G20 PITTSBURGH: L'Europe peine face aux Etats-Unis! Par Didier REMER

"Face à face tendue entre Europe et Etats-Unis"

L'épreuve

Comme Finance Offshore le précisait depuis de longs mois, il fallait s'attendre à une véritable épreuve pour asseoir les thèses programmatiques défendues par l'Union Européenne. C'est la question centrale de la régulation financière qui pose un problème réel de cohésion qui semble à jamais empêcher toute unanimité.

Bonus

Car les Européens, bille en tête, concentrent leurs efforts pour défendre leurs propositions pour une réforme de la rémunération dans le monde de la finance et notamment sur l'épineuse question devenue trés centrale: les fameux bonus! Ce sont deux visions qui s'opposent, une, américaine, plus porteuse d'émulation et ce toujours en phase avec les thèses trés libérales du continent, et l'autre, européenne et donc plus modératrice, souhaitant un plafond... Jugé bien trop bas! S'il on en croit le déchainement des médias américains qui parlent de réactions européennes pouvant freiner la vertueuse marche de la reprise des marchés, et donc de l'économie mondiale toute entière...

Unicité

Du côté européen, c'est la rencontre préparatoire au G20 à Bruxelles qui marquait bien l'unicité retrouvée des Européens. "Enfin ils sont tombés d’accord pour proposer des mesures plus strictes pour encadrer les traders!", clamait tout le corps diplomatique... Mais jamais le cartel économique! L'Europe envisage notamment de verser les bonus de façon étalée dans le temps, pour mieux tenir compte des performances à long terme. En outre, les bonus seraient limités en fonction des performances des banques, qui elles-mêmes seraient tenue de disposer d'au moins 30% des produits dont elles assureraient la distribution...
"De quoi responsabilier tout ce beau monde!", souligne un diplomate européen.

Réforme de Fonds... propres!

Les Etats-Unis se sont prononcés contre un encadrement des rémunérations. Pour Barack Obama, « On ne dit pas : Vous ne pouvez pas payer les gens à un niveau, à partir du moment où, dans le secteur privé, le marché est prêt à accepter ces rémunérations ». Mais le président module son propos en s'attaquant à la question des fonds propres contre... les fameux bonus des européens! L'objectif est surtout de montrer que les Etats-Unis, avec leur modèle, souhaitent demeurer trés en pointe sur la régulation. Les Etats-Unis veulent conserver le leadership et insistent donc sur le renforcement des fonds propres des banques. C'est le secrétaire américain au trésor Timothy Geithner qui le précisera, « Les principaux défauts de notre système financier et de notre cadre réglementaire, qui sont à l'origine de cette crise financière sont toujours en place ». Assurant aux américains une vision plus complète que les européens sur la question, puisque s'attaquant directement à une réforme de fond du système bancaire. "Les objectifs des Etats-Unis seraient plus contraignants que ceux portés par les européens qui visent essentiellement le haut de l' iceberg jugé responsable de la crise, à savoir les traders et cette envolée fulgurante des objectifs toujours plus fous!" Précise un observateur du FMI lors d'un diner préparatoire.

Bonus... Malus?

Car pour Nicolas Sarkozy, la vraie question de fond c’est bien comment réguler les modèles économiques des banques qui leur assurent ensuite de prendre des risques et de verser des bonus exorbitants... Le président français souhaite entrer dans la discussion en n'excluant pas que c'est "un bon début" mais assurément que ce n’est pas cette réunion du G20 qui va prendre les décisions finales.
Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling estime plutôt que le sommet du G20 de Pittsburgh parviendra "sans doute à un accord sur les bonus des banquiers", ajoutant que le principal était que les banquiers comprennent que "la fête doit cesser", option qui a le "mérite" de faire trembler toute la City de Londres!

Groupir!

La chancelière allemande, Angela Merkel redoute que "la dynamique vertueuse de la réforme financière ne s'épuise... d'elle même!". Elle a même exhorté l'ensemble des dirigeants du Groupe des 20 à se mettre d'accord sur des mesures concrètes en matière de régulation financière et de ne pas se disperser sur d'autres thématiques économiques, "toujours plus éloignées de la mission actée du G20 de Pittsburgh par la feuille de route du précèdent opus de Londres". Elle peut compter sur le 'tandem" mis en avant par le président français, qui est un allié "jugé vertueux", dans la balance des négociations. Nicolas Sarkozy ne menacera pas de quitter le sommet, mais là aussi, pour lui, les coupables doivent répondre devant leurs juges...
Photographie: Tous droits réservés

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