Thursday, April 30, 2009

Luxembourg: Jean-Claude Juncker en pleine crise! Par Didier REMER

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"Rares sont les ministres européens qui disent que nous sommes un paradis fiscal, car nombreux sont ceux qui savent que ce n'est pas vrai. On ne peut pas réduire un pays à sa place financière: je ne dirais jamais que la France cesserait d'exister si son industrie d'armement s'écroulait. Ce serait également injurieux. On ne m'a jamais accusé publiquement d'être le chef d'une place qui appliquerait des règles nuisibles aux intérêts des autres.
C'est sous mon impulsion - on l'oublie trop souvent en France - que nous avons amorcé, en novembre 1997, la lutte contre la concurrence fiscale déloyale et avancé sur l'harmonisation de la fiscalité de l'épargne. Je siège à l'Ecofin depuis 1989: pensez-vous vraiment que, si le gouvernement britannique avait été animé par une volonté de réglementation financière, le petit Luxembourg aurait pu s'y opposer? Le centre financier du Luxembourg, un des plus importants du monde, ne peut pas vivre en dehors de la réglementation internationale. S'il y a des failles, il faut les éliminer. La crise prouve à l'évidence que la régulation financière est trop faible et que nous avons besoin de bien plus d'Europe en la matière."


Jean-Claude Juncker




C'est ainsi que répondait en janvier 2008, Jean-Claude Juncker au journaliste français de l'Express. Depuis, le premier ministre du Luxembourg sait que sa citadelle est "assiégée". Un état jugé paradis fiscal depuis le G20 et qui tente d'affronter les critiques de ses voisins en recherche perpétuel d'un Luxembourg toujours plus exemplaire en matière de moralisation financière. "Il y a actuellement à Luxembourg une grave crise de confiance entre le citoyen et le politique, il faut dire que la caricature faite de ce pays prend une tournure désastreuse! Réduire tout un état à sa place financière dans une image d'Epinal qui ne tient pas compte de ses autres réalités est une erreur. Le pays dispose d'un nombre considérable d'atouts autres que sa place financière et d'une diversité dont un bon nombre pourrait s'inspirer..." Précise un observateur du monde économique local. Jean-Claude Juncker qui dirige l'Eurogroupe ne sait pas s'il pourra se maintenir dans cette fonction après les élections de son pays au mois de Juin. En effet en plus d'être logique, l'annonce d'un possible retrait interviendrait qu'en fonction des résultats des échéances électorales. En fait il faut trouver la vrai raison dans une certaine lassitude du premier ministre luxembourgeois qui durant une vingtaine d'années n'a jamais ménagé ses efforts pour que le couple franco-allemand conserve ce précieux lien d'amitié, d'échanges. Aujourd'hui, une crise financière plus tard, il semble que le premier ministre luxembourgeois soit laché par certains chefs d'états européens, plus enclins à se consacrer au sort qui prédomine l'actualité... Comme bien trop souvent évoqué à Luxembourg, ce n'est pas la France qui souhaite cette "mise à l'écart", car à Paris "On sait que -Jean-Claude- est un allié, une source d'inspiration qui repose sur l'expérience! Un homme d'une très grande modestie, et plus fort, capable de faire bouger des montagnes... de diplomatie!(...) Il est vrai que pour le dossier des paradis fiscaux, il y a eu certaines passes d'armes pas toujours faciles, mais il ne faut pas s'y tromper, le contentieux entre la France et le Luxembourg n'est qu'un phantasme de journalistes avides de sensations!" Souffle un conseiller qui tempère son propos: "Nous avons avec ce pays un lien si fort que les envieux profitent de la moindre occasion pour mettre l'huile sur le feu!". Car depuis la crise ouverte avec l'OCDE, et son secrétaire général Angel Gurrià, Jean-Claude Juncker s'est retrouvé un temps "isolé" avec les Suisses et tous les autres états listés. Si on prend le temps d'analyser objectivement les déclarations du chef de l'Eurogroupe, il fait force de dire tout haut ce que finalement tout le monde pense tout bas: "La liste de l'OCDE est incomplète et il faudra bien que ceux qui veulent faire dans l'exemple s'appliquent à eux-mêmes des règles équivalentes!". Le Luxembourg vient d'ailleurs de signer des nouveaux accords avec les Etats-Unis dans le cadre des accords de coopération relatifs aux critères de l'OCDE. Comme l'a martelé Jean-Claude Juncker depuis des semaines, il serait injuste que les Anglos-Saxons soient exempts d'exemplarité dans ce dossier. La prochaine réunion de l'OCDE à Berlin sera l'occasion pour les luxembourgeois de faire valoir leurs arguments. Ce qui est reproché au premier ministre luxembourgeois est finalement une législation permissive dans ses applications concrètes (par exemple sur la garantie des OPCVM) et plus largement pour les hedge funds, le dossier UBS étant passé aussi par là, avec l'affaire Luxalpha... Mais l'extinction du secret bancaire en 2014 pour l'ensemble des états membres de l'Union Européenne devrait dans le contexte général qui prévaut assurer la mise à plat des principaux griefs actuels pour le Luxembourg. La crise qui touche la planète ne s'est pas arrêtée aux frontières du Luxembourg, le pays compte des licenciements et mêmes des faillites, dans l'ensemble il résiste plutôt mieux que ses voisins. Pourtant le débat politique intérieur est très tendu, il est clairement reproché à l'actuel gouvernement de Jean-Claude Juncker de s'occuper plus des dossiers extérieurs que de l'intérieur. Sur la place financière, il y a des inquiétudes qui se font sentir, la donne ayant changée au niveau réglementaire et international, nombreux sont ceux qui considèrent que la situation Suisse préfigure celle de la place luxembourgeoise... "Notre premier ministre pouvait prendre acte des vérités qui caractérisent aussi notre place financière, certaines de ses pratiques douteuses. Car ici, on sait que cette richesse repose aussi sur ces niches spécifiques. Il a été léger par son implication personnelle dans l'affaire en niant un peu trop vite cette réalité. C'est bien cet aspect qui aura braqué le plus nos partenaires européens au G20..." Souffle un banquier. Il est vrai que le président de l'Eurogroupe avait organisé le mini sommet de Luxembourg en conviant la Suisse et l'Autriche pour fédérer une certaine rébellion à l'encontre des modalités d'établissement de la liste grise et faisant force d'intimer à la Suisse une résistance toujours plus marquée à l'encontre de l'OCDE. Jean-Claude Juncker serait particulièrement remonté contre le couple franco-allemand qui selon lui, n'aurait pas vraiment milité pour lui éviter l'affront de la présence du Luxembourg sur une telle liste. Laissant ainsi au "bon passé" la solidarité européenne...

Wednesday, April 29, 2009

Madoff:Jean-Claude Juncker ou comment défendre sa place!

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                                        Jean-Claude Juncker, défendre sa place...


Comme évoqué ici depuis plusieurs mois, il semble que nos amis belges se tournent à présent vers le grand-duché pour obtenir toujours plus d'explications sur certaines pratiques de Fortis et donc certains liens avec la place de Luxembourg... Piste intéressante pour démontrer la possible et potentielle responsabilité de l'état luxembourgeois dans certains mécanismes qui portèrent "un certain laxisme" comme le pense des actionnaires floués par la cession de la banque belgo-néerlandaise aux français BNP Paribas. Intérêt relatif, certes, mais la démonstration des pratiques de la place doit pouvoir contribuer à éclairer les actionnaires qui se seraient constitués en justice pour utiliser toutes les voies de recours possibles...

Les excellents journalistes de "La Libre Belgique" s'en sont ouvert auprès du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker qui leur a répondu avec une argumentation qui devra aussi éclairer ceux qui doutent encore des bonn;es intentions du premier ministre. D'abord un constat, c' est bien celui qui doit toujours jongler avec sa double casquette de chef de l'état du Luxembourg, visé par la liste de l'OCDE et de celle de président de l'Eurogroupe, qui selon des observateurs est devenu toujours plus informel depuis le g20 de Londres, (réunion des ministres des finances de la zone euro). Jean-Claude Juncker relativise le dossier Madoff et Luxalpha en refusant les raccourcis et la caricature pour sa place, ses intérêts. Il minimise l'affaire de la banque Kaupthing et sa célèbre faillite. On remarquera le manque d'honnêteté intellectuelle qui caractérise encore certains politiques luxembourgeois quand il s'agit de reconnaître "la légèreté organisée" en matière de législation sur les fonds d'investissements. Refusant ce "dure" constat que les ministres français et allemands soulignaient dèjà à la réunion de l'OCDE de Paris en octobre dernier, réunion à laquelle le même Jean-Claude Juncker avait considéré ne pas devoir faire acte de présence! Occasion manquée pour faire valoir ses "bons" arguments comme ceux évoqués aux deux journalistes belges... On connaît la suite, il a été plus enclin pour organiser le mini sommet de Luxembourg contre "l'injuste liste" du G20 et surtout de l'OCDE. Le premier ministre ne manque pas de continuer son oeuvre depuis les salons feutrés de son ministere d'état. Cependant, pour Luxalpha, les autorités de contrôle (CSSF) et régulations se sont vite conformées aux attentes de la justice, en tous cas pas moins que dans les autres états. Ce qui permet de conserver un optimisme de rigueur sur les qualités des professionnels de la place... En 2014, le secret bancaire n'éxistera plus au sein de l'Union Européenne nous promet le Parlement Européen. Le G20 de New-York quand à lui, assure la fin des paradis fiscaux, et plus particulièrement un volet sanction renforcé pour les irréductibles dont Luxembourg ne fait plus partie. Les américains vont à ce sujet proposer des résolutions sur les hedge funds et certains parlent de conséquences graves pour les pays qui se sont lancés dans cette spécificité de la finance...
 
Jean-Claude Juncker souhaite réorienter la place vers des produits et pratiques éthiques, ce qui semble devenir la règle commune de tous les chefs d'états empreints de réalisme économique. Il sait que tous les autres états doivent se montrer exemplaire, sans aucune exception...



Voici l'article de "La Libre Belgique":



Quand le scandale Madoff embarrasse le Luxembourg


Par ARIANE van CALOEN et MARC VANDERMEIR au Luxembourg
Mis en ligne le 27/04/2009


Plusieurs affaires, dont la déroute du fonds Luxalpha investi dans des produits Madoff et la faillite de la banque Kaupthing, ont-elles écorné la réputation de la place financière du Luxembourg ? La question est posée. Jean-Claude Juncker se défend.


Jeudi onze décembre 2008. La planète finance, qui n’en finit pas de chanceler, subit un nouveau coup dur. Le scandale Madoff, du nom du gestionnaire américain, vient d’éclater. La fraude s’élève à 50 milliards de dollars. C’est énorme.

Les banques du monde entier scrutent une fois encore leurs bilans infectés de papiers toxiques. Sont-elles, d’une façon ou d’une autre, touchées ? On apprend qu’un fonds luxembourgeois, Luxalpha, essentiellement distribué en France, était bourré de produits Madoff. Très vite, les épargnants comprennent qu’ils auront du mal à récupérer leur argent (lire ci-dessous). La gestion du fonds, derrière laquelle on trouve le géant suisse UBS, a montré des défaillances. La ministre française Christine Lagarde fustige le Luxembourg pour son laxisme en matière de législation sur les fonds d’investissement. L’attaque fait mal. Car l’Union européenne en général et le Luxembourg en particulier ont attiré les capitaux internationaux dans leurs fonds en faisant miroiter une meilleure garantie de l’argent ainsi placé que dans les fonds américains.

La place financière grand-ducale en prend pour son grade. Sa réputation avait déjà été entamée au moment de la cessation de paiement de la banque Kaupthing début octobre. Surtout en Belgique, où de nombreux épargnants avaient placé leurs économies dans la succursale belge de la filiale luxembourgeoise. Ils s’étonnent qu’on ne les ait pas prévenus du risque. A cela, l’autorité de contrôle luxembourgeoise - la CSSF (Commission de surveillance du secteur financier) - répond qu’elle ne peut "jamais émettre des avertissements publics concernant des entités autorisées qui travaillent en toute légalité". D’ailleurs, dans les autres pays où la banque islandaise était établie, "aucune des autorités concernées n’a lancé un avertissement public".


Alors, y a-t-il un problème avec le Grand-Duché ?

 "Je ne vois pas dans quelle mesure la crédibilité de la place serait atteinte par les scandales Madoff et autres, car la place luxembourgeoise n’est pas la seule à souffrir de ces méfaits. Ne créons pas un phénomène luxembourgeois. Ce qui vaut d’ailleurs aussi pour Kaupthing. Sur cette affaire, je ne vois pas en quoi le Luxembourg n’aurait pas fait ce qu’il aurait dû faire. Nous sommes en contact permanent avec le gouvernement belge pour trouver une solution pour les clients belges de cette banque. Pour le reste, notre place financière souffre comme toutes les autres quant aux résultats et produits fiscaux que ces places sont susceptibles de générer. La place luxembourgeoise n’est pas atteinte dans une mesure exorbitante par rapport aux autres. Je crois qu’en Belgique, on n’est pas très surpris de voir le Luxembourg apparaître sur une liste grise, mais on est très surpris de voir la Belgique s’y trouver. La Belgique a coulé de doux rêves. Il y a un secret bancaire en Belgique, où l’on disait toujours qu’il n’y en avait un qu’au Luxembourg. C’est curieux, non ? On simplifie à outrance la réalité des autres, et on perd de vue sa propre réalité", nous a expliqué Jean-Claude Juncker.


Après les attaques françaises, Luc Frieden, le ministre luxembourgeois du Trésor, a fait une sortie qui visait à redorer l’image de la place de Luxembourg. La garantie pour les épargnants est la même au Luxembourg qu’en France, elle est issue de la même directive européenne, a expliqué le ministre. Il a aussi rappelé que les banques dépositaires d’OPCVM (Organismes de placements collectifs de valeurs mobilières) à Luxembourg "avaient une grande responsabilité", et notamment "une obligation de conservation, de restitution, de surveillance et de contrôle" des actifs des fonds.

Si cette affaire a pris une telle ampleur médiatique, c’est aussi, comme l’explique Erik Bomans, associé chez Deminor (qui a aussi été sollicité par des clients de Luxalpha), parce qu’elle met sous pression le Luxembourg au niveau de son "core business, à savoir le custody" (gestion matérielle des placements). Toutefois, il ne partage pas les critiques de Christine Lagarde. "Le droit luxembourgeois a tout l’arsenal nécessaire pour protéger le droit des investisseurs", estime-t-il. De plus, poursuit-il, "la CSSF, l’autorité de contrôle luxembourgeoise, a commencé l’investigation et mis la pression sur UBS. L’autorité de contrôle irlandaise, qui, elle aussi, a été confrontée avec des fonds Madoff, est restée plus passive".
Attaques pernicieuses ?


Certains se demandent donc si les attaques n’étaient pas infondées et même pernicieuses dans la mesure où elles viseraient à défendre les fonds français.

Même si elles sont injustifiées ou excessives, ces attaques ont quand même semé le doute et délient les langues. C’est ainsi qu’on apprend que, le 17 septembre, Fortis Banque a émis, via le Luxembourg (et avec, donc, l’approbation de la CSSF), des obligations subordonnées.

Le prospectus d’émission contient des informations arrêtées à fin juillet. Or, c’était moins de dix jours avant le sauvetage en catastrophe du groupe belgo-néerlandais. Regrettable ? A cela, la CSSF répond qu’un prospectus, établi à la mi-septembre 2008, devrait reprendre au minimum les informations financières historiques se rapportant à l’exercice dont la clôture a été faite au 31 décembre 2007. Formellement, elle n’est donc pas en tort. Faut-il en déduire que Fortis Banque a estimé plus facile de faire une émission au Grand-Duché qu’en Belgique ? Certains se posent la question.

En cette période de crise, les autorités de contrôle sont mises à rude épreuve. Y compris au Luxembourg.




Source: "La Libre Belgique" Tous droits réservés

BNP Paribas toujours plus haut avec Fortis! Par Didier REMER

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C'est à Utrecht, aux Pays-Bas, que s'est joué la fin de la reprise mouvementée de Fortis par BNP Paribas. Commencée hier à Gand en Belgique, siège historique de Fortis Holding, l'ambiance de la première assemblée générale, était très tendue. La sécurité était même intervenue sur le podium pour maintenir les nombreux actionnaires qui s'étaient avancés jusqu'à la tribune du président du conseil d'administration De Mey, encore choqué. Dans un premier temps, l' avocat Mischael Modrikamen venait d'appeler au micro les actionnaires à se déplacer en masse. Dépassé par son propre appel, il fera vite marche arrière pour demander le calme et "la dignité qui doit prévaloir" à l'assemblée générale. Il faut dire qu'avec Deminor, la lutte des "petits actionnaires" ne pouvaient donner que trop peu d'échos à une issue autre que la cession "toute tracée" de Fortis Banque à BNP Paribas. C'est donc le vote d'Utrecht qui aujourd'hui valide la patience du groupe français qui devient du coup première banque de la zone euro. Les votes massifs depuis des sociétés domiciliées à Caïman Islands venaient compléter "le tour de table" favorable à la cession... De quoi irriter le camps de ceux qui refusent cette cession. La Belgique perd donc sa principale banque et fleuron de la finance belgo-néerlandaise. "Il faut rester réaliste, l'avocat Modrikamen est dans une logique bien délicate, ceux qu'ils représentent, et ce plutôt courageusement avec de grandes qualités, ne sont en rien capables de faire obstacle à la puissance de BNP Parisbas. Mais la prudence est de rigueur!" Souffle un conseiller du groupe.Le groupe français peut donc enfin "respirer", la deuxième assemblée générale a bien confirmé son nouvel accord sur la cession de la Fortis Banque à BNP Paribas. Décision qui avait été approuvé mardi lors de l'assemblée générale à Gand (Belgique) de l'ancienne maison mère Fortis Holding. L'ambiance était tendue et houleuse: "Oui mais la Belgique perd sa principale banque! C'est pour certain le démantèlement de toute la Belgique qui se profile avec ce triste exemple!" Précise un économiste présent... Hier, après le départ de l'avocat Mischaël Modrikamen, jugé comme la dernière cartouche des "petits" actionnaires et minoritaires, près de 73% des votants ont approuvé la dernière mouture de l'accord prévoyant que BNP rachète 75% de Fortis Banque.BNP Paribas qui va reprendre 25% des activités d'assurance en Belgique de Fortis Holding, ancien fleuron de la finance belgo-néerlandaise. Mais Me Modrikamen ne cache pas qu'il entend formuler de nombreux recours plus particulièrement avec la contestation "de la régularité des droits de vote accordés à des fonds spéculatifs entrés récemment au capital de Fortis Holding" quand "le cours de Bourse était au plus bas, et donc plus susceptibles de voter en faveur de BNP que les petits actionnaires historiques qui ont déjà beaucoup perdu." Les recours d'actionnaires qui s'estiment floués empêchaient depuis sept mois à la BNP de prendre le contrôle de Fortis Banque. Fortis Banque et Fortis Holding sont en effet issues du démantèlement en octobre du bancassureur belgo-néerlandais Fortis, un des premiers groupes européen frappé par la crise financière. Appelés à son secours, les Etats belge et néerlandais, avaient orchestré son démantèlement en octobre. Le premier avait alors nationalisé provisoirement Fortis Banque, en attendant d'en revendre 75% à BNP. Les actionnaires de Fortis Holding, qui ont vu la valeur de leurs titres s'effondrer en Bourse, avaient déjà voté une première fois contre le démantèlement de leur groupe lors d'une assemblée générale le 11 février à Bruxelles, obligeant l'Etat belge à renégocier son accord avec BNP. C'est la dernière mouture de cet accord qui vient d'être actée par l'assemblée générale d'Utrecht et dans une ambiance plus "posée" précisent de nombreux observateurs encore sur le coup "de la fronde de Gand". En Belgique certains font grise mine et parlent d'une "braderie" au profit de la banque française. "Il est clair que nos politiques se sont limités à un plan qui manque cruellement d'audace, tout juste une solution qui fait la part belle à nos cousins français! Didier Reynders (ministre) est à la merci de personnes qui portent des intérêts éloignés du coeur de chaque belge!" (...) "Le plus grave, c'est le plan social que va donner la synergie des compétences des deux groupes, on sait que le pire est à venir, les syndicats seront vigilants!". Un autre actionnaire: " Il fallait le faire, c'est fait! Que des cabinets d'avocats soient intéressés à la pêche habituelle aux honoraires m'importe peu. Le plus important, c'est que dans la crise actuelle, l'essentiel soit sauvé, toujours plus intelligent que la faillite évitée et dont certains belges ne semblent pas vouloir intégrer à quel point le risque était bien réel! Le reste viendra avec les compétences des personnels, du conseil d'administration et le retour à la confiance des clients." BNP Paribas va donc devoir rassurer la clientèle du réseau belge tout en fêtant cette victoire qui lui ouvre de nouvelles perspectives toujours plus fructueuses.

Christine Lagarde, nouvelle "task force" médiatique aux Etats-Unis! Par Didier REMER

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La nouvelle "task force" des médias du président français Sarkozy, madame Christine Lagarde vient de faire sensation à New-York. En marge de la réunion de Washington pour le F.M.I, la ministre des finances vient de marquer des points pour la "maison France". Invité de la célèbre émission de Stewart, "The Daily show", institution sur Comedy Central, la ministre vient de définir avec humour mais sérieux les objectifs de la France et son sentiment sur la crise actuelle. L'émission est un talk qui confronte l'invité avec les sujets de l'actualité face à un journal à la "Karl Zéro", le Zéro en moins bien sûr! La ministre s'est bien défendue "on pensait pas obtenir une telle prestation spontanée, "cash" bien à l'américaine et surtout sans concessions." Souffle un conseiller en com. qui parle même "d'opération qui donne l'occasion de montrer que les relations franco-américaines sont au beau fixe! C'est la ministre du gouvernement qui doit abattre le plus de travail, loin des polémiques, madame Lagarde conserve le bénéfice d'une carrière éxemplaire d'avocat aux Etats-Unis, et d'un professionnalisme qui ne fait pas doute." Déjà à Washington, Christine Lagarde s'est largement démarquée de ses homologues, plus réactive, plus impliquée dans ses dossiers et de trés bon conseil dirons les nombreux intervenants... Nombreux sont les experts qui pensent que madame Lagarde pourrait devenir le futur premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Voici l'article du magazine "Gala"(France) qui retrace l'intervention de la ministre, il est intéressant de voir que la ligne politique de la France depuis le G20 est bien restée inchangée:

Article de "Gala"

Peu d’hommes politiques français s’imposent sur les plateaux de télévision américains. Christine Lagarde a fait merveille dans le show humoristique le plus risqué et difficile, celui de Jon Stewar, donnant une image nouvelle, plaisante, efficace et… inattendue de la France.
Elle est entrée sur le plateau en trombe sous les applaudissements, portant, curieusement, un gros sac à main rouge, cachant sa nervosité derrière un sourire un peu crispé. Mais quel succès! Christine Lagarde, après les rencontres du FMI à Washington, avait pris le risque, lors de son escale à New York le 28 avril, de passer dans le fameux « Daily Show » de l’animateur Jon Stewart.
Cette émission, diffusée à 23 heures, est un «vrai-faux journal» légendaire de la chaîne Comedy Channel, qui fait ses choux gras de l’actualité et surtout des tics et du sensationnalisme des news américains.
Jon Stewart, un animateur caustique et tordant doublé d’une idole des jeunes, y interviewe tous les soirs une personnalité différente à un rythme d’enfer: il n’est pas connu pour sa complaisance envers les puissants et les donneurs de leçon. Le danger était d’apparaître hautain et compassé, comme beaucoup d’hommes politiques français lors de leurs passages à la télévision américaine. De même, la désinvolture condescendante et les traits d’humour ratés pouvaient tout gâcher.Christine Lagarde a réussi un sans-faute.
La surprise de Stewart était d’abord visible à l’écoute de l’Anglais parfait de
notre ministre des financess. La Française, ancienne patronne à Chicago, jusqu’en 2004, de l’énorme cabinet d’avocat international Baker and McKenzie, est une fine connaisseuse des Etats-Unis, de ses médias et de sa vie politique, et a su parfaitement trouver le ton juste, tempérant poliment l’animateur qui s’empressait de l’interroger sur la crise en France par un «Bonjour» souriant en français avant d’expliquer simplement et brillamment sa vision du système économique français et la nécessité d’une coopération internationale pour résoudre la récession en cours.
A la question, «avez-vous viré des banquiers», la ministre a répondu par l’affirmative, présentant en quelques phrases simples le rôle de l’Etat en France et le but de ses prises de participation, avant de déjouer finement les gentils pièges tendu par Jon Stewart: "vous ne voulez pas virer quelques-uns des nôtres?" a t-il demandé avant un amusant «De la France ou des Etats-Unis, qui est le plus socialiste des deux?». La question était une référence ironique aux critiques de la politique de Barack Obama les plus courantes sur les chaînes de News.
Christine Lagarde, tout en défendant notre système social, a su répondre que les deux pays se rapprochaient, la France en favorisant plus l’initiative économique, les Etats-Unis en renforçant sa protection des moins favorisés. Sommée de traduire «Catastrophique economic downturn» en français (récession économique catastrophique) elle a entendu Stewart assurer que cela sonnait si bien dans notre langue que le terme semblait moins inquiétant. Et certes, Christine Lagarde a assuré que des signes multiples prouvaient que
le pire était passé. Sur ces mots, alors que s’achevait leur conversation, elle a sorti de son sac deux bérets basques, dont l’un était destiné à Stewart.
"J’étais persuadée que vous me serviriez tous les clichés sur la France" a t-elle dit en se coiffant d’un béret tout en lui tendant l’autre superbe et typique couvre-chef. Dans l’assistance, les applaudissements nourris ont salué l’évènement. 30% des téléspectateurs de moins de 25 ans tirent leurs principales informations du show de Jon Stewart. La ministre a donné une nouvelle image de la France et su distiller avec humour assez de substance sur un show de grande écoute. Jon Stewart a gardé son béret jusqu’à la fin de l’émission.




Source: Magazine "Gala" France Tous droits réservés

Tuesday, April 28, 2009

Révision générale: Le lexique indispensable! Par Didier REMER

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Bien comprendre... Bien agir!
Ainsi peut se résumer l'exercice que je vous propose... La finance, la bourse, utilisent beaucoup de termes et expressions qui peuvent laisser le lecteur dans le brouillard. Voici un lexique complet qui me paraît le plus adapté. Alors copiez et gardez-le sous le coude! Par exemple dans votre disque dur (celui de votre tête...). Ce n'est pas toujours facile pour celui qui découvre le monde de la finance de trouver une explication succinte et relativement complète. Pour les autres c'est l'occasion d'une petite révision...

A


- Abattement : pourcentage de déduction applicable à un revenu catégoriel, en matière de succession, sur les dividendes d'actions (8 KF).


- ABSA (Actions à Bons de Souscription d'Actions) : actions qui se voient attachées des bons de souscription d'action.


- Actif net réévalué : valeur des actifs d'une société vendus à un instant T = actifs en valeur de marché moins l'endettement.


- Action reflet (action O) : action qui vise à reflèter l'activité et la performance d'une activité (ou d'une division) au périmètre prédéterminé dans une entreprise. C'est un nouveau type d'investissement hybride utilisé par les entreprises exerçant plusieurs activités (ZdNet, Alcatel Optronics, DLJ Direct). Avantages/inconvénients : meilleure valorisation de l'activité, ne sont pas des actions de la filiale mais sont des actions de la société mère dont la rémunération est fonction du résultat du secteur d'activité, possibilité de forte dilution en cas d'acquisition avec échange d'action de la filiale.


- Action traçante : voir action reflet.


- Allocation d'actifs : répartition des avoirs financiers en différentes catégories de risques (support, géographique, sectoriel...).


- Amortissement : constation comptable de la dépréciation subie au cours du temps pas les actifs d'une entreprise. Pour le particulier seule la loi Besson sur l'immobilier permet l'amortissement.


- Autofinancement : capacité d'investissement dégagée en un exercice par une entreprise. Cumul du résultat net et des sommes dotées aux amortissements passés.


- Analyse chartiste : voir analyse technique.


- Analyse fondamentale : on regarde les perpectives de l'entreprise, il faut anticiper les résultats d'une société et pour cela il faut la connaître (ses activités et son actualité).


- Analyse graphique : voir analyse technique.


- Analyse technique : analyse des marchés par les cours et les volumes. On regarde les courbes, c'est la technique des graphes. On trace des droites pour faire des pronostics de cours, on détecte des figures haussières ou baissière.


- Autofinancement net : autofinancement diminué des investissements, des dividendes et de la variation du BFR de l'exercice


- Avoir fiscal : crédit d'impôt accompagnant les dividendes pour éviter la double imposition des bénéfices (à la CSG-CRDS-RDS près). En général de 50 % (brut 60 euros, net 40 euros).


B


- Badwill (sous valeur) : écart négatif entre la valeur d'acquisition d'un actif (ex : entreprise) et sa valeur comptable.


- BCVG : bon de certificat de valeur garantie. Utilisé lors d'OPE pour garantir une valorisation minimum de l'action reçue en échange (ex. AXA pour UAP). Marche comme une option pour simplifier.


- Bear : vient de l'anglais = our. Etre bear = penser que le marché va baisser. Un marché bearish est un marché à tendance baissière (enfin dans l'esprit des opérateurs). L'inverse = bullish.


- Bearish : voir Bear.


- Benchmark : base homogène de comparaison (une sorte d'étalon). Exemple : l'indice CAC40 pour les OPCVM indicées sur le CAC, on compare leur performance à celle du CAC40.


- BFR (Besoin en Fonds de Roulement) : besoin d'argent pour le fonctionnement du cycle d'exploitation.


- Blue Chip : ce sont les plus grosses capitalisations qui sont dénomméés ainsi.


- BMTN (Bon à Moyen Terme Négociable) : titre du marché monétaire.


- BNPA (Bénéfice Net Par Action) : bénéfice net / nombre d'actions composant le capital.


- Bon de souscription : titre qui donne à son détenteur le droit mais non l'obligation d'acheter (option call) une action à un prix et jusqu'à un date données. 3 éléments constitutifs : prix d'exercice, durée restant à vivre et parité d'échange. Le prix du bon varie principalement en fonction du prix de l'action sous-jacente (valeur intrinsèque) et de l'échéance du bon (valeur temps).


- Broker : c'est un intermédiaire financier, un partenaire neutre par rapport aux intervenants. Son rôle est de mettre en relation une offre et une demande. Le broker est le pivot entre l'acheteur et le vendeur.


- BS : bon de souscription


- Bull (ne pas confondre avec la société d'informatique) : vient de l'anglais = taureau (la statut devant Wall Street = toute une symbolique). Etre bull = penser que le marché va monter. Un marché bullish est un marché à tendance haussière (enfin dans l'esprit des opérateurs). L'inverse = bearish.


- Bullish : voir Bull.


- BTAN (Bon à Taux Annuel Normalisé)


- BTN (Bon du Trésor Négociable)


- BTF (Bon du trésor à Taux Fixe)


C


- CA (Chiffre d'Affaire) : somme des ventes réalisées au cours de l'exercice


- CAC (Cotation Assistée en Continu)


- CAC 40 : indice comportant 40 valeurs françaises ou étrangères du RM faisant partie des 100 plus grosses capitalisations avec une forte liquidité journalière, puis ensuite le sevteur d'activité. Le tout devant être représentatif de l'économie française et de sa santé.


- Capitalisation boursière : valeur donnée à une société cotée = nombre d'actions composant le capital x cours de bourse.


- Cash flow : voir autofinancement


- COB : Comité des Opérations de Bourse. Le gendarme de la bourse = celui qui s'assure de la régularité des opérations et de la bonne circulation de l'information (ex : délis d'initié).


- Comptes consolidés : comptes du groupe formé par la société mère et ses filiales (intégration globale ou mise en équivalence)


- Comptes sociaux : comptes de la société seule en tenant compte de ses filiales uniquement à travers leurs dividendes et leur valeur au bilan


- Consolidation : se dit d'une phase pendant laquelle les cours ont une tendance à la stagnation voir un petit peu à la baisse. Diminution de la croissance des cours et de la volatilité.


- Coupon : c'est la rémunération (intérêts) versés par les obligations dépendant du taux facial.


- Courbe des taux : un créancier éxigera que la rémunération de son investissement soit fonction de la durée de son engagement. Il se crée ainsi naturellement une hiérarchie des taux de rendement des obligations en fonction de leur maturité. La représentation graphique de cette hiérarchie est appellée courbe des taux. La courbe de référence française est ainsi formée avec les taux des OAT classées par ordre de maturité.


- Court terme : inférieur à 12 mois. Ce dit d'un objectif de cours ou d'une durée de placement actions.


- Croissance organique : C'est de la croissance interne, cad de la croissance par ses propres moyens = acquisition de compétences et de chiffre d'affaire par l'interne. S'oppose à une croissance par acquisition.


D


- DAX : indice de référence allemand, un genre de CAC40


- Day Trader : se dit d'un opérateur ouvrant et fermant des positions dans la même journée. Le but est de gagner sur l'évolution des cours au sein d'une même journée = aucune position n'est conservée à la fermeture du marché. Le jeu se fait à plein sur des effets de levier (type RM, possibilité de prendre une position 4 à 5 fois supérieure à ses liquidités qui servent de dépôt de garantie).


- Décote : différence négative entre le cours de Bourse d'une société et la valeur de ses actifs (importante sur les holdings).


- Délai de recouvrement : nombre d'années nécessaires pour que la somme des bénéfices futurs corresponde au cours de bourse.


- Dividende : part du bénéfice distribuée = revenu des actions. Net (hors avoir fiscal) ou brut (y compris avoir fiscal).


- Dividende brut : dividende net + avoir fiscal (= impôt déjà payé sur les bénéfices de la société.


- Dividende net : part des bénéfices (sans l'avoir fiscal) qu'une société reverse à ses actionnaires.


- Dow Jones : indice de référence américain, un genre de CAC40 non pondéré


- Dow Jones Stoxx 50 : indice rassemblant les 50 plus grosses capitalisations européennes


- Droit de vote : c'est le droit attaché aux actions (hors TP) qui sert à l'approbation de la gestion de la société et de certaines résolutions lors des assemblées (la réunion avec les petits fours !!!). Ces droits peuvent être double dans certains cas, une action = 2 voix.


E


- Ebit (Earning Before Interests and taxes) : résultat d'exploitation


- Ebitda : résultat d'exploitation avant amortissements


- Effet dilutif : effet qui diminue le bénéfice net par action (ex : augmentation du nombre d'actions)


- Effet relutif : effet qui augmente le bénéfice net par action (ex : rachat d'actions par la société cotée puis annulation)


- Endettement financier : dettes à moyen et long terme (différent du BFR)


- EONIA (European Over Night Interest Average) : taux au jour le jour du marché interbancaire européen


- ETF : voir Tracker - Etre long : "être long de titres" = avoir une position créditrice. Se dit aussi quand l'opérateur est acheteur ou lors d'un achat de call (option). L'inverse = short (ou court). - Etre short : "être short de titres" = avoir une position débitrice. Se dit aussi quand l'opérateur est vendeur ou lors d'un achat de put (option). L'inverse = long.


- EURIBOR (EUropean InterBank Offered Rate) : taux interbancaire offert en euro pour des durées de 1 à 12 mois


- Euronext : union de plusieurs bourses européenne pour faire une plateforme commune. Les premières sont : Paris, Amsterdam, Bruxelles. L'opposition vient du lien Francfort / Londres.


- Euronext 100 : indice des 100 valeurs les plus grosses et les plus liquides de l'Euronext


- Eurostoxx 50 : indice rassemblant les 50 plus grosses capitalisations de la zone euro


- EVA (Economic Value Added) : profit économique = RNE après impôts - coût du capital employé. Si EVA > 0, création de valeur. Si EVA <>


F


- FCP (Fonds Commun de Placement)


- FCPI : Fonds Commun de Placement Innovation. FCP soumis à des règles d'investissement minimum du capital dans des sociétés innovantes (composé à 60 % de valeurs mobilières émises par des sociétés non cotées de moins de 500 salariés dites innovantes (reconnues comme telles par l'ANVAR). Permet d'obtenir une défiscalisation sur l'IRPP de 25 % du montant de l'investissement limité à 18 750 francs (37 500 pour un couple marié).


- FCPR : Fonds Commun de Placement à Risque.


- Flight to quality : les investisseurs fuient les marchés actions pour se réfugier sur les marchés obligataires induisant une baisse des premiers et une hausse des seconds. Peut se dire également lorsque les investisseurs se réfugies sur les emprunts d'Etats au dépend des emissions privées.


- Flottant : pourcentage de capital restant disponible sur le marché (capital circulant) = part du capital aux mains d'actionnaires minoritaires.


- Footsie : indice de référence anglais, un genre de CAC40


- Free cash flow : voir autofinancement net


G


- Gearing : rapport dettes/fonds propres


- Gestion indicielle : type de gestion dont l'objectif est de réaliser une performance proche de l'évolution d'un indice (réplication, synthétique, tiltée)


- Gestion indicielle tiltée : l'objectif est de réaliser une performance supérieure à celle de l'indice impliquant des sous et sur pondérations.


- Gestion synthétique : réplication d'un indice par des contrats à terme, les liquidités restantes sont en monétaire ou obligataire.


- Global Titans Index : indice des 50 plus grosses multinationales mondiales


- Goodwill (survaleur) : écart positif entre la valeur d'acquisition d'un actif (ex : entreprise) et sa valeur comptable.


- Grands Comptes : grandes entreprises


- Growth : méthod d'analyse et stratégie d'investissement qui consistent à ne miser que sur les valeurs et les secteurs à fort potentiel de croissance d'activité.


H


- High yield : obligations non convertibles émises par des entreprises et portant un rendement élevé.


I


- Intégration globale : consolidation dans les comptes de la société mère de l'ensemble du chiffre d'affaires et du résultat de sa filiale contrôlée à plus de 50 % ou dont elle exerce la direction effective


- Intraday : traduction = dans la même journée. Voir Day Trader.


- IT.CAC : indice large qui intègre l'ensemble des sociétés cotées de la nouvelle économie pondérée en fonction de la capitalisation dans la limite de 8 % de l'indice


- IT.CAC 50 : indice composé de cinquantes titres de la nouvelle économie ayant la plus forte liquidité en excluant les valeurs du CAC40 pondérée en fonction de la capitalisation dans la limite de 8 % de l'indice


J


- Junk Bonds : les fameuses obligations pourries, les obligations des sociétés en difficulté = plus ou moins grande certitude d'être remboursé = le rendement est plus élevé et la valeur nominale décotée.


L


- LIBOR (London InterBank Offered Rate) : taux d'intérêt court terme du marché de Londres


- Liquidité : c'est la facilité avec laquelle il est possible de traiter (achat ou vente) sur un titre ou un marché. C'est une fonction croissance de la fréquence des échanges et des volumes échangés.


- LMBO (Leverage Management Buy Out)


- Lock-up : c'est l'engagement, par un ou plusieurs investisseurs présents dans le capital d'une société, de conserver leurs titres pendant une durée minimale après l'introduction en Bourse.


- Long : être long de titres = avoir une position créditrice. Se dit aussi quand l'opérateur est acheteur ou lors d'un achat de call (option). L'inverse = short (ou court).


- Long terme : supérieur à 18 mois. Ce dit d'un objectif de cours ou d'une durée de placement actions.


- LSE (London Stock Exchange) : bourse de Londres


M


- M Prime : indice des valeurs moyennes d'Euronext.


- Marge : rapport du résultat et du chiffre d'affaire, elle peut être d'exploitation, courante ou nette


- Marge courante : rapport du résultat courant et du chiffre d'affaire


- Marge d'exploitation : rapport du résultat d'exploitation et du chiffre d'affaire


- Marge nette : rapport du résultat net (RNE) et du chiffre d'affaire


- MATIF (Marché A Terme International de France) : marchés d'intruments financiers à terme dont les contrats portent sur des actifs financiers et physiques. Ceci permet de se protéger contre une évolution défavorable de ces actifs. Le prix des contrats évolue en sens inverse du prix des actifs (hausse des taux sur toute la courbe = baisse des contrats MATIF sur taux.


- Mid-cap : désigne les valeurs de moyenne capitalisation


- Midcac : indice de référence de 100 valeurs, pondérée en fonction de la capitalisation, moyennes cotées sur les Premier et Second Marchés


- Mise en équivalence : consolidation dans les comptes de la société mère que de sa quote part du résultat de la filiale qui doit être contrôlée au moins à 20 %


- Mois boursier RM : se termine avec la liquidation du RM = 6ème jour ouvré avant la fin du mois calendaire. Pour le NM/C/ML/SM mois boursier = mois calendaire.


- Mois boursier SRD : se termine avec la liquidation du RM = 5ème jour ouvré avant la fin du mois calendaire. Pour le NM/C/ML/SM mois boursier = mois calendaire.


- Moyen terme : entre 12 mois et 18 mois. Ce dit d'un objectif de cours ou d'une durée de placement actions.


N


- Nasdaq : indice de référence américain des valeurs technologiques, un genre d'indice NM ou IT.CAC (c'est également un compartiment du NYSE).


- Next 150 : indices des 150 capitalisations les plus importantes après l'Euronext 100 d'Euronext.


- Next Economy : indice des valeurs technologiques d'Euronext.


- Nominal : valeur comptable de l'emprunt servant de base au calcul des intérêts.


O


- OAT (Obligation Assimilable du Trésor) : Emprunts garantis pas l'Etat, placés en plusieurs tranches distinctes mais cotées en Bourse sur une seule ligne.


- Obligation : titre représentant une créance sur une entreprise donnant droit au paiement d'un coupon au taux d'intérêt facial.


- OBS (Obligation à Bons de Souscriptions)


- OBSA (Obligation à Bons de Souscriptions d'Actions) : obligation classique à laquelle est attachée un ou plusieurs droits à souscription d'actions lors d'une augmentation de capital à des conditions privilégiées.


- Oblication convertible (ou OC) : une obligation qui offre au souscripteur la possibilité d'échanger (à l'échéance ou à tout moment) ce titre contre une ou plusieurs actions de la société émettrice de l'emprunt, à un prix fixé au moment de l'émission. La conversion des obligations est réalisée par une augmentation de capital, c'est pour cela qu'une émission n'est pas toujours appréciée par le marché même si le coût financier est plus faible pour l'entreprise. Ces obligations permettent de s'associer au développement d'une société en prenant moins de risques qu'en acquérant les actions de la société. Si le cours de l'action progresse, le cours de l'obligation convertible s'apprécie en général dans les mêmes proportions. Mais si le cours de l'action diminue fortement, la perte sur l'OC est limitée par son caractère obligataire qui implique un cours plancher en fonction des taux du marché obligataire.


- OPA (Offre Publique d'Achat)


- OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) : SICAV ou FCP


- OPE (Offre Publique d'Echange)


- OPR (Offre Publique de Retrait)


- OPRA (Offre Publique de Rachat)


- OPV (Offre Publique de Vente) : procédure pour la privatisation d'une entreprise publique.


- ORA (Obligation Remboursable en Actions)


- OST (Opération Spéciale de Trésorerie) : OPE, OPE, OPR, division titre....


- OTC (Over The Counter) : transactions réalisées en dehors de la scéance = en dehors des heures d'ouvertures.


P


- PER (Price Earning Ratio) : multiple de capitalisation du bénéfice. Si le PER est de 20 = la capitalisation boursière est égale à 20 fois le bénéfice net annuel. Plus le PER est élevé plus la valeur est chère. Critère très utilisé par les analystes.


- Prélèvement libératoire : impôt à taux forfaitaire libératoire de l'impôt sur le revenu. Choix entre l'imposition au taux marginal de sa tranche IRPP ou forfaitaire.


- Premier Marché : composé par les valeurs du RM ou du Comptant


- Profit Warning : alerte sur les résultats futurs. Annoncé par une entreprise lorsqu'elle pense ne pas pouvoir remplir les objectifs de résultat et/ou de chiffre d'affaires annoncé en début d'exercice.


R


- Ratio d'endettement : endettement financier net rapporté aux capitaux propres


- RELIT (Règlement Livraison des valeurs Titres) : système de livraison de titres.


- RGV (Relit Grande Vitesse)


- Rendement : rapport entre le dividende versé par la société et le cours de bourse. Le rendement peut être net ou brut si on enlève ou pas l'avoir fiscal.


- Rendement brut : rapport entre le dividende brut versé par la société et le cours de bourse.


- Rendement net : rapport entre le dividende net versé par la société et le cours de bourse.


- Rendement actuariel : ce dit pour une obligation dont le rendement annuel est calculé par la méthode des intérêts composés. Les intérêts versés sont supposés réinvestis au même taux.


- Rendement facial : ce dit pour une obligation du rapport entre le prix de remboursement et le coupon annuel.


- Résultat courant : somme du résultat d'exploitation (ou opérationnel) et du résultat financier, lié à l'activité courante.


- Résultat exceptionnel : lié à une cession (produit) ou un achat (charge) d'un actif (filiale, branche, usine, marque...), élément non prévisible.


- Résultat net part de groupe : résultat revenant à la maison mère = retrait de la part dédiée aux autres actionnaires (minoritaires).


- RM (Règlement Mensuel) : critères d'accès et caractéristiques


- RNE (Résultat Net Economique) : résultat courant + exceptionnel


S


- Sales : c'est le commercial d’une salle des marchés. Il joue le rôle de conseiller pour ses clients qui sont de gros investisseurs comme les banques, les compagnies d’assurance, les fonds de pension, les entreprises...


- SEC (Security Exchange Comission) : la COB version américaine = gendarme des bourses américaines.


- Short : être short de titres = avoir une position débitrice. Se dit aussi quand l'opérateur est vendeur d'actif ou lors d'un achat de put (option). L'inverse = long.


- SM (Second Marché) : critères d'accès et caractéristiques


- S&P 100 : indice de référence américain, un genre de SBF 100 (existe en 500)


- SBF (Société des Bourses Françaises) : la société qui gère et organise le système de cotation des bourses en France.


- SBF 80 : indice composé des 120 valeurs, pondérée en fonction de la capitalisation, les plus actives du Premier Marché moins celles du CAC40


- SBF 120 : indice composé des 120 valeurs, pondérée en fonction de la capitalisation, les plus actives du Premier Marché (y compris celle du CAC40)


- SBF 250 : indice composé de 250 valeurs (pondérée en fonction de la capitalisation) = SBF 120 + 130 valeurs du Premier/Second/Nouveau Marchés


- SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) : société ayant pour objet la gestion d'un patrimoine immobilier. Elle distribue les revenus de ses placements aux associés.


- SICAV (Société d'Investissement à Capital Variable)


- SICOVAM (Société Interprofessionnelle pour la Compensation des Valeurs Mobilières) : le fameux code que vous donnez pour vos ordres de bourse pour désigner le titre que vous souhaitez acheter (une vraie avancée technique). C'est le code du titre dans la nomenclature de la centrale de règlement-livraison des titres français


- Small Caps : se dit des petites capitalisations (souvent NM, SM, ML)


- Split : vient du jeu de cartes le Black Jack, ici cela désigne la division du nominal.


- Spread : terme pseudo technique désignant un écart, souvent un spread de signature.


- Spread de courbe : écart entre deux courbes de taux (ex : cash et swap).


- Spread de durée : écart de rémunération entre des actifs de durées différentes.


- Spread de signature : écart de rémunération entre l'actif considéré et l'actif à la signature (notation) la moins risquée (un Etat).


- Spread de taux : écart entre deux taux ou deux indice (Euribor et OAT 10 ans).


- Stock picking (sélection d'action) : méthode d'investissment consistant à choisir une valeur la meilleure valeur, celle avec le plus fort potentiel, évoluant dans un secteur ou sur un marché donnés.


- Strike : prix d'exercice pour les options et warrants


- Swift (Social for Worldwide Interbank Financial Telecommunications) : système de virements internationaux entre banques.


T


- Titre participatif (TP) : c'est une action sans droit de vote, utilisé dans les années 80 pour recapitaliser les entreprises nationalisées (ou comment détourner la loi).


- Top down : stratégie qui consiste à répartir ses investissements par secteur d'activité et par grandes zones géographiques. La répartition est le fruit d'une analyse fondamentale.


- Tracker (Traded Funds ou ETF) : produit du marché Euronext arrivé en 2001 négociables sur le compartiment NextTrack. Ce sont des fonds indiciels négociables en bourse de la même manière que les actions. Ils représentent des portefeuilles diversifiés d'actions conçus pour répliquer très précisément la performance d'un indice ou d'un panier d'actions.


- TSDI (Titre Subordonné à Durée Déterminée) : titre soumis à des conditions spéciales sur la rémunération (un floor en % du rendement obligataire et un cap en % du rendement en plus par rapport au bénéfice).


- TSR (Offre Publique de Rachat)


V


- Valeur liquidative : valeur instantanée d'un OPCVM = valeur de son actif net / nombre de parts.


- Value : méthode d'analyse et stratégie d'investissement qui consistent à ne miser que sur des valeurs décotées avec un potentiel intrinsèque ou pouvant faire l'objet d'une OST.


- Vente à découvert : vente de titres que l'on ne possède pas pour les racheter plus tard à un prix inférieur.


- Volatilité : indicateur de l'importance de la variation d'un cours dans le temps. C'est l'écart type moyen entre les plus hauts et les plus bas d'un titre coté. Plus l'écart entre le cours de la veille et celui du jour est important plus la volatilité est importante.


- Volatilité historique : volatilité calculée sur les cours passés (ex : volatilité 20 jours = calculée sur les 20 derniers jours).


- Volatilité implicite : volatilité instantanée.


W


- Warrant : un genre d'option longue sur différents sous-jacents émis par un établissement financier. Pour plus d'information il suffit de cliquer sur le lien.


- Wall Street : principale bourse américaine situé à New York.




Source: Lexique de la finance/ La feuille financière


Monday, April 27, 2009

Déclaration de Mme Christine Lagarde à Washington. Par Didier REMER

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Voici les extraits de la déclaration de madame le ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi, madame Christine Lagarde lors du comité monétaire et financier international (CMFI) de Washington. Sont exposés ici les passages relatifs aux objectifs liés aux paradis fiscaux et pratiques financières indexées lors du G20. La ministre fait le point sur la situation actuelle, de la crise insiste sur la coordination souhaitée par la France qui "restera particulièrement attentive pour la suite donnée aux objectifs de lutte contre les états non coopératifs":



Déclaration de Mme Christine Lagarde,


Ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi. France
Comité monétaire et financier international (CMFI) Washington – 25 avril 2009


L’activité économique a de nouveau reculé fortement au début de l’année 2009 et la situation demeure aujourd’hui très incertaine. Néanmoins, nous commençons depuis quelques semaines à percevoir quelques signes de stabilisation, notamment en ce qui concerne les échanges commerciaux.

Les gouvernements ont pris en coordination des mesures exceptionnelles pour relancer l’activité économique et les banques centrales ont utilisé leurs divers instruments pour rétablir la liquidité sur les marchés de capitaux et dégeler les marchés du crédit. Ces mesures, qui s’ajoutent aux filets de sécurité déjà existants, auront un impact graduel sur l’activité au cours de 2009 et 2010. Nous devons donc d’ores et déjà préparer une stratégie de sortie et nous engager à maintenir une trajectoire soutenable de nos finances publiques.
Sans attendre l’impact de ces mesures, il est urgent que nous mettions en oeuvre les décisions des chefs d’État et de gouvernement du G20 en matière de réforme de la régulation financière. Ce faisant, nous devrons avancer conjointement pour éviter toute forme d’arbitrage réglementaire, conformément aux principes formulés par nos chefs d’État et de gouvernement. La France sera particulièrement attentive à continuer la lutte contre les juridictions non coopératives grâce à l’OCDE, le GAFI et le Conseil de la Stabilité Financière (CSF), à la définition par le CSF du caractère systémique d’une institution, d’un marché ou d’un instrument financiers, à la quantification d’un critère de rétention pour améliorer les incitations à la bonne gestion du risque dans les activités de titrisation, et au bon respect par nos institutions financières des principes en matière de rémunération.


Le FMI aura un rôle de premier plan pour accompagner la communauté internationale dans son programme de réformes et de rétablissement de la stabilité. Il a déjà fait preuve d’une réactivité exemplaire en menant à bien une révision majeure de son cadre de prêt, couronnée par la création de la Ligne de crédit flexible. Ses priorités pour les prochains mois seront de finaliser l’augmentation de ses ressources à destination des pays émergents et à faible revenu, lourdement affectés par la crise.

La réforme de la gouvernance devra être adaptée pour répondre à ces défis, et pour cela elle devra être menée dans sa globalité.

1. L’avenir de l’économie mondiale, sur fond d’inversion de l’effet de levier et de repli du commerce international, est incertain.

L’année 2008 s’est achevée sur des perspectives très sombres et les premiers mois de 2009 n’ont pas apporté la moindre surprise sur le plan de l’activité économique. Le PIB des pays avancés a subi une forte contraction au quatrième trimestre de 2008 et il faut s’attendre à un recul du même ordre au premier trimestre de 2009. La demande intérieure s’est sensiblement repliée dans les pays développés, en particulier ceux où la croissance était très tributaire du crédit. La chute libre de la demande de ces pays a par ricochet eu de graves conséquences


[...]

3. Les mesures sans précédent et concertées que nous avons prises ces derniers mois aideront à faire repartir la croissance.

Il y a quelques lueurs d’espoir. Pour ce qui est de la France, la consommation s’est bien tenue et, après 5 mois de repli sensible, la production industrielle s’est stabilisée en février. Dans certains pays émergents, d’Amérique latine et d’Asie notamment, dont le secteur bancaire est moins exposé à la crise financière, le redressement pourrait s’amorcer plus vite que dans les pays avancés.

Ces lueurs d’espoir sont apparues grâce aux initiatives de grande envergure et coordonnées que nous avons prises collectivement pour soutenir la demande et stabiliser le système financier. Les grandes banques centrales ont pris des mesures pour débloquer les marchés de la monnaie et du crédit et ont employé leurs instruments de politique monétaire pour détendre la situation. Les marges interbancaires sont maintenant revenues à leurs niveaux d’avant la faillite de Lehman Brothers. Les pouvoirs publics ont engagé de par le monde un vaste effort de relance budgétaire et soutiennent le financement des entreprises et l’activité économique, en privilégiant les PME. En outre, les stabilisateurs automatiques jouent un rôle très important dans la stabilisation de l’économie, car ils visent ceux qui sont le plus touchés. C’est particulièrement vrai pour les grands pays européens, où ils sont puissants. Pour ce qui est du secteur financier, chaque pays prend les mesures qui s’imposent en fonction de sa situation. Une forte coordination est cependant nécessaire pour maximiser l’effet positif des mesures nationales et réduire au minimum les distorsions d’un pays à l’autre. Il convient d’agir de manière responsable, au regard des retombées économiques sur les autres pays, et la dévaluation compétitive des monnaies, en particulier, est à proscrire. Ces mesures produiront progressivement leurs effets sur l’activité dans le courant de l’année 2009 et permettront une remontée sensible de la croissance et de l’emploi l’an prochain.

Nous allons assister à un accroissement rapide de la dette publique, surtout dans certains pays développés qui ont apporté un fort soutien au secteur financier; nous devons réaffirmer notre volonté de rééquilibrer les finances publiques une fois que l’économie se sera rétablie et faire bien comprendre que les mesures budgétaires expansionnistes ont un caractère temporaire.


4. La mise en oeuvre de mesures bénéficiant d’un large soutien doit être la priorité des priorités, notamment dans le domaine de la régulation financière.

Les dirigeants du G20 ont pris des décisions très importantes : il est de la responsabilité de chacun d’entre nous d’y donner suite dès que possible. Les bons élèves ne doivent pas être pénalisés parce que d’autres tardent à appliquer les décisions, ce qui créerait une situation inéquitable.

La France a déjà pris certaines mesures, notamment en ce qui concerne les rémunérations dans le secteur financier. Après consultations entre la profession et les instances de régulation et de contrôle, une longue liste de principes est désormais d’application et j’ai demandé à l’autorité des marchés financiers de présenter un rapport d’étape d’ici mai 2009.


La lutte contre les pays non coopératifs est une priorité pour la France. Il en va de la stabilité financière et de la cohérence de la réforme de la régulation : le contrôle macroprudentiel ne peut être efficace que s’il ne comporte pas d’échappatoires. À cet égard, la France se félicite de la publication par l’OCDE de la liste des places financières qui ne se conforment pas de manière tangible aux normes fiscales internationales. La France prêtera une attention particulière à l’évolution et au suivi de cette liste. J’appelle le CSF et le GAFI à publier la liste des pays non coopératifs dans leurs domaines respectifs de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ils devront s’appuyer sur les PESF existants, qui doivent être renforcés pour tous les pays dont le secteur financier occupe une large place dans l’économie. Il faudrait que les trois institutions établissent sans tarder un arsenal de sanctions qui pourraient aller jusqu’à l’interdiction totale des activités de nos banques dans ces pays. La France a demandé à la profession financière de formuler des propositions de sanctions, en consultation avec ses partenaires. Les dirigeants du G20 ont demandé aux institutions internationales et aux banques régionales de développement de revoir leur politique d’investissement. En tant que représentantes de la communauté internationale, elles se doivent d’avoir un comportement exemplaire. À cette fin, nous devrions les inviter à rendre compte de l’utilisation qu’elles font des places financières non coopératives et de formuler des propositions en vue de la rupture de leurs relations avec ces pays avant l’été.

Pour assurer la stabilité financière mondiale, nous avons besoin de normes internationales très cohérentes et tangibles, notamment pour éviter les arbitrages réglementaires entre les pays. À cet égard, je me félicite grandement de l’établissement du Conseil de stabilité financière qui, en étroite coopération avec le FMI, participera à la mise en oeuvre des grandes décisions. Parmi celles-ci, la France attache une importance particulière à l’élaboration par le CSF et le FMI de principes directeurs à l’usage des autorités nationales pour déterminer si une institution, un marché ou un instrument financier a une importance systémique, auquel cas il fera désormais l’objet de contrôles. Nous saluons à cet égard la décision prise par les États-Unis et l’UE de créer chacun une institution chargée de la supervision des risques macroprudentiels et systémiques. Plus précisément, des normes doivent être établies pour contrôler les fonds spéculatifs en eux-mêmes, ainsi que les effets de levier qu’ils utilisent, et pour mieux organiser les marchés des dérivés. La France militera aussi en faveur de la définition par le Comité de Bâle, d’ici 2010, de ratios de rétention chiffrés et harmonisés afin de promouvoir la gestion des risques selon les normes fixées par l’UE. De meilleurs instruments prudentiels doivent aussi être mis au point pour atténuer la procyclicalité, notamment au moyen de normes de provisionnement tout au long du cycle définies par le Comité de Bâle.

Enfin, il est essentiel de poursuivre la révision des normes comptables et la réforme de la gouvernance de l’IASB (Conseil international de normalisation comptable) pour que les institutions financières évoluent dans un cadre qui s’accorde avec ce que nos sociétés attendent d’elles : qu’elles financent l’économie, tout en préservant la stabilité financière. À cette fin, les instances de régulation et de contrôle doivent être associées à l’IASB dans le cadre d’une véritable réforme de cet organisme et les instances de normalisation comptable doivent améliorer les normes de valorisation des instruments financiers en fonction de leur liquidité et de l’horizon de leur détention par les investisseurs. [...]


Source: Fond Monétaire International. Tous droits réservés






Le +: Vous souhaitez compléter votre information sur la déclaration de la ministre?Ecoutez l'émission "Le Grand Jury RTL LCI.Figaro" Christine Lagarde invitée du 5 Avril diffusée juste après le G20 de Londres:


Cliquez sur le lien actif ci-dessus.

Source: RTL Radio Tous droits réservés

Paradis fiscaux, sujet phare des élections européennes!Par Didier REMER

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Photo: Le juge Eva Joly en campagne....

On pouvait s'en douter, comme précisé sur "Finance Offshore" la question des paradis fiscaux entre dans la campagne des élections européennes. Coup de force des socialistes du parlement européen (voir article "Benoît Hamon chasse aux paradis!") et implication de l'ancien magistrate, le celèbre juge Eva Joly qui dans "Télérama" reprécise que la question des paradis doit devenir un enjeu de société... Arnaud Montebourg n'est pas en reste, le député socialiste monte au créneau pour préciser à nouveau l'enfer qu'il souhaite aux paradis fiscaux et même Daniel Chon Bendit ne manque pas lui de constater haut et forte que le G20 n'est qu'un grand bluff! Les paradis fiscaux sont le sujet que tous les leaders utilisent en cette période de crise économique internationale, certains craignent une certaine surenchère...

Eva Joly, ancienne magistrate et candidate sur la liste Europe-Ecologie«[Les pays du G20] auraient dû au moins interdire aux banques bénéficiant de fonds publics de posséder des filiales dans les paradis fiscaux. Ils n'ont pas osé prendre ce risque car la moitié des transactions bancaires mondiales passent par les paradis fiscaux ! Ils auraient également pu rendre automatique et obligatoire, dans le monde entier, l'échange d'informations fiscales entre les pays [...] Nous devrions bannir les paradis fiscaux de notre continent en imposant leur boycott absolu par les banques et les entreprises européennes. C'est ma position, et c'est l'une des raisons pour lesquelles je me présente aux européennes. Comme citoyenne, j'ai épuisé toutes les possibilités dans ce combat. Il faut maintenant qu'il devienne un enjeu politique, un enjeu de société.»(interview dans Télérama)


Arnaud Montebourg, député socialiste«Ce ne sont pas des conférences internationales et leurs communiqués en demi-teinte qui feront rapatrier les milliards exilés, mais les seules sanctions concrètes contre les paradis récalcitrants: interdiction des transactions financières à destination et en provenance de ces territoires; interdiction des sociétés de domicile; retrait de licence pour les banques exerçant sur le territoire de l'Union européenne dont le siège social est situé dans les paradis fiscaux; fermeture d'office des filiales des banques européennes dans ces territoires; redressements fiscaux sur les sociétés ayant leur siège dans les paradis fiscaux; remise en question des accords de libre-échange avec les paradis fiscaux extra-européens dans l'attente du rétablissement d'un niveau de fiscalité sur le capital acceptable. Seules ces sanctions auront raison des paradis fiscaux. Les dirigeants du monde n'échapperont pas à cette heure de vérité là.»(Le Monde)

«Le secret bancaire est condamné. Et alors?»
A 64 ans, l'ancien leader de Mai 68 n'a rien perdu de son mordant. Sur le même sujet
Daniel Cohn-Bendit repart en campagne. Candidat aux élections européennes sur la liste Europe-Ecologie, il dénonce les plans de relance français et allemands, déplore les mesures à courte vue du G20 ainsi que l'inégalité de traitement infligée à la Suisse.
«Un grand bluff!» Daniel Cohn-Bendit n'est pas tendre avec le G20, qui a placé sur des listes grises ou noires quelques paradis fiscaux, avec une certaine partialité et peu de suite dans les idées. «Les grandes puissances ont tapé sur ceux qui n'étaient pas là. Le Luxembourg et la Suisse notamment. On n'y a guère parlé de la City londonienne, paradis fiscal par excellence.»
«Dany le Vert», tête de la liste dans la région parisienne du rassemblement Europe-Ecologie aux élections européennes de juin prochain, attendait du G20 des mesures plus globales de lutte contre le blanchiment, l'évasion fiscale et la corruption.
La Suisse a fini par adhérer à l'ONU
... «Chaque euro devrait être déclaré dans le pays d'origine et dans le pays où il est placé. Condition sine qua non à la traçabilité de l'argent», estime Cohn-Bendit, de passage au Centre d'accueil de la presse étrangère à Paris. C'est ce que d'autres appellent l'échange automatique d'informations sur la fiscalité de l'épargne. Et ce que refuse la Suisse pour l'instant.
«Le secret bancaire est condamné. Et alors ?», tempête le bouillonnant député européen, qui connaît bien la Suisse pour avoir animé pendant neuf ans une émission littéraire sur la télévision suisse alémanique. «L'Allemagne a bien abandonné le Reich Mark. Et la Suisse a bien fini par adhérer à l'ONU, après tant d'années d'hésitation.»

Sunday, April 26, 2009

Benoît Hamon député européen chasse aux paradis!

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Benoît Hamon, député européen prépare les élections européennes avec une thématique bien rodée en cette période de crise financière internationale. En effet, il est bien ce député européen rarement à Strasbourg dirons certaines "mauvaises langues" mais avec l'excuse de celui qui passe le plus clair de son temps rue de Solférino " toujours en plein travail dans un bureau qui se trouve juste à côté de celui de la nouvelle secrétaire générale, Martine Aubry, sans pour autant faire l'économie de grands dossiers européens" souffle un conseiller. Car le député sait que pour les élections européennes il faut apporter de "bonnes idées" aux thèses programmatiques du groupe socialiste du parlement européen. Justement dans sa tribune dans "Les Echos", le député "découvre" la dure réalité des paradis fiscaux et va jusqu'à proposer des mesures qui vont plaire à nos amis (socialistes) luxembourgeois, belges et autrichiens. Précisant l'abrogation du secret bancaire pour 2014 au sein de l'Union Européenne et soulignant le manque à gagner de 200 milliards d'euros qui affectent les états! (Estimation que certains experts portent à plus de 300 Milliards en fait). Propose de la transparence pour la personne morale et "inverse donc la charge de la preuve" en cherchant logiquement la personne physique qui se cache dans une fondation ou un trust pour échapper à l'impôt... Juste analyse! De bonnes intentions portées par un député qui ne manque pas de préciser "l'ingénierie financière est sans limite dès qu'il s'agit d'inventer de nouveaux produits!" ce qui devrait l'inviter à compléter son propos de prudence quand il nous parle de "comitologie" dont chacun comprendra la relative limite... Cependant l'initiative est de bon sens si elle suggère un environnement moins propice à l'évasion fiscale dirons certains conservateurs qui se refusent à l'évasion fiscale et ce justement en s'abritant (un temps encore) derrière un "certain bouclier fiscal" qui n'est pas du goût de ce même député socialiste! Soyons sport, l'intention est bonne et ne manque pas de bon sens dans une période de crise qui laisse place à la morale des bonnes idées... politiciennes!

L'ère du secret bancaire est révolue![ 27/04/09 ] TRIBUNE DANS "LES ECHOS"

A l'heure où la plupart des dirigeants des pays occidentaux rivalisent de superlatifs pour professer qu'avec la crise financière « l'ère du secret bancaire est révolue » et qu'il faut « changer le système », le Parlement européen est, lui, passé aux travaux pratiques.
On estime chaque année le montant total de la fraude fiscale dans l'Union européenne à 200 milliards d'euros. Rapportée au budget de l'Union en 2008 (133 milliards d'euros) ou aux montants cumulés des déficits publics dans l'Union européenne, on comprend combien la perte de ces sommes colossales affecte les Etats membres. En effet, l'addition des plans de relance européens approche 1,5 % du PIB de l'Union, là où la fraude fiscale s'établit à 2 % du PIB. L'injection massive d'argent public pour sauver le système bancaire motive donc les Etats à réclamer de solides contreparties aux banques européennes pour recouvrer les recettes fiscales que le secret bancaire permet de leur soustraire. Ce contexte explique que j'ai trouvé une majorité au Parlement européen pour soutenir une politique ambitieuse de lutte contre la fraude et l'évasion fiscale, dont la portée dépasse la révision de la seule « directive épargne ».
Mon rapport propose à l'Union européenne de franchir une étape décisive dans trois domaines.
Le premier consiste à porter un coup direct au secret bancaire par l'abrogation en 2014 du système de retenue à la source encore appliqué par le Luxembourg, l'Autriche et la Belgique. En 2008, la France a reçu des pays pratiquant le secret bancaire 64 millions d'euros au titre des impôts dus sur les intérêts de l'épargne. 38 millions en provenance de la Suisse et 13 en provenance du Luxembourg, principales destinations européennes des résidents français pour leurs placements en épargne. Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? Comment vérifier l'exactitude des sommes perçues. Cela échappe à Bercy comme à ses homologues de 24 des 27 Etats membres dont les ressortissants placent tout ou partie de leur épargne dans les pays de l'Union pratiquant le secret bancaire. Les parlementaires européens ont donc décidé que le système d'échange automatique d'information s'applique à tous les Etats. L'engagement de l'Europe à abroger le secret bancaire d'ici à 2014 est aussi un choix pragmatique qui place l'Union en position de force dans ses futures négociations avec la Suisse et tous les pays tiers qui accueillent aujourd'hui les milliards de l'évasion fiscale.
Le second acquis de ce texte porte sur le champ d'application de la directive. La fraude fiscale s'exerce la plupart du temps par personne morale interposée. Le champ de la directive a été élargi aux fondations et aux trusts derrière lesquels se cachent des personnes physiques cherchant à échapper à l'impôt. Le cas du Liechtenstein a illustré cette pratique mettant en scène une multitude de fondations factices abritant en réalité des contribuables allemands ou français indélicats. Au-delà de la question des supports juridiques à la fraude, la définition des produits financiers qui entrent dans le champ de la directive a fait aussi l'objet d'un âpre débat. L'ingénierie financière est sans limite dès lors qu'il s'agit d'inventer de nouveaux produits qui permettent notamment d'échapper à l'impôt. C'est pourquoi ce rapport propose que la Commission puisse adapter par « comitologie » la définition des produits d'épargne à l'évolution des marchés dans ce domaine.
Le troisième acquis de ce texte n'est pas le moindre. L'Europe établit une liste sans précédent de paradis fiscaux ou centres offshore et de structures et entités juridiques suspectes. Contrairement à la liste du
G20, le Parlement européen a notamment inscrit dans sa liste les Etats américains du Delaware et du Nevada. Mais la contribution du Parlement vaut principalement par les contraintes supplémentaires que nous imposons aux paradis fiscaux. Là où la Commission proposait une liste limitée de territoires et d'entités, le Parlement renverse la charge de la preuve. Il impose à ces juridictions de démontrer que toutes les personnes morales suspectes sont fiscalement transparentes. Ainsi l'Union européenne se dote d'un instrument puissant de lutte contre la fraude fiscale qui renvoie aux paradis fiscaux le soin de faire la preuve de leur conformité avec les exigences de l'Union en matière de transparence fiscale.
Le Parlement a pris ses responsabilités. La balle est maintenant dans le camp du Conseil européen. Un député socialiste minoritaire en Europe a obtenu l'engagement du Parlement européen en faveur de l'abrogation du secret bancaire d'ici à 2014. Nul doute qu'un chef d'Etat conservateur majoritaire en Europe saura obtenir du Conseil un résultat identique.


Benoît Hamon est député européen (PS)



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