Wednesday, May 6, 2009

Anders Borg, futur chef de l'Eurogroupe? Par Didier REMER

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Bientôt la Suède va diriger l' Union Européenne, et ce petit pays qui en inspire tant d'autres pour les réformes sociales va devoir profiter de cette présidence pour communiquer ses nombreuses qualités à l'international. Depuis quelques mois un nom circule, celui de l'actuel ministre des finances Suèdois, Anders Borg. A 41 ans, il fait déjà bonne impression dans le milieu de la finance internationale, surtout depuis que ses thèses programmatiques pour lutter contre la crise financière se découvrent. Car celui que les professionnels de la finance souhaiteraient voir "dés que possible" en lieu et place de l'actuel chef de l'Eurogroupe, (le luxembourgeois Jean-Claude Juncker), est un véritable crack de la finance! Diplômé en économie de l'université de Stockhom, il a déjà occupé d'importantes fonctions stratégiques dans son pays, conseiller politique de l'ancien premier ministre Carl Bildt, analyste dans les deux plus grandes banques du pays et même économiste en chef du parti des conservateurs modérés... "Il est des ministres des finances européens actuels celui qui intègre le mieux les enjeux de la refonte du système, homme moderne, d'ouverture et cultivé, il maîtrise les fondamentaux de l'économie, il est homme de dialogue et surtout porté par un pragmatisme qui invite la coordination et la mutualisation des expériences par l'effort." Précise un ami qui dirige une des plus grandes banques européennes en concluant: "C'est le profil d'une nouvelle génération qui va devoir associer la qualité de l'expertise à celle de l'imagination. Actuellement on peut considérer que nombreux sont les ministres des finances à vouloir éteindre le feu avec un verre d'eau, sans compter ceux qui "mettent l'huile sur le feu" en plus d'une incompétence... notoire!"

Pour l'Eurogroupe, c'est pas gagné, car cette instance "informelle" est encore l'avantage des pays fondateurs de l'Union adeptent de l'euro. Le premier ministre luxembourgeois totalise de trés bons résultats qui plaideront toujours en sa faveur. La Suède va donc par cette présidence donner de la voix à son actuel ministre des finances qui du coup deviendra le "ministre des finances de l'Union Européenne" et se retrouvera en capacité de faire valoir ses thèses. A Paris, Anders Borg à la cote, décontracté, doté d'un franc-parler il est très en phase avec "le milieu" mais n'hésite pas à faire comprendre au couple franco-allemand que ceux qui sont le moteur de l'Union Européenne vont devoir l'aider pour que des solutions stables et efficaces soient trouvées lors des six mois de la présidence Suédoise, tel est son principal objectif. Relancer la machine "Europe"! Le 1er juillet, la Suède succédera à la République Tchèque à la présidence de l'Union Européenne. Il va devoir s'attaquer au rééquilibrage des finances publiques de 23 des 27 pays de l'UE qui risquent de ne pas respecter les fameux 3% du seuil et à 60% de leur P.I.B (Produit intérieur brut) pour 2010. Ce n'est pas acceptable pour lui et précise que le pacte de stabilité devra être scrupuleusement être respecté lors de la présidence Suédoise de l'union Européenne. Il propose déjà dans son pays la fin de l'état providence (12% de chômage d'ici à 2012), ce qui en soit est une véritable révolution dans cette démocratie nordique souvent citée en exemple avant la crise financière internationale. On lui prête de sérieuses compétences qui font dire à beaucoup que si le test de cette fonction de ministre des finances de l'UE s'avère efficace qu'elle devrait lui offrir le ticket de la présidence de l'Eurogroupe, candidat plus consensuel qui intègre ultra-libéralisme et modèle social européen. La crise sociale qui s'installe en Europe sera d'autant plus délicate: "Le modèle d'avant crise risque de se transformer toujours plus en machine destructrice d'emplois, il faut un plan social européen, qui étrangement résiste aux égoïsmes des états qui se focalisent encore trop sur les économies nationales!" Précise un expert... On le voit bien, le ministre a du pain sur la planche avant de diriger l'Eurogroupe. Jean-Claude Juncker, actuel président de l'Eurogroupe pourra lui donner encore quelques bonnes leçons. Le luxembourgeois, qui totalise la plus grande durée à la tête d'un exécutif européen souffre d'une grave crise avec le couple franco-allemand. Il sait qu'aprés sa gestion "trés personnelle" de la crise avec l'OCDE, il sera toujours moins consensuel qu'une nouvelle tête, même trop "fraîche" pour les plus irréductibles ... Mais tête pleine de promesses!


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