Monday, February 21, 2011

Crise Tunisie: Blocage imminent des avoirs Ben Ali et Trabelsi en Suisse et au Luxembourg?

Tags

 Le peuple tunisien devrait pouvoir obtenir gain de cause avec le soutien de la Suisse et du Luxembourg.




C'est un secret de polichinelle, l'ancien président tunisien, monsieur Ben Ali et consorts, dont une partie de la famille Trabelsi disposeraient d'importants avoirs en France mais aussi en Suisse et au Luxembourg...  Depuis la fuite en catastrophe de l'ex-président, nombreuses voix s'élèvent pour que les états européens susceptibles de détenir des avoirs sur leur territoire soient en phase avec les déclarations de la représentation diplomatique européenne et de la Confédération Helvétique, toutes deux acquises à l'objectif de la révolution du peuple tunisien: la démocratie.

Les récentes découvertes des autorités de transition de la république tunisienne sur les fortunes de la famille de l'ex président et consorts sont autant de preuves à charge sur les détournements pratiqués directement sur la Banque Centrale Tunisienne. Certains parlent même d'une spoliation du peuple par les principaux acteurs des premiers cercles de l'ex président...  Il ne serait pas concevable de voir le Luxembourg et la Suisse tenir "un double langage" au peuple tunisien, empreint de compation et finalement de dualité... La diplomatie européenne est précise, il faut contribuer à l'aide directe au peuple tunisien pour disposer de toutes les garanties utiles au retour de la démocratie en édictant un principe fondamental du respect de la justice.


Ce sont les nombreuses sociétés connexes de "l'empire Trabelsi et Ben Ali" qu'il faudra venir décoder dans l'imposant maquis des sociétés offshores ou "Shell company" (Ndlr: de l'anglais sociétés coquillage, cachées), il est important que les deux états, Suisse et Luxembourg annoncent aux autorités de transition, quelles sont les mesures effectives qu'elles assurent vouloir mettre en action pour contribuer à la recherche des entités qui seraient liées à l'organisation de la spoliation des avoirs tunisiens.

"Il est clair que si le Luxembourg et la Suisse se font frileux sur la question, il devront en répondre auprès de la communauté internationale!" Commentait  un diplomate à l'annonce des requêtes et d'ajouter, -"La France par exemple non exhaustif , serait déjà en train de faire le travail pour identifier les potentiels avoirs présents sur son territoire...".   

Il faut dire que les avoirs peuvent se retrouver sous de multiples formes, avec des pretes noms, entités diverses qui de Soparfi (Luxembourg) à sociétés écran voir sociétés immobilières voir  en tout genre vont largement compliquer la tâche des états pour "se conformer aux requêtes de la justice tunisienne en respectant le nouveau cadre de l'OCDE relatif aux échanges d'informations entre les états signataires de conventions" et ainsi ne plus s'abriter uniquement dans la logique du sacro-saint secret bancaire. Est-il besoin de préciser ici que le travail de la justice tunisienne devrait aboutir logiquement vers un travail de justice pénale internationale dès lors que des preuves seront acquises du lien entre les pratiques sur des possibles dossiers relatifs aux droits de l'homme de l'ex-président et consorts... Ouvrant ainsi un boulevard pour la requalification de la spoliation reliant à une potentielle entreprise "peu glorieuse".

Il est important que les états de l'Union Européenne soient prioritairement exemplaires sur cette question, nombreux sont ceux qui en Tunisie et au sein de l'Union Européenne souhaitent avoir des garanties sur la bonne volonté de ses états susceptibles de détenir des avoirs sur leur territoire et donc juridiction respective.

Dans un cadre plus précis, il serait bien surprenant que des enquêtes démontrent dans un avenir prochain des possibles rétentions d'informations par le manque d'implication des autorités compétentes, la Suisse semble très en pointe sur la même question avec la Libye, mais qu'en est-il objectivement de la Tunisie à ce jour? Le Luxembourg est plutôt discret sur son implication.... 


Pour ce qui est de la France, l'occasion de cet article nous étant donnée, précisons ici que bien que le contexte soit bien plus médiatiquement tendu que réellement diplomatiquement entre les deux états, le nouvel ambassadeur, Boris Boillon s'est empressé de démontrer son implication dans ce processus. Vous trouverez en fin d'article la traduction de son intervention sur la télévision tunisienne suite à son "bizutage" pour reprendre son expression personnelle. Notons ici que la Tunisie devrait conserver en bonne place et mémoire le travail de cet excellent diplomate qui a déjà démontré ses capacités dans un autre laboratoire de la démocratie du monde arabe, l'Irak, dont il aura été l'ambassadeur comme jugé le "plus proche des objectifs de démocratie du peuple" par la presse locale... Son bilan en Irak ne pouvant que conforter un réel besoin de discernement des médias tunisiens qui devront disposer de relais efficaces et capables de réelle implication comme pour le blocage des avoirs, exemple non exhaustif...  Même si la mission première d'un diplomate n'est pas d'interférer dans les questions de justice intérieure d'un état, il est à l'évidence, capable de contribuer au retour de l'état de droit dont il assure vouloir faire tous les possibles pour le retour aux relations bilatérales...


Souhaitons que les notions bilatérales soient partagées avec ce même élan démonstratif d'implication pour la Confédération Helvétique et le Luxembourg, qui disposent d'une "occasion en or" avec la question des avoirs tunisiens.





:: :: :: :: :: TRADUCTION DE L'INTERVENTION DE S.E  BORIS BOILLON (Télévision Tunisienne)




Intervention de Boris Boillon, Ambassadeur de France en Tunisie, en direct sur le plateau du JT national tunisien « El-Wataniyya »

19 février 2011, 20h





// Réponse à la première question :



J'ai vu la manifestation. Je vous remercie de me recevoir pour me permettre d'essayer d'apaiser la situation.



Je suis aujourd'hui venu vous parler avec le cœur, avec humilité, pour faire mon auto-critique et mon mea culpa. Je reconnais mes erreurs et maladresses. J'ai rencontré 30 journalistes depuis mon arrivée il y a 3 jours, et avec 2 journalistes, il y a eu une mauvaise compréhension.





// Réponse à la seconde question :



Loin de moi toute pensée « colonialiste ». J'ai réagi avec exagération à des questions relatives à ma personne et à mon ministre de tutelle. Cela a été interprété comme une marque d'arrogance et un manque de respect à l'égard du peuple tunisien.



Si j'ai heurté les sensibilités du peuple tunisien, je m'en excuse en toute sincérité et je le regrette vraiment. Je veux dire 3 choses :



- La France rend hommage au peuple tunisien, qui a conduit de manière exemplaire et mature une révolution historique et pionnière. J'ai naturellement une pensée pour les victimes de cette révolution. La France est au côté de la Tunisie en ces moments historiques. C'est aussi une révolution morale : les Tunisiennes et Tunisiens ont récupéré leur liberté et leur dignité.



- je salue le travail des journalistes, notamment les journalistes femmes, et je veux être leur allié ; j'essaierai de le prouver à l'avenir ;



- je suis jeune, et je paye les défauts de mes qualités : j'ai pour moi l'énergie, la détermination, les bonnes intentions, mon engagement total au service de la relation bilatérale. Mais j'ai été aussi fougueux et trop spontané. J'ai entendu les protestations et les critiques. Le « bizutage » que je subis est douloureux mais salutaire. je dois apprendre à mieux canaliser mon énergie et arrondir les angles.



// Réponse à la 3ème question :



Il importe maintenant de sortir des polémiques, de passer à l'action et de regarder vers l'avenir. Car ce qui intéresse les gens, ce sont des solutions concrètes à leurs besoins et à leurs préoccupations.



Aujourd'hui mon rôle est de rétablir la confiance et d'écrire ensemble une nouvelle page basée sur la solidarité et le respect mutuel, dans le cadre d'un partenariat d'égal à égal.



Je veux aider à reconstruire un pont de confiance entre nos 2 pays. Nous sommes voisins et nous avons intérêt à renforcer nos relations.



Nous pouvons progresser autour de 3 axes fondateurs :



- la dimension humaine : renforcer les relations entre nos deux sociétés civiles ; améliorer la circulation des personnes ; faciliter les contacts entre nos ONG ;



- la dimension économique : la communauté internationale, notamment la France, doit aider de manière concrète le peuple tunisien dans cette phase sensible de son histoire. Nous voulons être aux avant-postes de ce soutien économique et financier, notamment pour aider les régions du centre du pays. Dans ce contexte, Mme Lagarde, Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, ainsi que M. Wauquiez, Ministre des affaires européennes, se rendront le 22 février à Tunis. C'est un signe de notre forte volonté d'aider la Tunisie et de contribuer à éviter la crise économique. Aujourd'hui, 1250 entreprises françaises emploient plus de 100.000 Tunisiens. Je veux être le VRP de ces entreprises pour favoriser de nouveaux investissements.



- la dimension citoyenne, avec le renforcement des institutions de l'Etat de droit. La France n'a pas de leçon à donner à la Tunisie dans ce domaine, car le peuple tunisien a réussi sa révolution tout seul, sans ingérence ni exploitation extérieure. Nous voulons travailler sur un pied d'égalité, par exemple à travers les échanges entre journalistes, magistrats, professeurs, chercheurs ou étudiants.



Merci de votre invitation.



Photographie: Tous droits réservés.

© 2011 FINANCE OFFSHORE