Thursday, November 25, 2010

AFFAIRE KARACHI GATE: De Villepin monte au créneau!

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                     "Dominique De Villepin a des convictions trés fortes sur les rétrocommissions..."




L'ancien premier ministre français, Dominique de Villepin vient de confirmer au juge van Ruymbeke ses convictions sur la possible destination finale des rétrocommissions relatives à l'affaire KARACHI.
Il précise qu'il ne voit pas de liens entre la fin du paiement des rétrocommissions par l'état français et l'attentat meurtrier de Karachi.


Convictions fortes

C'est dans les bureaux du Pôle Financier de Paris, après une audition fleuve de plus de quatre heures (Jeudi 25 Novembre),  que l'ancien premier ministre s'est confié en présence de Me Olivier Morice. Avocat des familles de victimes qui devait préciser au sortir de l'audition que Dominique de Villepin "a confirmé que les rétrocommissions qui ont été identifiées étaient des rétrocommissions dont ils avaient des convictions très fortes qu'elles avaient servi à financer des partis politiques soutenant le premier ministre" de l'époque, un certain Edouard Balladur.


Silence d'or?

Edouard Balladur dont le silence commence à interpeller de nombreux observateurs qui parlent volontier d'un "possible silence qui serait d'or"... Car cette mise au jour de suspicions toujours plus précises doit laisser un goût amère aux familles qui souhaitent obtenir de la part des "grands serviteurs de l'état et consorts" toujours plus d'implication dans cette recherche de la vérité qui se voudrait collective s'il l'on en croit les déclarations du président français, désireux de déclassifier tous les documents qui pourront...     l'être! 

Tendues...

Il y a un tournant dans l'affaire, puisqu'il semble que le Conseil Constitutionnel, dans le cadre de la validation trés officielle de la décision des comptes de campagne du candidat Balladur, révèlerait des "discussions tendues" sur certaines lignes relatives au financement du compte par le mandataire...  Ce sont certains médias qui font bien état de langues qui se délient... Loin de moi la volonté d'imaginer que des personnes aussi éminentes  puissent faire l'impasse sur leur responsabilité dans ce dernier rempart de notre démocratie, celui qui se doit de protéger la constitution, son esprit.

Dominique de Villepin avait déjà fait état vendredi 19 novembre de "très forts soupçons de corruption avec  rétrocommissions en 1995 et ce vers des décideurs français, en marge de deux contrats d'armement, qu'il a confirmés dimanche, mais devait précisait qu'il n'y avait "pas de preuve formelle". Il avait alors demandé à être entendu par le juge van Ruymbeke et s'en était ouvert trés médiatiquement dans le journal télévisé de 20H00 de TF1, précisant qu'il le faisait pour les familles des victimes et leur besoin légitime de justice.

Décision du Conseil Constitutionnel compte Balladur:



Porte-parole

La justice soupçonne  qu'une partie des commissions versées dans le cadre de ces contrats soit revenue en France - via des rétrocommissions - pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était bien le porte-parole officiel en 1995, alors que pour d'autres sources,  il aurait cumulé en fait des missions plus "déterminantes" dans son implication pour le candidat Edourad Balladur. Point que la police Luxembourgeoise évoque de façon -à peine voilée- dans son enquête par les questions qu'elle se pose en marge de l'implication du " financier intervenant", Jean-Marie Boivin,  pour le compte de la DCN, celui qui réalisait en son temps  les "shadow" (sociétés écrans)... Pour permettre ainsi le retour des rétrocommissions et le "clearing" nettoyage des circuits occultes...

Pour comprendre lire notre dernier article sur les preuves au Luxembourg:
http://lafinanceoffshore.blogspot.com/2010/11/karachi-gate-les-preuves-au-luxembourg.html


Moraliser


En 1995, c'est bien Jacques Chirac qui a ordonné dès son arrivée à la présidence de la république la révision des contrats d'armement ayant pu donner lieu à des rétrocommissions comme celles qui sont à l'origine de l'affaire Karachi.
Jacques Chirac, trés choqué par certaines pratiques, aurait selon son ancien secrétaire général à L'Elysée, Dominque de villepin,  souhaité "moraliser la vie publique internationale, c'est-à-dire interrompre tous les contrats qui avaient ou pouvaient donner lieu à rétrocommissions". Dominique de Villepin précisera même qu'il s'agissait clairement de "rétrocommissions illégales qui revenaient vers la France, des personnes, des personnalités politiques ou non politiques" sans préciser de nom... Pour un autre ancien président français, Valérie Giscard d'Estaing, "les listes des bénéficiaires éxistent forcément dès lors qu'on "nous annonce l'éxistence même de telles pratiques  avec des rétrocommissions!". 

Comme le précisent de nombreux médias français, bille en tête "Le Monde" et "Médiapart"ce sont bien deux contrats qui suscitent les plus grandes interrogations : "Sawari II", portant sur la vente de trois frégates à l'Arabie saoudite, signé en novembre 1994, et le fameux contrat "Agosta" de vente de trois sous-marins au Pakistan en septembre 1994. Dominique de Villepin avait déjà  souligné dimanche soir "qu'à sa connaissance", il n'y avait " "aucun lien" entre l'arrêt à partir de 1995 du versement de commissions et l'attentat de Karachi " qui avait fait 15 morts, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN), français  travaillant donc pour le compte de l'état français à la construction de ces sous-marins en mai 2002. Contrat qui en son temps ne faisait pas vraiment l'unanimité par l'important transfert de certaines technologies sensibles qu'il imposait...

La justice soupçonne donc qu'en plus d'intervenants d'affaires (habituels pour ce genre d'opérations), qu'une partie des commissions versées dans le cadre de ces contrats soit revenue en France - via des rétrocommissions - pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le -porte-parole officiel- en 1995.  Pour d'autres, Nicolas Sarkozy serait également un de ceux qui se "devaient collaborer" y compris au besoin de solution pour " le financement d'une deuxième candidature à droite", par ailleurs décidée trés tardivement. Une question que la justice est en droit de se poser, comme l'a rappelé lui même en -off- le président français à Lisbonne...


Démission parlementaire?


Dans le volet terroriste de l'affaire, l'attentat de Karachi (Sud du Pakistan) le député PCF du Nord -Jean-Jacques Candelier- s'est dit prêt à remettre à la justice les procès-verbaux de la -mission d'enquête parlementaire- sur l'attentat de Karachi, dont il a été membre, dans une lettre au juge chargé d'enquêter sur l'attentat, Marc Trévidic.
En effet, le président de l'Assemblée Nationale française, Bernard Accoyer a refusé de remettre en place une nouvelle "mission parlementaire" lors d'une réunion des présidents de groupes à l'Assemblée, et proposerait aujourd'hui que la question de transmettre des pièces relatives aux auditions lui soit posée... début décembre! (date de la prochaine réunion des présidents de groupes)  Bien que partageant la peine et la douleur des familles, le président s'arqueboute sur la séparation des pouvoirs... et son besoin inhérent de garantir les fondements de la constitution! Il faut dire que plus l'affaire KARACHI prend la forme d'un étau qui se resserre, des langues se délient alors que d'autres opposent comme régle, une certaine forme de silence...

Vous trouverez ci-dessous, l'interview du juge anti-terroriste en charge de l'affaire de l'attentat KARACHI, Marc TREVIDIC qui logiquement prudent, démontre l'ampleur de l'affaire en précisant une "certaine logique"!






On retiendra le besoin pour ce magistrat d'imaginer une instance autre pour lever le secret défense et déclasser les documents, peut être un "tribunal spécial de sages"?



Pour conclure: Qui cherche...   trouve!

Sarkozy, lui s'est expliqué en -off- (en taclant au passage Médiapart et les journalistes présents ) d'une façon glauque (référence douteuse à la pédophilie) et ce en marge du dernier sommet de l'Otan. Il demandait aux journalistes de lui communiquer des éléments qui pourraient d'une certaine façon mettre à mal sa parole:

 "J'ai jamais été ministre de la défense, je suis pas au courant des contrats de sous-marins négociés à l'époque avec un président qui s'appelle M. Mitterrand, un premier ministre qui s'appelle M. Balladur, avec un ministre de la défense qui s'appelle M. Léotard. En tant que ministre du budget, je n'ai jamais eu à en connaître ni de près ni de loin puisque même la procédure de validation (par le ministre du budget sur proposition du directeur général des impôts) a été supprimée en 1992 par M. Charasse."

En clair, le chef de l'Etat explique qu'en tant que "simple" ministre du budget, il n'avait pas à donner son autorisation pour le versement de commissions aux intermédiaires de la vente de sous-marins Agosta au Pakistan. Et qu'il n'était pas concerné par les ventes d'armes.

Mediapart lui répond promptement dans son édition de mercredi. Le site reprend une série de documents, dont l'un démontre que Nicolas Sarkozy était au minimum informé de cette vente au Pakistan. Cette lettre, versée au dossier du juge d'instruction Marc Trévidic, qui enquête sur l'attentat qui a fait 14 morts à Karachi en 2002, émane de François Léotard, alors ministre de la défense.

Lien avec Médiapart: (Payant en partie)

http://www.mediapart.fr/journal/france/241110/karachi-des-documents-saisis-par-les-juges-contredisent-nicolas-sarkozy

Comme le précise trés justement "Le MONDE":   La date de la missive n'est pas précisée, mais semble, d'après le contexte, correspondre à fin 1994. Elle est adressée à Nicolas Sarkozy, ministre du budget, et lui demande, sous le sceau du "confidentiel défense", d'accorder la garantie de l'Etat au contrat de vente des sous-marins. Un préalable indispensable à la vente d'armes qui permet au vendeur d'être assuré qu'il touchera le montant de la vente. Il est plus que probable que cette garantie ait été accordée, puisque la vente a eu lieu.




Sources: Le MONDE/ MEDIAPART/AFP/ATN/FINANCE OFFSHORE

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