Monday, August 3, 2009

OCDE: Secret bancaire, polémique à Luxembourg!

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"Le Luxembourg aime son secret bancaire..."


Depuis quelques semaines la polémique enfle dans la presse luxembourgeoise, la récente sortie de la liste grise de l'OCDE ne semble pas satisfaire tous les observateurs du Luxembourg financier:

Bien que strictement conforme aux intentions du G20 de Londres, différentes ONG pointent le manque de transparence des autorités luxembourgeoises sur les méthodes effectives que le Luxembourg souhaiterait mettre en oeuvre sur le terrain pour lutter activement contre la fraude fiscale.
 
Secret bancaire
 
Après quelques interventions très remarquées dans la presse, il en ressort une différence d'appréciation sur le volume des fluxs financiers et les méthodes qui s'opèrent sur la place financière. Mieux certains observateurs parlent d'une victoire relative pour la lutte contre la fraude fiscale, mettant clairement en doute les orientations du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker dont la résistance affichée face à la commission européenne sur la levé du secret bancaire semble s'amplifier. "La liste de l'OCDE est une étape qui indiffère le premier ministre, son objectif est bien de préserver le secret bancaire trés lucratif (?) pour la place de Luxembourg! Le fait d'être bon élève de la classe pour l'OCDE est un écran de fumée qui trouvera vite sa limite.Pour l'ABBL (Associations des Banques et Banquiers à Luxembourg), il faut relativiser ses opérations de déstabilisations fantaisistes en rien conformes avec la réalité de place financière...
 
Résistance
 
La commission européenne veut uniformiser les règles au sein de l'Union! Elle prépare pour se faire une stratégie imparable que même le très influent président de l'Eurogroupe ne pourra pas contourner. Il y avait un précèdent qui s'était soldé par un "accord diplomatique" que Luxembourg avait gagné en son temps en relevant, contraint, l'imposition pour se conformer aux objectifs de la commission. Aujourd'hui, une crise plus tard, le Luxembourg ne pourra plus se permettre le risque d'un isolement..." Souligne un influent diplomate en poste à Luxembourg. Pour un banquier, "C'est avant tout une affaire de personne, le premier ministre luxembourgeois est en guerre avec le couple franco-allemand sur la question du secret bancaire qui serait pour lui le prétexte bien trop facile pour caser le Luxembourg comme paradis fiscal et véritable "carrefour de la fraude fiscale" du fait de sa place centrale en Europe. Ce n'est pas faire l'économie d'une vérité que de pouvoir dire que la majorité des acteurs "majeurs" de la place font un travail honnête et donc "sans états d'âme et avec une conscience toute... professionnelle". Les difficultés qui pourraient venir assombrir ce sentiment général viendraient plus de cas isolés, qui pour les professionnels seraient le résultat de pratiques rares et donc marginales.

Discrétion
 
Ce qui est choquant à Luxembourg, c'est le peu de publicité qui se fait jour sur les actions entreprises par l'état et la justice sur le contrôle effectif des acteurs de la place. Discrétion salutaire pour les uns, suspecte pour les autres! Car les ONG souhaiteraient un inventaire le plus complet possible de tous les acteurs de la place, la création d'un label pourrait suggérer "Finance Offshore"qui pour sa part se souvient de la détermination de l'état luxembourgeois dans l'affaire Madoff et du fond Luxalpha... Selon les ONG, les objectifs de transparence ne sont pas toujours un argument "de vente" pour les potentiels clients d'une place financière aux dimensions internationales," l'argument vendeur" est bien celui de la confidentialité, cette discrétion qui rassure les opérateurs... Pour le Cercle de Coopération (ONG), Luxembourg n'est pas aussi blanc que sa prétendue "récente robe" le suggère, bien au contraire, l'étude à charge, veut pointer un certain angélisme de rigueur de la place. Cette organisation ne pouvait pas s'y prendre plus mal en chargeant la "barque Luxembourg" avec un rapport qui dans ses grandes lignes fait l'objet d'un manque cruel de vérification des données, parfois les plus élémentaires! Pour d'autres observateurs et journalistes de la place c'est une occasion de "chatouiller" quelques idées reçues sur la place et de montrer que le plan média du gouvernement est trop orienté sur la seule question du secret bancaire. "Ce n'est pas le meilleur angle d'attaque que pouvait choisir la place, car, il faut éviter de rêver sur le maintien du secret bancaire, la messe est dite, Jean-Claude Juncker devra bien redescendre de son petit nuage, celui d'un paradis perdu à jamais... Me souffle un journaliste qui ajoutera même qu' "Il paraît que le contentieux est si marqué entre Luxembourg et la commission que des différents apparaissent à présent sur des dossiers locaux relatifs à la présence des institutions européennes à Luxembourg!"(?)
 
Avenir
 
Pour ce qui est du présent, un bilan s'impose à Luxembourg, on peut noter les progrès réels acquis à l'échange d'informations relatif à l'article 26 de L'OCDE. Car la place se conforme aux objectifs du G20, et il n'est pas impossible que le secret bancaire qui est amené à disparaître aussi à Luxembourg, soit l'occasion de refonder les acquis de la place sur cette question. L'isolement n'est pas la culture de cette place financière qui devra bien dans le concert des nations visées par l'OCDE se mettre en conformité avec les nouveaux standards internationaux comme la Suisse par exemple... L'analyse du chef de gouvernement luxembourgeois est pleine de bon sens, ce qui ne se fera plus en Europe, se fera ailleurs, disait-il. Car l'argent est une "force" en mouvement qui ne connaît pas les frontières de l'histoire et de la géographie soulignait le Gafi (Groupement d'Actions Financières, 33 états membres)!
















Sources: OCDE/CE/Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg
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