Wednesday, November 10, 2010

G20 Séoul: Barack Obama veut recadrer la Chine!

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"Pour le président Obama, donnant donnant...  gagnant!"



C'est lors d'une intervention très attendue devant les étudiants de l'Université ST. Xavier à Mumbai en Inde que Barack Obama est intervenu pour lever certains  malentendus sur la position des Etats-Unis pour le G20 de Séoul. Désireux de protéger cette région au coeur de la rivalité sino-américaine, le président Obama n'a pas caché qu'il viendrait à Séoul avec la volonté d'un dialogue ouvert mais déterminé sur sa politique monétaire.

À travers ses étapes indienne, indonésienne, sud-coréenne et japonaise, le voyage de Barack Obama sera bien cette occasion d'une alliance asiatique destinée à contenir l'émergence chinoise. Pour le président américain, le reproche de voir les Etats-Unis faire fonctionner uniquement  la planche à billets pour s'assurer d'un dollar toujours plus compétitif sur le marché des changes, n'est pas une analyse empreinte du plus grand réalisme économique. En effet, il faut, selon lui,  garantir à tous les pays amis de la zone une issue prometteuse pour un continent qui tient une large part d'avenir pour l'ensemble de l'économie mondiale. Le président ne cache pas que les Etats-Unis doivent devenir le meilleur allier de la cause de ces pays lors du G20 de Séoul qui se partagera entre les volontés de la montée en puissance de la Chine et le besoin indispensable des européens à conserver un rôle majeur dans les échanges économiques mondiaux. Le président français, Nicolas Sarkozy présidera le G20 et ne cache pas, lui aussi,  qu'il faudra évoquer sans embages la question cruciale de la fameuse "guerre des monnaies" qui fait rage.

Pour les conseillers de Barack Obama, les Etats-Unis doivent accompagner la montée en puissance de la Chine en s'assurant une diplomatie stratégique qui tiendra compte des réalités de l'ensemble des acteurs. Depuis quelques mois, la Chine joue un jeu qui peut laisser perplexe bon nombre d'économistes de renom.
La puissance émergente de la Chine n'est plus un simple rival colossal qui avancerait des pions sur l'échiquier de la mondialisation, la Chine veut toujours plus d'espace sur des marchés dont elle doit s'assurer une présence toujours plus forte. Désireuse de construire de nouvelles relations avec l'Europe, elle sort le carnet de commandes et n'hésite pas à s'intéresser aux dettes souveraines des états...

 
Pour Barack Obama, l'Asie, est une région prioritaire dans la politique étrangère par ses marchés dynamiques et la recomposition  de ses différents centres d'influence. Le président américain qui est né à Hawaï est bien ce premier président américain du Pacifique! Celui qui a passé une partie de son enfance en Indonésie  est persuadé que les Etats-Unis doivent aller plus loin en investissant massivement sur ce continent, conscient que la Chine, elle n'attend pas pour percer. Il reste persuadé que les États-Unis n'ont pas suffisamment investi ce continent prometteur, où se joue pour une large part l'avenir de l'économie mondiale.

Les chinois ne semblent pas inquiets de la nouvelle stratégie américaine, forts du succès du blocage organisé de la réévaluation de leur monnaie, du blocage de toute possibilité d'accord au Sommet de Copenhague sur le climat, la Chine viendra à Séoul avec des arguments. Barack Obama regrette déjà le manque d'équité de tous ceux qui englués dans des économies essoufflées jouent par facilité la carte de la Chine, en voyant des transferts colossaux de technologies et plus grave,  la main mise de la Chine sur les fameuses terres rares...

Un déséquilibre entretenu de toutes pièces par les chinois qui profitent des conséquences de la récente crise internationale pour ouvrir des portes de nombreuses citadelles économiques jadis fermées à double tour. Non content de déséquilibrer l'ensemble de l'économie mondiale, la Chine se veut le maillon indispensable de la refondation de l'édifice économique mondialisé. La loi du plus fort qui s'impose aux plus faibles...
Combien d'investissements massifs sur le continent africain en lieu et place des européens?
Combien de menaces sur les équilibres fondamentaux des démocraties qui se construisent sur une histoire ou les peuples sont partie intégrante d'un système pluriel et donc bien démocratique...

Le prix Nobel de la paix bâillonné comme une édifiante démonstration de ce fameux système centralisé chinois. Une mémoire collective altérée sous le prétexte bien fallacieux de construire un dialogue vers l'équité dont la Chine n'a que faire! Les américains savent que le jeu des chinois est avant tout celui d'une volonté d'étouffer toutes les contradictions. «Nous voulons modeler le contexte dans lequel la montée de la Chine se produit, explique Jeff Bader, chargé des affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale. Nous voulons être sûrs que l'émergence de la Chine contribuera à la stabilité de l'Asie au lieu de la saper. Cela ne sera pas possible si nous laissons dériver nos autres relations dans la région.» Désormais, le président Obama  tente une autre méthode qui aura  plus de chances de plaire à la nouvelle majorité républicaine au Congrès. Il souhaite renforcer les liens avec ses partenaires historiques qui ne l'oublions pas, ont l'avantage certain, d'être de réelles puissances démocratiques: l'Inde, L'Indonésie, la Corée du Sud, le Japon, pays qui cumulent d'importants contentieux, parfois historiques, avec la toute puissance Chine.  Barack Obama vient à Séoul avec la ferme intention de montrer à la Chine et consorts que les Etats-Unis restent déterminés pour exiger la fin d'une partie toujours plus dangereuse. L'accueil dans les démocraties de la région du président américain est à l'image de la peur qui s'installe dans des démocraties qui voient la Chine toujours plus menaçante, le Japon pour une île, le nord de l'Inde, Singapour, le Vietnam et plus grave, le pays hôte du G20, la Corée du Sud qui voit les tentatives de synergies qui s'organisent sous cape avec la Corée du Nord....

Sur le terrain économique, les japonais se retrouvent dans l'oeil du cyclone aprés l'illusion  «La réévaluation la plus radicale se produit au Japon, note le spécialiste américain de politique étrangère Fareed Zakaria dans le Washington Post. Les Japonais pensaient pouvoir occuper une position tranquille entre les États-Unis et la Chine. Cette notion est en miettes.» Car ne l'oublions pas, la Chine, en plus d'être une puissance économique incontournable , cumule  aussi  celle de principale puissance militaire! Hillary Clinton relève  cette inquiétude par son accueil triomphal lors du sommet des économies asiatiques: " L'accueil était si triomphal, plein d'attentes et une réelle tension palpable dans les élites qui comptent voir les Etats-Unis ne pas laisser le G20 de Séoul devenir une simple chambre de compensation des volontés chinoises. L'inquiétude se porte sur l'axe sino européen incarné par le président français Nicolas Sarkozy qui prendra la présidence du G20! Les chinois calculent bien leur coup en mettant la main à la poche et donc dans leur poche le bouillonnant président français..." Précise un diplomate proche du dossier.




Didier REMER




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