,4 milliards d'ici 2015.


25 mai: première manifestation d'«Indignés» grecs devant le Parlement à Athènes.


27 mai: l'opposition refuse d'épauler le gouvernement sur l'austérité, en dépit des pressions des créanciers pour un consensus national.


3 juin: la zone euro prévoit une nouvelle aide sous conditions et avec contribution volontaire des banques (Juncker). Feu vert de l'UE et du FMI au versement de 12 milliards d'euros, cinquième tranche du prêt de mai 2010, début juillet soit après le sommet UE des 23-24 juin.


9 juin: le gouvernement dépose le plan d'austérité au parlement en vue d'un vote fin juin.


12 juin: troisième dimanche consécutif de manifestations à Athènes, autour du campement des «Indignés».


14 juin: les discussions s'enlisent entre ministres des Finances de la zone euro.


15 juin: troisième grève générale en Grèce, doublée d'un rassemblement des «Indignés», dizaines de milliers de manifestants dans la rue. M. Papandréou annonce un remaniement du gouvernement.


16 juin: la Commission appelle à un accord sur la Grèce pour le 11 juillet.











Source: Eurogroupe/ UE/ Médias Européens
Photographie: Tous droits réservés

Saturday, June 18, 2011

Zone Euro Grèce: Sarkozy Merkel le couple à défaut!

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Le couple franco allemand se veut maître du jeu...



Depuis des semaines, les agences de notation l'annoncent, la Zone euro va droit dans le mur...

Contagion

Après de nombreuses initiatives, rien y fait, tous les indicateurs flirtent clairement avec le rouge. De réunions en conciliabules , toujours le même constat, un certain mur s'élève dans les négociations toujours plus ardues. La BCE (exposée avec quelques 46 milliards d'euros en Grèce) met en garde sur "une contagion à effet domino",  alors que l'Ecofin patine et s'enfonce dans l'impasse d'une issue toujours plus incertaine...

Le couple Franco-Allemand, très exposé par ses banques en Grèce et à sa dette publique, joue ici sa dernière carte. L'unicité de la Zone euro n'est plus "qu'une façade qui tente de masquer ses incapacités" devenues notoires pour un modèle économique à bout de souffle, maintes fois dénoncé.


Courage

Les failles du modèle économique européen démontrent "une Europe politique à la merci des marches spéculatifs", tant officialises que péremptoires. L'équilibre de la Zone euro relève plus "d'un château de cartes en pleine tempête". La rencontre du président français Nicolas Sarkozy  avec Angela Merkel ne changera pas la donne, elle relève de ce "temps toujours plus fou" pour prendre des mesures structurelles efficaces de bon sens: "Celles que de nombreux économistes appellent de leurs voeux par un G20 sous présidence française, donc ...européenne!" Nous précisera un haut diplomate sous couvert de l'anonymat. "Car l'Europe politique manque clairement de courage et d'un réel plan d'envergure pour enfin s'attaquer durablement à l'avenir du modèle de l'Union Monétaire qui, pour l'heure, va droit dans le mur! La Zone euro est un non sens absolu alors que le G20 s'est attaqué avec bien  plus de détermination sur les paradis fiscaux que de promouvoir un nouveau modèle efficient, ...y compris en Zone euro!"

Défiance absolue qui se partage dans les incapacités des gouvernements des états en difficulté, incapables de parler d'une seule voix et toujours plus enferrés dans les nombreux plans d'austérité. " On le sait tous, d'un côté les grands états de l'Union Européenne qui de l'Allemagne à la France et autres consorts se doivent de trouver un consensus pour défendre leurs institutions locales très exposées en Grèce et en face le besoin -crucial- de ménager tout un système à bout de souffle, dont la BCE ne cache plus le risque d'implosion. On passe de la restructuration lourde au reprofilage à la demi mesure d'un énième plan qui ne sera que l'édifiante démonstration que la Zone euro est devenue un ensemble ou chacun lutte avant tout pour son pré-carré et seulement!" Nous commentait un chef économiste d'une grande banque à Luxembourg.


Dernière chance

Justement s'est à Luxembourg  que les ministres de la Zone euro doivent dès dimanche confirmer la logique des récentes discussions franco-allemandes. Luc Frieden, ministre des finances luxembourgeois sera bien inspiré pour parvenir "au dégagement d'une entente" pour préserver l'unicité de la Zone euro. Il sera aidé par Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois,  qui préside l'Eurogroupe et ne cachait pas à quel point les négociations seraient très ardues. " Le couple franco allemand est très certainement celui de la dernière chance, il est pour l'heure celui d'un couple à défaut pour l'ensemble de la Zone euro, mais comme certains économistes aiment à le penser, il risque de devenir aussi le couple d'un autre défaut ... celui de la Grèce!" Nous précisait encore un haut diplomate ce samedi. A suivre...





Source: UE/ BCE/ MAE-Divers
Photographie:Tous droits reserves

Wednesday, June 15, 2011

ZONE EURO Grèce: Secteur privé, nouvelle martingale de la Zone euro?

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La Zone euro avance difficilement ses pions...



La dernière réunion préparatoire  de l'ECOFIN s'est révélée particulièrement contre productive... Alors que la Zone euro est en pleine crise, les différents ministres de l'Ecofin ne cachent même plus leurs divergences sur la solution qui doit être portée. On s'entend juste sur les grandes lignes, et "chacun mesure le mur qui persiste dans les négociations". On tente bien de de se rassurer, mais à l'évidence, les évènements portent plus que les décisions...

Pas sûr...

Le mardi 14 Juin à Bruxelles, les discussions étaient parfois tendues "tout en restant cordiales!". Le calendrier de la feuille de route est loin d'être respecté, il faut dire que les pressions augmentent entre les différents acteurs de cette partition. Un seul accord semble faire consensus, celui d'un certain mur: "Je ne suis pas sûr que nous trouverons une solution la semaine prochaine", a reconnu le ministre des Finances luxembourgeois, Luc Frieden, qui s'en est ouvert après quelques six heures de négociations qui finalement s'avèrent comme "contre productives". "Il y a toujours un risque à se fixer une échéance, la volonté est bien là, mais les divergences sont telles... On remarque bien, surtout de l'intérieur,  lors de ces  négociations toujours plus ardues que les thèses défendues par les participants sont respectables, mieux, elles confèrent un ensemble qui marque que la Zone euro dans sa configuration actuelle devient un certain "non sens" . Nous commentait un haut diplomate sous couvert de l'anonymat. Les raisons? Elles sont multiples, mais en général...  "Il ressort que certains anticipent l'avenir, et veulent dès à présent que soit pris en compte le fait avéré que les logiques d'hier, ne sont plus les bonnes!" Concluait ce même diplomate.

Il faut dire que de réunions secrètes en réunions officielles, en passant par les différents conciliabules, qu'il est clairement difficile pour la Zone euro de trouver un accord pour un nouveau plan d'aide à la Grèce.  La politique rejoint la finance, les agences de notation menacent les différentes banques exposées à cette crise de possible banqueroute alors que des divergences très fortes portent toujours plus sur l'effort à demander aux banques créancières du pays.

Éviter le défaut!

Qu'il est difficile pour la zone euro de trouver un accord pour un nouveau plan d'aide financière à la Grèce. Les ministres de l'Ecofin réunis mardi 14 juin à Bruxelles ne sont pas parvenus à s'entendre en raison des divergences sur l'effort à demander aux banques créancières du pays, menacé de banqueroute à en croire les agences de notation.  Après la note de l'état grec,  les agences viennent de baisser la note de certaines grandes banques européennes "...prises dans le piège grec!", il faut éviter la faillite de l'état dont tous s'accordent sur au moins un point crucial, -l'effet domino- tant redouté. "Cette aide doit s'inscrire dans une démarche volontaire des partenaires du secteur privé, elle ne doit en aucun cas devenir l'équivalent d'un défaut de paiement" pour Athènes, si tel n'est plus le cas, il faut s'attendre à un effondrement sans précèdent pour -l'ensemble- de la Zone euro. "La BCE exposée à hauteur de 46 milliards d'euros le sait trop bien!" Nous précisera le chef économiste d'une grande institution du secteur. Le ministre des finances belges s'en est ouvert en reconnaissant que le premier plan décidé l'an dernier est clairement à bout de souffle et loin de remplir ses premiers objectifs: "Les 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans promis l'an dernier à Athènes par les Européens et le Fonds monétaire international, s'avèrent insuffisants. Le nouveau paquet d'aide en discussion pourrait représenter 105 milliards d'euros:  "80 milliards d'intervention nouvelle" du FMI et des Européens, et "autour de 25 milliards" d'engagement des créanciers privés", selon le ministre belge des Finances, Didier Reynders qui s'était largement avancé sur l'idée de la création des fameux euro bonds, là aussi une idée qui fait son chemin alors que les partenaires privés seront toujours plus sollicités.

Secteur privé, nouvelle martingale de la Zone euro?

On le sait, depuis que les allemands font un certain forcing pour impliquer toujours plus le secteur privé, de nombreuses agences de notation trouveraient la ficelle "un peu grosse". Selon ses agences, "On tenterait de vouloir masquer les incapacités de la Zone euro en déplaçant le centre de gravité des problèmes..." ce qui fait dire à certains, que la Zone euro est clairement 'incapable de proposer un système de garanties efficaces et donc respectable ...pour les marchés!''

L'Allemagne exige toujours plus fermement lors des négociations que le secteur privé accompagne la future aide nouvelle aide: "Elle devra  s'accompagner d'une participation du secteur privé, à savoir les banques, assureurs et autres fonds détenteurs de dette grecque!" persiste le ministre allemand  Wolfgang Schäuble qui semble réussir imposer -sa thèse- à ses partenaires européens qui demeurent -très divisés- sur la méthode. C'est bien l'ombre des mises en garde de la Banque Centrale Européenne qui sont dans les esprits, Jean-Claude Trichet insiste sur l'importance "de ne pas affoler les marchés" et ce, en sollicitant une "aide concertée, efficiente et donc -volontaire-". Mais les annonces sont certes pleines de bonnes intentions, mais pas de nature à créer un changement radical d'opinion des agences de notations qui considèrent que "cette stratégie est jugée très risquée!"  tout comme par la Commission européenne, la France ou la Belgique, qui selon eux, -imposée-,  "...n'évitera en rien une sanction!" D'ailleurs, l'agence Standard and Poor's a dégradé la note de la Grèce dès lundi de trois crans et ne s'est pas privée d'annoncer que quelle que soit l'option retenue allant de l'échange de titres ou l'allongement des maturités (reprofilage), qu'  elle considérerait "de facto comme un défaut" et se devrait baisser encore sa note. C'est dire que les discussions, dont celles -dès ce prochain week-end-, prévues au Luxembourg, seront âpres et donc très déterminantes...


Option scabreuse?

Les discussions buttent toujours plus sur le caractère -volontaire- ou potentiellement  -imposé- de cette participation privée, rares sont les ministres à croire en l'idée de mesures -imposées-. Maria Fekter, ministre autrichienne des Finances, dit avoir "du mal à imaginer que cela puisse se faire sur une base volontaire". Elle ne s'est pas privée de le préciser à son homologue allemand jugé bien trop optimiste pour parvenir à cette fin...

Le ministre des finances luxembourgeois Luc Frienden et son premier ministre, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, semblent en accord sur ce  problème. Les hôtes de la réunion de Luxembourg pourront largement s'en ouvrir ce prochain week-end avec leurs homologues européens.  Luc Frieden a d'ailleurs  bien résumé le risque d'une telle option: "Dans toute implication du secteur privé, nous devons faire très attention à ne pas créer un 'événement de crédit!"  Un  option scabreuse par ses effets  qui marqueraient une situation où la Grèce serait considérée par les marchés comme dans l'incapacité de rembourser sa dette... Le reprofilage intelligent et concerté est donc l'option qui fait force à l'évitement d'une telle situation risquée, elle est  jugée plus efficiente pour de nombreux économistes, Athènes pourrait ainsi obtenir plus de temps pour rembourser, soit en échangeant ses obligations par d'autres plus longues, soit en obtenant des créanciers privés volontaires la garantie que lorsque leurs prêts arriveront à terme, ils en octroieront d'autres de même montant. L'effort -volontaire- des banques devant représenter plus de 30 % du nouveau paquet d'aides pour escompter un résultat admissible. A suivre...




Source: ECOFIN/BCE/EUROGROUPE/médias Européens US
Photographie: Tous droits réservés


Friday, June 10, 2011

Zone euro Grèce: Entretien exclusif avec Didier REMER (FINANCE OFFSHORE).

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Didier REMER est d'un naturel optimiste...




                             
Luxembourg, le 7 Juin 2011.




Emanuel de Saint-Cyr vous propose un entretien exclusif relatif à la crise de la zone euro avec Didier REMER, rédacteur du site FINANCE OFFSHORE.


Emanuel de Saint-Cyr: Bonjour Didier REMER, depuis des mois, FINANCE OFFSHORE ne manque pas de suivre l'évolution de la crise en zone euro. Pour faire court, il semble acquis pour l'ensemble du team FINANCE OFFSHORE que la situation doit être jugée comme préoccupante pour ne pas dire extrêmement importante pour l'histoire de l'union monétaire européenne, et donc la zone euro toute entière. Pensez vous vraiment que la zone euro est potentiellement dans une situation à l'instar de celle de la crise de 2008 aux États-Unis (Ndlr: Faillite de la banque Lehman)?

Didier REMER: Emanuel, il faut que nous soyons francs et rigoureux avec nos lecteurs, nous savons trop bien  l'un et l'autre que la crise actuelle en zone euro n'est pas un simple évènement comme ceux qui font l'histoire de l'Union monétaire européenne. Oui, la zone euro est dans une situation grave, il est temps de lever un certain voile. Celui d'une hypocrisie collective, d'un certain non sens, et finalement d'un grave manque de discernement sur les conséquences toujours plus importantes que porte cette crise. Il faut cesser ce double jeu, cette communication qui dit tout et son contraire, refuser de cautionner des thèses qui ne reposent plus sur la situation réelle et donc factuelle: la zone euro n'est plus ce modèle de courage que souhaitaient les pères fondateurs de l'Union Européenne puis monétaire! Nous sommes ici à Luxembourg, un des plus grands hommes de ce formidable dessein l'évoquait déjà ici en son temps: L'Europe doit être celle des peuples, un ensemble cohérent qui se doit de construire sans relâche, avec détermination, intelligence et pragmatisme. La guerre est née de ce manque de courage, la guerre est née de ce manque d'unité,  la guerre est née de ce manque de partage, l'Europe doit être ce lien entre les peuples, qui de la culture à l'économie devront faire force à l'union pour édifier et protéger la paix. Cet homme, n'est autre que Robert Shuman, visionnaire, très certainement le plus réaliste de ses contemporains. Il est bien cet homme qui mettait déjà en avant le risque inhérent à ce formidable défi de la création de l'Union Européenne. Aujourd'hui nous sommes dans ce temps, celui d'un rendez-vous avec notre histoire collective,  une crise actuelle de défiance absolue qui s'abat sur notre modèle économique, et très certainement dans un temps prochain, notre modèle humain. Votre question est un résumé de cette inquiétude qui s'étend alors que l'unicité de la zone euro et donc de l'union européenne se réduisent telle une peau de chagrin. Nous sommes confrontés à cette nouvelle séquence, celle d'un certain non sens.

EDSC: On pourrait se dire que vous pensez clairement que tout l'édifice de la maison Europe se fissure, et risque l'effondrement. Pensez-vous véritablement que la zone euro est dans cette situation, pensez vous vraiment que les commentateurs qui comparent notre situation avec la chute de la banque Lehman ont raison, à l'image des nombreuses salves des agences de notation?

Didier REMER: Je suis d'un naturel optimiste, vous le savez trop bien, mais je crois que depuis des mois il y a bien une succession de séquences toujours plus confuses. Les agences de notation ne sont pas uniquement des cercles de paroles, ou chacun se libère en effets d'annonces. Les agences de notation font un travail sérieux, je crois savoir que le sérieux est aussi le signe d'une capacité à dire toutes les vérités, et chacun sait que la vérité peut faire mal... je dirais pour être tout à fait complet, que le refus de la vérité peut faire d'autant plus mal. Les brillants économistes et analystes qui travaillent pour le compte de ces agences ne cherchent pas à se libérer avec de belles paroles en effets d'annonces. Nombreux économistes viennent d'institutions étatiques, celles mêmes que les  politiques ne manquent jamais d'orienter, trop souvent avec un  effet pervers du fait d'une certaine tutelle. Croire, faire croire que les agences de notation sont responsables de la crise en Grèce ou ailleurs est un non sens absolu. Dans cet esprit, pourquoi l'Union européenne s'intéresserait-elle donc  à créer son agence de notation? Vous le savez, nous le savons tous, ce qui se trame n'est pas évident, , il y a une partition qui se joue dans la coulisse, celle de nombreux antagonismes.

EDSC: Lors de notre précédente rencontre, en Suisse, nous avions évoqué avec  nos amis le risque systémique grandissant pour l'ensemble de la zone euro. J'ai le souvenir de cette discussion sur le rôle des agences de notation. A table, d'un coté ceux qui les tiennent responsables de tous les meaux, et vous, plutôt seul ce soir là, à les défendre!  Mais j'ai également le souvenir de votre propos sur "l'initiative de Vienne", faisant un rappel historique et économique sur la situation de la Roumanie et de la Hongrie qui trouvèrent une issue salutaire avec ce plan. Vous aviez très justement prédit que la zone euro viendrait logiquement à cette option, pensez vous vraiment que l'option qui s'avance est la bonne?


Didier REMER: Nous ne sommes pas dans un shéma ou les solutions sont légion. Pour être juste, il y a deux options, la première étant de reconnaître que la zone euro comme telle, n'a plus de sens, et donc de conclure "avec courage" entre guillemets que l'échec serait d'autant plus cuisant! La seconde est celle d'un ensemble de raisons qui font que la logique de l'équilibre de l'ensemble de toute la zone euro est composé de multiples réalités,  inutile de préciser ici les différences notables entre des états comme la France ou  l'Allemagne avec des états comme le Portugal et la Grèce. Le train de l'Europe est ainsi fait, une locomotive, plutôt puissante, et des wagons qui de première en seconde en troisième... Aujourd'hui, la locomotive veut arriver à l'heure, celle de la croissance! Et puis il y a les autres, le vrai problème est bien là!


EDSC: Je reconnais bien ici votre humour tout en images , mais un train qui déraille, n' arrive jamais à l'heure! Alors faut-il décrocher les derniers wagons?

Didier REMER: D'une certaine façon, oui! Mais certainement pas avec la méthode que peut suggérer votre ironie à nos lecteurs. L'intelligence est de conserver une crédibilité à l'échelle internationale, vis à vis de nos partenaires... Sur les marchés, démontrer notre capacité à être toujours plus pro actifs, efficients dans un esprit d'équipe, l'union devant pouvoir faire toujours la force, alors que  l'unicité de la zone euro semble toujours toujours plus à mettre au rang des utopies. J'aimerais savoir ce que vous pourriez dire à tous ces peuples de la zone euro qui se retrouvent dans les logiques toujours plus scabreuses, celles des différents plans d'une austérité qui tente à se généraliser comme le remède miracle de tous les meaux,  savoir enfin comment vous pourriez expliquer aux grecs que l'économie est une logique qui se construit aussi pour les générations futures, vous savez, celles qui manifestent déjà  dans les rues d'Athènes.

EDSC: Justement pour rester concret,, voyons ensemble ce qui se trame pour la Grèce, "l'initiative de Vienne" est un ensemble qui va du rollover à l'hair cut en passant par de nombreuses négociations, toujours plus ardues, votre analyse?


Didier REMER: Comme nos lecteurs le savent très certainement, la partition qui se joue est un partage entre deux grandes lignes. Dans une première séquence,  les Allemands étaient opposés à l'idée d'une restructuration de la dette grecque, puis finalement,   tentent  à se ranger à l'idée d'y parvenir. Cette solution n'est pas sans risques au pluriel! Jean-Claude Trichet s'est toujours refusé à l'idée d'une restructuration dite lourde, il s'agirait pour la Banque centrale européenne d'un trés mauvais signal, celui d'un  évènement de crédit  qui aurait pour effet d'activer les CDS. (ndlr:credit default swaps) Concrètement l'institution de Francfort met en avant et donc sur la balance le risque de l'effondrement généralisé de la zone euro. Car c'est bien du fameux effet domino dont on parle ici, avec une fulgurante contagion aux autres pays en difficulté, risque si telle restructuration est mise en oeuvre, tant sous la forme d'haircut (ndlr: une réduction de la valeur des obligations) ou même d'un simple rééchelonnement. Francfort et Paris jouent d'une certaine façon  la montre avec Berlin . Allemagne qui défend ouvertement l'hypothèse d'une restructuration de la dette grecque qui fait donc toujours plus son chemin en Europe. Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand se voit toujours plus comme  le nouveau V.R.P d'une future restructuration de la dette grecque...

EDSC: La Banque centrale européenne est relativement exposée dans la crise grecque, on parle de 46 Milliards d'euros, on peut comprendre sa réticence pour encourager une  restructuration, on parle même maintenant de "Bad Bank". Un évènement de crédit lui empêcherait t'elle  vraiment  d'accepter les obligations grecques comme collatéraux?

Didier REMER: Clairement oui, les politiques devraient faire force d'une plus grande prudence sur leurs effets d'annonces, un évènement de crédit désignerait toute action sur les titres de la dette publique grecque et conduirait  immédiatement et surtout logiquement les principales  agences de notation à abaisser leur note sur la solvabilité du pays. Le procès actuel qui est fait à la BCE est injuste, certains veulent changer les règles du jeu en deuxième mi-temps, surtout si la première était loin d'être glorieuse. La vrai réponse est bien de continuer le programme du plan de restriction budgétaire décidé avec la Grèce, les privatisations, les réformes structurelles.  


EDSC: Donc selon vous, la BCE n'accepterait plus les obligations grecques comme garanties en cas de défaut du pays?

Ddier REMER: Tout à fait, la meilleure preuve est bien de voir certaines banques qui n'ont toujours pas accès au marché interbancaire, elles ne peuvent pas obtenir de liquidités auprès d'autres banques. La BCE est en pleines discussions pour ce qui est des mesures exceptionnelles tels que des prêts pour des montants illimités à taux fixe, elle vient de décider jeudi de prolonger les mesures encore au moins un trimestre, c'est à dire jusqu'à octobre, leur retrait faisant l'objet d'une discussion largement entamée. Il faudra un certain temps dès lors que le niveau du recours à la BCE par certaines banques ayant relativement baissé, mais d'autres sont toujours exclues du marché inter-bancaire, et vous savez qu'une banque a de gros besoins de liquidité.


EDSC: On a remarqué à ce sujet sa réponse au premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker qui préside l'Eurogroupe, et qui s'était manifestement avancé un peu vite sur le dossier en parlant d'un accord avec les allemands sur l'initiative de Vienne...

Didier REMER: Oui encore que, je ne crois pas savoir que monsieur Juncker est une personne habituée à l'excès d'optimisme, il est plutôt reconnu pour être mesuré dans ses effets d'annonce. Je crois que s'était une invitation pour nos amis allemands à jouer un certain retour au "rang serré". Les Allemands ont la ferme et toujours plus logique impression de balancer des euros "par la fenêtre"en plein courant d'air... Ils souhaitent un rééquilibrage entre les contribuables européens et les investisseurs privés. Ils partent plutôt gagnants avec une opinion publique remontée à bloc, tout le monde a entendu les trucs du genre "Les états veulent sauvés les banques avec l'argent du contribuable mais refusent de voir ces mêmes banques mettre la main au panier, de qui se moque t'on? Ou encore bien plus grave la semaine dernière dans un restaurant en Allemagne: "Petits joueurs de grecs, grande claque!". Bon en dehors du fait que ce n'est pas très glorieux d'en arriver à de telles politesses, il y a une part de vérité pour ce qui est de  l'effort de contribution au plan que devrait  aussi accompagner le secteur privé. Il faut comprendre le bon peuple de Grèce se trouve finalement à des années lumière des impératifs de la BCE (ndlr: Banque centrale européenne) ou de l'Eurogroupe, par exemple le peuple grec considère toujours plus les privatisations comme "une braderie de ses  derniers bijoux de famille". C'est d'ailleurs consternant de voir l'escalade qui fait rage en Grèce,  d'entendre le premier ministre luxembourgeois annoncer avoir reçu des menaces de morts, c'est dire le faussé qui se creuse par une communication dont vous me permettrez de considérer l'absence d'efficience. D'ailleurs en Grèce le débat porte plus sur les thèses programmatiques des syndicalistes qui sont dans leur job que les thèses d'économistes ou politiques qui devraient pouvoir faire comprendre la modélisation des réformes structurelles macroéconomiques rendues indispensables par la situation du pays, ses enjeux pour le peuple et ne l'oublions jamais, les générations futures. Jean-Claude Juncker n'a d'ailleurs pas caché sa très grande difficulté pour trouver un axe de communication dépassionné qui le rendrait  assurément plus audible en Grèce.  

EDSC: On est peut être aussi un peu dans la logique de l'arroseur arrosé, il avait bien prédit à grand renfort d'effets d'annonces que le FMI pourrait refuser de contribuer à la future tranche du plan d'aide...

Didier REMER: Grand renfort d'effets d'annonces? Je veux bien que votre thèse soit retenue, mais je préfère que le président de l'Eurogroupe ne fasse jamais l'économie de nous dire toutes "bonnes vérités"  entre guillemets, qui comme vous le savez trop bien, sont en économie toujours bonnes à dire. Sans rien ajouter au fardeau de ses conseils en com, il devrait faire plus dans le warm up que le simple closing...  Mais bon je crois que l'interprétation de ses propos est souvent hors contexte. Actuellement, il est clairement un de ceux qui bataillent le plus pour que la solution soit la plus en phase avec la réalité du bon peuple de Grèce, c'est un paradoxe que de telles pratiques de populistes puissent l'atteindre , je vous l'accorde. Puisque vous évoquez le F.M.I, il est a noter que les standards de communication y sont plus efficients.

EDSC: Angela Merkel n'est pas en reste quand elle ne fait pas l'économie de la fainéantise de ceux qui sont trop souvent en vacance, évoquant les disparités entre le nord et le sud de l'Europe..

Didier REMER: Pour le coup, ce n'est pas vraiment le même objectif, une campagne électorale est une affaire de séduction avec l'électorat. La crise de la zone euro est une foire aux ballons d'essais. L'unité est de façade, mais les rivalités sont bien au centre de toutes les négociations, toujours plus ardues. Les Allemands sont en droit de penser que les pays du sud doivent revoir leur copie pour certains points, il y a des disparités qui ne pourront plus durer, mais de là à jeter l'opprobre sur tout un peuple comme en Grèce, c'est ridicule et clairement inacceptable en l'état. J'aimerais voir madame Merkel et consorts tenir de tels propos sur la place publique d'Athènes, un jour de manifestation. Les gens sont clairement à bout, leur calendrier n'est pas celui de la zone euro ou de la banque centrale européenne, il est bien celui d'un quotidien toujours plus tendu. Et ce  alors que la dette dette grecque continue à gonfler malgré la rigueur. Pour mémoire, elle est passée de 127% en 2009 à près de 140% en 2010 et dépassera les 150% fin de l'année, sans compter que 2011 peut hélas réserver encore quelques trés mauvaises surprises. C'est bien pour cette raison que l'idée d'une restructuration de la dette grecque fait son chemin, plus on attend, plus elle augmente, la solution allemande ne réduira pas le poids de l'endettement. Mais comme le soulignait hier le chef économiste de BCE, monsieur Stark: Restructurer "semble facile à première vue (...) mais il faut prendre en compte les implications, (celles d'un plan version allemande par l'implication du secteur privé),  et pas seulement pour le pays concerné.  On revient logiquement à votre première question sur les préoccupation sur le risque de contagion et donc implosion de la zone euro, M. Stark s'élève contre cette exigence répétée par l'Allemagne, elle pourrait être interprétée par les marchés comme un défaut de ce pays, lui coupant l'accès au financement sur les marchés. Elle donnerait tout juste un temps supplémentaire pour les réformes nécessaires qui selon ses ardents défenseurs pourrait s'avérer utiles pour regagner la confiance des marchés. Il propose à cette fin un échange d'obligations conduisant à un report de l'échéance des obligations souveraines grecques en circulation de sept ans... La BCE détient quelques 45 milliards d'euro de titres grecs depuis le début de la crise et n'entend pas encaisser de pertes. Elle bloque donc  toute  velléité allemande en menaçant clairement de ne plus fournir les banques grecques en liquidités si cela devait arriver.

EDSC: Mais selon  certains économistes et surtout analystes, la position de la BCE devrait obligatoirement évoluer...

 Didier REMER: Je dirais évoluer plutôt nécessairement  qu'obligatoirement. Son discours est adapté, et logiquement reste susceptible d'évolutions. Dans la première séquence de la crise, elle s'était logiquement par son rôle, opposée à toute forme de participation des investisseurs privées comme les banques et les fonds, son président, Jean-Claude Trichet, s'est récemment rallié à l'idée de demander aux banques de maintenir volontairement leur exposition à la dette grecque lorsque leurs titres arrivent à échéance. Mais si on analyse cette posture objectivement, on spécule bien plus sur un retour à la croissance et plus modestement à ses premiers signes. Ce n'est pas ce qu'annoncent les premiers rapports des experts de la troïka FMI, Union Européenne BCE. Gagner du temps, oui! Mais pour quel résultat,? des pertes abyssales supplémentaires? ou une évolution de la situation du pays qui est toujours plus hypothétique. Ce n'est pas un hasard si le pouvoir politique grec est invité à s'exprimer d'une seule voix, dans une logique de concorde. Pour conclure sur ce point,  tout évènement de crédit ou défaut, est un luxe que la zone euro ne peut se payer,  ni aujourd'hui, ni demain. La BCE est clairement dans le vrai, l'effet domino sur les pays en difficulté serait dévastateur.

EDSC: Certes, mais de trés nombreux médias et analystes financiers ont affirmé encore ces derniers jours que la BCE avaient pris des risques inconsidérés pour son bilan en rachetant des obligations grecques sur le marché secondaire tout en acceptant des banques comme garanties en échange de prêts...

Didier REMER: C'est de la com, C'est tromper l'opinion publique de vouloir pointer le seul bilan de la BCE, il faut rester sérieux,  la politique monétaire est menée avec toutes les banques centrales nationales de chaque pays membre de la zone euro, celle  qui est bien la première cliente des études des organes de contrôle de la BCE par ses liens avec  l'Eurogroupe, l'Ecofin et ses états.  L' inaction ne sera jamais l'alternative à la restructuration,  il faut une condition, chacun peut la comprendre, il faut que la spirale de l'endettement cesse.  Bon nombre d'économistes sont en droit d'en douter.





Entretien par Emanuel de Saint-Cyr
Photographie: Tous droits réservés

Thursday, June 9, 2011

ZONE EURO GRECE: Ces états qui utilisent les services du renseignement pour la veille économique.

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Les services du renseignement mobilisés pour le sauvetage de la Zone euro...

              


Depuis des semaines, FINANCE OFFSHORE vous précise les raisons objectives  du risque colossal que représenterait l'annonce d'une "restructuration lourde de la dette" de certains états de la zone euro en pleine tourmente. Nous souhaitons lever le voile en nous intéressant sur l'angle de l'impact des services du renseignement de la veille stratégique économique de certains états, leur rôle, les missions.... ou comment le renseignement travaille sous cap pour servir les intérêts des états.


Défaut


Bien souvent, c'est le terme toujours plus célèbre de "défaut" qui fait trembler, alors que depuis quelques jours, un énième plan est annoncé pour la Grèce.

On parle volontiers de "Reprofilage", expression qui se voit compléter par des mesures pour éviter -par exemple non exhaustif- l'exposition des banques au risque de défaut.

La Banque centrale européenne (BCE), dirigée par le français Jean-Claude Trichet veut par tous les moyens que la Grèce ne fasse jamais l'objet d'un tel défaut, mauvais signal qui montrerait que l'actuelle zone euro est clairement dans l'impasse et donc d'autant plus vulnérable par un effet  de contagion massif.

L'effet domino tant redouté est déjà vérifié. Les principales agences de notation veulent des garanties qui soient capables de démontrer la solidité ou faisabilité objective d'un état, notamment en situation de crise ouverte.  Une agence de notation reposant son analyse sur des expertises macroéconomiques, sociètales, politiques ....de plus en plus souvent. On parlera donc de la capacité réelle d'un état à proposer un plan cohérent "partagé par l'ensemble des acteurs politiques d'un état" ou logique de "concorde stratégique", c'est à dire les options clairement affichées par les gouvernements en place et donc leurs oppositions respectives.  Le calendrier économique est souvent lié au calendrier politique et donc ...avec celui des futures échéances  électorales de l'état en question!  Il permet de faire des modèles statistiques qui évaluent la crédibilité des politiques économiques des pouvoirs politiques en place ou très clairement sur le départ... Il n'est pas surprenant de voir le président de l'Eurogroupe ou le gouverneur de la banque centrale européenne exhorter les parlements nationaux à parler d'une "seule voix" -clairement- audible. L'exemple récent du Portugal démontre un -risque augmenté- dès lors que le débat politique intérieur interfère sur des décisions salutaires qui font en général débat dans l'opinion publique.

Intelligence économique

En Europe quelques rares états se sont dotés de moyens très puissants pour évaluer les risques en temps réel, le renseignement propose cette évaluation en temps réel ou dynamique des risques. Les travaux des services du renseignement économique couplés avec les différents services des différents ministères stratégiques tels que ceux de l'économie et des finances, de l'industrie, de la recherche, du commerce extérieur, de l'énergie... permettent une veille dite -stratégique-. On sait qu'en Europe, ses différentes "officines" travaillent pour  des missions qui  de l'espionnage  pour la préservation des acquis aux missions dites d'infiltration: secteur financier, bancaire, industriel... sont autant d'outils de la veille dite stratégique.

Reprofilage

L'objectif est clair, analyser en temps réel toutes les opérations qui impactent directement l'économie d'un état et donc tous ceux qui sont en relation directe -d'interdépendance-. En général les états se gardent un droit de "veto" stratégique sur toutes les annonces qui peuvent influencer un risque élevé pour leur économie, sa relative stabilité. En Zone euro, l'annonce récente du rapport des experts du FMI, de l'Union Europeenne et de la Banque centrale européenne a été repoussée au maximum pour ne pas interférer le plan qui se profile. Alors que les agences de notation annonçaient la dégradation de la dette souveraine de la Grèce, l'Eurogroupe gagnait du temps en insistant sur la notion de "reprofilage" ou restructuration douce pour ne jamais évoquer le terme de restructuration dite "lourde". Dans ce même temps, il fallait concilier les réticences -objectives- de l'Allemagne qui pour être très clair, se retrouvait confrontée à une opinion publique toujours plus remontée contre l'idée d'une énième intervention au profit de la dette grecque. L'Allemagne sollicitant une intervention des créanciers privés, voulant déplacer le "centre de gravité" sur les banques privées exposées et donc le secteur privé. Cette option stratégique étant le fruit d'analyses de la veille stratégique allemande qui se doit de composer toujours plus entre les intérêts nationaux et son rôle d'acteur dominant  de la zone euro, ayant pour objectif de conserver ce "précieux statut". La pression qui s'exerce sur l'Allemagne est donc très logiquement grandissante, les autres grands états de la zones euros et les États-Unis  souhaitent une implication -sans faille- de celui qui "flirt" toujours plus avec la tentation de faire cavalier seul quand bon ...lui semblerait! Édifiante démonstration d'une unicité de la zone euro qui pour les agences de notation ne serait qu'une façade, car dans les conciliabules, les négociations sont très ardues.


Non sens

Les modèles économiques sont formels, la zone euro actuelle est plus proche d'un non sens absolu, toujours plus éloigné de la volonté  des pères fondateurs de l'Union monétaire européenne.  De nombreux économistes s'élèvent devant un jeu qui ne serait que celui de dupes et qui serait l'unique règle absolue. "Sauver les meubles", il n'est pas rare de voir des économistes de renom trouver toujours plus de grâce et crédit aux revendications des bons peuples de Grèce ou du Portugal, d'Irlande...La veille stratégique note une importante montée en puissance des idéologies populistes en Europe qui se nourrissent des nombreuses conséquences des  plan d'austérité qui font rage. Il manquerait  "un certain recul" à tous les acteurs de la zone euro, enferrés dans le risque systémique tant redouté, qui ne laisse que trop peu de marche de manoeuvre.

Sans faille

Les Etats-Unis, par ailleurs exposés sur la dette privé de la zone euro,  souhaitent que l'Union européenne donne de "sérieux gages", alors que la dette souveraine des Etats-Unis commence à faire l'objet de sérieuses frondes par certaines agences de notation.  Une solution pour la crise de la zone euro est donc logiquement vivement souhaitée. La récente visite du président Obama en Allemagne est un signal fort pour que la chancelière Angela Merkel lui  assure son implication sans faille au plan qui se joue actuellement pour l'ensemble de la zone euro, la Grèce étant un vecteur essentiel pour la réussite de cet énième plan.

"Initiative de Vienne"

Quand la Roumanie et la Hongrie étaient dans une situation de quasi défaut, les discussions de Vienne avaient pour objectif d'imposer un reprofilage de la dette de ces deux états, en fait un allongement du calendrier pour tous les créanciers. Cette initiative avait relativement bien fonctionné dans la mesure ou de nombreuses faillites furent évitées, comme celles de nombreuses banques locales. Quelques années plus tard, l'initiative de Vienne refait surface, la veille stratégique considérant que cette solution qui implique secteur privé et publique peut s'avérer salutaire pour la crise de la dette grecque. Elle suppose un plan massif de privatisations, celui qui permet d'impacter le moins possible les populations. Par exemple, en Grèce, le risque de défaut sur la dette publique représente 17 milliards € pour les banques allemandes et 11 milliards € pour les banques françaises. En ajoutant la dette privée grecque, la facture monte à 49 milliards € pour le système bancaire français et 30 milliards € pour l’Allemagne et il faut remarquer que les banques américaines sont aussi exposées (31 milliards €). (Source banques des règlements internationaux, BRI). Selon la BRI, le risque financier représenté par la Grèce, l’Irlande et le Portugal fin 2010,  représentait pour les investisseurs bancaires quelques 82,2 milliards € pour la seule dette publique et 895,5 milliards €  (les dettes du secteur privé et les produits dérivés). C'est peu dire que les motivations sont grandes, les négociations actuelles pour la dette grecque sont  toujours plus ardues pour éviter le "défaut grec" qui deviendrait l'équivalent de la zone euro d'une faillite de la banque Lehman en 2008. La veille stratégique des nombreux états exposés en Grèce par leurs banques,  (Allemagne, France, Angleterre, États-Unis...) se doit de mettre à profit tous les possibles pour éviter un scénario qui par son effet domino impacterait tous les autres états en difficultés de la zone.

Le plan de type "Initiative de Vienne" devrait donc éviter à l'Europe toute entière une crise qui deviendrait rapidement mondiale! Mais les agences de notations ne l'entendent pas ainsi, elles ont toujours en mémoire l'exposition à la dette privée du système bancaire international exposé pour moitié avec les créances non bancaires dans le secteur privé de l'Irlande soit quelques 357 milliards d'euros...  Les agences de notation veulent des garanties pour pouvoir prémunir toute crise de confiance, n'excluant pas une  nouvelle crise de liquidité sur le marché interbancaire. Hypothèse qui serait encore -en rien exclue-, si  d'aventure une situation similaire à celle de l'année  2008, portée -elle aussi- par une autre crise de confiance, ayant pour résultat la chutte de la banque Lehman dont chacun peut encore mesurer l'impact sur l'économie mondiale.

Alors que le plan de la Grèce se dresse comme un rempart contre l'effet domino tant redouté, pour la seule dette publique grecque, sont exposées les banques étrangères allemandes 34 milliards €, et françaises 27milliards €,   représentant  près de 56 % du risque total porté par le secteur bancaire international,  les banques anglaises 11 milliards €, (dont 4,5 de dette irlandaise) et les banques espagnoles 9 milliards €... ... ...

Il ne vous sera plus surprenant de noter que les états qui disposent de services du renseignement pour la veille stratégique s'avèrent les plus efficients dans des négociations toujours plus ardues pour la réalisation du plan de "L'initiative de Vienne", d'ailleurs certains n'hésitent pas à recadrer ceux qui annoncent -un peu trop vite-  des conclusions déjà  jugées ...hâtives!

A suivre...











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