Friday, October 29, 2010

Affaire Bettencourt: Interview de Didier REMER (Finance Offshore). Par Emmanuel De Saint-Cyr

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     "Pour Didier REMER, l'affaire Bettencourt est une véritable boîte de Pandore..."







Emmanuel De Saint -Cyr: Bonjour Didier REMER, Depuis quelques semaines, Finance Offshore s'intéresse au dossier Bettencourt et devrait produire une enquête exclusive sur l'affaire... C'est donc une nouvelle occasion de faire le point sur ce dossier sensible qui selon vous, aurait des ramifications au Luxembourg, vous confirmez cette information?

Didier REMER: Tout à fait, mais avec la volonté de préciser que les ramifications sont pas moins importantes  à Luxembourg qu'en Suisse, cette affaire emprunte les mêmes chemins que ceux de l'argent... Il faut comprendre que l'affaire Bettencourt est une saga familiale, celle des Bettencourt. Cette affaire est une véritable boîte de Pandore, mieux, ce sont de multiples "poupées russes" qui se télescopent dans un véritable labyrinthe des vanités...

EDSC: Peut-on imaginer que cette affaire devienne un véritable scandale d'état en France?

DR: Très certainement, elle risque de donner une image bien peu reluisante de certaines pratiques dans le secteur de la haute finance et plus grave, pour les premiers cercles de l'actuelle présidence française. Vous savez à Paris, une certaine résistance se met en place pour faire front aux nombreuses intimidations qui se font jour...

EDSC: Si vous travaillez sur une enquête pour cette affaire Bettencourt, c'est peut être aussi l'occasion de vous retrouvez dans une situation pour le moins délicate?

DR: Nos sources sont protégées et très participatives dans leur esprit, et le fait d'annoncer la couleur nous permet prédictivement d'assurer nos arrières. Tout et n'importe quoi circule sur cette affaire, nous voulons apporter un regard nouveau sur le dossier, celui des luttes de pouvoir pour la prise de contrôle d'un important groupe...

EDSC: L'Oréal donc?

DR: Peut-être...

EDSC: L'histoire de l'Oréal est très liée à celle de Nestlé et donc par extension l'histoire même de la  Suisse, le Luxembourg est-il un de ses acteurs majeurs dans l'affaire?

DR: Il faut comprendre l'histoire du groupe l'Oréal et celle d'un autre grand, le groupe Nestlé... Plus important encore, la genèse de ceux qui gravitent dans la constellation de ce numéro un mondial de l'industrie cosmétique... Très rapidement quand le dossier va dépasser les querelles privées et donc familiales, on arrivera enfin vers des révélations toujours plus majeures. Si les intimidations sont croissantes, c'est que les journalistes se rapprochent toujours plus de ce fameux centre de gravité du dossier. Il y aura bien en France une volonté de mettre à mal le travail des journalistes comme la justice  en aura bien été la première victime.

EDSC: Doit-on conclure que le dépaysement de l'affaire est une édifiante démonstration de votre propos?

DR: Assurément, la suspicion est si importante que le dossier va bien être dépaysé, mais il va permettre un gain de temps à d'importantes personnalités de premier rang. Ce qui pouvait paraître comme une "remise en ordre" va surtout permettre d'assurer un nouveau calendrier aux différents protagonistes, bien plus confortable avant des échéances présidentielles...

EDSC: De nombreux médias français se sont lancés dans cette course contre la montre, devraient-ils avoir la chance de parvenir à leur fin, c'est à dire mettre au jour tous les tenants et aboutissants de l'affaire? 

DR: Je crois que cette possibilité va se vérifier par l'apport d'autres médias, qui de l'étranger vous pouvoir contribuer à ce travail, je pense à la Suisse, mais d'autres se profilent...

EDSC: Est-il vrai qu'une véritable Omerta se fait jour à mesure des intimidations actuelles?

DR: En ce sens, oui, tout à fait,  c'est là aussi une démonstration édifiante du résultat souhaité par ces nombreuses intimidations. Elles ne peuvent que motiver l'ardeur de ceux qui font de cette affaire l'occasion d'une détermination sans faille. Les sources sont confrontées à un dilemme, inutile de préciser que si l'on veut trouver un dossier sur une personne, rien de plus simple...

EDSC: Mais alors que faut-il espérer dans cette affaire?

DR: Je suis très optimiste, la réponse viendra de l'étranger, car il y a des réseaux qui sont activés pour contribuer à l'exercice de la vérité, il y a des enjeux connexes si importants que les intérêts sont si nombreux que certaines et  rares bonnes âmes vont se motiver pour apporter leurs informations, mieux leur contribution directe à l'exercice de la vérité...

EDSC: On remarque que dans cette affaire des personnalités de haut rang comme Eric Woerth sont visées, on note une insistance particulière de la presse Suisse, pour quelles raisons?

DR: Nos amis Suisses ont un mérite inégalé à ce jour, ils ont en mémoire les déclarations du ministre français du budget sur la fameuse question du secret bancaire et cette lutte présentée comme salutaire contre l'évasion fiscale. Ils sont en droit de se poser quelques bonnes questions après les révélations qui se font jour dans l'affaire Bettencourt. Woerth grand moralisateur sur les questions de l'évasion fiscale cumulait la fonction de grand argentier de l'UMP, et plus grave, sa femme, était bien en charge de la gestion de la fortune de madame Liliane Bettencourt et ce pour le compte de la société Clymène dont l'objet est bien la gestion des actifs de la fortune personnel des héritiers Bettencourt... La notion de conflit d'intérêts qui s'impose...  La presse Suisse a déjà évoqué la possible présence de madame Woerth dans le logement personnel  des Bettencourt à Genève, une enquête approfondie devrait pouvoir conforter cette thèse. La présence avérée en Suisse de madame Woerth n'est en rein condamnable, on s'intéresse juste légitimement à sa mission et la portée de celle-ci sur les avoirs suisses de la famille Bettencourt... .  Alors que son mari était en pleine croisade contre l'évasion fiscale! Nos amis Suisses ont assez bonne mémoire de certaines leçons de morale! Des écoutes démontrent toujours la dissimulation de capitaux...

EDSC: Pour quelles raisons l'état français souhaite conserver la main sur cette affaire avec autant d'insistance?

DR: Le calendrier de la future échéance présidentielle y est pour beaucoup, la France de Nicolas Sarkozy va diriger le prochain G2o et de nombreuses voix s'élèvent sur le grand écart présidentiel sur l'évasion fiscale, les questions prudentielles et les potentielles pratiques qui se font jour par l'affaire Bettencourt... La France risque de devoir montrer "patte blanche" en donnant quelques explications sur cette affaire qui touche l'état et donc les premiers cercles. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses intimidations se font jours, mais elles seront inutiles, car il semble déjà acquis que d'autres preuves pourraient sortir dans un calendrier plus opportun... Ce qui est de bonne guerre avant une échéance présidentielle en tous cas.

EDSC: On voit bien que certains barons de la finance sont étroitement liés au dossier, doit-on s'attendre à des règlements de compte?

DR: C'est une évidence, Eric Woerth était en charge de trouver les finances utiles à la campagne de Nicolas Sarkozy, sa fonction de trésorier n'est pas indifférente des potentielles ramifications qui se font jour. Elles sont logiques, parfois elles peuvent nous informer sur des décisions liées à ses fonctions de ministre...

EDSC: Des questions plus privées sur les moeurs d'André Bettencourt se font jour, votre avis?

DR: Pour être clair une thèse dite de "l'intégration Banier" se fait jour, elle évoque une possible relation homosexuelle entre Banier et André Bettencourt lui même en son temps. Elle expliquerait selon certaines sources les relations privilégiées actuelles entre Banier et Liliane Bettencourt qui serait dans la confidence et donc en accord depuis toujours... C'est une thèse qui ferait de Banier le compagnon un véritable gigolo à géométrie variable, personnellement, je ne cherche même pas à me poser de savoir si elle peut être la vérité, elle regarde la sphère privée et n'engage que ses principaux détracteurs. Il vaut mieux se recentrer sur les questions qui font de ce dossier un scandale d'état. Les questions privées sont les éléments déclencheurs de l'affaire, pour ma part ils doivent restés acquis à la sphère privée même s'ils peuvent contribuer à l'exercice même de la vérité. D'ailleurs ils ne peuvent en rien affecter des pratiques réprouvées par la loi, y comprises au plus haut niveau d'un état.

EDSC: Chacun sait que ce même André Bettencourt était ami de François Mitterrand, tous deux, membres de la fameuse Cagoule, groupuscule qui s'était démontré pro actif pendant la dernière guerre mondiale, on parle ouvertement de collaboration, votre avis?

DR: Je vais ressortir de ma mémoire de jeune Gaulliste une intéressante discussion avec un important résistant: "Le clan de la Cagoule sera bien le germe d'autant de pratiques obscures pour édifier en France une véritable conspiration qui de société secrète au plus haut niveau de l'état tentera de mettre en échec les forces vives de notre démocratie, son esprit". Oui André Bettencourt s'était démontré très actif, les services secrets américains utilisèrent eux-mêmes ce potentiel aux pires heures de la guerre froide et de l'anti-communisme, ce n'est un secret pour personne, en tous cas pas en Suisse... L'évolution de la structure capitalistique d'un groupe est pleine d'enseignements sur la question, André Bettencourt était un homme capable de cumuler des relations efficientes avec les américains et en parallèle d'autres  plus connues, avec les Chinois... Qualité es ministre de la république!

EDSC: Selon vous un adepte du grand écart que cet André Bettencourt?

DR: Oui, absolument, et c'est souvent récurrent, les hommes de cette trempe se distinguent par cette capacité du grand écart, aujourd'hui encore les services secrets cataloguent assez facilement ce genre de personnages par cette capacité. Dans l'Opus Dei on y trouve encore un important contingent. Je crois que la liste serait trop grande.

EDSC: Finance Offshore est donc un espace de liberté qui ne souffre pas encore de ce genre de manipulation, c'est un luxe?

DR: Je reconnais bien votre humour, cher Emmanuel ! Plus sérieusement on préfère se limiter à quelques petites salves sympathiques, mais nos meilleurs lecteurs sont armés du fameux décodeur... Notre travail est ailleurs, plus discret, dans l'ombre, ce qui pour nous sera jamais la pénombre, l'affaire Bettencourt est une véritable boîte de Pandore, nous allons soulever encore plus son couvercle... Occasion de donner rendez-vous à nos lecteurs dans les prochains jours.


EDSC: Merci et à très bientôt...


Photographie: (Madame Bettencourt)Tous droits réservés

Thursday, October 28, 2010

Eurogroupe: Juncker atomisé par le couple franco-allemand!

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  "Pour Jean-Claude Juncker: trop c'est trop! "



De sources très proches du dossier, le premier ministre luxembourgeois serait au bord de la crise de nerfs... Il ne  comprend toujours pas pour quelles raisons le couple franco-allemand ne l'a  pas consulté pour décider une potentielle réforme du traité constitutionnel européen.

"Inacceptable"

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a qualifié d'"inacceptable" la proposition commune de la France et de l'Allemagne sur la réforme du pacte de stabilité, dans un entretien à paraître jeudi dans le quotidien allemand Die Welt. "Cet accord n'est pas acceptable tel qu'il est parce qu'il ne garantit aucun cours strict de stabilité et aucun pacte de stabilité convaincant", affirme-t-il.

"Impossible"

"Le style est simplement impossible", a-t-il ajouté, affirmant ne pas avoir été consulté par Berlin et Paris sur l'accord trouvé la semaine dernière à Deauville (ouest de la France) entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy.

"Le retrait des droits de vote pour les pays cancres en matière de déficit budgétaire n'est pas un chemin praticable et j'exclus toute modification du traité de l'UE sur cette question", a-t-il souligné, estimant que cette proposition ne recueillerait pas l'unanimité des partenaires européens.

"C'est pourquoi nous ne devrions pas nous étendre sur cette question lors du sommet" des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE prévu jeudi à Bruxelles, a-t-il ajouté.

Changement light

En revanche, M. Juncker a dit soutenir une révision "minimale" du traité si celle-ci était nécessaire à l'instauration d'un mécanisme permanent pour aider les pays qui connaissent des difficultés financières. "Je pourrais accepter une modification minimale du traité pour le mécanisme de crise, pour ainsi dire un changement 'light'", a-t-il souligné. "Un mécanisme de crise permanent pour les pays en difficulté de paiement est nécessaire mais ne doit valoir que pour la zone euro", a précisé le premier ministre luxembourgeois.

Il s'est montré critique vis-à-vis de la proposition allemande de faire participer le secteur privé, comme les banques et les investisseurs, au mécanisme de soutien des Etats surendettés, en introduisant une possibilité de restructurer les dettes publiques.

"Cela peut conduire principalement à ce que des investisseurs en Europe ne s'engagent plus dans l'achat d'obligations parce qu'ils considèrent trop élevé le risque qu'ils soient mis à contribution dans le cas d'une mise en faillite d'un Etat (...)", fait-il valoir.

Résultat d'un conciliabule "entres amis" à Deauville comme on pourrait jouer une bonne dernière "plaque au casino"...

Il est clair que la roue tourne dans les relations franco-luxembourgeoises, depuis l'éviction du premier ministre luxembourgeois à la présidence de l'Union Européenne par le Veto "bien français"...  dans le texte! 

Rien ne va plus!

C'est à Deauville, dans le fameux Palace éponyme que s'est joué le dernier opus de la guerre ouverte entre Sarkozy et Juncker. Le président français fait force d'une réelle implication de la chancelière allemande, Angela Merkel toujours plus confiante dans la stratégie portée par le couple le plus célèbre de la construction européenne...

"Roms... dans le baba!"

C'est à Bruxelles que pleuvaient les premières salves luxembourgeoises en pleine crise française des "Roms"...  Viviane Reding, commissaire européenne luxembourgeoise de son état, s'était glissée maladroitement dans la brèche des droits de l'homme. Celle qui jadis devait s'expliquer devant les autorités de son pays pour une affaire de personnel étranger détaché auprès de son mari... Commissaire européen qui devait s'essayer  dans une comparaison jugée bien maladroite entre la déportation et les mesures d'un état souverain sur son territoire et dont les pratiques sont l'égal de l'ensemble des principales démocraties de l'Union Européenne... Le Luxembourg pratique également la reconduite aux frontières des ressortissants qui ne peuvent démontrer la conformité de leur présence avec les lois en vigueur... Sauf que le Luxembourg parlera plus facilement de Kosovars que de Roms... Tant que le permettra toujours et encore  la fameuse géographie des formulations diplomatiques! Reconduites dans des conditions en rien différentes des pratiques des autorités françaises...
Juncker a son secret

Le premier ministre luxembourgeois n'est pas homme de conflits, véritable cheville ouvrière de l'Union Européenne, il est avant tout le président de l'Eurogroupe qui adepte du grand écart, peine à justifier sa légitimité depuis que son pays s'était retrouvé sur la liste grise de l'OCDE des paradis fiscaux! Car le piège se réferme sur cet ardent défenseur du secret bancaire qui à juste titre, n'acceptait pas voir le secret bancaire devenir un parfait bouc émissaire de la récente crise financière internationale. Les relations entre Nicolas Sarkozy et le premier ministre luxembourgeois se sont vites dégradées, les petites phrases fusent toujours dans l'entourage des deux hommes... Qui n'aiment pas se voir tenir tête!

Dernières salves...

C'est le dossier IFER qui enfoncera le clou de la polémique, depuis que la France souhaite pratiquer une fiscalisation des réseaux (électroniques, transports...) et ce conforme aux réglementations et recommandations communautaires. Le ministre Luxembourgeois des affaires étrangères, Jean Asselborn conteste "trés officiellement" ce qu'il considère comme une création fiscale "bien française"...  qui deviendrait fort coûteuse pour l'état luxembourgeois... Mais le même ministre des affaires étrangères ne s'étend pas sur les récentes coupes pratiquées par le Luxembourg pour les allocations familiales à destination des étrangers et  frontaliers... [-1-voir en fin d'article les positions du gouvernement luxembourgeois]  Un contentieux peut en cacher un autre! La France et l'Allemagne souhaiteraient trés bientôt s'attaquer au "dumping fiscal" lié aux nombreux sièges sociaux de groupes américains des N.T.I.C présents à Luxembourg...


La France souhaite conserver la main du futur G20 dont elle devra assurer aux objectifs européens une place de choix, en ce sens, la France ne souffre pas des qualités qui s'opèrent dans les actions du couple franco-allemand. Pour Jean-Claude Juncker le signal envoyé par le couple franco-allemand n'est pas adroit, il offre tout juste l'impression d'un manque de solidarité dans la maison Europe...

Le président luxembourgeois de l'Eurogroupe sait donc que Nicolas Sarkozy se veut déterminé pour mener à bien cet objectif... Mais ne renoncera jamais à quelques bonnes vérités! 


Pour information, le "compromis" de Deauville:

Déclaration franco-allemande



à l’occasion de la rencontre tripartite Allemagne-France-Russie


Deauville – Lundi 18 octobre 2010

 
La France et l’Allemagne sont d’accord sur la nécessité de renforcer le gouvernement économique européen. A cette fin, ils se sont entendus sur les points suivants:

 


1) La France et l’Allemagne soulignent que les procédures qui assurent la surveillance budgétaire et la coordination des politiques économiques devraient être renforcées et accélérées. Cela passe par les éléments suivants :


Une gamme de sanctions plus large devrait être progressivement applicable dans le volet préventif du Pacte comme dans son volet correctif. Ces sanctions devraient être plus automatiques, tout en respectant le rôle des différentes institutions et l’équilibre institutionnel.


Dans la mise en œuvre du volet préventif du Pacte, le Conseil doit pouvoir décider, à la majorité qualifiée, d’imposer de manière progressive des sanctions sous la forme de dépôts portant intérêt lorsque la trajectoire de consolidation budgétaire d’un État membre dévie de manière particulièrement significative par rapport à la trajectoire d’ajustement prévue sur la base du Pacte.


S’agissant du volet correctif du Pacte, lorsque le Conseil décide d’ouvrir une procédure de déficit excessif, il devrait y avoir des sanctions automatiques dès lors que le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, décide qu’un État membre n’a pas pris les mesures correctrices nécessaires dans un délai de 6 mois.
 Afin de compléter le cadre législatif de surveillance des déséquilibres macro-économiques, le cas d’un État membre affecté d’un déséquilibre persistant et placé sous la surveillance du Conseil devra être discuté au Conseil européen.

 
2) La France et l’Allemagne considèrent qu’il est nécessaire de réviser le traité et qu’il devrait être demandé au président du Conseil européen de présenter, en étroit contact avec les membres du Conseil européen, des options concrètes permettant l’établissement d’un mécanisme robuste de résolution des crises avant la réunion de mars 2011.



La révision des traités sera limitée aux points suivants :


o L’établissement d’un mécanisme permanent et robuste pour assurer un traitement ordonné des crises dans le futur, comprenant les arrangements nécessaires pour une participation adéquate du secteur privé et permettant aux Etats membres de prendre les mesures coordonnées appropriées pour préserver la stabilité financière dans la zone euro.


o Dans le cas d’une violation grave des principes de base de l’Union Économique et Monétaire, et suivant les procédures appropriées, la suspension des droits de vote de l’État concerné.

 
Les amendements nécessaires devraient être adoptés et ratifiés par les Etats membres en accord avec leurs règles constitutionnelles respectives, en temps utile avant 2013.





-1- Pour information, position officielle du gouvernement luxembourgeois sur l'octroi d'allocations:

1. Une mise en cause du principe de domicile pour l’attribution de l’aide financière de l’Etat pour études supérieures aurait des répercussions sur les législations en la matière des autres Etats membres de l’Union européenne. Cette condition de domicile a été confirmée à ce jour et de façon récurrente par des arrêts de la Cour de Justice européenne.

2. L’abandon de la condition de domicile entraînerait des répercussions financières et l'octroi des aides financières pour études supérieures à des étudiants non‐domiciliés au Luxembourg deviendrait une charge déraisonnable pour l'Etat luxembourgeois. Par ailleurs, cet abandon comporterait le risque de discrimination à rebours à l'encontre des étudiants domiciliés au Luxembourg.

3. Le gouvernement luxembourgeois reste tout à fait d’accord à discuter avec la Commission européenne et les autres Etats membres de l’Union européenne sur un système d’aide financière véritablement européen, système qui devrait prévoir une portabilité de l’aide dans tous les pays de l’Union européenne, un droit autonome à l’aide financière ainsi que la levée de toutes les restrictions d’accès aux universités nationales.





 

Photographie: Tous droits réservés.


Affaire Bettencourt: Le renseignement français dans tous ses états!(Exclusif)

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  "L'affaire Bettencourt met le renseignement français dans tous ses états..."

 


"Vols d'ordinateurs dans les deux principales rédactions parisiennes qui enquêtent sur l'affaire"...

On pourrait se dire que la ficelle est un peu grosse, pourtant nombreux sont les observateurs qui se tournent vers l'étranger pour comprendre l'affaire Bettencourt... En effet, si vous êtes français, le traitement médiatique du dossier porte essentiellement sur la rivalité (toujours plus organisée) entre mère et fille. Plus subtilement il y aura bien quelques journalistes qui tenteront de remonter au plus haut sommet de l'état,  pièce rapportée Woerth pour cause...  Pourtant il nous faut  une vigilance toute particulière sur l'affaire qui n'est qu'un carrefour de multiples conflits d'intérêts et plus grave, serait "que" l'organisation sous cape d'un véritable raid pour la prise du contrôle du fleuron de l'industrie française: l'Oréal.

Comment s'en convaincre?

D'abord il nous faut regarder vers la Suisse qui n'est que la base arrière des antagonismes de la société l'Oréal et donc ses nombreux croisements capitalistiques comme les principaux avec le groupe Nestlé. Ce même groupe qui devait dans l'histoire de l'Oreal permettre "l'issue de secours aux pires instants de son histoire" selon les déclarations mêmes d' André Bettencourt en son temps...  Position louable pour celui qui toute sa vie aura protégé le fleuron avec la bienveillance de gouvernants toujours plus disposés à comprendre l'impact d'une possible perte pour la France. C'est à l'origine du groupe qu'il nous faut remonter pour comprendre que le groupe l'Oréal est souvent confronté à des risques d'éclatement toujours plus importants . Plus grave pour André Bettencourt, début des années 80, le groupe devait bien faire entrer un groupe étranger en proportion pour s'éviter toute potentielle nationalisation... Rien de plus logique, stratégie légitime d'une défense organisée  d'un groupe qui repose sur une réussite professionnelle devenue empire capitalistique ou un état, la France, aura toujours fait force d'une immixtion arbitraire mais fortement compréhensible.
Aujourd'hui l'affaire Bettencourt part d'une rivalité -organisée- entre la fille et la mère, sous couvert d'affaires de largesses "dispendieuses" entre madame Bettencourt et son "ami", monsieur Banier qui conjuguerait plus l'art de la "provocation sympathique" quand il ne se retrouve pas pour certains observateurs comme l'élément "moteur" d'une potentielle possible "affaire de moeurs" avec André Bettencourt lui même! Une thèse que le meilleur compagnon n'a à ce jour en rien contesté. Monsieur Banier devenu  compagnon de la famille Bettencourt qui se retrouve donc dans une manipulation toujours plus clivante organisée de toutes pièces... 
Oui mais par qui?  Et donc pour qui?


Conflits d'intérêts... moraux?


Si comme certains observateurs qui considèrent la thèse dite de "l'affaire de moeurs" ou "Intégration Banier" comme la possible rampe de lancement du dossier de l'affaire Bettencourt, on peut comprendre que la fille soit forte inquiète de la position devenue prépondérante de Banier dans l'entourage de madame Bettencourt mère. Mais l'est-elle par rapport à la santé de sa mère qu'elle considère victime d'altérations graves ou plus pour le futur de l'Oréal dont l'ombre portée de Nestlé est toujours et logiquement plus présente... Car qui manipule qui?  Et pourquoi? Comment expliquer la présence de la femme du ministre du budget français Woerth au sein de la société Clymène et spécifiquement en charge de la gestion des actifs de la gestion de la fortune personnelle de madame Bettencourt mère?  Un observateur peu avisé limiterait son analyse à  "un placement stratégique  de personne" pour garder "un oeil providentiel" sur madame Bettencourt et donc ses pouvoirs... Ou thèse moins glorieuse, un "placement plus médiocre", avec une visée purement intéressée, comme soulignée dans certains médias intéressés par la thèse dite du scandale d'état... Monsieur Woerth ayant cumulé sa fonction de ministre du budget avec celle de grand argentier de l'UMP, qui n'est autre que le parti présidentiel! Fait unique dans l'histoire d'une démocratie, vérifications faites, à ce jour, tel conflit d'intérêt "moral" (pour l'instant?...) aussi flagrant ne s'était fait jour... D'ailleurs la démission de madame Woerth ne serait-elle pas  la plus édifiante démonstration de cet "état de faits" alors que son mari devait enfoncer le "même" clou en demissionnant de son poste de trésorier de l'UMP sur requête présidentielle  "motivée"...



Services du renseignement partagés entre raison d'état et panier de crabes  ?



Aujourd'hui, on voit bien que le dépaysement de l'affaire est une autre démonstration édifiante de la limite de "la première stratégie" qui prédominait dans l'affaire Bettencourt. Cette bien curieuse insistance pour refuser "un juge aux pleins pouvoirs" et la vision  d'un procureur enfermé dans une logique qui trouve enfin son issue aujourd'hui.

Le vol des ordinateurs est considéré comme la démonstration d'une intimidation qui selon les victimes,  "devrait faire peur aux sources des journalistes"...

En partie on peut se ranger à cette analyse, mais il nous faut considérer que le renseignement français va devoir selon de nombreux observateurs "entrer" dans l'affaire par une porte autrement plus grande  que celle des supposées intimidations remarquées dans l'actualité récente. Car après tout, certains vous diront déjà, sur bases des écoutes, que "peut être" un chef de l'état aurai reçu un financement pour sa campagne dans une opération devenue trop vite "malheureuse et donc scabreuse au possible"?.. Que s'ajoutera  peut-être la fonction d'un  monsieur Woerth "es qualité ministre du Budget en charge de la lutte contre l'évasion fiscale" et ses nombreuses "leçons de morale prodiguée sur la fiscalité devenue éthique"  lors d'un road show médiatique dans l'ensemble des juridictions visées par l'OCDE par ses listes, comme à l'image de la Suisse et l'affaire du fichier volé... Même Suisse ou selon certaines sources , la femme du ministre aurait peut être séjourné dans l'appartement des Bettencourt alors en mission pour le compte de la société Clymène, qualité es chargée de la gestion de la fortune de madame Bettencourt, objet principal de la société Clymène.   Se posant ainsi en partie la question sur la base des écoutes dont chacun pourra comprendre ici, que seul un échantillon nous aura été offert... Et que logiquement d'autres "précieux opus" viendront compléter notre analyse toujours plus en progrès.  D'autres pourraient vous dire que ce même chef d'état devrait plutôt  regarder pour quelles raisons  l'Oréal risque tant de se retrouver  comme la principale et donc première réelle victime de cette affaire Bettencourt. Mission qui devra faire place à la lumière face aux nombreuses interrogations qui de l' 'ombre portée "logique" du Groupe Nestlé ("partenaire fidèle de l'Oréal")  à d'autres "potentiels acteurs intéressés" par le fleuron que doit logiquement défendre l'état.
Car les services du renseignement sont  dans tous leurs états, sachant qu' ils devront  "pouvoir" s'inviter dans l'affaire au delà de "possibles" rivalités clivantes "organisées" de toutes pièces   ...elles!



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Monday, October 25, 2010

The Harvest of the Incredible Front Yard Edibles

Call it editable estates, urban agriculture, reducing your carbon footprint, or a throwback to the American ‘Victory Garden’ of World War II -- Last year, we decided to plant at least one surprise edible in every garden plot in our back and front yard. Among the many fruits and vegetables, we had peppers beside are day lilies, strawberry plants as ground cover lining are front walk under the yews, and sweet potatoes climbing the fence as a back drop to the zinnias.

Not only have we been rewarded with the playful fun of edibles interwoven across the landscape, we have relished (no pun intended) in the harvest. We have feasted on fresh vegetables and fruits all summer and have been canning and freezing to carry us well past Thanksgiving with home goodies. Who knew that three cucumber plants would give us enough to can dozens of quarts of dill pickle spears and bread and butter pickles? This fall, our pepper jelly has been a huge hit at gatherings. We found a very simple, step-by-step recipe at pickyourown.org. With very little effort, we have been able to reap the bounty of the harvest.

As we pulled in the last of our harvest this past weekend, we are already thinking about growing our production next year. We challenge all of you to tempt the fun of it next spring, even if it is just a few small strawberry plants as ground cover or a blue berry bush next to your garage doors. Before you know it, you also will be indulging in the joy of fresh picked berries with your morning coffee and swapping zucchini muffin recipes with co-workers.
Nothing warms up a cold, grey, winter  day like browsing through a seed catalog such as that from seedsaver.org and imagining your own little garden, full of ripe tomatoes and chilies and cucumbers and zucchini and carrots and ... :). -Happy planning.

Sunday, October 24, 2010

G20 Séoul: La guerre des changes désamorcée!

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                          "L'opus des ministres des finances désamorce la guerre des changes..."


Depuis quelques semaines, le climat devenait fort détestable lors des différents conciliabules qui préparaient  le G20 de Séoul. Le G20 s'est vite retrouvé confronté à ses fondamentaux, ceux qui font la réalité économique mondiale d'après crise...    Les vingt plus grandes économies de la planète devaient trouver une issue honorable à la mission salutaire que doit continuer d'incarner le G20.


Ce vendredi, rien était gagné!  Dès l'arrivée des nombreuses délégations, le bruit persistant d'un "protectionnisme se généralisant" était toujours de mise... 
Le directeur général du FMI (Fonds Monétaire International) Dominique Strauss Khan avait  pointé dès la semaine passée,  le risque actuel de la guerre des changes, mais vendredi, de nombreux acteurs campaient toujours sur leur position! 


C'est une lecture objective des faits sur les marchés qui donnait enfin au FMI l'occasion d'une édifiante démonstration  des actuelles luttes  monétaires  protectionnistes qui font rages.  Rejoint dans son analyse par  le secrétaire d'état au Trésor américain, Timothy Geithner, qui devait expliqué Samedi à Gyeongju: "la nécessité pour les grands pays exportateurs de réduire leurs surplus pour rééquilibrer l'économie mondiale". S'offrant ainsi un déplacement du centre de gravité de la question ouverte de la guerre des changes vers les excédents commerciaux...    Évitant un contentieux frontal avec l'annonce de la délégation américaine qui va jusqu'à proposer de limiter à 4 % du PIB le surplus des comptes courants d'un pays. Une véritable bombe pour la Chine, le Japon et l'Allemagne, ainsi que les producteurs de matières premières comme l'Australie ou l'Arabie saoudite qui mettent immédiatement leur veto. Ouvrant ainsi un boulevard à la réfléxion constructive si chère à Dominique Strauss Khan dont le G20 charge le FMI de contrôler les comptes courants de chaque pays, pour s'assurer que les surplus commerciaux se maintiennent à un niveau «soutenable».  

Le président sud coréen avait déjà fait sienne la cause. Lee Myung-Bak avait annoncé en préambule  qu'il ferait "tout pour empêcher les ministres des finances du G20 vers un retour cuisant" et donc aux conséquences catastrophiques pour le G20 de Séoul...  et donc son pays.
Car est-il besoin de repréciser ici que la Corée du Sud était bien un de ses acteurs promoteurs de la guerre des changes et donc du fameux retour au protectionnisme... 

" Le dirigeant sud-coréen avait promis d'empêcher les ministres des Finances du G20 de rentrer chez eux s'ils ne trouvaient pas un accord ce week-end pour désamorcer la guerre des changes. À Gyeongju, la menace du président Lee Myung-bak a porté ses fruits" résumera Christine Lagarde, ministre français de l'Economie et des Finances en ajoutant: "Nous sommes arrivés en Corée pleins d'appréhension, nous en repartons avec grand espoir".

Les ministres des Finances et gouverneurs de banque centrales du G20 se sont engagés à établir des taux de change davantage déterminés par le marché et à résister à toutes les formes de mesures protectionnistes. 


Après de nombreuses et pénibles tractations sous cape,  les ministres des Finances des vingt plus grandes économies de la planète ont accouché d'une trêve pour désamorcer la guerre des changes en proposant vouloir s'accorder sur une meilleure évaluation des monnaies mondiales lors du sommet du 11 novembre prochain.


C'est une demi victoire pour les Européens et les Etats-Unis qui dénoncent la sous évaluation du Yan et une mise au pas des pays exportateurs de l'Asie. Pays qui  comme la Corée du Sud et le Japon jouent sur leur devise pour favoriser l'export. L'accord de Gyeongju pourrait rester lettre morte puisque le FMI n'a pas de pouvoir contraignant comme l'a rappelé Dominique Strauss-Kahn. Directeur général du Fonds  qui veut logiquement pouvoir compter sur un mandat renforcé et étendu pour le FMI  qui devra pouvoir contrôler les comptes courants des pays visés par la mesure.



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Friday, October 22, 2010

Affaire Bettencourt, Argent caché en Suisse lié à Nestlé?

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                                     "Madame Bettencourt a ses raisons!"





On pouvait s'en douter, l'ombre de Nestlé pèse dans l'affaire Bettencourt...


Argent caché?

C'est bien la genèse de l'histoire du groupe l'Oréal qui devrait porter quelques bonnes précisions sur l’argent "considéré comme caché" en Suisse de madame Liliane Bettencourt.

Liliane Bettencourt et son mari ont toujours été très proches de Nestlé, rien de surprenant si ce n'est la tournure actuelle du scandale d'état qui touche la France.

"Guerre" Franco-Suisse?

D'abord un ministre du Budget, Eric Woerth,  plongé dans le dossier comme un des acteurs principaux de l'affaire.

Le même Eric Woerth qui ministre du budget s'était lancé dans la guerre des paradis fiscaux, fort du soutien sans faille du président de la république française, Nicolas Sarkozy.

L'opus le plus déterminant de cette "guerre" aura bien été la fronde menée contre la Suisse avec l'affaire de la fameuse liste des noms de ressortissants français adeptes de "l'optimisation fiscale" ou "évasion fiscale" selon avis et conscience...

Aujourd'hui on note dans la presse Suisse que certaines informations se font jour.

Chacun peut comprendre la structure du groupe l'Oréal qui est historiquement et donc étroitement lié au groupe Nestlé et donc par extension logique   lié à l'histoire de la Confédération Helvétique.



Finance Offshore souhaite vous relater un article de presse que nous jugeons comme précieux par les révélations qu'il porte à la connaissance de tous. Il est indispensable de considérer les informations comme non définitives bien qu'étant pour l'essentiel conformes à la réalité de la genèse professionnelle du père de la milliardaire française.



Il faudra voir comment la famille Bettencourt et les groupes l'Oréal et Nestlé vont réagir en portant leur vérité au dossier évoqué pour parfaire notre analyse qui ne peut donc être définitive comme les nombreuses interrogations qui se font grandissantes...

Des  interrogations se font grandissantes:

-Comment ne pas imaginer un réglement de compte entre la Suisse et la France?

-Comment ne pas imaginer une potentielle stratégie pour fragiliser le groupe français l'Oréal?

-Si tenté que cette dernière hypothèse soit avérée, quels seraient les acteurs qui pourraient voir un intérêt marqué pour organiser une telle opération de déstabilisation?

-Faut-il imaginer des acteurs internes au capital du groupe l'Oréal?

-Des acteurs hors de la structure capitalistique qui souhaiteraient faire payer les conséquences à l'état français de ses récentes orientations pour lutter contre l'évasion fiscale et donc prioritairement la fronde récente contre la confédération Helvétique?  





Voici l'article du journal Suisse "Le Matin Dimanche"
Elisabeth Eckert - le 16 octobre 2010, 23h41

La société suisse de L’Oréal, créée en 1942 par le père de la milliardaire française, n’est jamais apparue dans les comptes du groupe jusqu’en 1994. Longtemps, le groupe Nestlé en a même été officiellement le propriétaire! Histoire d’un échange de bons procédés entre les Bettencourt et la multinationale veveysanne.-(Ndlr:Nestlé)-

«Je désire que tu transfères la propriété de l’île d’Arros à François-Marie Banier. Chez Pictet, à Genève, tu auras un milliard de francs français (200 millions de francs suisses).» Lettre de Liliane Bettencourt à sa fille Françoise, le 24 mai 2003.

Pas après pas, on en apprend davantage sur le montant des fonds de Liliane Bettencourt en Suisse: comptes ouverts auprès d’UBS Genève, Credit Suisse Genève, Pictet, ainsi qu’auprès de Lombard Odier à Genève et… Vevey. Au total: près de 700 millions de francs de la fortune de Liliane Bettencourt ont ainsi, durant des décennies, été placés dans les coffres lémaniques. Soit près de la moitié du 1,5 milliard de francs que détient actuellement l’héritière de L’Oréal, comme le confirme Me Olivier Metzner.

Un rôle de protecteur

Avec ce montant de 700 millions de francs, on est donc très au-dessus des «petits» 78 millions d’euros cachés en Suisse et révélés en mai dernier par les écoutes clandestines du majordome de la milliardaire. La Suisse a donc bien été – et depuis fort longtemps – le refuge financier des propriétaires de L’Oréal. Or, dans cet amour indéfectible des Bettencourt pour la place financière helvétique, il s’avère que Nestlé a toujours joué un rôle central. Voire de protecteur actif de leurs intérêts.

On sait ainsi aujourd’hui que l’appartement de dix-neuf pièces des Bettencourt à Château-Banquet à Genève était officiellement et fiscalement propriété de la société immobilière En Bergère Vevey SA, un satellite de Nestlé.

Mais les liens vont bien plus loin. Comme le déclare au «Matin Dimanche» une source très proche du dossier, «pour la famille Bettencourt, Genève ne représentait pas seulement un havre fiscal, mais également un havre de paix pour échapper aux turbulences politiques parisiennes». Et pour cause. L’époux de Liliane, André Bettencourt, a eu très peur de l’arrivée au pouvoir des socialistes lors des présidentielles de 1974, et ce malgré son amitié, datant de Vichy, avec François Mitterrand. Valéry Giscard d’Estaing, cette année-là, passera de justesse, mais les propriétaires de L’Oréal, toujours anxieux d’une possible nationalisation, décident de mettre leur groupe à l’abri, en en cédant près de la moitié à Nestlé.

L’ancrage suisse s’affirme alors au grand jour. Mais ce que l’on ignore, c’est que L’Oréal, lors de ce «mariage de raison» de 1974, n’a pas tout confié, du moins juridiquement, à Nestlé. Une entité genevoise – et non des moindres – échappe au deal. Comme nous le confie notre source, «la société suisse qui a représenté jusqu’il y a peu L’Oréal en Suisse – elle s’appelait alors LORSA S.A. – n’a, très longtemps, jamais été une filiale de L’Oréal Paris. LORSA S.A. n’a, jusqu’en 1994, jamais été consolidée dans les comptes du groupe. Et ne faisait donc pas partie de la première et grande transaction avec Nestlé» de 1974, où Nestlé a acquis une participation de 49% dans Gesparal, la holding qui contrôle L’Oréal.

Un détail? Oh que non! Comme l’explique notre interlocuteur, «c’est seulement plusieurs années plus tard que la vente, par la famille Bettencourt, de la société LORSA a eu lieu. Or, le paiement a probablement été effectué en Suisse», de façon occulte pour le fisc français, mais en toute légalité aux yeux du droit suisse. En clair, voici ce qui s’est joué entre les Bettencourt, la Suisse et Nestlé.

La société suisse de L’Oréal, baptisée LORSA S.A., a été créée en 1942 par Eugène Schueller, père de Liliane Bettencourt, dont l’avocat genevois Charles Poncet a révélé les accointances d’extrême droite. En 1942, le fondateur de L’Oréal est déjà «l’un des actionnaires principaux de Nestlé». Comment? Pourquoi? Les hagiographies de L’Oréal et de Nestlé ne le disent pas. Toujours est-il qu’en 1942, Eugène Schueller, parmi d’autres missions, envoie son futur gendre André Bettencourt s’occuper de LORSA à Genève, afin, notamment, «d’aryaniser» Nestlé.  [ ---(*1 Finance Offshore propose un lien pour parfaire votre information sur ce point en fin d'article)]

Ainsi, lorsque Schueller – déjà richissime grâce à ses shampoings – crée une représentation en Suisse, c’est pour drainer secrètement des fonds pour son combat politique. Une fois la Seconde Guerre mondiale finie, cette sombre page de la collaboration se tourne… Reste la société LORSA sur sol suisse, qui demeurera, elle, une entité totalement à part jusqu’en 1994. Et propriété exclusive des Schueller-Bettencourt!

Mise à l’abri chez Nestlé

Forte d’un petit chiffre d’affaires de 200 millions de francs pour la fabrication de quelques shampoings, elle vit, en toute innocence, en marge du grand groupe français. Plus étrange encore, nos recherches dans le Registre du commerce prouvent que LORSA a même, un petit moment, appartenu à 100% à… Nestlé. Comme mise à l’abri. Contactés, ni Nestlé, ni L’Oréal Suisse n’ont pu répondre à cette bizarrerie où l’on voit la petite-cousine genevoise de L’Oréal appartenir non pas à sa maison mère, mais à un «étranger», Nestlé.

Ce n’est qu’en 1994, quand la multinationale de Vevey -( Ndlr: Nestlé)- revend LORSA au groupe L’Oréal, qu’on découvre qu’un jour ancien, Nestlé a versé des dizaines de millions de francs aux Bettencourt pour l’acquisition de LORSA.

«C’est une partie de ce pactole, conclut notre source, qui s’est trouvée, jusqu’il y a peu, en Suisse. Un pactole non déclaré qui s’avère aujourd’hui encombrant.»

 

Milliards de Nestlé évaporés!

L’affaire Bettencourt est une véritable poupée russe. Outre le conflit mère-fille – dont le dernier rebondissement, révélé hier, est une plainte pénale que va déposer Liliane Bettencourt contre sa fille Françoise «pour violence» –, les bribes d’enquêtes menées actuellement par le Parquet de Nanterre à Genève autour de la mystérieuse subtilisation de l’île d’Arros ou le scandale politique, il y a donc également les liens Nestlé-L’Oréal-Bettencourt, pour le moins peu transparents.

Les dernières révélations en date concernent les 3% d’actions Nestlé que détenait Liliane Bettencourt dans la multinationale depuis 1974. Il s’avère que la milliardaire française s’est défaite en toute discrétion de son paquet Nestlé, qui, au cours actuel, pèse quelque 5 milliards de francs!

C’est ce qu’affirme en tous les cas une porte-parole de Téthys, la holding familiale de la famille Bettencourt: «Cette vente s’est faite au fil de l’eau. L’argent a permis à Liliane Bettencourt de suivre les augmentations de capital de L’Oréal.» Or, cette version laisse dubitatif. L’argent n’aurait-il pas plutôt servi au photographe François-Marie Banier, heureux bénéficiaire de 1 milliard d’euros de la part de la vieille femme? L’enquête ne fait que commencer.


(1)"""En 1942, le fondateur de L’Oréal est déjà «l’un des actionnaires principaux de Nestlé». Comment? Pourquoi? Les hagiographies de L’Oréal et de Nestlé ne le disent pas. Toujours est-il qu’en 1942, Eugène Schueller, parmi d’autres missions, envoie son futur gendre André Bettencourt s’occuper de LORSA à Genève, afin, notamment, «d’aryaniser» Nestlé.  """


Vous pouvez parfaire votre analyse des relations entre la famille Bettencourt et le groupe Nestlé en consultant cet article (lien actif)  qui retrace la genèse d'André Bettencourt et les raisons qui le portèrent à se rendre en Suisse pour "acter la relation" avec Nestlé dès 1942 par la société LORSA SA création d'Eugène Schueller:

http://www.voltairenet.org/article12751.html#article12751

la mémoire de Marx Dormoy, Victor Basch, Jean Zay, Georges Mandel et Jean Moulin
C’est par un bref communiqué, diffusé le 3 février 2004 dans la nuit, que le géant de la cosmétique L’Oréal a annoncé la restructuration de son capital [1].

La famille Bettencourt et le groupe Nestlé, qui détenaient ensemble la majorité de L’Oréal par l’intermédiaire du holding de contrôle Gasparal, la posséderont désormais directement. Ce tour de passe-passe étant accompagné d’un engagement de conservation de titres, les Bettencourt bénéficieront d’un abattement de 50 % de la valeur taxable à l’impôt sur la fortune (ISF). Ils ne seront pas tenus de payer de frais pour cette transaction grâce aux nouvelles dispositions introduites à leur intention dans la « loi pour l’initiative économique » du 1er août 2003 [2].

L’Oréal est aujourd’hui évalué à 43,6 milliards d’euros. Les Bettencourt détiennent 11,99 milliards ; Nestlé 11,5 milliards ; les 20,11 milliards restants flottants en Bourse. La fortune personnelle de Lilliane Bettencourt, héritière du fondateur de L’Oréal, était estimée en 2002 à 17,2 milliards d’euros. Ce qui en fait la personne la plus riche de France.

Une entreprise qui veut se payer la République


L’Oréal a été créé, en 1907, par un petit entrepreneur, Eugène Schueller. Il absorbe Monsavon, en 1928, puis les peintures Valentine, les shampoings Dop, le magazine Votre Beauté. Dérivant lentement à la droite la plus extrême, Schueller se fait connaître par ses théories économiques sur le « salaire proportionnel ». Dans une société libérée du capitalisme libéral et des syndicats, les ouvriers toucheraient un triple salaire : un salaire d’activité, un salaire familial calculé en fonction de leur nombre d’enfants, et un salaire de productivité.

Le 6 février 1934, en réaction à un retentissant scandale politico-financier, les ligues d’anciens combattants de la Grande guerre manifestent devant la Chambre des députés à Paris pour obtenir la démission du gouvernement Daladier. Sous l’impulsion des fascistes, le rassemblement tourne à l’insurrection et tente de renverser la République au profit du colonel de La Rocque qui refuse le rôle qu’on veut lui faire jouer.

Divers autres échauffourées surviennent dans les semaines suivantes, y compris une tentative de lynchage de Léon Blum en marge de l’enterrement d’un historien monarchiste, de sorte que, le 18 juin, le gouvernement prononce la dissolution des ligues. Immédiatement, un groupe de militants fascistes, pour la plupart issus de la XVIIe section des Camelots du roi, rompt avec le philosophe monarchiste Charles Maurras et décide de passer à la clandestinité. Ils constituent l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN). Il y a là autour d’Eugène Deloncle, Aristide Corre, Jean Filliol, Jacques Corrèze, bientôt rejoints par Gabriel Jeantet, François Méténier et le docteur Henri Martin.

Le colonel de La Rocque met en garde les anciens adhérents des ligues contre une infiltration de leur mouvement par des « groupes de trahison », c’est-à-dire par des fascistes agissant pour le compte de l’étranger, l’Italie et l’Allemagne en l’occurrence [3]. Quoi qu’il en soit, l’OSARN se structure rapidement en groupes locaux et en système hiérarchisé extrêmement cloisonné, de sorte qu’en dehors des chefs, les membres de l’organisation ignorent tout de son ampleur, de ses objectifs réels, des moyens et soutiens dont elle dispose. Certaines cellules du complot, dont les Chevaliers du glaive, dirigés à Nice par Joseph Darnant et François Durand de Grossouvre, adoptent un rituel et un costume inspirés du Klu Klux Klan états-unien, ce qui vaudra à l’OSARN d’être désigné par les monarchistes sous le sobriquet de « La Cagoule » [4].

Ami intime d’Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à disposition du complot. Plusieurs réunions de l’équipe dirigeante se tiennent dans son bureau au siège de L’Oréal.

Un groupe de jeunes gens, résidant à l’internat des pères maristes (104, rue de Vaugirard à Paris), fréquente les chefs du complot et se joint à certaines de leurs actions sans pour autant adhérer formellement à l’OSARN. Il s’agit de Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, André Bettencourt et François Mitterrand.

Robert Mitterrand, frère de François, épouse la nièce d’Eugène Deloncle.

Échecs et divisions sur fond d’antisémitisme


En un an et demi, l’OSARN formalise ses relations avec le gouvernement de Benito Mussolini en Italie, puis avec celui d’Adolf Hitler en Allemagne. Pour leur compte, il achemine des armes à Francisco Franco en Espagne et élimine des réfugiés politiques en France. En échange, il obtient un appui financier et logistique considérable. L’organisation tente un coup d’État dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937, qui échoue. Au lendemain et dans les semaines qui suivent, le complot est mis à jour. Des perquisitions permettent de découvrir des caches d’armes réparties sur tout le territoire. Ce sont au total des centaines de fusils-mitrailleurs, des milliers de fusils et d’uniformes, des dizaines de milliers de grenades, des centaines de milliers de munitions, tous importés d’Italie et d’Allemagne, qui sont découverts.

Le président du Conseil, Édouard Daladier, freine l’enquête lorsqu’il apparaît que l’OSARN a développé ses réseaux parmi les officiers supérieurs et jusqu’à l’état-major. En effet, il ne paraît pas possible de décapiter l’armée française alors que la menace de guerre se précise. Il a tort, puisque la Guerre mondiale est effectivement déclarée et que la France capitule.




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« La communauté française »
Association secrète de spoliation des biens juifs et maçonniques. Parmi les responsables : Jacques Correze et Jean Filliol.
Si une partie des « cagoulards », hostiles à la domination étrangère, rejoint de Gaulle, la plupart d’entre eux se félicite de la victoire du fascisme et s’engage dans la Collaboration. En septembre 1940, Eugène Deloncle et Eugène Schueller créent le Mouvement social révolutionnaire (dont l’acronyme MSR se prononce « aime et sert ») avec le soutien de l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz, et l’approbation personnelle du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Les réunions de la direction du MSR se tiennent au siège de L’Oréal (14, rue Royale à Paris).

Le programme de l’organisation indique « Nous voulons construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne nationale-socialiste et tous les autres nations européennes libérés comme elles du capitalisme libéral, du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie (…) régénérer racialement la France et les Français (…) donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer notre race (…) créer une économie socialiste (…) qui assure une juste distribution des produits en faisant augmenter les salaires en même temps que la production ».

Première application de ce programme, Deloncle organise le plasticage de sept synagogues parisiennes, dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941.

Subsidiairement, une organisation dans l’organisation est créée avec l’aide du SS Theo Dannecker, représentant Adolf Eichmann : la Communauté française dont le but est de « libérer complètement (la France) de ces ferments de corruption que sont les juifs et les Francs-maçons ». C’est ce groupe secret qui organise la spoliation des juifs souvent au profit personnel de ses membres. Parmi eux, on relève Jacques Corrèze déjà cité et Jean Filliol, le tueur de la « Cagoule ».





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« Guillemot et Delamotte », éditeur à Paris
Adolf Hitler et Eugène Schueller figurent côte à côte dans son catalogue.
Quant au jeune André Bettencourt, il devient le patron français de la PropagandaStaffel. Il est placé sous la triple tutelle du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, de la Wehrmacht et de la Gestapo. Il a la haute main sur toutes les publications françaises, qu’elles soient collaborationnistes ou nazies. Il dirige lui-même La Terre française, une publication explicitement nazie destinée aux familles rurales, qui préconise la rééducation des intellectuels décadents par le retour forcé à « la terre qui ne ment pas ». Il y emploie l’agronome René Dumont. Par ailleurs, Bettencourt offre régulièrement les colonnes de ses journaux à Schueller.


La solution Bettencourt




Le 15 février 1941, à la demande de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Le patron de L’Oréal, Eugène Schueller, devient la personnalité économique de référence. Son livre, La Révolution de l’économie, se classe dans les ouvrage de référence du fascisme français.


Le 15 juin 1941, dans son discours au congrès de l’organisation au Palais de la Mutualité, il appelle à « une révolution préliminaire à la fois d’épuration et de redressement » qui ne peut « être que sanglante. Elle consistera tout simplement à fusiller vite cinquante ou cent grands personnages ».


Le 22 juin 1941, le Reich attaque l’Union soviétique. Deloncle et Schueller décident de créer la Légion des volontaires français (LVF) pour combattre le bolchévisme sur le front de l’Est et de la placer sous l’autorité de Jacques Corrèze. Tous ses membres prêtent serment d’allégeance au führer.


Ils tentent de s’appuyer sur cette puissante formation armée pour éliminer leur adversaire politique Pierre Laval et leur allié et néanmoins rival Marcel Déat. Le 27 août 1941, à l’occasion d’une cérémonie de départ d’un contingent de la LVF sur le front russe, ils organisent un double attentat au cours duquel Laval et Déat sont blessés.



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« La Terre Française »
Publication nazie française dirigée par André Bettencourt (voir l’agrandissement : document associé à cet article)























Le 20 décembre 1941, André Bettencourt, qui n’ignore rien des débats en cours à Berlin, écrit dans l’éditorial de Noël de La Terre française : « Un jour, trente ans plus tard, les juifs s’imagineront pourtant gagner la partie. Ils avaient réussi à mettre la main sur Jésus et l’avaient crucifié. En se frottant les mains, ils s’étaient écriés : « que son sang retombe sur nous et nos enfants ». Vous savez d’ailleurs de quelle manière il est retombé et retombe encore. Il faut que s’accomplissent les prescriptions du livre éternel ».

En effet, quelques jours plus tard la Conférence de Wansee décide la « solution finale » : des millions de personnes vont être exterminées dans le plus grand secret.

À l’issue des affrontements internes à la mouvance nazie française, c’est en définitive Deloncle qui tombe en disgrâce. Eugène Schueller se précipe alors, le 18 mars 1942, à l’ambassade du Reich pour se désolidariser de son ami. L’entretien est dûment consigné dans les archives allemandes.



L’OSS s’en mèle



La bataille de Stalingrad inverse le cours des événements. Désormais le Reich n’est plus invincible. André Bettencourt se rapproche de son ami François Mitterrand qui exerce diverses fonctions à Vichy où il partage son bureau avec Jean Ousset, le responsable du mouvement de jeunesse de la Légion française des combattants de Joseph Darnand. Ils seraient alors entrés en résistance au sein d’un Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD) dont l’activité a été officiellement reconnue quarante ans plus tard par l’administration Mitterrand, mais sur laquelle les historiens s’interrogent toujours.

Fin 1942, André Bettencourt est envoyé par Eugène Schueller « aryaniser » la société Nestlé en Suisse, dont le patron de L’Oréal est devenu l’un des actionnaires principaux. Il profite de ses déplacements pour rencontrer Allen Dulles et Max Schoop des services secrets états-uniens (OSS). En 1944, ils lui donnent 2,5 millions de francs de l’époque pour financer leur réseau. On ignore tout, encore aujourd’hui, de l’usage de cette somme.

Eugène Deloncle est assassiné. Mais les crimes des cagoulards ne prennent pas fin pour autant, pas même avec le débarquement allié en Normandie. Le 10 juin 1944, Jean Filliol conduit la division SS Das Reich à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) où elle massacre 644 habitants dans des conditions particulièrement horribles.


Parce qu’ils le valaient bien...



À la Libération, les cagoulards de Londres sauvent les cagoulards de Vichy. Grâce au témoignage d’André Bettencourt et de François Mitterrand, Eugène Schueller est relaxé au motif qu’il aurait aussi été résistant. L’Oréal devient le refuge des vieux amis. François Mitterand est engagé comme directeur du magazine Votre Beauté. André Bettencourt rejoint la direction du groupe. Avec l’aide de l’Opus Dei, une confrérie catholique franquiste, Henri Deloncle (frère d’Eugène) développe L’Oréal-Espagne où il emploie Jean Filliol. Quant à Jacques Corrèze, il devient patron de l’Oréal-États-Unis. En 1950, André Bettencourt épouse Liliane, la fille unique d’Eugène Schueller.
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André Bettencourt
Rue Saint-Dominique, le bureau d’André Bettencourt lorsqu’il dirigait la PropagandaStaffel, devient une résidence de l’Opus Dei. Tandis que Robert Mitterrand s’installe rue Dufrenoy dans l’immeuble qui abritera le siège de l’Opus en France. Cette œuvre est politiquement dirigée par Jean Ousset.

André Bettencourt a poursuivi une brillante carrière. Journaliste, il a créé en 1945 le Journal agricole, pour les anciens lecteurs de La Terre française. Sa carrière politique l’a conduit plusieurs fois au Parlement et au Gouvernement. Il a ainsi pu renouer avec ses activités passées en devenant secrétaire d’État à l’Information (1954-55), poste créé par son ami François Mitterrand, en 1948, et où ils auront tous deux forgé la presse française contemporaine. Les deux hommes sont inséparables, au point qu’en 1986 lorsque Mitterrand devenu socialiste et président de la République doit cohabiter avec une Assemblée de droite, il hésite à choisir André Bettencourt comme Premier ministre. Mais craignant le retour des fantômes du passé, il s’abstient. Cependant, ce passé reste présent.


Documents joints

« La Terre Française » du 20 décembre 1941
Publication nazie française dirigée par André Bettencourt.
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Cet article a été écrit à partir des archives personnelles de l’auteur, des recherches financées par Michel Sitbon, et des documents qui lui ont été aimablement remis par le regretté David Frydman.
[1] Un nouvel accord entre les actionnaires majoritaires de L’Oréal, communiqué de L’Oréal, 3 février 2004, 23h.
[2] La loi pour l’initiative économique a été présentée au Parlement par le secrétaire d’État aux Petites et moyennes entreprises, Renaud Dutreil, en décembre 2002, et adoptée le 1er août 2003 sous le numéro 2003-721. Cf. Journal officiel du 5 août 2003.
[3] Cf. Le Flambeau du 21 novembre 1936.
[4] La paternité de ce surnom est attribuée à Maurice Pujo.

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