Tuesday, May 19, 2009

G20/OCDE: Liste et enquêtes pour le G20 de septembre! Par Didier REMER

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Évoquée depuis plusieurs semaines, l'information tente à se confirmer. Une imposante réunion d'ONG serait déterminée pour publier une enquête avec une liste de "Paradis fiscaux irréductibles". Opération programmée juste avant le prochain G20 de septembre. L'enquête serait composée de preuves qui démonteraient les arguments de certains états listés qui nient toujours une certaine réalité... Ce sont des enquêtes effectuées directement "in situa" avec des entretiens de responsables de banques (filmés en caméra cachée) et même des "missions concrètes" pour établir les circuits toujours utilisés et les conseils administrés depuis certains états listés en gris... L'objectif de cette enquête se veut comme une occasion de confronter les chefs d'états qui nient encore certaines pratiques du blanchiment d’argent, comme souvent évoqué dans la liste des pays non coopératifs dressée par l'OCDE lors du dernier G20. Le G7 de Washington demandait lui même une liste pour le blanchiment d'argent comme précisé dans cet article:
---Les pays du G7 demandent une liste des pays non coopératifs en matière de blanchiment d’argent pour septembre, décision prise à Washington, "elle devra être dressée d’ici au prochain sommet du G20 en septembre", a déclaré la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde."Nous avons demandé au Gafi (Groupe d’action financière internationale) de dresser la liste des pays non coopératifs en matière (...) de blanchiment d’argent. Il faudra que cela soit fait avant le prochain G20 des chefs d’Etat, en septembre", avait-t-elle indiqué dans un entretien au Figaro le mois dernier. Une liste sera également établie par le Conseil de stabilité financière (FSB) pour recenser les pays non-coopératifs en matière "prudentielle", c’est-à-dire sur les normes fixant les exigences de solvabilité des banques, avait précisé Mme Lagarde."Nous savons que cela va provoquer des remous mais les membres du G7 veulent la fin des paradis de toutes sortes", a précisé la ministre, ajoutant que c’était "un élément essentiel de stabilité financière". Dans le communiqué final le G7 pressait ainsi le Gafi d’"identifier les pays non-coopératifs en matière de blanchiment d’argent et de lutte contre le financement du terrorisme et de mettre au point les contre-mesures". Dans son dernier rapport publié en avril, le Gafi recensait déjà cinq "juridictions" présentant un "risque" en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme : l’Iran, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Pakistan et Sao Tomé-et-Principe.(Fondé en 1989, le Gafi est un organisme intergouvernemental regroupant 34 pays qui a pour objectif de concevoir et de promouvoir des politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.)D’après le Fonds monétaire international, le volume agrégé du blanchiment de capitaux dans le monde représentait en 1996 entre 2 à 5% du produit intérieur brut mondial, soit de 590 à 1.500 milliards de dollars. --- (Source AFP)
C'est ainsi que l'AFP rendait compte des objectifs du G7, mais on comprend bien l'intérêt d'un groupement d'ONG pour publier une contre-enquête qui risque bien de décridibiliser la nouvelle liste que certains jugent d'avance trop consensuelle. " Si cette enquête s'avère aussi puissante qu'elle est tenue au secret, on peut s'attendre à de réelles révélations qui risquent bien de compliquer les objectifs du G20 de septembre. L'objectif des ONG est d'assurer un travail plus efficace que l'entreprise pas toujours heureuse de l'OCDE,organisation qui reste toujours sous la pression de grands états, enfermés dans la diplomatie post-crise". Constate un diplomate. Il est vrai que tout ne sera pas réglé en septembre, bien au contraire, les principales sources diplomatiques parlent même du possible discrédit du précédent G20 de Londres dont les listes manquaient d'une réelle lisibilité dans l'opinion publique. "L'idée des classifications intermédiaires était bienvenue, mais dans le concret, on se demande si elle n'est pas à l'origine d'une confusion généralisée, qui permet à certains états de "crier au scandale" pour mieux masquer leur réalité. (ndlr: Suisse, Luxembourg...)" Cette enquête risque de décridibiliser au plus haut point les états qui se risqueront dans la surenchère d'un certain mensonge! Les mécanismes "vertueux" de l'évasion fiscale seront démontrés avec des exemples concrets, un véritable "crash test grandeur nature"! A suivre...