Thursday, June 18, 2009

Les Iles Caïmans de Mc KEEVA Bush suivent l'OCDE. Par Didier REMER

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Le nouveau premier ministre des îles Caïmans, William McKeeva Bush doit mesurer à sa juste valeur la pression de l'administration Obama représenté par 80 % des entrepises américaines à Caïmans, président américain qui souhaite que la zone Caraïbes se range derrière les objectifs du G20. Paradis du sable blanc et de la mer turquoise, les îles Caïmans également liées à la couronne d'Angleterre, sont avant tout le paradis des Hedge Funds, 9000 environ et souhaitent le rester autant que faire se peut, au même titre que Luxembourg, mais avec un avantage considérable, la crise n'a pas emporté la moitié des capitaux comme ceux placés en Europe... Car le mouvement éthique trouve un écho sans précèdent depuis que Washington est désireuse de faire le grand ménage, le président Obama vient d'annoncer une série de mesures édifiantes de bonnes volontés pour assainir le secteur financier, Wall Street tremble à l'idée du nouveau plan de l'administration Obama résolue à aucunes concessions, les Etats-Unis souhaitent organiser le prochain g20 en évitant toutes critiques sur les pratiques de son secteur financier, le virage éthique est une réalité! "Il faut un signal fort à l'adresse de la planète finance, les Etats-Unis souhaitent devenir leader sur la question éthique, ils ont des atouts et veulent le faire savoir. Obama refuse de voir le prochain g20 comme le prolongement du g20 de Londres, il souhaite passer à la vitesse supérieure, conscient du rôle moteur que doivent tenir les Etats-Unis, l'"act plan" est une entreprise qui se veut aussi importante que les mesures prises en 1930 après la crise de 29. Les observateurs parlent d'un plan autrement plus important que celui des années trente. Les Etats-Unis misent le tout pour le tout pour assurer une sortie de crise vers le haut! " Obama tient là toute la légitimité des objectifs programmatiques de sa politique, il doit réussir, il ne pourra fédérer son bon peuple que s'il parviendra à lui redonner le fameux rêve américain. La ville de Détroit est très certainement du fait de la crise automobile l'exemple le plus évocateur des Etats-Unis en pleine déroute, le président américain souhaite éviter que l'ampleur de Détroit se propage, il se dit particulièrement touché par les drames de toute une population au travers de plusieurs générations... Les îles Caïmans sont un symbole pour cette lutte contre la fraude fiscale, l'administration Obama sait jouer de son influence sur toute la zone Caraïbes au même titre qu'elle le fait pour l'ensemble de la planète. "Il y a chez Obama une sincérité qui risque de bouleverser bien des idées reçues sur les Etats-Unis et cette idée d'un impérialisme austère tant pratiqué par son prédécesseur!" Souligne un diplomate français en poste à Washington.
Article du Figaro relatif à la tournée européenne du nouveau premier ministre des îles Caïmans, William McKeeva Bush:
Le nouveau chef du gouvernement des îles Caïmans, William McKeeva Bush, s'est engagé à sortir son pays de liste grise des paradis fiscaux de l'OCDE. En tournée européenne, il était, mercredi, à Paris.

LE FIGARO - Que venez-vous faire à Paris avec tout votre gouvernement ? Signer un nouvel accord fiscal avec la France ?
William McKEEVA BUSH - Nous sommes venus voir les responsables de l'OCDE pour leur manifester notre souhait de coopérer pour sortir au plus vite de la liste grise des paradis fiscaux. Nous avons négocié avec la France un accord de double imposition conforme aux critères de transparence exigés par l'OCDE. Il sera signé dans les prochaines semaines. Nous avons signé un nouvel accord de double imposition avec la Grande-Bretagne. Nous serons à Berlin le 23 juin, où nous signerons un accord fiscal avec l'Irlande. La semaine prochaine, nous aurons déjà signé dix accords d'échange d'informations conformes aux standards OCDE. D'ici la prochaine réunion du G20 en septembre, nous aurons conclu au moins 12 conventions fiscales, en incluant la France, l'Allemagne et les États-Unis. Notre objectif c'est de signer des accords fiscaux avec tous les pays de l'OCDE !
Vous êtes donc prêts à donner les noms des bénéficiaires des trusts ayant des comptes en Suisse, dans le cadre d'une enquête fiscale ?
Oui. Absolument. Ce sera une obligation légale pour nous. Si les pays signataires nous demandent une information dans le cadre d'une enquête pour fraude ou évasion, nous la donnerons, sans faire de distinctions entre un délit pénal ou civil. Le message que nous envoyons à la communauté internationale est clair : les personnes qui utilisent les Caïmans pour frauder le fisc de leur pays d'origine ne seront plus à l'abri chez nous. Elles ne seront d'ailleurs plus à l'abri nulle part…
Pourquoi ce revirement soudain ?
Est-ce sous la pression de Londres ? De Washington ?
Ou par peur des sanctions du G20 ?
Quels que soient nos liens avec la couronne britannique, et notre dépendance économique à l'égard des États-Unis, nous n'agissons pas par peur. Nous sommes l'un des premiers pays à nous être engagé à coopérer avec l'OCDE en 2000. Et à avoir signé un accord d'échange d'information fiscale avec les États-Unis en 2001. En jouant pleinement le jeu de l'OCDE aujourd'hui, nous voulons faire entendre notre voix sur la scène internationale et ne plus être stigmatisés comme une place «offshore» favorisant la fraude ou l'évasion fiscale, alors que d'autres pays plus grands et plus puissants que nous -qui ne sont pas des îles- ont des pratiques fiscales identiques aux nôtres et ne sont pas inquiétés. Tout le monde doit être traité au même niveau. C'est qui nous convient dans la nouvelle démarche de l'OCDE, qui n'accorde plus de privilège aux paradis bancaires européens.
En jouant le jeu de l'OCDE, ne craignez vous pas de vous priver d'une source de revenus ? De faire fuir les riches traders ou les hedge funds ?
Les fraudeurs fiscaux partiront s'ils se sentent menacés, mais, très franchement, ils ne représentent pas l'essentiel des investisseurs aux îles Caïmans ! Nos investisseurs sont des multinationales à 80 % américaines à 20 % européennes qui profitent, via leurs filiales, de nos avantages fiscaux, et de notre expertise financière. Si nous vivions de l'évasion fiscale ou du secret bancaire, nous nous serions effondrés depuis que nous avons signé l'accord d'échange d'informations avec les États-Unis en 2001.
Depuis la crise, avez-vous perdu beaucoup de clients ?
Oui, comme tout le monde. Nous subissons la récession américaine et les déboires de la City de plein fouet. La finance représente 40 % de notre PIB. Et pour la première fois, nous avons du chômage sur l'île. Mais les hedge funds se portent mieux que nous ne craignions. Malgré la crise, leur nombre est resté stable : 9000 environ.
Craignez-vous de devoir réguler davantage vos activités pour satisfaire le G20 ? Aujourd'hui, nos normes ne sont pas plus laxistes que celles de Londres ou de Paris. Nous sommes même les seuls à réguler les hedge funds. Nous respecterons les nouvelles règles internationales décidées par le G20. Notre ambition, c'est de rassurer les investisseurs en devenant le Singapour des Caraïbes. Pas de les inquiéter en se marginalisant.



Source: Gouvernement des Iles Caïmans

Interview: Le Figaro © Copyright 2009 Tous droits réservés
Photographie: William MC Keeva Bush Tous droits réservés
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