Suisse/Affaires Madoff: Finance Offshore interview d'un milliardaire floué! (Exclusif)

      "Didier REMER, rédacteur en chef du site Finance Offshore rencontre un milliardaire floué!"



Depuis que le site Finance Offshore s'intéresse au dossier Madoff en Suisse, certaines langues semblent vouloir enfin se délier. Notre rédacteur en chef a réalisé une interview exclusive d'un -client floué- par le "système Madoff en Suisse". Cette personne qui exige de conserver un anonymat sans faille, répond aux questions de notre rédacteur en chef et explique, selon lui,  "comment les intermédiaires et certains banquiers suisses se font  forts de noyer un certain  poisson"...


Interview réalisé dans un palace de Luxembourg le 12/04/2011.


D. REMER (Finance Offshore): Bonjour monsieur, nous allons vous appeler "monsieur Cash" pour les besoins de l'interview, préserver votre anonymat intégral, et faciliter la compréhension de nos nombreux lecteurs de l'espace francophone international.

M.Cash (Client floué): Je vois que vous avez de l'humour, mais si j'ai décidé de vous rencontrer c'est pour expliquer cette nomenclature utilisée par certains établissements présents en Suisse ou à Luxembourg pour relayer en leur temps, les bons services de monsieur Madoff. J'ai lu votre échange avec une institution de la place de Genève et je trouve votre approche intéressante à double titre. Dans un premier temps, il est évident que si monsieur Madoff est arrivé à un tel niveau, c'est bien que le concours de nombreuses banques lui a bien été accordé, trés justement en son temps. La mauvaise foi ainsi affichée actuellement par de nombreux établissements notoires, me fait penser à une fuite en avant, une fuite à l'anglaise, ou l'on se défausse sur des personnes qui auraient agi, toutes seules, perdues dans un certain maquis de la gestion de  la fortune. C'est une facilité qui est inadmissible de la part de telles institutions bancaires, elle démontre à quel point les valeurs s'étiolent et se perdent dans des intérêts qui se sont fondés sur des bases éloignées des fondamentaux du rôle primaire d'une banque.

D.REMER (Finance Offshore): Vous voulez dire que certaines institutions sont clairement sorties de leur mission de conseil, d'analyse et prospective financière et donc rôle matriciel de dépositaire de fortune?

M.Cash: Oui tout à fait, les banques organisaient des "raids" pour obtenir des rendez-vous avec des nombreux clients aujourd'hui floués, sous couvert de porter des solutions dites de défiscalisation ou selon le jargon technique d'optimisation fiscale, nous étions clairement démarchés, y compris sur le territoire des Etats-Unis ou je vis en partie, et ce en violation totale des réglementations présentes sur le territoire américain. Les banques n'hésitaient pas à faire, d'une certaine façon,  et façon certaine, clairement peur! Spéculant toujours plus sur "des révolutions fiscales à venir en Europe", machine de guerre pour mettre à mal la fortune de nombreux ressortissants qui se trouvaient ainsi d'autant plus ciblés!

D.REMER: Que voulez vous dire par "d'autant plus ciblés"?

M.Cash: En fait comme pour mon cas trés personnel, ma fortune se compte au "presque millimètre", c'est à dire un presque milliard d'Euros, en tous cas  à l'époque!  Cette fortune intégrant des nombreuses participations et un volet que je considère comme plus personnel...

D.REMER: Le fameux bas de laine,  je suppose, cette garantie "hors bilan" si je puis dire?

M.Cash: Tout à fait, de nombreuses personnes qui comme moi disposent d'une richesse personnelle, sont avant tout des inventeurs, des créateurs de valeurs ajoutées, inventeurs d'un concept, réussite professionnelle qui s'est muée logiquement vers des besoins diversifiés qui par leur ampleur, suggèrent des réponses que l'optimisation fiscale se doit d'encadrer. Il n'est pas difficile pour tous ses établissements de Genève ou Luxembourg d'identifier des clients comme moi, les chiffres sont un indicateur  qui ne laisse pas indifférent, les courbettes sont nombreuses, voluptueuses et parfois insistantes! Gérer mes activités présentes sur cinq continents m'impose une gestion du temps trés rigoureuse, à mon niveau, la délégation est une nécessite, et c'est là que ses institutions bancaires interviennent en général avec une facilité déconcertante. On vous parle d'une confiance réciproque, on vous parle des évolutions du cadre fiscal en Europe, qui deviendrait un des plus dangereux pour ceux qui comme moi, disposent d'un ressort financier important. On vous rassure en vous expliquant que le secret bancaire n'est pas mort, qu'il est tout juste "en ballade" avec cet argent qui circule plus vite que la lumière! Un argent qui comme vous le savez trés bien se planque dans les trustees, enfin, vous qui parlez de cet aspect de la Finance Offshore, vous connaissez trés bien la musique, n'est-ce pas?
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D.REMER: Soyons francs, nous sommes un peu amis, il est vrai que notre site ne fait jamais l'économie d'être didactique sur cette question, je suis moi même un ardent défenseur du secret bancaire. Mais dans votre cas particulier,  j'ai l'intime conviction que vous vous en voulez d'être ainsi tombé  dans un certain mauvais drap, ou finalement piège?

M.Cash: Oui, tout à fait, je suis en rien le modèle du nouveau riche, j'ai connu une enfance modeste mais heureuse, je suis parti de rien, à force de courage, d'imagination, et surtout audace. Ce sont toutes ses personnes qui sont venues à moi qui m'invitèrent à me lancer dans le système Madoff. Un homme truculent, bon vivant, ancien maître nageur, sa seule réelle qualification, ce que peu de gens savent au monde! Un homme qui savait nager en eau trouble, fort en apnée... Véritable modèle de la vente pyramidale, un camelot hors pair, d'une certaine façon... Mais il faut rétablir certaines vérités, ce sont toutes ses banques qui contribuèrent à  donner la légitimité à un tel personnage, qui pour ma part n'aura été que le catalyseur. New-York est la ville de tous les possibles, rencontrer un tel homme est une aubaine pour qui se retrouvait à sa table. Il était un homme de réseau dans sa communauté il était clairement l'homme à rencontrer...

D.REMER: Dans votre cas, vous l'avez rencontré comment?

M.Cash: Au Luxembourg, un ami avait des amitiés communes avec lui aux States et à New York, un jour, nous nous sommes rencontrés dans un grand palace de la cinquième (ndlr:avenue de New-York), le rendez-vous était pris!

D.REMER: Pour comprendre, les premiers à vous parler de Madoff, s'était qui au juste, des intermédiaires? Des amis?

M.Cash: La première fois que l'on m'a parlé de cet homme, s'était en Suisse, dans le siège d'une grande banque. On était assez fier de traiter affaires avec cet homme à New-York, on me parlait même d'une exclusivité pour toute la place financière suisse. Que, seuls les meilleurs clients disposaient d'un tel honneur,  de fait trés rare!

D. REMER: Je pense que vos avocats n'auront pas de peine à démontrer de quelle institution de la place financière de Génève il peut donc s'agir?

M.Cash: Oui, ils sont d'ailleurs disposés à faire état de ses nombreux faits précis quand  bon il leur semblera et seulement, en fait c'est plus amusant de voir comment tous ces messieurs de la place vont se défendre et s'enfoncer! Car trés franchement, de qui se moque t-on? Maintenant on veut nous faire croire que c'est Madoff, qui tout seul, comme un grand, gérait l'intégralité de son réseau! Une fumisterie qui est un véritable scandale, si son travail est devenu ainsi vertueux, façon de parler, s'est que tous ses banquiers concernés se sont lancés dans les affaires avec lui,  de la manière la plus  directe qui soit sous couvert parfois d'intermédiaires ou fusibles de pacotille! On prend les gens pour des cons, il y a une omerta médiatique en Suisse, on lisse l'information, car dans la coulisse, il y a tout un système qui se tient par la barbichette pour ne pas dire autre chose! Les investisseurs de certains médias font des pressions extra-ordinaires! C'est une honte, mais je suis rassuré, ceux qui jouent ainsi, vont passer à l'autre caisse, il n'y a pas que le fric, il y a l'image, la respectabilité, et l'impact sera d'autant plus grand.

D.REMER: Je vois que vous êtes trés remonté, il semble que vous ayez l'envie de crier haut et fort votre sentiment d'injustice généralisée dans les affaires Madoff. Votre envie de voir , comme le mandataire judiciaire du tribunal des faillites de New-York, que tous les acteurs bancaires tenus en responsabilité, puissent passer enfin à la caisse?

M.Cash: C'est logique, tous ces intervenants et banquiers oublient l'essentiel, on peut toujours vendre son âme au diable, mais pas impunément pour ce qui est de celle des autres, sous couvert d'être protégé dans un paradis... fiscal! C'est une honte, une trahison qui dans mon cas est une véritable atteinte à mon honneur. Le discours de ces messieurs étaient un brin moralisateur, limite clérical, assez enlevé, avec des "Vous savez notre maison existe car elle a depuis sa naissance, traversée toutes les guerres, sa respectabilité s'est vérifiée  aux pires heures de notre histoire commune, à la place que nous avons toujours tenu dans l'histoire de notre confédération, à présent son devenir..."

D.REMER: C'est bien la trahison qui selon vous se poursuit sous nos yeux éclairés,  elle semble être à l'origine de votre réelle colère. Dans cet esprit ne dit-on pas que si l'on vend son âme au diable, qu'il faut, pour le coup trés justement, rester maître du prix? Dans le cas précis des affaires MADOFF, peut-on imaginer que des grandes banques vont devoir encore passer à la caisse et d'autant plus?

M.Cash: C'est une évidence!  Je puis comprendre, on pourrait se dire, mais comment des gens aussi intelligents se sont perdus dans un tel système, comment des gens qui gèrent aussi le quotidien de milliers d'êtres humains, je pense aux salariés des différents groupes dont je suis actionnaire, comment des gens avec notre niveau de responsabilité sont tombés dans un tel piège?  En fait, c'est bien là que le rôle des banques intervient, car celles qui sont dépositaires de valeurs morales en plus de nos fonds, sont souvent un conseil qui fait l'allier indispensable de nos affaires, partenaire dans nos investissements. Une caution morale inaltérable qui repose sur une relation qui se doit être d'intégrale réciproque confiance, c'est en général le baratin des fameuses notices prudentielles! Mais je vais rassurer le commun des mortels, il y a des banques sérieuses, des personnes de bons conseils, vous en conviendrez cher ami?

D.REMER: J'aime à le penser et devoir le vérifier dans un certain quotidien, il est vrai qu'il y a conseil et conseil, c'est en général l'intervention qui est pratiquée qui fait force de réelle valeur ajoutée. Conseiller un milliardaire est certes parfois plus éprouvant qu'un jeune désireux de faire son premier plan épargne logement! Pourtant à y regarder de trés près, il n'y a pas de logique différente sur les valeurs d'intégrité morale, la confiance se gagne dans le temps, celui des vérités... Et pour abonder je crois fermement qu'un conseiller en gestion de fortune se doit de donner une réponse toujours adéquate à son client, mais en rien jamais différente de qualité selon sa fortune acquise ou fortune en devenir, un concept d'honnêteté intellectuel qui semble se perdre ses derniers temps en Suisse depuis les affaires Madoff. Car si l'on prend bonne note de votre réaction, il y a un avant et un après. Depuis cette affaire Madoff, la gestion de fortune s'opère plus en direct, limitant les intervenants et les risques, les clients se font plus prudents, plus intéressés aux questions prudentielles.

M.Cash: C'est clair que ceux qui sont dans un besoin de gestion de leur fortune, travaillent de moins en moins en aveugle! La pratique est de travailler en "doublette", mettant le rôle d'auditeurs en avant, rendant efficient l'aspectation juridique des montages toujours plus techniques et complexes. Pour ma part, et vous le savez trés bien, on ne peut plus donner sa confiance de façon unilatérale et donc en pleine verticalité pour une banque.C'est dans la confrontation des expériences que les meilleurs enseignements sont tirés. Par exemple, nombreux clients floués de Madoff, je parle des rescapés ou plus solides d'entre-nous, avons pour habitude de nous rencontrer et mettre nos expériences en avant lors d'échanges toujours  fructueux!

D.REMER: Un peu comme les réunions des alcooliques anonymes?

M.Cash: Cher ami, je reconnais votre humour!  Mais pour être direct,c'est un peu l'esprit, bien qu'il est difficile d'être anonyme, nous sommes un peu plus connus. Nous avons, et vous le savez bien, des problèmes importants de transmission de nos patrimoines, les instabilités de la fiscalité pratiquée dans de nombreux états et juridictions rendent l'exercice parfois  complexe. C'était une des forces de Madoff et consorts, permettre en plus de placements fructueux des facilités pour garantir la transmission de nos patrimoines. Le commun des mortels ne comprend pas toujours que nous essayons, pour certains d'entre nous, ce n'est pas encore tout à fait mon cas, devoir sauver l'emploi dans des entreprises plus moyennes, entreprises confrontées parfois à la fermeture pour payer des droits de succession astronomiques dans certains états ou juridictions. C'est une problématique qui touchent souvent des familles qui sont souvent de belles références de notre petite ou moyenne industrie.

 D.REMER: Concrètement, quel était le discours pratiqué par ceux qui plaçaient du Madoff?

M.Cash: Étrangement en rien différent des discours habituels, sauf qu'il y avait une réelle insistance sur la référence au  portefeuilles clients de monsieur Madoff. Il était de bon ton de parler de tel milliardaire déjà client, de tel artiste, ou parfois homme politique. Il y avait toujours ce besoin de se relier à l'homme, s'était du genre: "Bon je l'appelle demain, et vous tiens au courant! Venez à Genève, on prendra un vol pour New-York!" "Vous n'allez pas être déçu, un restau jeudi!" "Saviez vous que ....... (ndlr: retiré pour anonymat) vient de signer avec nous aujourd'hui? Vous voyez notre banque est en phase avec ses promesses!". Un flot de commentaires qui ne pouvaient que rassurer! La suite, on la connaît tous.

D.REMER: Finalement, l'effet de l'aura de Madoff rendait inaudible toutes les sirènes de la prudence?

M.Cash: Oui, il est souvent acquis que les meilleurs escrocs sont de trés bons séducteurs, charmeurs, un peu comme vous l'êtes!

D.REMER: Merci, je veux bien faire  miennes les qualités  de séducteur, charmeur et laisse indéfiniment à Madoff celui d'escroc du siècle! Je tiens à vous remercier au nom de nos nombreux lecteurs de l'espace francophone international, et vous laisse à votre devoir de conclusion. 

M.Cash: Je ne doute pas que vos lecteurs seront aptes au meilleur discernement qui soit! Souhaitons dans cet esprit que la justice puisse faire son oeuvre et que les affaires Madoff offrent à nouveau l'occasion de démontrer que tous les établissements bancaires ne se valent définitivement pas. Pour ma part et de conclure, je pense qu'il est d'un devoir moral et urgent pour qu'enfin tous les établissements qui ne sont pas clairs,  s'abstiennent définitivement de se défausser ainsi sur leurs intermédiaires et plus grave, leurs clients...





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