Wednesday, June 15, 2011

ZONE EURO Grèce: Secteur privé, nouvelle martingale de la Zone euro?

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La Zone euro avance difficilement ses pions...



La dernière réunion préparatoire  de l'ECOFIN s'est révélée particulièrement contre productive... Alors que la Zone euro est en pleine crise, les différents ministres de l'Ecofin ne cachent même plus leurs divergences sur la solution qui doit être portée. On s'entend juste sur les grandes lignes, et "chacun mesure le mur qui persiste dans les négociations". On tente bien de de se rassurer, mais à l'évidence, les évènements portent plus que les décisions...

Pas sûr...

Le mardi 14 Juin à Bruxelles, les discussions étaient parfois tendues "tout en restant cordiales!". Le calendrier de la feuille de route est loin d'être respecté, il faut dire que les pressions augmentent entre les différents acteurs de cette partition. Un seul accord semble faire consensus, celui d'un certain mur: "Je ne suis pas sûr que nous trouverons une solution la semaine prochaine", a reconnu le ministre des Finances luxembourgeois, Luc Frieden, qui s'en est ouvert après quelques six heures de négociations qui finalement s'avèrent comme "contre productives". "Il y a toujours un risque à se fixer une échéance, la volonté est bien là, mais les divergences sont telles... On remarque bien, surtout de l'intérieur,  lors de ces  négociations toujours plus ardues que les thèses défendues par les participants sont respectables, mieux, elles confèrent un ensemble qui marque que la Zone euro dans sa configuration actuelle devient un certain "non sens" . Nous commentait un haut diplomate sous couvert de l'anonymat. Les raisons? Elles sont multiples, mais en général...  "Il ressort que certains anticipent l'avenir, et veulent dès à présent que soit pris en compte le fait avéré que les logiques d'hier, ne sont plus les bonnes!" Concluait ce même diplomate.

Il faut dire que de réunions secrètes en réunions officielles, en passant par les différents conciliabules, qu'il est clairement difficile pour la Zone euro de trouver un accord pour un nouveau plan d'aide à la Grèce.  La politique rejoint la finance, les agences de notation menacent les différentes banques exposées à cette crise de possible banqueroute alors que des divergences très fortes portent toujours plus sur l'effort à demander aux banques créancières du pays.

Éviter le défaut!

Qu'il est difficile pour la zone euro de trouver un accord pour un nouveau plan d'aide financière à la Grèce. Les ministres de l'Ecofin réunis mardi 14 juin à Bruxelles ne sont pas parvenus à s'entendre en raison des divergences sur l'effort à demander aux banques créancières du pays, menacé de banqueroute à en croire les agences de notation.  Après la note de l'état grec,  les agences viennent de baisser la note de certaines grandes banques européennes "...prises dans le piège grec!", il faut éviter la faillite de l'état dont tous s'accordent sur au moins un point crucial, -l'effet domino- tant redouté. "Cette aide doit s'inscrire dans une démarche volontaire des partenaires du secteur privé, elle ne doit en aucun cas devenir l'équivalent d'un défaut de paiement" pour Athènes, si tel n'est plus le cas, il faut s'attendre à un effondrement sans précèdent pour -l'ensemble- de la Zone euro. "La BCE exposée à hauteur de 46 milliards d'euros le sait trop bien!" Nous précisera le chef économiste d'une grande institution du secteur. Le ministre des finances belges s'en est ouvert en reconnaissant que le premier plan décidé l'an dernier est clairement à bout de souffle et loin de remplir ses premiers objectifs: "Les 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans promis l'an dernier à Athènes par les Européens et le Fonds monétaire international, s'avèrent insuffisants. Le nouveau paquet d'aide en discussion pourrait représenter 105 milliards d'euros:  "80 milliards d'intervention nouvelle" du FMI et des Européens, et "autour de 25 milliards" d'engagement des créanciers privés", selon le ministre belge des Finances, Didier Reynders qui s'était largement avancé sur l'idée de la création des fameux euro bonds, là aussi une idée qui fait son chemin alors que les partenaires privés seront toujours plus sollicités.

Secteur privé, nouvelle martingale de la Zone euro?

On le sait, depuis que les allemands font un certain forcing pour impliquer toujours plus le secteur privé, de nombreuses agences de notation trouveraient la ficelle "un peu grosse". Selon ses agences, "On tenterait de vouloir masquer les incapacités de la Zone euro en déplaçant le centre de gravité des problèmes..." ce qui fait dire à certains, que la Zone euro est clairement 'incapable de proposer un système de garanties efficaces et donc respectable ...pour les marchés!''

L'Allemagne exige toujours plus fermement lors des négociations que le secteur privé accompagne la future aide nouvelle aide: "Elle devra  s'accompagner d'une participation du secteur privé, à savoir les banques, assureurs et autres fonds détenteurs de dette grecque!" persiste le ministre allemand  Wolfgang Schäuble qui semble réussir imposer -sa thèse- à ses partenaires européens qui demeurent -très divisés- sur la méthode. C'est bien l'ombre des mises en garde de la Banque Centrale Européenne qui sont dans les esprits, Jean-Claude Trichet insiste sur l'importance "de ne pas affoler les marchés" et ce, en sollicitant une "aide concertée, efficiente et donc -volontaire-". Mais les annonces sont certes pleines de bonnes intentions, mais pas de nature à créer un changement radical d'opinion des agences de notations qui considèrent que "cette stratégie est jugée très risquée!"  tout comme par la Commission européenne, la France ou la Belgique, qui selon eux, -imposée-,  "...n'évitera en rien une sanction!" D'ailleurs, l'agence Standard and Poor's a dégradé la note de la Grèce dès lundi de trois crans et ne s'est pas privée d'annoncer que quelle que soit l'option retenue allant de l'échange de titres ou l'allongement des maturités (reprofilage), qu'  elle considérerait "de facto comme un défaut" et se devrait baisser encore sa note. C'est dire que les discussions, dont celles -dès ce prochain week-end-, prévues au Luxembourg, seront âpres et donc très déterminantes...


Option scabreuse?

Les discussions buttent toujours plus sur le caractère -volontaire- ou potentiellement  -imposé- de cette participation privée, rares sont les ministres à croire en l'idée de mesures -imposées-. Maria Fekter, ministre autrichienne des Finances, dit avoir "du mal à imaginer que cela puisse se faire sur une base volontaire". Elle ne s'est pas privée de le préciser à son homologue allemand jugé bien trop optimiste pour parvenir à cette fin...

Le ministre des finances luxembourgeois Luc Frienden et son premier ministre, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, semblent en accord sur ce  problème. Les hôtes de la réunion de Luxembourg pourront largement s'en ouvrir ce prochain week-end avec leurs homologues européens.  Luc Frieden a d'ailleurs  bien résumé le risque d'une telle option: "Dans toute implication du secteur privé, nous devons faire très attention à ne pas créer un 'événement de crédit!"  Un  option scabreuse par ses effets  qui marqueraient une situation où la Grèce serait considérée par les marchés comme dans l'incapacité de rembourser sa dette... Le reprofilage intelligent et concerté est donc l'option qui fait force à l'évitement d'une telle situation risquée, elle est  jugée plus efficiente pour de nombreux économistes, Athènes pourrait ainsi obtenir plus de temps pour rembourser, soit en échangeant ses obligations par d'autres plus longues, soit en obtenant des créanciers privés volontaires la garantie que lorsque leurs prêts arriveront à terme, ils en octroieront d'autres de même montant. L'effort -volontaire- des banques devant représenter plus de 30 % du nouveau paquet d'aides pour escompter un résultat admissible. A suivre...




Source: ECOFIN/BCE/EUROGROUPE/médias Européens US
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