G20 Séoul: Exclusif: Sarkozy présente la future présidence française.


         Nicolas Sarkozy souhaite faire du G20 un véritable "Bretton Wood II".


Finance Offshore, toujours désireux de parfaire votre information sur le prochain G20 de Séoul et donc la future présidence française du G20 vous propose aujourd'hui un large extrait du discours en référence du président de la république française, monsieur Nicolas Sarkozy.

Ce prochain opus du G20, dont monsieur Sarkozy est bien à l'origine du concept et donc du  forum mondial devenu incontournable, sera déterminant pour le président français et les objectifs qu'il porte. Le contexte particulier de "la guerre des changes" du G20 de Séoul n'enlèvera rien à la détermination de la présidence française pour prolonger le calendrier ambitieux de ce que nombreux observateurs jugent déjà comme un véritable "Bretton Wood II"... 





Extrait du discours de M. le Président de la République à la Conférence des Ambassadeurs du 25 au 27 août

Lors de son discours à l’occasion de la XVIIIème Conférence des Ambassadeurs qui a eu lieu du 25 au 27 août à Paris, M. le Président de la République a longuement évoqué le G20. En voici l’extrait ci-dessous :

"(…) Enfin, le 12 novembre, (Ndlr: C'est à dire au lendemain du G20 de Séoul) la France prendra la présidence du G20 pour un an, et le 1er janvier prochain la France prendra la présidence du G8.

Ce sont deux très lourdes responsabilités. Je ne reviendrai pas sur le G20 qui représente 85% de la richesse de la planète et qui a été créé sur proposition de la France. Jusqu’à présent nous avons connu un G20 des temps de crise qui, au fond, était passionnant mais assez simple. On n’avait pas le choix, il fallait prendre des risques et agir.

Et le G20 a accompli un travail considérable sur lequel je ne reviendrai pas, d’autant plus que le G20 de Séoul, au mois de novembre aura l’occasion de tirer les conséquences et les conclusions de tout ce que nous avons décidé.

Mais maintenant se pose pour nous une question. Nous sommes dans une situation de calme relatif et je comprends parfaitement que la tentation existe de borner les ambitions du G20 à l’application des décisions prises, complétées en 2011 par quelques mesures utiles. Je ne m’en moque pas. C’est très bien. Parfait. Au G20 de crise succèderait un G20 de gestion.

Je voudrais dire que ce n’est pas du tout ma vision des choses. La crédibilité du G20 est clairement posée. S’en tenir à un ordre de gestion du G20 serait condamner le G20 à l’enlisement. Et pire, condamner le monde à de nouvelles crises.

Jusqu’à présent il n’est venu à l’idée de personne autour de la table du G20 de dire : « on arrête ». Pressé par la crise, les urgences du moment, chacun se disait : « il faut absolument inventer de nouvelles choses ». Maintenant la crise reflue et chacun est un peu essoufflé. « On va reprendre notre souffle. Gérons, calmons les choses. Au fond, revenons au train-train habituel ».

Ce n’est pas la vision de la France. Je voudrais dire que paradoxalement, il est plus facile d’être audacieux lorsque le monde est au bord du précipice que lorsque le calme est revenu. Aujourd’hui nous avons le choix : achever les chantiers ouverts, traiter à mesure qu’ils se présenteront les développements imprévus et border là notre ambition ; ou bien, et c’est la proposition de la France, ajouter de nouveaux chantiers, ceux qui sont dans l’impasse depuis trop longtemps et dont dépend la stabilité et la prospérité du monde. La France proposera à ses partenaires le choix de l’action et de l’ambition. Seul le G20 dispose du poids spécifique de la légitimité et de la capacité de décision nécessaires pour donner les impulsions indispensables aux chantiers de l’avenir.

Pour ma part, même si nous allons consulter nos partenaires, j’en identifie trois.

Le premier chantier qu’il faut régler dès l’année prochaine, c’est celui de la réforme du système monétaire international.

Qui contestera que l’instabilité des changes fait peser une menace essentielle sur la croissance mondiale ? Comment les entreprises peuvent-elles planifier leur production et leurs exportations quand l’euro passe brutalement de 1 dollar pour 1 euro à 1,60 dollar pour 1 euro, avant de redescendre quelques semaines après à 1,27 ? Qui peut continuer à plaider que l’on va pouvoir produire en zone euro et vendre en zone dollar avec un système monétaire aussi erratique ?

La prospérité de l’après-guerre devait beaucoup à Bretton Woods. Depuis le début des années 70, je veux le dire, même si cela est fort, nous vivons dans un non-système international monétaire. On n’est plus dans le système de Bretton Woods, on n’a pas réfléchi à un nouveau système, il n’y a pas de système monétaire international.

Naturellement la France ne plaide pas pour que l’on revienne à un système de taux de change fixe. Mais la France plaide pour que l’on mette en place en place des instruments qui évitent l’excessive volatilité des monnaies, l’accumulation des déséquilibres, la recherche d’un niveau toujours plus élevé de réserves de change par les pays émergents qui ont été confrontés à des retraits brutaux et massifs de capitaux internationaux.

Je sais bien que le sujet est sensible et la France va proposer à ses partenaires de l’aborder sans tabou. Par exemple, je proposerai l’organisation d’un séminaire international entre les meilleurs spécialistes mondiaux des affaires monétaires qui pourraient peut-être - pourquoi pas ? - se tenir en Chine. Pour réfléchir, souvenons-nous, Brettons Woods : un an de travail. Ce n’est peut-être pas inacceptable de penser que l’on puisse organiser un séminaire international des meilleurs spécialistes monétaires internationaux en Chine, puissance majeure, pour réfléchir à ce que pourrait être le système monétaire qui succède à Brettons Woods ?

Et la France ira un peu plus loin en proposant trois pistes d’étude.

1- Moi je suis sûr qu’il nous faut renforcer nos mécanismes de gestion de crise. Ecoutez, depuis 1990, j’ai fait le calcul, les pays émergents ont connu 42 épisodes de retraits brutaux des capitaux internationaux, mettant en péril leur stabilité et leur croissance. 42 fois, un pays s’est vidé de ses réserves, depuis 1990.

Nous devons repenser les mécanismes internationaux d’assurance pour disposer d’instruments multilatéraux plus efficaces et plus rapides pour prévenir et traiter ces crises. Une réflexion est lancée sur les instruments dont dispose le FMI. Le monde doit être capable de mobiliser rapidement des sommes colossales pour faire face à la spéculation irrationnelle des marchés.

Je souhaite également que nous débattions de la doctrine internationale sur les mouvements de capitaux. Nous avons vécu des années dans l’illusion que l’ouverture des marchés de capitaux constituait toujours un progrès. La réalité nous a montré que ce n’était pas le cas. Il est légitime que des pays très dépendants des capitaux extérieurs puissent prendre, en cas de crise, des mesures pour les réguler. La meilleure assurance contre la montée des risques protectionnistes, en cette matière comme en d’autres, c’est l’élaboration de règles multilatérales. C’est la règle qui protège la liberté. C’est l’absence de règle qui détruit la liberté.

Deuxièmement, nous devons nous interroger sur l’adéquation d’un système monétaire international dominé par une seule monnaie dans un monde devenu depuis bien longtemps multipolaire. Cela n’a pas de sens. C’est un fait : à l’accumulation des réserves de change dans certains pays correspond le creusement du déficit de la balance des paiements courants des Etats-Unis. Ce n’est dénoncer personne que de dire cela.

A Londres, les pays du G20 ont décidé d’une allocation exceptionnelle de 250 milliards de Droits de Tirages Spéciaux. Cet actif international fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt croissant. Nous sommes loin de la création de la monnaie mondiale voulue par Keynes avec le Bancor. Mais enfin, offrir un actif de réserve international qui ne soit pas émis par un seul pays, me semble-t-il, permettrait de renforcer la stabilité du système tout entier.

3- Enfin, nous devons trouver les moyens de mieux coordonner les politiques économiques et monétaires des grandes zones économiques. Avec le G20, on a mis en place à Pittsburgh le cadre qui doit permettre à chacun d’entre nous de mener les politiques économiques appropriées.

Mais nous devons aller plus loin et définir un nouveau cadre de concertation, par exemple sur les évolutions de change. Ce forum, c’est actuellement le G7 des ministres des Finance, chère Christine, et des gouverneurs, des banques centrales. Mais, enfin pardon, comment peut-on aujourd’hui parler de taux de change dans le monde sans la Chine ? Excusez-moi, ça n’a aucun sens. Nous devons débattre de la meilleure réponse à apporter à cette question qui est absolument incontournable.

Parler de ces sujets n’a rien de sacrilège. Rien. En discuter sereinement, au sein du forum le plus légitime qu’est le G20 est souhaitable. Pourquoi attendre ? D’ailleurs, attendre quoi ? Sans doute la prochaine crise, mais cette fois, la prochaine crise, elle aura des conséquences incalculables parce que les États n’auront plus les moyens de faire ce qu’ils ont fait.

Le deuxième chantier, qui n’est pas moins ambitieux, de la France pour le G20 et qui suscitera bien-sûr les sarcasmes au départ, comme d’habitude, mais sur lequel je ne céderai pas, c’est celui de volatilité des prix des matières premières. C’est une catastrophe. Et il suffit de voir ce qui se passe avec le blé.

Au printemps dernier, les producteurs nous appelaient au secours - je parle sous le contrôle de Bruno Le Maire — parce que les prix s’effondraient. Il y a moins de six mois, j’allais moi-même en Seine-et-Marne prendre le pouls de nos céréaliers qui m’expliquaient, à juste titre, la situation de quasi-faillite dans laquelle ils se trouvent. Aujourd’hui même, six mois après, il a suffit d’une mauvaise récolte en Russie, d’une catastrophe ici ou là et c’est l’explosion des prix de la même denrée. Mais qui peut penser qu’un système pareil peut fonctionner ? Fonctionner sans drame ? Parce qu’avons-nous déjà oublié les « émeutes de la faim » à Haïti ou en Afrique quand les prix de certains produits alimentaires avaient brusquement explosé ? Je vous rappelle que c’était en 2008. Et qu’entre 2008 et 2010, personne n’a rien fait. Et qui a oublié les conséquences dramatiques pour l’économie mondiale de hausses brutales des prix du pétrole et du gaz, suivies de baisses tout aussi rapides et tout aussi inexplicables ?

Alors qui osera dire que ce sujet est trop difficile et qu’il vaut mieux ne rien faire ? Ça, je connais. En France, j’ai parfaitement identifié ceux qui pensent qu’il vaut mieux ne rien faire. Mais enfin, on ne va pas faire la même chose dans le monde. Ce sont quand même des sujets. La France va proposer à ses partenaires du G20 — car, quitte à assumer la présidence, autant que cela serve à quelque chose - d’ouvrir ce dossier avec pragmatisme et avec ambition. Il me semble que trois sujets pourraient être étudiés.

D’abord, je veux poser la question du fonctionnement même des marchés de dérivés des matières premières. Je sais que ce sont des mots qu’on ne doit pas prononcer, mais pourquoi devrions-nous réguler les marchés des dérivés dans le seul domaine financier ? La France est arrivée à convaincre le monde entier qu’il fallait réguler les marchés dans le domaine financier. J’aimerais qu’on m’explique au nom de quoi ce qu’on va faire dans le domaine financier, on ne serait pas capable de le faire sur le marché des dérivés qui fonctionne tout aussi mal, d’ailleurs, pour les matières premières. Etendre la régulation aux matières premières est possible et souhaitable et c’est indispensable. Nous n’avons pas à financer la spéculation. Qu’on ne vienne pas me dire que c’est de l’économie de marché, personne ne sait comment fonctionne ce marché, personne ne connait ses intervenants et personne ne comprend comment il fonctionne.

Deuxièmement, pour les matières premières agricoles, plusieurs pistes pourraient être explorées sans a priori : d’abord la transparence des marchés, ce serait utile ; les politiques de stockage ; la création, par les institutions financières internationales, d’outils assurantiels pour permettre aux pays importateurs de se couvrir contre la volatilité des cours.

Enfin, les prix de l’énergie. La France a reçu mandat de proposer des mesures pour Séoul et pour le Sommet de 2011, afin de lutter contre la volatilité des prix. Nous proposerons des mesures de transparence et un dialogue approfondi entre producteurs et consommateurs. Quand le prix du baril était tombé aux alentours de 40 dollars, la France a dit : « c’est un bien mauvais calcul de s’en réjouir », parce qu’évidemment, si on se plaint du prix du baril quand il est à 120 dollars, on n’a peut de chance d’être entendu.

Troisième et dernier chantier qui sera proposé pour la présidence française : la gouvernance mondiale. Je vous en ai longuement entretenu ici-même, il y a un an.

Le G20 a décidé qu’il serait le « principal forum » mondial pour les questions économiques et financières. Encore faut-il qu’il se donne les moyens de travailler plus efficacement. Ne faut-il pas créer un secrétariat du G20 pour suivre en permanence la mise en œuvre des décisions prises et instruire les dossiers, en liaison avec toutes les organisations internationales concernées ? Évidemment, il y a une présidence du G20 qui passe au président suivant sans transition, mais qui assure le suivi de toutes les décisions extrêmement importantes et considérablement techniques qu’on a prises ? Il ne s’agit pas de faire une nouvelle administration, mais enfin…

Ne faut-il pas que le G20 ouvre son ordre du jour à des sujets nouveaux, tels que le développement ? Ne devrait-on pas, par exemple, y adopter des règles de bonne conduite et de bonnes pratiques pour l’aide publique ? Par exemple, plutôt que de saigner jusqu’à la dernière goutte de sang des pays qui n’ont rien, ne devrait-on pas considérer que les fameuses sept normes de l’Organisation Internationale du Travail sont une condition sine qua non sans le respect de laquelle il n’y aurait pas de versement d’aide publique ? Quand même, est-ce que c’est possible ? Je ne dis pas un modèle social unique, je dis que l’OIT a des normes, je crois que c’est sept ou huit, je ne me souviens plus exactement.

Je souhaite également que nous puissions débattre au G20 des financements innovants, et notamment d’une possible taxe sur les transactions financières dont a parlé Bernard Kouchner. Sans cette taxe, les pays développés ne seront pas au rendez-vous de l’aide au développement et des accords, cher Jean-Louis Borloo, que nous avons pris à Copenhague. C’est tellement évident. Avec qui et où trouverons-nous l’argent s’il n’y a pas de financements innovants ? Tous les budgets sont en déficit. Ces financements sont indispensables pour être aux rendez-vous des objectifs du millénaire.

Ne devrait-on pas, du reste, parler au sein du G20 du financement d’un accord sur le climat ? Il est essentiel que l’accord de Copenhague soit appliqué, qu’il s’agisse du « fast start », des financements innovants ou de la protection des forêts. Et je compte m’entretenir avec le Président Zuma, qui assumera l’année prochaine la présidence de la Convention climat des Nations Unies, de toute la séquence qui pourra être porteuse de progrès absolument décisifs.

La France suggérera aussi un débat plus large sur la gouvernance mondiale. Le G20 a donné une impulsion décisive à la réforme de la Banque Mondiale ; il devrait faire de même dès les prochains mois avec celle du FMI. Mais enfin, comment pourrait-il ignorer les institutions spécialisées des Nations Unies qui traitent de l’économie, de l’emploi, du commerce ?

Dans ce contexte, ne pas adresser un signal fort à l’Assemblée Générale des Nations Unies en faveur d’une réforme intérimaire du Conseil de Sécurité serait folie ? Enfin, cette réforme est débattue depuis vingt ans. Est-ce que l’on va encore passer vingt ans ? A quoi sert-il de dire à nos amis israéliens et à nos amis palestiniens : « allez-y », si nous-mêmes, à l’ONU, nous restons interdits devant cette réforme dont chacun sait qu’elle est indispensable et dont personne n’ose abattre ses cartes sur la table. Nous avons besoin de cette réforme intérimaire. Eh bien, le G20 devra la porter.

Je vous ai longuement parlé du G20 mais pour terminer je voudrais dire un mot du G8. Certains l’ont dit condamné. D’autres lui prédisent un bel avenir. L’avenir tranchera mais la France croit à l’avenir du G8. Elle préparera très soigneusement ce sommet dès le Printemps. Parce que le G8, ce sont les grandes démocraties qui partagent beaucoup en commun. Ce G8 sera précédé par la réunion des Ministres de l’Intérieur des pays concernés, qui parlera de la déstabilisation des pays de la Caraïbe, de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel par les trafiquants de drogue.

L’autre grand thème du sommet sera le partenariat avec l’Afrique. Je suis plus que jamais convaincu que le succès de l’Afrique, c’est une chance pour l’Europe et que l’échec de l’Afrique serait un drame pour l’Europe, que les destins de l’Europe et de l’Afrique sont absolument liés et que nous n’avons pas d’autres choix que de travailler les uns avec les autres. Et, d’ailleurs, à Copenhague, avec Jean-Louis Borloo, on a essayé de faire en sorte que l’Europe et l’Afrique marchent main dans la main. L’Afrique a un potentiel considérable. L’Afrique a de l’espace, l’Afrique a des ressources, l’Afrique a une jeunesse et c’est tout l’intérêt de l’Europe de parler d’une même voix avec l’Afrique en donnant à l’Afrique le poids nécessaire dans la gouvernance mondiale et les financements nécessaires pour qu’elle se développe. On n’a pas le choix. Il y a douze kilomètres par le détroit de Gibraltar et donc, nous n’avons pas le choix en la matière.

Alors, Mesdames et Messieurs, vous voyez l’état d’esprit qui m’anime à la veille de cette double présidence. C’est celle d’un grand volontarisme, d’une grande détermination et puis, en même temps, la volonté de jouer collectif parce que, naturellement, à la table du G20, il faut que tout le monde avance, ce qui rend extraordinairement compliquée la présidence du G20 par rapport à la présidence européenne que la France a connue. C’est encore beaucoup plus compliqué parce que les intérêts sont contradictoires et, en même temps, qui peut penser que les paysans indiens ou les paysans chinois n’ont pas les mêmes intérêts que les paysans français d’avoir un marché des matières premières avec une visibilité ? Qui peut penser qu’un grand pays comme la Chine ne soit pas à la hauteur de ses responsabilités monétaires ? Et donc, par conséquent, on a une occasion de faire de l’année qui vient une année utile pour la stabilité internationale et la sécurité du monde. La France y prendra toute sa part. (…) "

Pour retrouver le discours dans son intégralité, [1].

[1] cliquez ici:


Photographie: Tous droits réservés
Source: France  Présidence de la République  Tous droits réservés

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