Zone Euro: L'Eurogroupe tacle avec amabilité les Etats-Unis!

Pour Jean-Claude Juncker, pas de leçon à recevoir...


Wroclaw-Pologne: "Les États-Unis sentent tourner un certain vent au sein de la Zone Euro...", le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner s'est dit préoccupé par les nombreuses divisions entre les gouvernements européens et la Banque centrale européenne (BCE): "Il est très dommage de constater qu'il existe non seulement des divisions dans le débat sur la stratégie en Europe, mais aussi qu'un conflit existe entre les gouvernements et la BCE".  Les États-Unis ne croient plus en cette fausse unité des européens, celle qui se fissure, et qui risque bien de s'amplifier vers une crise toujours plus ouverte...  

Les États-Unis (tout comme le F.M.I hier), conscients de la gravité de la situation, ont clairement exhorté ce vendredi "les Européens à mettre un terme à leurs divisions sur la gestion de la crise de la dette qui inquiète la planète entière", alors que la zone euro continue à se diviser sur le deuxième plan de sauvetage promis à la Grèce.  "Un plan remis aux calendes grecques, reporté d'un mois d'ici à Octobre...". Une décision qui doit "officiellement" faire sens  aux travaux des experts de la troïka qui doivent reprendre lundi à Athènes , "...Ainsi, nous aurons plus de visibilité sur les efforts acquis au gouvernement grec!".

La réunion des ministres européens des Finances à Wroclaw en Pologne, laissera un goût amère à certains de ses participants. "Au départ l'ambiance état plutôt bonne, l'organisation du pays hôte s'est avérée éxemplaire, mais très vite, dans la coulisse, "politique oblige", certains effets d'annonces se sont avérés forts préjudiciables aux objectifs de cette réunion pourtant informelle.  L'invitation du secrétaire d'état  américain s'est vite transformée en une tribune pour des inquiétudes américaines qui devaient très rapidement amplifier les profonds désaccords qui se font jour au sein des exécutifs présents!" Nous précisera un haut diplomate.

Pourtant, de l'avis même de certains ministres présents,  le secrétaire Timothy Geitner s'est " juste limité " aux risques que constituait cette amplification des désaccords, mettant en garde "contre les risques catastrophiques d'une possible désunion des européens pour sortir de la crise... " Pour de nombreux diplomates présents, les déclarations du secrétaire d'état américain avaient le mérite de "...remettre certaines pendules à l'heure! Les récentes déclarations de certains chefs d'états européens manquent d'une vision réaliste sur la gravité  actuelle de la crise, les marchés attendent une unité en Zone Euro, pas celle d'un simple jeu de dupes!".

Il faut dire que depuis quelques semaines, des bruits sur la possible sortie "forcée" de la Grèce font les choux gras de la presse économique européenne et internationale. "La démission du chef économiste de la BCE, l'Allemand Jürgen Stark (qui proteste ainsi) contre le principe d'une aide indirecte qu'apporte l'institut monétaire aux banques des pays fragiles de la zone euro en lieu et place des états" ...était encore dans les esprits!" Chef économiste de la BCE, "faisant ainsi un procès en règle sur le détournement effectué de la mission matricielle de la banque centrale européenne!" Didier Reynders et Wolfgang Schäuble sont également montés au créneau pour recadrer les américains qui se doivent de faire aussi "leur travail pour des Etats-Unis enferrés dans une dette publique record !" Lors de l'opus polonais , nombreux participants "trouvèrent l'américain un brin trop moralisateur!"



Au premier rang, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, patron sur le départ de l'Eurogroupe qui s'est particulièrement démarqué avec une amabilité pour son homologue américain: "Nous ne discutons pas de l'élargissement ou de l'accroissement du FESF avec un pays non membre de la zone euro!" n'ayant visiblement pas apprécié la sortie du secrétaire d'état américain sur le besoin indispensable d'augmenter la capacité actuelle du fonds de stabilité européen (FESF). "Un fonds jugé insuffisant par les États-Unis et le F.M.I qui le trouvent sans réelles capacités en cas "d'effet domino", celui que portent les divisions actuelles des européens!" (Fonds, qui lève de l'argent sur les marchés avec la garantie apportée par les Etats de la Zone euro pour pouvoir le prêter à des conditions bien plus avantageuses que celles du marché aux pays en difficulté, il est aujourd'hui doté d'une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros.) Secrétaire d'état américain qui fait sens aux inquiétudes d'éminents économistes (y compris européens) qui le jugent clairement  insuffisant tout en insistant sur le fait qu'il est "urgent pour la Zone euro de se doter -enfin-  d'un outil capable et donc offrant une garantie réelle sur de futures autres potentielles crises!" Plus tard dans la soirée, Washington devait démentir -très officiellement-  "avoir souhaité (au sens stricte du terme)  une augmentation du fonds de stabilité européen (FESF) ", il semblerait que les propos tenus par le premier ministre luxembourgeois , Jean-Claude Juncker, chef de l'Eurogroupe, soient interprétés de façon clairement erronée par certains médias européens...

Pour le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble lui a dit que (augmenter le Fonds de stabilité européen) "ce ne serait probablement pas réalisable uniquement avec de l'argent du contribuable, dans l'ampleur envisagée par les Etats-Unis", plaidant pour l'introduction d'une taxe sur les transactions financières, "y compris aux Etats-Unis!" ...unique solution pour dégager les fonds nécessaires. Timothy Geithner aurait "strictement refusé", selon la ministre autrichienne des finances  qui persiste et signe: "Il nous a exhortés à mobiliser plus d'argent pour stabiliser l'ensemble du secteur financier, stabiliser le secteur bancaire et augmenter à tout prix le Fonds européen de soutien" (FESF), a déclaré à la presse Maria Fekter. Autriche rejoignant la Finlande qui selon certains diplomates présents, "Sont les deux états de la Zone euro qui se posent toujours plus ouvertement la question de savoir si la place de la Grèce est bien encore au sein de la Zone euro..."

Lors de cette réunion, Timothy Geithner a donc clairement exclu une taxe sur les transactions financières, pourtant appelée de leurs voeux par l'Allemagne et la France.

"Nous avons évoqué cette proposition car nous voulions savoir si nos amis américains allaient nous assister dans cette marche vers une imposition plus juste (...). Monsieur Geithner nous a fait savoir que l'administration Obama n'envisagerait pas d'introduire une taxe de ce type", a également précisé  Jean-Claude Juncker qui refuse de capituler : "Nous comptons bien revenir dans le cadre du G7 ou du G20 sur cette question en insistant sur sa nécessité", a t-il expliqué.
Pour ce qui est des garanties exigées par certains états comme la Finlande, Jean-Claude Juncker s'est voulu rassurant: "Des progrès ont été réalisés!".  Mais en fait de progrès subsiste surtout une inconnue, dans la coulisse, les modalités de ces garanties ainsi négociées plombent le second plan de 160 milliards d'euros. Monsieur Juncker devait reconnaître qu'aucune issue était acquise pour cette question au sortir de la réunion de Wroclaw. L'idée d'une nouvelle contrepartie par des garanties en liquide, ou la mise en gage de terres grecques comme des îles (comme annoncée dans la presse grecque) ou des offres de participations dans des entreprises hellènes sont clairement refusées par la Zone euro...  A suivre.




Comprendre ECOFIN via FINANCE OFFSHORE:

République de Pologne, pays exerçant la présidence du Conseil de l'Union Européenne.
(Lien internet actif en cliquant sur le logo, site en langue française.)


"Le Conseil informel Affaires économiques et financières (ECOFIN) est une des réunions organisées traditionnellement dans le pays exerçant la présidence du Conseil. Ce sont le ministre des Finances de la République de Pologne, Jacek Rostowski, et le président de la Banque nationale polonaise, Marek Belka, qui seront les hôtes du Conseil informel ECOFIN. 

La réunion regroupera les ministres des Finances de tous les États membres de l’UE, les présidents des banques centrales nationales et des représentants de la Commission européenne, du Secrétariat général du Conseil et de la Banque centrale européenne. De plus, parmi les invités se trouveront des représentants d’autres institutions européennes et mondiales. Il est également possible que la réunion rassemble des experts des matières débattues par le Conseil ECOFIN.

Le débat lancé pendant la réunion du Conseil ECOFIN se focalisera, entre autres, sur la recherche de sources de croissance économique et sur les services financiers.

Comme le veut la tradition, le Conseil arrêtera aussi une position commune pour la réunion annuelle du Fonds monétaire international, qui se déroulera du 24 au 26 septembre 2011, ainsi que pour la réunion des ministres des Finances du G20, programmée pour les 22-23 septembre 2011
."



Source: Présidence de l'Union européenne/ ECOFIN.
Photographie: Tous droits réservés.
 

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