Tuesday, September 29, 2009

G20 PITTSBURGH: Le FMI plaide la reconnaissance des réalités. Par Didier REMER

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"Le groupe des Vingt se fixe 2012 comme objectif..."
Le sommet de Pittsburgh ne fait pas que des heureux, quoi de plus normal pour cet opus qui s'est focalisé sur les questions financières alors que les pays pauvres se sont retrouvés in extrémis confrontés à la dure réalité des grands argentiers de la planète. Le FMI n'a pas hésité de replacer au centre des débats les attentes des pays parfois jugés secondaires, il est parvenu à ses fins en considérant les doléances de l'autre réalité planétaire en insistant sur les facteurs de déséquilibres qu'ils portent en eux... Pour leur communiqué final, les chefs d'état et de gouvernement du Groupe des Vingt s'engagent en outre à poursuivre les mesures de relance pour garantir une reprise durable de la croissance, à créer le cadre nécessaire à un rééquilibrage toujours plus coordonné de l'économie mondiale et édicter de nouvelles et plus rigoureuses normes réglementaires pour le secteur bancaire d'ici 2012.le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est félicité en concluant:"Ici à Pittsburgh, les dirigeants représentant les deux tiers de la population mondiale ont adopté un plan international pour l'emploi, la croissance et une reprise économique durable". Après avoir dressé le bilan des résultats des engagements pris en avril, lors du sommet de Londres, les membres du G20 se montrent très satisfaits: "Cela a marché", précisent-ils dans le point 5 de leur communiqué final. "Notre réponse énergique a contribué à stopper la chute dangereuse de l'activité mondiale et à stabiliser les marchés financiers."Le plus déterminé aux yeux des médias reste incontestablement le président américain, Barack Obama, qui hôte pour la première fois d'un grand rendez-vous international, n'a pas caché sa satisfaction. "On ne peut tolérer que perdure l'économie du passé, avec ses hauts et ses bas."Précisant dans son intervention que dorénavant:"Il est hors de question d'attendre qu'il y ait la crise pour coopérer. C'est pourquoi notre nouveau cadre de travail permettra à chacun d'entre nous d'évaluer les politiques des autres, de parvenir à un consensus sur les réformes et de garantir que la demande mondiale soutient la croissance pour tous", a déclaré le président des Etats-Unis dans une allocution jugée plus modeste que son homologue Britannique. Car ce troisième sommet du genre depuis le début de l'année, le G20 de Pittsburgh a ainsi propulsé l'organisation du G20 au rang de "forum prioritaire" pour la coopération économique mondiale. Les sommet du G7 et G8, qui assuraient depuis des décennies la coordination des politiques économiques des grandes puissances dans le cadre précis de ses nombreux rendez-vous, sont ainsi supplantés, ce qui consacre le poids grandissant de la Chine ou de l'Inde dans la croissance mondiale, dont on ne cache plus l'influence notable dans la balance des négociations. Car comme il convient d'en conclure pour ce G20 c'est la reconnaissance des réalités qui l'emporte: "Ce mouvement vers le G20 et cette démarcation du G7 est une reconnaissance des réalités économiques. On ne peut parler de l'économie mondiale sans avoir les économies émergentes les plus dynamiques à la table des négociations", a commenté John Lipsky, directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), interrogé par Reuters. Les Etats membres du G20 reconnaissent que beaucoup reste à faire pour assurer une reprise économique durable. "Le sentiment de retour à la normalité ne doit pas nous conduire à un excès de confiance", précisent-ils dans le communiqué final. "Nous voulons une croissance sans cycles d'expansion et de ralentissement extrêmes et des marchés qui encouragent la responsabilité et non l'inconscience." Outre les mesures de régulation, qui doivent être arrêtées d'ici avant la fin 2010 et dont les mises en oeuvre dans les deux années qui suivent, le sommet du G20 de Pittsburgh a décidé d'encadrer les salaires et les primes dans le secteur bancaire. Les Etats membres se sont entendus sur une disposition qui permettrait aux entreprises de récupérer des bonus versés dans certaines circonstances, mesure dont l'objectif est bien de ne pas encourager les risques excessifs comme dans un récent passé...
En ce qui concerne la répartition des voix au FMI, "Nous avons pris l'engagement d'un transfert de quotes-parts au profit des pays émergents et en développement dynamiques d'au moins 5% depuis les pays sur-représentés vers les pays sous-représentés en utilisant la formule actuelle des quotes-parts comme la base de notre travail", disent-ils en ouvrant une porte aux nombreux pays émergents qui se plaignaient du peu de place qui leur a été accordé dans cette instance.
Pour ce qui est de l'environnement, le G20 de Pittsburgh annonce la fin à moyen terme des subventions en faveur des énergies fossiles (pétrole, gaz) et promet de redoubler d'efforts pour parvenir à un accord de la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique, qui se tiendra du 7 au 18 décembre prochains.
point trés important, les chefs d'état et de gouvernement apportent leur soutien à l'appel de Barack Obama en faveur d'un rééquilibrage de l'économie, qui passe par une réduction des excédents commerciaux des pays exportateurs tels que la Chine et du déficit des gros importateurs comme les Etats-Unis. Nicolas Sarkozy ne cache pas sa satisfaction sur cette volonté de trouver un juste équilibre entre les différents continents. Pour ce faire ils promettent de coopérer à l'évaluation de leurs politiques respectives et de juger enfin collectivement de leur cohérence avec une croissance plus durable et plus équilibrée.
L'état de santé la planète s'est invité aux différents tours de table, malgré la cohésion affichée à Pittsburgh, les délégués n'ont pu cacher certaines différences notoires, c'est ainsi que de de nombreux Européens ont jugé les engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique trops insuffisants.
"Je ne cache pas mes craintes quant à la lenteur des progrès. Les négociations ne peuvent durer éternellement. Le moment est venu d'agir", a ainsi souligné José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. La commission abonde dans le sens des différentes ONG qui condamnèrent le peu de cas sur cette réalité. Les ONG étaient bien présentes à l'extérieur du centre de conférence, 15.000 manifestants ont défilé dans un calme relatif après les heurts de jeudi qui seraient à l'origine de mouvements alters-mondialistes.

Pour consulter les ressources finales du G20 de PITTSBURGH (En anglais):



Photographie: Tous droits réservés
Source: © Copyright 2009 G20 de PITTSBURGH Gouvernement américain hôte.

Déclaration finale du président américain Barack OBAMA hôte du G20 de Pittsburgh.

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