CE/Eurogroupe/Attention particulière pour la croissance. Par Didier REMER


"Deux présidents satisfaits de rester présidents"





Ambiance détendue

C'est à Bruxelles que le président de l'Eurogroupe, le premier ministre Luxembourgeois Jean-Claude Juncker (CSV, démocrates sociaux chrétiens) avait convié ce lundi les ministres des finances concernés de la zone Euro. L'ambiance était détendue mais jugée studieuse par l'ensemble des participants. Les dossiers furent nombreux et complets, mais toujours avec la volonté de faire un bilan des avancées et objectifs...

Croissance

Il en ressort que c'est bien la croissance de la zone Euro qui était au centre des débats, le potentiel et les stratégies pour le retour vers une évolution positive focalisèrent l'attention des ministres des finances qui pouvaient ainsi comparer les résultats de chacun et du besoin toujours impérieux de sortie des déficits publics pour l'ensemble des états. Alors que l'Allemagne poussait pour une révision à court terme des normes de Bâle II, ce qui fait l'objet d'une attente particulière des professionnels, des ministres ont soutenu la mise en place d'un système de provisions dynamiques pour les banques afin de lutter efficacement contre les effets pro cycliques, qui nuisent à la croissance.

Soutien

Lors de sa conférence de presse, Jean-Claude Juncker, un ton alarmiste aura même précisé: "La probabilité est grande que la zone euro subisse une perte permanente de croissance potentielle et la perte d'output sera d'autant plus grande que les actions coordonnées des gouvernements seront d'autant plus faibles","Nous pensons tous que les mesures de soutien doivent être maintenues en place tant que le risque que la situation continue de s'aggraver continue d'être perçu", a ajouté le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois. Dans la veine des récentes études de l'OCDE et du FMI et de la Commission Européenne il a précisé que les dépenses devaient être concentrées sur la recherche et le développement ainsi que sur les investissements publics et que la mise en oeuvre des réformes structurelles devait s'intensifier, ce que les principaux états commencent à mettre en pratique notamment par les différents plans de relance dans la zone Euro.

Rassurant

Joaquin Almunia, le pragmatique commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a renforcé cette attention qui doit être portée sur le retour à la croissance en abondant en ce sens, tout en se voulant rassurant sur la capacité des Européens à faire face à cette situation."Ce potentiel de croissance réduit ne durera pas si nous adoptons les politiques adéquates (...) La discussion a commencé aujourd'hui", a-t-il insisté.

Lagarde la vertueuse

Christine Lagarde, ministre française de l'Economie confirmée dans le nouveau gouvernement mis en place par le président français, Nicolas Sarkozy est revenue sur la question et a indiqué qu'une discussion avait été menée sur les mesures et les initiatives qui doivent être prises pour assurer une attitude prudentielle sur la conjoncture. Elle a précisé qu'il s'agit bien d'"améliorer la situation des marchés financiers et du système financier, examiner quelles politiques on peut mettre en place en matière d'emploi et de soutien des compétences, comment on revient rapidement à une situation de maîtrise des finances publiques et de quelle manière on partage les stratégies de développement et de rétablissement de la croissance potentielle". La ministre française s'est avérée particulièrement rejointe dans son analyse par l'ensemble des ministres des finances sur cette notion de croissance potentielle, les ministres de l'Eurogroupe se sont voulus très prudents sur la conjoncture et ont mis en garde contre la tentation de mettre un terme trop tôt aux plans de relance. La peur de casser un rythme vertueux est partagé en Europe.

Juncker au milieu de la crise

Jean-Claude Juncker précisera d'ailleurs à ce sujet: "Nous avons insisté depuis quelques mois sur la nécessité qu'il y avait de nous doter d'une stratégie de sortie des déficits (...) Mais le moment pour appliquer cette stratégie n'est pas arrivé. Nous sommes au milieu de la crise", analyse que complétera Joaquin Almunia en confirmant cette opinion, tout en indiquant que si le moment de retirer les plans de relance n'était pas arrivé, celui d'en discuter l'était. "Avoir une stratégie clairement définie (...) aidera à restaurer la confiance", a dit le commissaire espagnol qui s'est adossé au sentiment de la ministre française qui en marge de la réunion, avec plusieurs pays, au premier rang duquel l'Allemagne est revenue sur la nécessité de mettre en place des mesures contre cycliques en Europe et de bannir toute règle ayant un effet pro cyclique. Dans les conclusions du conseil Ecofin, mardi, les ministres des Finances de l'UE appellent ainsi à une réforme rapide des règles prudentielles en vigueur dans l'UE.

Bonnes volontés

Les objectifs du rapport De Larosière se retrouvent ainsi remis à l'ordre du jour, le prochain G20 de Pittsburgh aux Etats-Unis étant le calendrier des bonnes volontés de l'Union Européenne qui devra faire force de se présenter unie et plus efficace que lors du G20 de Londres! Il reviendra ensuite à la Commission européenne de faire des propositions en ce sens à l'automne, lors d'une nouvelle mouture de la directive CRD (Capital Requirement Directive) sur les fonds propres des banques, et aux Etats membres et au Parlement de codécider sur le contenu final de la réforme qui permettra de développer un arsenal efficace sur les mesures contre cycliques visant à lisser les résultats sur le long terme. Pour ce qui est des normes Bâle II que les allemands souhaitent retoquer, il y a cependant peu de chance d'aboutir cette semaine.
Compte tenu des délais d'élaboration d'un tel texte, il devrait concerner l'exercice 2010 au plus tôt et, dans l'attente d'une modification des règles prudentielles et comptables. Berlin souhaite ainsi éviter tout effet pro cyclique, alors que ses banques sont sous la menace d'un abaissement de notes d'actifs détenus dans leurs portefeuilles qui auraient des effets sur la structure de leurs fonds propres et sur leur capacité à émettre des prêts.

En coulisse

Dans la coulisse, de nombreux diplomates présents à Bruxelles précisent que l'Eurogroupe est tributaire des décisions du couple franco-allemand, principaux émulateurs de réformes, Jean-Claude Juncker ayant lissé son profil suite à l'affaire du secret bancaire et du classement de son état sur la liste des paradis fiscaux de l'OCDE. Nicolas Sarkozy souhaite inscrire au calendrier européen un train de mesures similaires au projet de l'administration américaine Obama sur le traitement épineux du dossier des Hedge funds, dont le Luxembourg est un des principaux acteurs européens... Nicolas Sarkozy devrait proposer ces objectifs dans les prochains jours.


Photographie: Tous droits réservés Messieurs Juncker, président de l'Eurogroupe, premier ministre luxembourgeois, Barroso, président de la Commission Européenne dans une rencontre en marge de l'Eurogroupe à Bruxelles.

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