Wednesday, September 30, 2009

DOSSIER CLEARSTREAM:Dominique de Villepin pour l'émergence de la vérité! Par Didier REMER

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"Dominique de Villepin, cauchemar(s) du président Sarkozy?"




Il y a des jours qui feront dates dans le procés du dossier Clearstream... Ce mercredi 30 septembre est le rendez-vous qui précise plus que jamais la teneur des propos des différents acteurs majeurs de l'affaire. Dominique de Villepin commence par un rendez-vous "habituel" avec les nombreux médias qui attendent devant le palais de justice de Paris, il y a bien la foule des grands jours. Devant les nombreux journalistes, l'ancien premier ministre présente cette journée "capitale" d'un: «Je suis heureux d'apporter ma contribution à l'émergence de la vérité…». De son côté, on imagine Nicolas Sarkozy, le président de la république, les yeux rivés sur LCI, entouré de ses conseillers en communication et proches amis, plus remonté que jamais... Car le dossier pése à l'Elysée, on se rend bien compte de l'impact de l'affaire dans l'opinion publique qui parle à présent de "panier de crabes" et plus grave de "magouille de haut vol", sans compter ceux qui se fendent d'un "comme si les 150 milliards du déficit ne suffisaient pas!"... On le voit, la partition de ce procès entre peu à peu dans l'opinion qui commence à comprendre certains rouages de la vie politique française, ses rendez-vous d'une certaine mauvaise habitude de la dramaturgie politico-judiciaire.

...Selon "le Figaro":



L'audience tant attendue commence par une sorte de miracle cocasse : la voix de Dominique de Villepin retentit dans le tribunal, alors qu'il ne s'y trouve pas encore Le prévenu, à l'extérieur, s'adresse à la presse mais les micros de la salle, sans doute réglés sur la même fréquence, captent les propos. "Je suis heureux d'apporter ma contribution à l'émergence de la vérité!"

Cette fois, les débats ont vraiment commencé. L'ancien premier ministre est debout, face au président Pauthe. Apparemment très détendu, il déroule un argumentaire bien rodé qui colle fidèlement à ses déclarations lors de l'instruction. Quand, la veille, Jean-Louis Gergorin embrouillait tout à grands coups de «c'est très simple», M. de Villepin rejette en bloc, une à une, les accusations sur l'air d'«à aucun moment».

Pour résumer : il reconnaît avoir rencontré M. Gergorin le 1er janvier 2004, lorsque celui qui fut jadis son patron s'ouvre d'une affaire grave sur laquelle enquête le général Rondot. Il le revoit le 9 janvier, en présence du militaire, car en tant que ministre des Affaires étrangères, aucune menace internationale potentielle ne lui est indifférente. Et celle-ci est, sur le papier, de première importance : un système de financement occulte mêlant des personnalités du monde industriel et des mafieux en tout genre, menaçant les intérêts de la France. Contrairement à ce qui a été dit par ses coprévenus, M. de Villepin jure qu'il ne s'est «à aucun moment» abrité derrière une quelconque instruction du président Chirac, pas plus qu'il n'a demandé l'identité de la «source» - Imad Lahoud. Et puis plus rien, «à aucun moment», pendant six mois. Or, pendant cette période, la «menace» se précise. Des pseudo-listings Clearstream de plus en plus riches surgissent, selon l'accusation, des ordinateurs d'Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin. Ce dernier soutiendra devant les juges qu'il rencontre au Quai d'Orsay, puis Place Beauvau, Dominique de Villepin, afin de le tenir informé de la situation. Faux, réplique l'ancien ministre de l'Intérieur, contredit par les célèbres carnets du général Rondot, lequel consigne les récits datés que lui confie par ailleurs M. Gergorin, carnets sur lesquels s'appuie le président Pauthe pour mener son interrogatoire.

Le 25 mars 2004, Imad Lahoud est placé en garde à vue, pour une autre affaire d'escroquerie. Il a sur lui une manière de sauf-conduit mentionnant le nom et le numéro de téléphone du général Rondot, que les policiers appellent. Furieux, l'intéressé s'en plaint à Jean-Louis Gergorin, qui prévient Dominique de Villepin. Selon l'accusation, ce dernier aurait alors rappelé le général pour lui demander de faire lever la garde à vue.

Fariboles, martèle M. de Villepin : «Dans ce genre de situation, la règle absolue veut qu'on coupe court avec la source compromise. C'est la quatrième fois que cette source explose. Tout aurait pu, tout aurait dû s'arrêter le 25 mars 2004. Or, tout s'accélère.» En effet, d'autres noms ne vont pas tarder à apparaître sur les listings frelatés, dont celui de l'actuel chef de l'État. Mais ces listings, M. de Villepin ne les a «à aucun moment, vus ou tenus en main».

Le procureur fusillé du regard

Ce n'est qu'en juillet 2004, alors que la presse commence à éventer l'affaire, qu'il saisit la DST, sans prévenir le directeur de ce service que le général Rondot - qui est à cet instant certain qu'il s'agit d'une manipulation - a sans doute des éléments à lui apporter.

Orateur doué, M. de Villepin a réponse à tout. Mais voilà que le président appelle Jean-Louis Gergorin à la barre. «Je maintiens l'ensemble de mes déclarations», déclare-t-il fermement. C'est-à-dire : les rencontres secrètes avec le ministre entre le 9 janvier et le mois de juillet ; la révélation «au plus tard en février» au ministre du nom d'Imad Lahoud ; la transmission au ministre d'un CD-ROM porteur de données Clearstream bidonnées ; le recours au juge Van Ruymbeke - acte fondateur de la dénonciation calomnieuse -, conformément aux vœux du ministre. Il raconte la scène, qu'il situe début avril, Place Beauvau : «Tout à coup, il change de braquet et me dit : “Il n'y a qu'une solution, informer ou saisir un juge.” Il me voit choqué et ajoute d'une voix solennelle : “C'est une instruction du président de la République.”»

Chacun, dans ce procès, traîne son boulet. Imad Lahoud est celui de Jean-Louis Gergorin et déploie une énergie admirable à le plomber dès que la parole lui est donnée. Jean-Louis Gergorin est celui de Dominique de Villepin, pour la raison inverse : il s'ingénie à le dédouaner. Ainsi répète-t-il en boucle : «Je suis sûr qu'il était de bonne foi. Je respecte son attitude, qui est destinée à protéger le président Chirac.»

Le procureur Marin, de son bureau perché, questionne à son tour Dominique de Villepin. Son ton est sec. À un moment, le prévenu se tourne vers le magistrat et le fusille du regard. On lit, dans cet éclair, toute la rage d'un ancien premier ministre qui, manifestement, ne supporte pas qu'on le regarde de haut. Le 8 janvier, j'étais à l'étranger.»



...Selon EUROPE1:





Voici l'intéressante chronologie de la journée...







  • 21h30 - La journée d'audience se termine.

    > 19h55 - "Arrêtez de prendre les gens pour des cons et de poser trois fois les mêmes questions" : la charge de Me Olivier Metzner, avocat de Dominique de Villepin, à l'adresse de Me Thierry Herzog, résume la violence de l'échange entre les avocats.

    > 19h54 - "Des liens confidentiels avec mon client m'interdisent de répondre", lance Thierry Herzog ; "Ce n'est pas uniquement en qualité d'avocat que vous agissiez", répond Villepin.

    > 19h52 - "J'ai bien connu Me Herzog quand j'étais secrétaire général de l'Elysée et il était moins agressif", poursuit Dominique de Villepin.

    > 19h50 - "Vous n'arriverez pas à démontrer une implication du ministre que j'ai été pour des actions que je n'ai pas commises", répond Dominique de Villepin, interrogé par l'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog.> 18h30 - Après avoir répondu aux questions du procureur de la République, Dominique de Villepin va désormais être interrogé par Me Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy.

    > 17h30 - Ingrid Betancourt s'invite au procès : d'après les instants d'audience saisis par Olivier Toscer, journaliste au Nouvel Observateur,
    et diffusés sur twitter, l'ancien premier ministre convoque Ingrid Betancourt dans son argumentation, à la plus grande irritation du procureur de la République.

    > 17h00 - Dominique de Villepin est de nouveau à la barre. Il est interrogé par le procureur Jean-Claude Marin.

    > 16h10 - Jean-Louis Gergorin réaffirme que Dominique de Villepin s'est recommandé d'instructions de Jacques Chirac.

    > 15h59 - "Tout cela est triste. C'est bien qu'on en arrive à l'épilogue", déclare Jean-François Copé, invité de Questions d'Info LCP/FranceInfo/AFP. Le chef de file des députés UMP reconnaît que ce procès, où s'affrontent le chef de l'Etat et l'ancien Premier ministre, ne donnait "évidemment pas une très bonne image" de la majorité. "C'est le dernier épisode d'une longue et triste histoire. On verra bien ce qui en sortira", a-t-il conclu.

    > 15h40 - Jean-Louis Gergorin à la barre. L'ancien vice-président d'EADS est confronté aux déclarations de Dominique de Villepin.

    > 15h09 - "J'ai cette chance d'être souvent là dans les moments difficiles, heureusement j'ai les épaules larges", ironise Dominique de Villepin. Propos rapportés sur
    Twitter par un journaliste présent à l'audience.

    > 14h52 - "Il n'y a jamais eu d'instruction présidentielle dans le dossier Clearstream et je n'ai jamais transmis d'instruction de Jacques Chirac", déclare l'ancien premier ministre, tout en assurant ne pas "chercher à couvrir" l'ancien président. (L'ancien vice-président d'EADS,
    Jean-Louis Gergorin, avait, lui, affirmé que Dominique de Villepin s'est recommandé d'instructions de Jacques Chirac.)

    > 14h40 - "Tout aurait dû s'arrêter" en 2004 lorsqu'Imad Lahoud, source principale des listings au coeur du dossier, a été placé en garde à vue dans une autre affaire, voyant sa crédibilité mise à mal, estime Dominique de Villepin. "Le 25 mars, une source a explosé", raconte Dominique de Villepin. "C'est la quatrième fois que cette source posait problème". Dans une telle situation, "la règle est absolue, il faut couper court avec la source", or "personne ne s'est interrogé sur ce qu'il fallait faire avec Imad Lahoud".

    > 14h18 - Dominique de Villepin affirme qu'une éventuelle implication de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Clearstream n'a été évoquée "à aucun moment" à l'occasion de la réunion le 9 janvier 2004 avec le général Rondot et Jean-Louis Gergorin. L'ancien premier ministre assure juste qu'il a été débattu de l'éventualité d'alerter Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, de l'affaire, ce qui a été écarté car jugé "pas opportun".

    > 13h30 - Dominique de Villepin à la barre.

    > 13h30 - Peu avant son audition, Dominique de Villepin, se dit victime de mensonges et de manipulation. "Je suis heureux de pouvoir aujourd'hui apporter ma contribution à l'émergence de la vérité dans cette affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci cette vérité", a déclaré l'ancien premier ministre à la presse.

    > 13h20 - Arrivée de Dominique de Villepin au tribunal correctionnel de Paris. Il est jugé, avec
    quatre autres prévenus, pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité de faux, recel de vol et d'abus de confiance".




Ce que Dominique de Villepin a précisé:



• Le tête-à-tête du 1er janvier 2004 avec Jean-Louis Gergorin.
«Je suis dans mon bureau, au Quai d'Orsay. Un huissier me demande si je suis prêt à recevoir Jean-Louis Gergorin. Il était en train d'organiser, avec mon cabinet, un déjeuner avec Henry Kissinger. Je le reçois une quinzaine de minutes. Il évoque divers sujets, dont la situation au sein d'EADS et, à la fin, l'existence d'un système occulte qui le préoccupe et qui est dans les mains du général Rondot, chargé d'une enquête par le ministère de la Défense. Je demande à mon secrétariat d'organiser une réunion avec le général Rondot pour connaître les éventuels prolongements internationaux, c'est une question vitale.»


• La réunion du 9 janvier 2004 avec Jean-Louis Gergorin et le général Rondot.
«Jean-Louis Gergorin s'empare de la parole, et se lance dans un exposé long, assez décousu. Le général Rondot estime qu'il est nécessaire d'approfondir, présentant l'importance de ce système inquiétant. Je l'encourage en ce sens et conclus en rappelant que la prudence est nécessaire. Je m'inscrivais dans le cadre des grandes orientations données par le président de la République dans le cadre de la moralisation de la finance internationale. A aucun moment je ne mentionne des “instructions” du chef de l'Etat. Je lui ai rendu compte quelques jours après, spécifiant que le général Rondot enquêtait. Je ne cherche pas à “couvrir” M. Chirac, mais il n'y a jamais eu d'instructions présidentielles dans ce dossier. Il n'a par ailleurs, à aucun moment, été fait référence à Nicolas Sarkozy en liaison avec le système occulte. Son nom a été évoqué en tant que ministre de l'Intérieur. Je sais qu'il existe des rivalités entre services, c'est la raison pour laquelle il a été décidé qu'il n'était pas opportun, à ce stade, de communiquer les éléments à l'Intérieur.»


• La “note DdV” qu'aurait rédigée Jean-Louis Gergorin, à la demande de M. de Villepin, après la rencontre du 1er janvier.
«Je ne l'ai pas vue et pas lue. Elle serait à l'attention du président de la République et de moi-même. M. Gergorin a travaillé de nombreuses années au service de l'Etat, il sait ce qu'est un ministre, un président de la République. Cette note n'est destinée ni à l'un, ni à l'autre, on le voit immédiatement. Elle aurait été rédigée dans la nuit du 4 au 5. "
• La lettre du 12 janvier 2004 du général Rondot à Dominique de Villepin, faisant référence à “la source” et aux “propos du président de la République”.



«Je sais qu'il y a un informateur. Pour moi, il s'agit d'une source officielle relevant du ministère de la Défense. Il est interdit de demander le nom d'une source. La lettre évoque en effet des “propos” du président de la République, et non d' ““instructions”.»



• Les listings trafiqués.



«Je ne les ai jamais vus, je n'ai jamais été informé de leur caractère frauduleux. Aucune des notes dont j'étais destinataire n'indiquait que c'était des faux et que mon ministère devait agir. Le ministère chef de file, c'était celui de la Défense.»


• Les notes du général Rondot, pierre angulaire de l'accusation.
«Elles ne sont pas conformes à ce qui s'est dit, ce n'est pas un compte rendu, mais des notes évolutives qui ont pu être complétées au fil du temps. C'est pour moi un salmigondis. Ces notes ont été distillées pour désigner une cible.»


• La garde à vue d'Imad Lahoud, le 25 mars 2004, dans une affaire d'escroquerie.
«Je n'ai jamais fait d'intervention d'intérêt personnel de ma vie. J'appelle le général Rondot de ma voiture, me rendant à l'aéroport pour rejoindre un Conseil européen. Le général, ému, l'indique qu'il est victime d'une indélicatesse de Jean-Louis Gergorin [ndlr : le vrai/faux sauf-conduit retrouvé sur M. Lahoud, mentionnant les coordonnées du général]. Je lui ai indiqué de voir ce qu'il en était. Le nom d'Imad Lahoud n'a jamais été cité devant moi, jamais. Pour moi, c'est le problème du général et du ministère de la Défense. Ce 25 mars 2004, une source, et pas n'importe laquelle, a “explosé”. C'est la quatrième fois qu'elle pose problème (Imad Lahoud est sorti de prison en octobre 2002, la DGSE a estimé qu'il n'était pas fiable, il est compromis dans une affaire de fuites au bénéfice d'un hebdomadaire). Il aurait fallu couper court avec cette source. Non seulement ce n'est pas fait, mais personne ne s'interroge sur l'avenir d'Imad Lahoud et on tente d'impliquer un ministre pour conférer à la source un intérêt supérieur. Tout aurait pu, tout aurait dû s'arrêter ce 25 mars. Or, tout s'accélère.»


• La saisine de la DST, le 5 juillet 2004.
«Le journal Le Point s'apprêtait à publier des informations sur l'affaire. En partance pour Londres, j'ai demandé au directeur de la DST, Pierre Bousquet de Florian, de s'y intéresser. Puis, le 19, j'ai convoqué le général Rondot, lui donnant l'instruction de communiquer à la DST tout ce qu'il savait. Je précise que s'il a pu faire état de doutes, c'était sous la forme d'interrogations, pas de certitudes. Selon la DST, le père d'un ministre en exercice - Nicolas Sarkozy - était susceptible d'être mis en cause. J'ai avisé Matignon et l'Elysée, qui m'a répondu que le garde des Sceaux avertirait Nicolas Sarkozy.»

• La mention, datée de juillet,
“Si nous apparaissons, le président de la République et moi, nous sautons”, dans les notes Rondot. «J'ai évoqué avec le général une conversation que j'ai eue avec Nicolas Sarkozy mais en octobre. C'était une menace de sa part : si nous ne communiquions pas tous les éléments de la DST dont nous disposions, nous sautions. Quant au fait qu'elle soit datée en juillet et non en octobre, je note qu'il y a une flèche sur son carnet. Je ne sais pas comment il gère ses dossiers.»


• Le Blackberry fourni par Jean-Louis Gergorin à Dominique de Villepin pour communiquer sur Clearstream.
«Il ne m'a équipé de rien du tout. Il a déposé à mon secrétariat un engin Blackberry que je n'ai jamais vu. Quand je l'ai appris, j'ai été fort mécontent et j'ai demandé à ma collaboratrice de le restituer.»


• La note DST de juillet 2004.
«Je ne peux pas lui faire dire autre chose que ce qu'elle dit : j'ai suivi les recommandations de la DST. Bien sûr, on peut en faire une lecture anachronique… J'ai écouté le directeur de la DST, dont la parole est claire et courageuse, qui fixe un cap. Il recommande d'attendre le retour des commissions rogatoires internationales lancées par le juge Van Ruymbeke. C'est ce que j'ai fait.»

• Le CD-ROM contenant des éléments sur Clearstream que Jean-Louis Gergorin affirme lui avoir transmis au printemps 2004.
«Je ne l'ai jamais vu. Un CD-Rom a été retrouvé chez moi lors de la perquisition de 2007. A la suite d'expertises coûteuses, il est apparu qu'il ne contenait que de pauvres œuvres littéraires - les miennes.»


• Les visites secrètes Jean-Louis Gergorin place Beauvau.
«Trop, c'est trop. 26 officiers de sécurité du ministre de l'Intérieur ont démenti, de même que les huissiers qui accueillent tous les visiteurs. Je trouve curieux que leur parole pèse moins que celle d'employés d'une officine de sécurité recrutés par EADS. Pour accéder à mon bureau, il faut en traverser d'autres, ainsi que des antichambres. Comment aurais-je pu recevoir M. Gergorin discrètement ?»

Nicolas Sarkozy.
«Il a mis en cause le président Chirac et moi-même auprès de nombreux journalistes, très précisément. Il a menacé des hauts fonctionnaires, comme Yves Bertrand et Philippe Massoni. Ce dossier a été construit de manière unilatérale, pour les intérêts d'une seule partie civile, qui veut se faire justice elle-même. L'instruction a été faussée. Cette confiscation n'a été possible que parce qu'il y a eu un gel du dossier : personne ne voulait s'en mêler. L'Intérieur s'est retrouvé seul avec la DST, j'ai pris le risque de mener l'enquête à son terme. Mes gardes des Sceaux successifs m'ont parlé de harcèlement à leur égard. Quand Nicolas Sarkozy prononce le mot “Clearstream”, sa physionomie change. Il y a de sa part un acharnement à détruire un adversaire politique.»
...Selon "Le Figaro":
Vif accrochage...
L'audience de ce mercredi a été marquée, au procès Clearstream, par un vif accrochage entre Dominique de Villepin et Me Thierry Herzog. Quand le conseil de Nicolas Sarkozy se lève, en fin d'après-midi, le prévenu a été longuement questionné par le procureur de la République, dans une atmosphère électrique. L'avocat embraye sec, et relève ce qui, à ses yeux, constitue des incohérences flagrantes dans la défense de l'ancien premier ministre.

Ainsi, celui-ci justifie-t-il un coup de téléphone au général Rondot le 25 mars 2004, par le fait qu'il souhaitait s'entretenir avec lui des attentats de Madrid. Or, note Me Herzog, ceux-ci ont été perpétrés le 11. Et le 25, c'est surtout le jour où Imad Lahoud, «source» de l'affaire Clearstream, a été placé en garde à vue dans une autre affaire d'escroquerie. Pour le pénaliste, ce coup de fil avait pour objet réel de faire en sorte que cette garde à vue soit levée. «Votre tentative a quelque chose de désespéré», ironise M. de Villepin.

Imperturbable, Me Herzog enchaîne. A un moment, comme pour créer une diversion, la défense de l'ex-premier ministre le prend à partie : «Est-ce un avocat qui parle, ou le président de la République ?» Dans le brouhaha, la voix particulière de Dominique de Villepin claque : «Me Herzog a travaillé avec moi lorsque j'étais secrétaire général de l'Elysée. A cette époque, il n'était pas si agressif». Il s'agit là d'une allusion à peine voilée au «cabinet noir» réuni pour sauvegarder les intérêts de l'ancien chef de l'Etat. Me Herzog, très calme, comme si cette digression ne le surprenait nullement, rappelle à son «jeune collègue» - M. de Villepin a, récemment, rejoint le Barreau -, les règles élémentaires du secret professionnel. Mais son adversaire renchérit :
«Vous n'interveniez pas seulement en qualité d'avocat…».

L'incident est clos. Mais quelques minutes plus tard, Dominique de Villepin profitera d'une autre question de Me Herzog pour prononcer une violente diatribe contre Nicolas Sarkozy, «partie civile qui veut se faire justice elle-même», homme animé par «un acharnement à détruire un adversaire politique».Lors de l'audience de mercredi, Jean-Louis Gergorin a, quant à lui, maintenu que l'ex-premier ministre avait participé à la manipulation.


...Pour conclure
On le voit, cette journée est riche d'enseignements, Dominique de Villepin s'est fait un plaisir à préciser à quel point il semble faire les frais d'une machination... Du côté de la défense de Nicolas Sarkozy, l'élève du barreau de Villepin rencontrerait-il son maître? C'est ce que semble penser l'avocat du chef de l'état, maître Herzog qui semble ne pas manquer l'occasion de recadrer l'ancien premier ministre qui pour sa part, trouvait l'homme bien moins agressif en "mission"... à l'Elysée alors que Dominique de Villepin en était bien... le secrétaire général!
Photographie: Tous droits réservés
Sources:© Copyright 2009 EUROPE1 (radio privée française)/ LE FIGARO (Quotidien national français)





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Albert FRERE "invité" dans l'affaire:

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Dominique de Villepin VS Sarkozy, le bal est ouvert... :

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"Mise en état" Récapitulatif du dossier:

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