Saturday, August 14, 2010

Eurogroupe: "Slovaquie: Petit joueur... grande claque?"

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La Slovaquie fait ses comptes...


Quelle piteuse image pour la Commission européenne qui déplorait jeudi le "manque de solidarité" de Bratislava après le vote du Parlement slovaque qui a définitivement refusé de contribuer au plan d'aide financière de l'UE et du FMI en faveur de la Grèce. Les responsables de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, bille en tête, ne pouvait que déplorer la position slovaque, le président de l'Eurogroupe aura bien tenté "tous les possibles" pour faire entendre raison à cet état de l'Union Européenne qui vient ainsi "de signer un pacte avec le diable" en se mettant dans une situation trés grave au regard des engagements pris et affirmant ainsi au plus haut niveau européen la valeur même de la parole des idylles politiques de la Slovaquie toute entière! "Je prends acte du vote du Parlement slovaque contre la participation de la Slovaquie dans l'accord de prêt conditionnel pour la Grèce. Il s'agit d'une violation de l'engagement pris par la Slovaquie auprès de l'Eurogroupe de fournir de façon temporaire et conditionnelle une aide financière à la Grèce", précisera dans un communiqué le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Olli Rehn. "Je ne peux que regretter ce manque de solidarité au sein de la zone euro et je m'attends à ce que les ministres des Finances de la zone euro et les ministres des Finances de l'UE reviennent sur cette question lors de leur prochaine réunion" début septembre à Bruxelles, a-t-il ajouté. A Bruxelles au siège de la commission on prend la position slovaque comme une véritable déclaration de guerre, la solidarité à sens unique n'étant pas de mise... en temps de crise! Un chef d'état trés influent aurait même déjà souhaité des mesures de rétorsion en précisant: "Petit joueur: grande claque!", irrité au possible par ce qu'il faut bien considérer comme une tentative de tacler tout l'édifice européen pour sortir de la crise... Pour ce qui est du plan de sauvetage , M. Rehn a cependant estimé que la décision du Parlement slovaque ne mettait "pas en péril" le plan d'aide à la Grèce. "Le vote du Parlement slovaque n'aura aucune incidence négative sur le versement des tranches du prêt" à la Grèce, a-t-il dit. La part de la Slovaquie dans le prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans en faveur de la Grèce devait s'élever à près de 800 millions d'euros. Membre de l'UE depuis 2004, la Slovaquie a rejoint la zone euro en 2009, année où ce pays a connu sous l'effet de la crise mondiale une chute de 4,7% de son PIB, la première contraction de son activité économique. Son déficit public a augmenté l'année dernière à 7,3% du PIB. Ce qui fait dire à de nombreux observateurs que la Slovaquie fait un bien mauvais calcul en jouant solo. La Commission dispose d'un éventail trés large pour rendre "la monnaie de sa pièce" à l'état Slovaque... Un état qui parle d'une impérieuse nécessité pour ne pas oublier des réalités plus proches, et qui tente de justifier sa position en faisant remarquer que le plan d'aide serait de plus en plus largement critiqué et ce principalement dans toutes les principales capitales européennes! La prochaine réunion de l'Eurogroupe en septembre prochain sera bien l'occasion de sortir les calculatrices! Les bons comptes ne font-ils pas les meilleurs amis?



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