Tuesday, January 5, 2010

Eurogroupe: Le luxembourgeois Juncker confiant! Par Didier REMER

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"Pour J-C Juncker, défendre le secret bancaire ne doit plus être un objectif!"


L'actuel président de l'Eurogroupe, réunion des ministres des finances de la zone Euro, ne cache plus que son prochain mandat devra mettre en lumière son relatif abandon de la défense du Sacro Saint Secret Bancaire. Dans quelques jours, il devrait se voir conforter dans sa fonction de président de l'Eurogroupe. Après avoir payé le prix fort en faisant l'objet d'un cuisant Veto de la part de certains états lors de sa candidature à la présidence du Conseil de l'Europe, l'actuel premier ministre luxembourgeois annonce clairement qu'il prend toute la mesure de la nouvelle lettre de mission qui lui sera confiée le 12 janvier prochain. Conscient de devoir intégrer les objectifs de l'Union Européenne sur la réforme actuelle pour la finance et une régulation qui implémente des régles plus strictes sur l'échange d'information automatique qui sera bien l'objectif premier de la Commission Européenne. Le premier ministre s'est essayé à rassurer ceux qui doutent de sa réelle capacité d'adaptation lors de l'habituel road show des voeux médiatiques de fin d'année. Plus enclin à donner le change aux chefs d'états qui lui faisaient le procès d'une posture trop duale sur la question, il rassure et ne cache plus que la logique est autre. Fort d'une expérience intéressante comme le chef d'état qui totalise la plus longue continuité aux affaires au sein de l'Union, Jean-Claude Juncker veut donner encore le meilleur de lui même dans cette présidence de l'Eurogroupe nouvelle mouture, traité de Lisbonne oblige. Fort du soutien des principaux ministres des finances de la l'Union Européenne, comme la française Christine Lagarde et principaux chefs d'états, sa candidature se fonde sur l'avantage certain de laisser une place à la représentation de ses plus petits états. Les Italiens souhaitent toujours porter l'estocade au luxembourgeois, désireux de rejoindre les premiers cercles de la maison Europe, sans réelle chance de succès, bien que mettant en avant le besoin de changement salutaire et d'une réelle prise en considération de l'atout représenté par un chef de l'Eurogroupe vierge de toute ambiguïté sur la question du secret bancaire... Le premier ministre luxembourgeois Juncker peut se prévaloir d'un argumentaire qui tienda la route, résumé la crise financière au seul secret bancaire est une caricature bien trop simplificatrice, il n'hésite pas de faire le rappel de ses pairs sur la question des Trusts et les divergences notoires portées par le dernier G20 sur des juridictions tels que les états américains du Delaware et le Wyoming. Il précise aussi qu'à Luxembourg sont rares les banquiers qui totalisent "entre 30 et 40 millions d'Euros de revenus" comme en France ou au Royaume Uni qui pratiquent l'imposition à 50% sur les bonus de ses "derniers". Il relativise la place de Luxembourg dont il ne cache plus le besoin d'adaptation et des possibles conséquences sur l'économie du pays. Voici donc un premier ministre luxembourgeois qui part confiant vers un nouveau mandat qui lui assurera encore bien des occasions pour défendre ses points de vue qui ne manque pas d'un certain bon sens. Il se dit trés heureux de la nomination d'Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil, homme dont il partage l'essentiel sur la vision d'une Europe Unie, solidaire et capable de faire face aux enjeux actuels. Gageons que le premier ministre luxembourgeois présentera un mandat conforme à l'esprit de ses voeux les plus chers... Depuis le traité de Lisbonne, l'Eurogroupe devient une instance formelle et donc avec des attributions qui seront plus encadrées, "lettre de mission" mettant ainsi en avant les travaux de la Commission et d'une façon générale de l'Union Européenne dans une logique plus constructive et avec des objectifs plus clairs. Une volonté d'équilibre retrouvé semble s'imposer pour que les dernières passe d'armes ne soit plus la régle. Jean-Claude Juncker ne cache pas qu'il n'exclut toujours pas une possible nouvelle candidature à la future présidence du Conseil tout en mettant en avant qu'il doit s'inscrire dans une certaine continuité sur son rôle dans la politique intérieure de son Etat dont il est un leader qui devra composer avec des tensions sociales amplifiées par les conséquences de la crise financière. Il observe avec la plus grande attention les partenaires sociaux de son pays qui selon lui "se regardent toujours plus en chiens de faïence" bien qu'instigateur de la triepartite, modèle de négociation unique en Europe, véritable tour de table des négociations entre Etats, entreprises, partenaires sociaux qui se doivent de trouver des solutions, et ce dans un cadre constructif intéressant jugé trés participatif par de nombreux observateurs. De quoi donner une idée de la future gestion de l' Eurogroupe qui devra faire force aux thèses programmatiques des décisions de la Commission de Bruxelles et des différents états qui s'inscrivent vers un objectif rendu plus cohérent.
CV de Jean-Claude JUNCKER, source Gouvernement luxembourgeois, tous droits réservés:
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