Affaire Bettencourt: Interview de Didier REMER (Finance Offshore). Par Emmanuel De Saint-Cyr

                 


     "Pour Didier REMER, l'affaire Bettencourt est une véritable boîte de Pandore..."







Emmanuel De Saint -Cyr: Bonjour Didier REMER, Depuis quelques semaines, Finance Offshore s'intéresse au dossier Bettencourt et devrait produire une enquête exclusive sur l'affaire... C'est donc une nouvelle occasion de faire le point sur ce dossier sensible qui selon vous, aurait des ramifications au Luxembourg, vous confirmez cette information?

Didier REMER: Tout à fait, mais avec la volonté de préciser que les ramifications sont pas moins importantes  à Luxembourg qu'en Suisse, cette affaire emprunte les mêmes chemins que ceux de l'argent... Il faut comprendre que l'affaire Bettencourt est une saga familiale, celle des Bettencourt. Cette affaire est une véritable boîte de Pandore, mieux, ce sont de multiples "poupées russes" qui se télescopent dans un véritable labyrinthe des vanités...

EDSC: Peut-on imaginer que cette affaire devienne un véritable scandale d'état en France?

DR: Très certainement, elle risque de donner une image bien peu reluisante de certaines pratiques dans le secteur de la haute finance et plus grave, pour les premiers cercles de l'actuelle présidence française. Vous savez à Paris, une certaine résistance se met en place pour faire front aux nombreuses intimidations qui se font jour...

EDSC: Si vous travaillez sur une enquête pour cette affaire Bettencourt, c'est peut être aussi l'occasion de vous retrouvez dans une situation pour le moins délicate?

DR: Nos sources sont protégées et très participatives dans leur esprit, et le fait d'annoncer la couleur nous permet prédictivement d'assurer nos arrières. Tout et n'importe quoi circule sur cette affaire, nous voulons apporter un regard nouveau sur le dossier, celui des luttes de pouvoir pour la prise de contrôle d'un important groupe...

EDSC: L'Oréal donc?

DR: Peut-être...

EDSC: L'histoire de l'Oréal est très liée à celle de Nestlé et donc par extension l'histoire même de la  Suisse, le Luxembourg est-il un de ses acteurs majeurs dans l'affaire?

DR: Il faut comprendre l'histoire du groupe l'Oréal et celle d'un autre grand, le groupe Nestlé... Plus important encore, la genèse de ceux qui gravitent dans la constellation de ce numéro un mondial de l'industrie cosmétique... Très rapidement quand le dossier va dépasser les querelles privées et donc familiales, on arrivera enfin vers des révélations toujours plus majeures. Si les intimidations sont croissantes, c'est que les journalistes se rapprochent toujours plus de ce fameux centre de gravité du dossier. Il y aura bien en France une volonté de mettre à mal le travail des journalistes comme la justice  en aura bien été la première victime.

EDSC: Doit-on conclure que le dépaysement de l'affaire est une édifiante démonstration de votre propos?

DR: Assurément, la suspicion est si importante que le dossier va bien être dépaysé, mais il va permettre un gain de temps à d'importantes personnalités de premier rang. Ce qui pouvait paraître comme une "remise en ordre" va surtout permettre d'assurer un nouveau calendrier aux différents protagonistes, bien plus confortable avant des échéances présidentielles...

EDSC: De nombreux médias français se sont lancés dans cette course contre la montre, devraient-ils avoir la chance de parvenir à leur fin, c'est à dire mettre au jour tous les tenants et aboutissants de l'affaire? 

DR: Je crois que cette possibilité va se vérifier par l'apport d'autres médias, qui de l'étranger vous pouvoir contribuer à ce travail, je pense à la Suisse, mais d'autres se profilent...

EDSC: Est-il vrai qu'une véritable Omerta se fait jour à mesure des intimidations actuelles?

DR: En ce sens, oui, tout à fait,  c'est là aussi une démonstration édifiante du résultat souhaité par ces nombreuses intimidations. Elles ne peuvent que motiver l'ardeur de ceux qui font de cette affaire l'occasion d'une détermination sans faille. Les sources sont confrontées à un dilemme, inutile de préciser que si l'on veut trouver un dossier sur une personne, rien de plus simple...

EDSC: Mais alors que faut-il espérer dans cette affaire?

DR: Je suis très optimiste, la réponse viendra de l'étranger, car il y a des réseaux qui sont activés pour contribuer à l'exercice de la vérité, il y a des enjeux connexes si importants que les intérêts sont si nombreux que certaines et  rares bonnes âmes vont se motiver pour apporter leurs informations, mieux leur contribution directe à l'exercice de la vérité...

EDSC: On remarque que dans cette affaire des personnalités de haut rang comme Eric Woerth sont visées, on note une insistance particulière de la presse Suisse, pour quelles raisons?

DR: Nos amis Suisses ont un mérite inégalé à ce jour, ils ont en mémoire les déclarations du ministre français du budget sur la fameuse question du secret bancaire et cette lutte présentée comme salutaire contre l'évasion fiscale. Ils sont en droit de se poser quelques bonnes questions après les révélations qui se font jour dans l'affaire Bettencourt. Woerth grand moralisateur sur les questions de l'évasion fiscale cumulait la fonction de grand argentier de l'UMP, et plus grave, sa femme, était bien en charge de la gestion de la fortune de madame Liliane Bettencourt et ce pour le compte de la société Clymène dont l'objet est bien la gestion des actifs de la fortune personnel des héritiers Bettencourt... La notion de conflit d'intérêts qui s'impose...  La presse Suisse a déjà évoqué la possible présence de madame Woerth dans le logement personnel  des Bettencourt à Genève, une enquête approfondie devrait pouvoir conforter cette thèse. La présence avérée en Suisse de madame Woerth n'est en rein condamnable, on s'intéresse juste légitimement à sa mission et la portée de celle-ci sur les avoirs suisses de la famille Bettencourt... .  Alors que son mari était en pleine croisade contre l'évasion fiscale! Nos amis Suisses ont assez bonne mémoire de certaines leçons de morale! Des écoutes démontrent toujours la dissimulation de capitaux...

EDSC: Pour quelles raisons l'état français souhaite conserver la main sur cette affaire avec autant d'insistance?

DR: Le calendrier de la future échéance présidentielle y est pour beaucoup, la France de Nicolas Sarkozy va diriger le prochain G2o et de nombreuses voix s'élèvent sur le grand écart présidentiel sur l'évasion fiscale, les questions prudentielles et les potentielles pratiques qui se font jour par l'affaire Bettencourt... La France risque de devoir montrer "patte blanche" en donnant quelques explications sur cette affaire qui touche l'état et donc les premiers cercles. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses intimidations se font jours, mais elles seront inutiles, car il semble déjà acquis que d'autres preuves pourraient sortir dans un calendrier plus opportun... Ce qui est de bonne guerre avant une échéance présidentielle en tous cas.

EDSC: On voit bien que certains barons de la finance sont étroitement liés au dossier, doit-on s'attendre à des règlements de compte?

DR: C'est une évidence, Eric Woerth était en charge de trouver les finances utiles à la campagne de Nicolas Sarkozy, sa fonction de trésorier n'est pas indifférente des potentielles ramifications qui se font jour. Elles sont logiques, parfois elles peuvent nous informer sur des décisions liées à ses fonctions de ministre...

EDSC: Des questions plus privées sur les moeurs d'André Bettencourt se font jour, votre avis?

DR: Pour être clair une thèse dite de "l'intégration Banier" se fait jour, elle évoque une possible relation homosexuelle entre Banier et André Bettencourt lui même en son temps. Elle expliquerait selon certaines sources les relations privilégiées actuelles entre Banier et Liliane Bettencourt qui serait dans la confidence et donc en accord depuis toujours... C'est une thèse qui ferait de Banier le compagnon un véritable gigolo à géométrie variable, personnellement, je ne cherche même pas à me poser de savoir si elle peut être la vérité, elle regarde la sphère privée et n'engage que ses principaux détracteurs. Il vaut mieux se recentrer sur les questions qui font de ce dossier un scandale d'état. Les questions privées sont les éléments déclencheurs de l'affaire, pour ma part ils doivent restés acquis à la sphère privée même s'ils peuvent contribuer à l'exercice même de la vérité. D'ailleurs ils ne peuvent en rien affecter des pratiques réprouvées par la loi, y comprises au plus haut niveau d'un état.

EDSC: Chacun sait que ce même André Bettencourt était ami de François Mitterrand, tous deux, membres de la fameuse Cagoule, groupuscule qui s'était démontré pro actif pendant la dernière guerre mondiale, on parle ouvertement de collaboration, votre avis?

DR: Je vais ressortir de ma mémoire de jeune Gaulliste une intéressante discussion avec un important résistant: "Le clan de la Cagoule sera bien le germe d'autant de pratiques obscures pour édifier en France une véritable conspiration qui de société secrète au plus haut niveau de l'état tentera de mettre en échec les forces vives de notre démocratie, son esprit". Oui André Bettencourt s'était démontré très actif, les services secrets américains utilisèrent eux-mêmes ce potentiel aux pires heures de la guerre froide et de l'anti-communisme, ce n'est un secret pour personne, en tous cas pas en Suisse... L'évolution de la structure capitalistique d'un groupe est pleine d'enseignements sur la question, André Bettencourt était un homme capable de cumuler des relations efficientes avec les américains et en parallèle d'autres  plus connues, avec les Chinois... Qualité es ministre de la république!

EDSC: Selon vous un adepte du grand écart que cet André Bettencourt?

DR: Oui, absolument, et c'est souvent récurrent, les hommes de cette trempe se distinguent par cette capacité du grand écart, aujourd'hui encore les services secrets cataloguent assez facilement ce genre de personnages par cette capacité. Dans l'Opus Dei on y trouve encore un important contingent. Je crois que la liste serait trop grande.

EDSC: Finance Offshore est donc un espace de liberté qui ne souffre pas encore de ce genre de manipulation, c'est un luxe?

DR: Je reconnais bien votre humour, cher Emmanuel ! Plus sérieusement on préfère se limiter à quelques petites salves sympathiques, mais nos meilleurs lecteurs sont armés du fameux décodeur... Notre travail est ailleurs, plus discret, dans l'ombre, ce qui pour nous sera jamais la pénombre, l'affaire Bettencourt est une véritable boîte de Pandore, nous allons soulever encore plus son couvercle... Occasion de donner rendez-vous à nos lecteurs dans les prochains jours.


EDSC: Merci et à très bientôt...


Photographie: (Madame Bettencourt)Tous droits réservés

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