Sunday, May 31, 2009

G20: Pittsburgh, le 24 septembre prochain! Par Didier REMER

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L'idée de faire le G20 à New-York s'est vite perdue dans les cartons de la Maison Blanche. En effet New-York va devoir déjà encadrer l'organisation de l'assemblée générale des Nations Unies, une des plus importantes sessions de l'organisation depuis sa création et donc des dispositifs lourds pour éviter de s' ajouter en plus l'organisation d'un sommet du G20. Après réflexion, le prochain sommet du G20 se tiendra le 24 septembre prochain dans la ville américaine de Pittsburgh (photographie), en Pennsylvanie, a indiqué la Maison blanche dans son point presse quotidien. Un porte-parole de la Maison blanche, M. Gibbs, a indiqué que ce sommet serait l'occasion de faire le point sur les progrès réalisés depuis les précédentes rencontres de Washington et de Londres, ainsi que de "débattre des mesures qui pourront assurer un redressement durable de l'économie après la crise". Ce sommet aura lieu peu de temps après l'assemblée générale des Nations Unies en leur siège de New York. La ville de Pittsburgh a été désignée, sur proposition des Etats-Unis, par les participants au G20 lors de sa dernière réunion, à Londres, a indiqué le porte-parole. Ce sommet devrait voir aboutir le volet sanction sur les paradis fiscaux et l'annonce d'un plan international pour relancer les échanges et investissements pour l'économie. On parle d'une possible intégration des fameuses questions éthiques sur la transparence dans la finance et du nouveau rôle que nombreux états contributeurs souhaitent donner au F.M.I. Il faut s'attendre à un bilan social très négatif, les principaux indicateurs font l'objet d'une aggravation sans précèdent. Il se perd par jour en zone Euro plus de 4000 emplois... Et plus de 12 000 emplois par jour dans le reste du monde. De quoi rester pessimistes pour un bon nombre d'états qui ne maîtrisent plus leurs dépenses et vont jusqu'à s'enfoncer dans une récession toujours plus forte, dont l'effet boomerang risque de se faire sentir au plus haut point. "Le prochain G20 sera plus l'occasion de faire le point, les chiffres vertigineux de la crise sociale qui s'installe vont asseoir une certaine incapacité des états qui ne savent plus ou donner de la tête... Aux Etats-Unis et en Europe on commence à sentir une lassitude dans l'opinion publique pour qui les solutions proposées semblent clairement dépassées par la réalité criante du quotidien de populations à bout! Le décalage des sommes injectées dans le secteur financier par rapport au secteur industriel en pleine déconfiture est de nature troublante pour ceux qui perdent tout du jour au lendemain..." Souffle un expert qui pense que "Le G20 va devoir monter en gamme son plan de sauvetage, il y a une escalade dangereuse pour le système démocratique en tant que tel, les vieux réflexes protectionnistes sont en embuscade!" Le prochain G20 sera une occasion de vérité comme le souligne la plus grande majorité des observateurs...


Photographie: G20 Tous droits réservés

Mercedes Will Give Grandma A Heart Attack

Mercedes has typically been seen as a car for old people by some who ignore years of racing heritage and do not do research:

Case in point! Smell the Medicated Powder?

What also does'nt help is the fact that the typical Mercedes driver looks like this:

Ergh? After Yachting they're going to go write their wills...

Well... let a crusty old man drive this and see what happens:


In a sick way, I'd love to see what happens if anyone over 80 drove this...


Oh... thats convenient!...

Just take a quick look at Mercedes styling in the last 5 years. They have really stepped up the aggressive fascias, which is a good thing. The old benzes look like regal German sedans. The new benzes look like they are about to rape and pillage a coastal village. The latter is ten times more badass. They should have their performance heritage rise to higher prominence and let the "amount of golf bags that fit in the trunk" stat take the back burner.

Saturday, May 30, 2009

Elections du Luxembourg, la place vote Juncker.Par Didier REMER

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  Toujours à sa place...

 
 
 
 
     Il y a les sondages, la presse et toutes ses spéculations dignes du jeu démocratique, et puis finalement, cette température que l'on prend au restaurant, au golf, entre amis... L'actuel premier ministre luxembourgeois est bien dans cette phase cruciale d'une élection, peu de part au doute pour monsieur Jean-Claude Juncker "qui craint tout juste de devoir créer un tour de table moins évident au sortir de cette élection".
 
 
Vertueux
 
 Il faut dire que Luxembourg est un pays qui navigue bien avec le concept de la démocratie chrétienne à vocation sociale. "Ici les oppositions frôlent trop souvent la mauvaise foi, la raison? Notre pays est bien dirigé, il faut même dire depuis la crise, bien orienté! D'abord déçu du G20 et de cette liste grise bien foncée et puis finalement désireux de relever la tête pour asseoir les vérités d'un état victime d'une certaine jalousie sacrificielle..." Me souffle un ami à qui je ne manque pas de préciser que Jean-Claude Juncker est incontestablement le favori de toute la diplomatie et du monde financier international représentés ici: "Nous avons besoin de voir le bon peuple de Luxembourg soutenir l'actuel premier ministre, c'est sur cet homme que repose l'avenir de la place financière, et d'une certaine façon l'avenir du pays. Il est la bonne clef!" Il faut dire que Jean-Claude Juncker s'était embarqué un peu vite dans la guerre contre l'OCDE. Mais qui d'autre à la place de ce chef "vertueux" de l'eurogroupe pouvait ainsi remettre l'église au milieu du village? A vrai dire il était bien l'homme de la situation, bien sûr, ici même on ne manque pas de lui dire ce qu'on pense de certains "relatifs écarts", mais bon les vrais amis se doivent la vérité, et sur le fond l'accord est parfait... "La forme, c'est un vecteur porteur du débat souvent contradictoire." Et puis le couple franco-allemand et ses légitimes intérêts allait devoir peut être en passer par là... Quelques semaines pénibles plus tard, Jean-Claude Juncker est plus que jamais en phase avec le virage que doit opérer la place de Luxembourg, tout est prêt, mieux, " il vient de porter un coup aux idées reçues de ceux qui doutaient de le voir mettre en oeuvre ce qui va lancer la place de Luxembourg sur la nouvelle vague éthique", le mot est lâché, ici à Luxembourg, "l'idée est bien retenue". Car n'en doutons plus, "il y a une place à conserver en Europe", celle d'une place financière de dimension internationale,  ici, "à Luxembourg, il y a un équilibre qui est porté par un européen qui peut se prévaloir d'un pragmatisme souvent en phase avec son temps".(...) "Le débat intérieur en est presque réducteur, ils sont tous là, à critiquer le premier ministre et finalement, à part quelques rares idées nouvelles, rien de vraiment apte à porter la disgrâce sur Jean-Claude Juncker" me précise un autre ami. En tous cas pas le député Claude Meisch (DP) bien que jeune, "...avance des idées si rétrogrades qu'on serait tenté de lui dire haut et fort: "Cher monsieur, tournez sept fois votre langue avant de l'ouvrir... Mais bon si vous la fermez, on en sera pas désolé pour autant... Sévère mais tellement juste!" Me souffle un autre ami luxembourgeois. (Ambiance...) Car quand le premier ministre ouvre les consciences sur un monde en mutation, certains parlent protectionnisme, "...allant jusqu'à vouloir supprimer les allocations familiales aux travailleurs frontaliers! Rien que çà! Des thèses programmatiques qui surfent sur le rejet de l'autre et finalement l'ignorance la plus notoire qui soit..." Jean-Claude Juncker est fils d'ouvrier, il s'en est ouvert dans les médias et explique bien que son enfance était aussi ce Luxembourg qui s'est construit "...avec des gens d'origines si différentes, et que la vie rend complémentaires".
 
 
Vigilance
 
Ce petit pays est composé d'une population très diverse, sa situation géographique est un carrefour. "Il y a chez les jeunes un racisme inquiétant, parfois démesuré, on se concentre à lutter contre, pourtant les clivages sont forts et persistent... Dans notre société, sont représentées plus de vingt nationalités, les jeunes qui sont allés faire des études à l'étranger sont en général ""plus ouverts d'esprit"", les autres sont dans des shémas qui laissent un sentiment d'une réelle difficulté d'adaptation. Notre vigilance est réelle, on traite cette problématique avec beaucoup de psychologie et discrétion..." Précise le directeur des ressources humaines d'un grand groupe présent à Luxembourg et ce "depuis plus de cinquante ans". C'est un point qu'il faut évoquer, car souvent caché, ce trait de caractère du pays est "un de ses plus grands paradoxes". Dans la place, les employés sont plutôt homogènes, "la finance est un monde à part, "open" mais il ne fait pas l'économie de certains clivages." Le Luxembourg vient d'opérer une mutation qui n'est pas encore perfectible "pour toute la population", Jean-Claude Juncker est pour beaucoup  "l'homme de la situation". Il n'aura pas la mauvaise surprise de voir des résultats dévaforables, "tout juste un gouvernement qui s'équilibrera avec... quelques retouches techniques!". Le G20 de septembre sera l'occasion d'un nouveau départ pour le premier ministre luxembourgeois, qui n'en doutons pas, va orchestrer avec la diplomatie qui est sienne, "... encore quelques bonnes leçons aux grands voisins du Luxembourg!" A suivre.
Photographie: Tous droits réservés.

Tuesday, May 26, 2009

Luxembourg: Asselborn constate les gesticulations du président français! Par Didier REMER

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Jean Asselborn ne le cache plus, pour lui, le président français gesticule de trop! Nicolas Sarkozy est bien la "bête noire" du ministre des affaires étrangères luxembourgeois qui ne digère toujours pas le dernier G20 de Londres. Sommet dont les décisions sont à ses yeux que pures gesticulations des grands états dont la France en ligne de mire. Toujours et encore! Gesticulations dont cette fameuse liste grise "cause des préjudices!". Le ministre des affaires étrangères Jean Asselborn semble reconnaître qu'il lui sera bien impossible de faire le poids et donc de résister, il regrette tout juste de n'avoir pas fait l'objet d'un traitement qu'il considère encore loin d'une exemplaire équité, il replace ainsi dans le débat la notion de solidarité européenne si chère au premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker... Du côté français on parle "d'un ministre aigris d'une liste grise, mais qui se conforme tout de même à l'esprit des objectifs du g20, l'essentiel en fait! Que le président gesticule de trop ou pas assez, il est au moins dans l'action, la présidence française de l'Union Européenne par Nicolas Sarkozy s'est démarquée par un style actif, ce que personne ne peut contester, à l'image du ministre luxembourgeois Asselborn qui semble encore s'en émouvoir!" Souligne un diplomate. Il faut dire que le Luxembourg vient de signer avec les Etats-Unis un accord comme celui que recommande l'article 26 de l'OCDE pour se voir effacer de la fameuse liste grise... Il y a les paroles, et puis finalement les actes... De ce point de vue, les actes de nos amis luxembourgeois sont bien la démonstration que résister n'est peut être pas la meilleure spécialité d'un état qui regrette que "le club de l'Union Européenne" lui soit moins favorable que le "club des (ex) paradis fiscaux"...


Interview Jean Asselborn au sujet de la politique fiscale du Luxembourg



"Radio Suisse Romande" du 24-05-2009

RSR: Ministre des Affaires étrangères du Grand-Duché de Luxembourg, Vice-Premier ministre également. Le Luxembourg comme la Suisse a signé deux accords de double imposition, pouvez-vous nous dire avec quels pays?
Jean Asselborn: Oui. Nous respectons notre engagement du 13 mars. Au Luxembourg c'est tout à fait public, nous avons signé maintenant avec le Bahreïn et avec les États-Unis, donc au mois de mai. Enfin, nous respectons ce que nous avons dit, c'est-à-dire lever l'exception du secret bancaire dans les accords de non-double imposition en cas de demande et puis on va essayer d'avoir ces 12 accords jusqu'à la fin de l'année en cours. On ne signe pas avec le Groenland et avec les îles Féroé, vous savez, donc on signe avec les pays comme les USA, comme le Bahreïn et d'autres.
RSR: Avec les USA ça a été facile? On sait que la Suisse négocie également avec les États-Unis.
Jean Asselborn: Oui, vous savez, au Luxembourg, c'est le ministre compétent pour la place financière et son administration qui l’ont fait, donc c'est le ministre du Trésor. Je ne pense pas que ça a été d'une difficulté énorme, parce qu’au bout de quelques semaines nous avons trouvé un accord et nous cherchons maintenant des accords avec d'autres. Mais nous avons un petit problème, enfin démocratique, nous avons des élections parlementaires. Le parlement sera dissout. Donc, simultanément avec les élections européennes du 7 juin, on va élire un nouveau parlement, donc forcément aussi un nouveau gouvernement. Je suis sûr que, quel que soit ce gouvernement, il doit s'y mettre pour que notre engagement de trouver au moins 12 accords jusqu’à la fin de l'année, donc que cet engagement soit respecté.
RSR: Entre vous, dans le gouvernement, vous êtes sur la même ligne? Vous êtes tous derrière votre collègue du budget Luc Frieden?
Jean Asselborn: Oui évidemment on est tous derrière, c'est un engagement que nous avons pris en tant que pays et nous respectons cet engagement.
RSR: On apprend que vous êtes également en négociation avec le Liechtenstein. Bientôt un troisième accord, on peut espérer? Au fond, quel intérêt avez-vous de signer avec un pays qui est très similaire du vôtre, qui a le même type d'activités?
Jean Asselborn: Écoutez, Monsieur, vous avez dit qu'en Suisse apparemment deux accords ont été signés. Chez nous les accords signés sont publics, les accords non-signés ne sont pas publics.
RSR: Et un accord entre le Luxembourg et la Suisse ce serait imaginable selon vous?
Jean Asselborn: Évidemment. Aucun problème.
RSR: La position du Luxembourg au sein de l'Union était toujours aussi délicate, on vous a déjà entendu sur notre antenne, est-ce que la pression baisse un peu?
Jean Asselborn: Je pense qu’au sein de l'Union européenne, nous traversons une phase un peu tendue. Nous nous trouvons avant des élections européennes, une nouvelle Commission sera constituée, et nous espérons qu'enfin on puisse en terminer avec le traité de Lisbonne avec le référendum en Irlande et puis la position des deux présidents en République Tchèque et en Pologne. Mais je dois vous dire que chez nous ici la position des participants européens au G20 a eu une répercussion et a laissé un drôle de sentiment. Parce qu'on lit une certaine tendance et pas seulement au Luxembourg, que Paris, Berlin et Londres décident et que tous les autres doivent suivre. Ça ce n’est pas l'idée européenne, ce n’est pas l'essence de l'Union européenne. Il ne faut pas que des clubs se créent à l’intérieur du club. L’UE c'est une communauté solidaire. Le Luxembourg n'est pas le seul pays qui constate avec étonnement surtout les gesticulations du Président français. Je pense que les intérêts nationaux des grands ne doivent pas primer sur les intérêts des 27.
RSR: Jean Asselborn, on a l'impression que la résistance s'effrite un petit peu, on voit la Belgique qui s'est plus ou moins engagée pour l'échange automatique, le Luxembourg, l'Autriche, vous restez déterminés à résister malgré votre peu de poids?
Jean Asselborn: Ecoutez, on ne résiste pas, on fait ce qu'on nous a demandé. On respecte notre engagement du 13 mars. Ce que je vous ai dit maintenant est peut-être au-delà de ce qui se passe avec le secret bancaire ou avec les accords de non-double imposition. Cette inscription, vous savez, sur la liste noire qui est devenue grise, ce n'était pas accordé au Conseil européen, ce n'était pas l'engagement du Conseil européen. Ça va à l'encontre de ce qui a été décidé et c'est pour cela que ça nous fait un peu mal. Mais bon, écoutez, vous allez voir que le Luxembourg, et j'espère aussi la Suisse, va conclure les 12 accords et puis on sera rayé de cette liste grise qui nous cause quand même des préjudices.
RSR: Merci beaucoup, Jean Asselborn, je rappelle que vous êtes ministre des Affaires étrangères du Grand-Duché de Luxembourg, Vice-Premier ministre également. Très bonne soirée. Merci.
Jean Asselborn: Merci.


Source: Radio Suisse Romande/ Gouvernement Luxembourgeois
Tous droits réservés

Photographie: S E M Jean Asselborn Tous droits réservés

Monday, May 25, 2009

Paradis fiscaux: Les banques françaises montent au créneau! Par Didier REMER

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La France sera bien le moteur de la nouvelle donne qui se joue depuis le G20 de Londres. Christine Lagarde, ministre de l'économie et des finances peut être satisfaite, la raison semble l'emporter plus que jamais. D'abord hésitantes, les banques françaises viennent de créer la surprise en annonçant vouloir porter les nouveaux engagements éthiques qui devront contribuer à une meilleure qualité des échanges pour lutter contre la fraude fiscale, le blanchiment de l'argent, le terrorisme et donc les paradis fiscaux. Fort d'une expertise très avancée dans le domaine, la France veut proposer à l'ensemble des banques européennes ce qui devrait devenir la référence en Europe. Dans un article intéressant du journal français "Les Echos" étaient ainsi précisés les cinq engagements:

1.Proactivité dans la coopération internationale : respecter les règles et principes dégagés par la communauté internationale.

2. Extension des règles de contrôle interne applicables en Europe : respecter les règles et principes, contribuer à l'élaboration de règles internationales.

3. Transparence sur les implantations : adresser notamment chaque année au superviseur un état mentionnant les implantations et activités dans les pays non coopératifs.
4. Gouvernance spécifique pour les pays les moins coopératifs : le conseil d'administration ou le conseil de surveillance se prononcera, dans les trois mois, sur un dispositif de restriction des activités.

5. Transparence sur les opérations avec les pays les moins coopératifs : tenir à disposition du régulateur les informations sur certaines opérations relevant du domaine ayant conduit au classement du pays dans cette catégorie.

Cinq engagements que les banques françaises se disent prêtes à souscrire dès à présent pour "s'assurer que nos voisins européens y trouveront le sens positif de notre action, une démarche qui repose sur des analyses et études très spécifiques qui ne pourront que convaincre l'ensemble des acteurs européens du secteur. La France très présente dans l'ensemble des principaux groupes européens ne devrait pas rencontrer de difficultés particulières pour des propositions qui reposent sur des études qui sont faites pour et avec l'ensemble de ses partenaires..." Précise un expert.

Selon le même article du journal "Les Echos" :" Les engagements seront donc discutés avant le Conseil européen prévu à Bruxelles les 18 et 19 juin prochain et le deuxième G20 programmé à New-York en septembre. L'objectif est bien d'imposer aux banques d'être proactives et transparentes tout en étant force de propositions. De nombreuses initiatives voient le jour pour faire de l'éthique un nouveau critère du marketing de la profession, il faut une certaine prudence sur certaines démarches, la Fédération bancaire française (FBF) se devait de mettre en avant le sérieux de ses de lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme ou les paradis réglementaires,c'est toute la communauté internationale qui doit s'engager pour édicter les règles voulues et les faire respecter. Précise la Fédération bancaire française (FBF). A travers ces cinq propositions, les banques françaises se veulent plus proactives et transparentes. D'abord, elles s'engagent à « offrir une coopération franche » pour élaborer des règles et des principes internationaux. Ensuite, elles proposent d'« étendre les règles de contrôle interne applicables en Europe », c'est à dire que les groupes européens appliquent les mêmes normes de conformité (en matière de déontologie, de lutte contre le blanchiment...) dans toutes leurs filiales, sauf si les prescriptions locales sont plus strictes. En troisième lieu, les banques françaises promettent la transparence sur leurs implantations offshore en adressant chaque année au régulateur un « état » mentionnant les filiales, succursales ou bureaux de représentation qu'elles détiennent dans les pays non-coopératifs, en y décrivant leurs principales activités (gestion de fortune, montages financiers, etc.).
Quatrième point : dans le cas où un pays devait rejoindre la
liste des pays non coopératifs, le conseil d'administration devrait se prononcer, dans les trois mois, sur l'opportunité d'y poursuivre une activité. Enfin, s'agissant des pays les moins coopératifs, la banque s'engage à mettre à la disposition des autorités bancaires des informations sur certaines opérations en cause. Par cette initiative, les banques françaises, qui disposent toutes de filiales ou de structures dans les paradis fiscaux, veulent affirmer leur « exemplarité ».
Reste à savoir si ces propositions, qualifiées de « réalistes », seront jugées suffisantes par les pouvoirs et l'opinion publics, et bien reçues par les autres établissements européens."

L'auteur se pose cette judicieuse question pour conclure, car comme bien trop souvent en période de crise, la réputation des banques s'en est retrouvée particulièrement échaudée. Les différents scandales de Madoff aux parachutes dorés et les dossiers de l'évasions fiscales sont bien là pour exiger des actes plus que des belles paroles...


Source: "Les Echos" Auteur: G. M. Tous droits réservés.

Sunday, May 24, 2009

G20/OCDE:Interview exclusive de Didier REMER (FinanceOffshore). Par Emanuel de Saint CYR.

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INTERVIEW DE DIDIER REMER ( FINANCE OFFSHORE )
PAR EMANUEL DE SAINT CYR

Paris le samedi 23 Mai 2009



Bonjour Didier REMER, considérez vous que les avancées du G20 soient de nature exemplaire au stade actuel des négociations?
La déclaration commune des chefs d’Etat et de gouvernement à l’issue du sommet contient des avancées concrètes pour tenter de répondre aux problèmes rencontrés par l’économie mondiale. Nombre de mesures rejoignent les réflexions et les propositions que les observateurs soulignèrent. On peut considérer que les avancées sont encourageantes et porteuses d'un certain rééquilibrage. Le G20 a identifié parmi les causes de la crise les nombreux défauts de la supervision et de la régulation. Les analyses démontraient qu' il était donc nécessaire de prendre des mesures efficaces sur ces pratiques.
Le conseil de stabilité financière à l'initiative du groupe de réflexion de Larosière est-il le bon moteur de cette volonté?
Le Conseil de Stabilité Financière devra tenir un rôle central dans l’élaboration d’une régulation mieux harmonisée au niveau mondial. Dans l'ensemble la profession accueille également avec satisfaction l’extension de la régulation et de la supervision à l’ensemble des institutions, des instruments financiers et des marchés... Les difficultés rencontrées pour la levé du secret bancaire s'estompent, le Luxembourg est entré dans le rang et la Suisse comprend qu'elle devra en faire de même. Dans ce domaine, les professionnels, pour les meilleurs d'entre eux se sont lancés dans une réflexion constructive et positive pour agir en véritable force de proposition. L'OCDE par son secrétaire général, Angel Gurria s'est montrée efficace, refusant le jeu de la polémique stérile des rivalités entre grands états et petits états. Cette position s'explique par les déséquilibres causés par l'évasion fiscale, les petits (ndlr:Luxembourg, Suisse, Autriche...) disposaient d'apports colossaux des grands états voisins, et souvent utilisaient avec "gourmandise" leur secret bancaire pour s'assurer des meilleurs opportunités. En fait des petits états très pragmatiques. Aujourd'hui les grands états se veulent encore plus pragmatiques, les caisses se sont vidées, il faut que l'argent rentre au "bercail" si je puis dire...
Oui mais la crise est venue mettre un certain bémol à ce genre de pratiques, l'affaire Madoff par exemple, les hedge funds sont dans le collimateur du futur g20 de New-York, vous pensez que s'était la meilleure cible pour faire un exemple?
Dire que le g20 souhaite cibler prioritairement et absolument les hedge funds serait réducteur. Que celà soit au niveau du G20, de l'OCDE, le constat se rapproche de l'expertise du F.M.I. Il faut débarrasser la finance mondiale de certaines pratiques qui sont porteuses de risques systémiques par une culture du secret volontairement organisée. Le résultat est bien dans la décision concrète de voir “les hegde funds ou leurs gestionnaires enregistrés et à présent tenus de communiquer de manière régulière, les informations nécessaires pour évaluer les risques systémiques qu’ils font courir, à titre individuel ou collectif”. Les états se souviendront longtemps des causes de cette crise, dans un premier temps financière et dans le temps que nous vivons actuellement, sociale. Les conséquences économiques sont d'une nature si grave qu'elles pourraient inspirer des réflexes protectionnistes et donc amplificateurs de difficultés parfois nouvelles...

On voit bien que la crise sociale était annoncée par l'OCDE, Angel Gurria, plus tard par le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker... Les statistiques sont de plus en plus alarmistes pour l'Union Européenne, votre avis?
Il faut organiser les marchés avec une volonté de transparence et d'équité. Si nous sommes incapables de tirer les leçons de cette crise financière devenue en plus sociale nous allons passer de l'ère des paradis fiscaux à l'enfer total. Sur les chiffres j'adopte une posture prudentielle, en effet tant que la relance ne sera pas amorcée, les leviers qui logiquement sont porteurs et vertueux feront défaut. Pour l'emploi, les politiques sont dans une relative voie sans issue.
Finalement, pour éviter les erreurs du passé comment justement réorganiser les marchés?
Il faut s'intéresser à tous les compartiments de la finance!Ne pas oublier par exemple celui des marchés des dérivés de crédit.Le G20 encourage leur transformation en marchés organisés par la mise en place de chambres de compensation soumises à une régulation et une supervision efficaces.C' est une "grande" liste de mesures à compléter, nous sommes en relative bonne voie mais bien qu’elle soit très ambitieuse, la déclaration du G20 doit toujours être complétée sur plusieurs points. Sur le plan prudentiel, par exemple, les établissements français adhèrent pleinement aux mécanismes proposés que ce soit au plan de la macro-supervision, ou à celui de la micro-supervision sur base transnationale. Ils insistent cependant sur le fait que tous les pays doivent adopter et mettre en oeuvre rapidement les mêmes règles et notamment Bâle II aux Etats-Unis.Ils attirent également l’attention des pouvoirs publics concernés sur les conséquences possibles de la mise en place d’un ratio de levier. Cet indicateur (ndlr:rapport entre les fonds propres et le total du bilan) sous sa forme américaine n’a franchement pas permis d’éviter la crise.Il présente plusieurs inconvénients majeurs notamment celui de ne pas prendre en compte les risques, puisque tous les actifs sont traités de la même manière. En outre, il pose des difficultés sur le plan comptable principalement en raison des différences entre les normes européennes et américaines. Les banques françaises suggèrent à juste titre une étude approfondie préalable à la mise en oeuvre éventuelle d’un tel ratio.Concernant les normes comptables, la profession bancaire accueille favorablement la déclaration des ministres des finances européens demandant à l’IASB de s’aligner sur les normes américaines modifiées fin mars, afin que les banques européennes ne soient pas désavantagées par rapport à leurs concurrentes américaines. Cependant, les banques françaises souhaitent que soit revue la place de la juste valeur, “fair value” dans les normes comptables. Elles sont opposées à son application à des instruments financiers qui ne font pas l’objet de transactions sur des marchés liquides. Le modèle comptable en “juste valeur” ne s’est pas montré suffisamment robuste pour résister à la crise. Il est donc fondamental que les normalisateurs comptables évitent d’étendre la notion de valeur de marché à l’ensemble des instruments financiers.
Pensez-vous que l'initiative luxembourgeoise de création du LIGFI (Luxembourg Institute for Glogal Financial Integrity) soit une initiative porteuse d'intérêts pour faire avancer la réflexion qui s'installe actuellement pour cet ensemble de questions?
Je n'ai pas de jugement à porter sur une association à but non lucratif qui de toute évidence est intégrée dans un "plan de communication gouvernemental inavoué" (façon de parler). La seule chose positive que j'ai intégré dans cette opération de bonnes volontés, c'est bien son caractère ouvert, constructif. Jacques Santer est un modèle éthique, c'est tout à l'honneur du Ligfi que d'avoir donné bonne place à cet ancien président de la Commission Européenne qui connaît bien la notion du méa culpa... Et c'est faire honneur à sa droiture que de le préciser. Il est avant tout un excellent juriste de formation qui s'est souvent retrouvé président de conseils d'administration comme CLT UFA, RTL Group... Sa double compétence entre grand serviteur de l'état et administrateur de grands groupes lui offre une ouverture d'esprit intéressante. Homme de dialogue il peut incarner pour le LIGFI une image plus consensuelle que l'objectif réel de l'opération. Il devrait pouvoir éviter à cet organisme de voir son image confondue avec celle du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker suspecté au plus haut point par le couple franco-allemand d'être à l'origine de la fronde contre l'OCDE. Mais bon les amis ont le droit de se passer un petit coup de fil par ici où là...
Pour vous le LIGFI est une invention du gouvernement luxembourgeois?

Pas au sens ou votre question le suppose, simplement je vous précise que le virage amorcé pour la place de Luxembourg est logiquement lié à un intérêt économique évident. C'est une opération qui se prépare pour le futur g20 de Pittsburgh, occasion intelligente pour que Luxembourg annonce sa nouvelle spécificité sur la question éthique. Une opération de transparence que l'intelligence ne pouvait éviter. Nous entrons dans des notions subtiles, il faut comprendre que les intérêts sont importants...
On voit bien que Luxembourg est à présent dans la phase concrète de mise en oeuvre des décisions prises lors du G20. Maintenant que faut-il attendre et faire avant le prochain G20?
Comme la France, l'Allemagne, les USA et plus modestement Luxembourg, il faut à présent passer à la phase de mise en oeuvre concrète de l’ensemble des décisions prises lors du G20 de Londres. Restaurer la confiance dans le système financier international et d’assurer le financement de l’économie. Dans ce contexte, il sera important de veiller à ce que les nouvelles mesures soient suffisamment homogènes au niveau international pour permettre des conditions de concurrence équitables. Outre les questions comptables et prudentielles, d’autres points tels que la création de chambres de compensation liées aux banques centrales, l’adoption au niveau de toutes les places de nouveaux principes pour les rémunérations des opérateurs de marché, devront être abordés dans les prochaines semaines.
Pour les centres offshores et les paradis fiscaux?

Par exemple s’agissant des paradis fiscaux, les banques françaises ont créé des groupes de travail pour faire progresser activement la réflexion. L'article 26 de l'OCDE est la norme actuelle, bien que décrié il fait force de référence même chez les plus irréductibles, donnons du temps au temps, le G20 de Pittsburgh est le bon timing sur lequel tout le monde travail... Donc on rencontre de plus en plus de bonnes volontés et forces de propositions pour contribuer à faire des propositions au niveau européen, notamment dans le cadre de la consultation de la Commission européenne consécutives au rapport du groupe Larosière souhaité par une mise en oeuvre rapide à une organisation intégrée de la supervision définie dans le rapport. Pour la profession bancaire, ce rapport constitue une contribution essentielle pour faire progresser la supervision des groupes transfrontières en Europe. La profession soutient les recommandations pour une plus grande harmonisation des règles prudentielles, en particulier l’adoption d’une définition commune du capital réglementaire, et la poursuite d’une harmonisation des institutions de surveillance et de leurs pratiques. A cet égard, la profession rappelle que les collèges de superviseurs seront plus efficaces si le rôle du superviseur consolidant est renforcé. La profession bancaire souhaite désormais une mise en oeuvre rapide des préconisations du rapport Larosière. S’il est validé par le Conseil européen de juin, la Commission pourra présenter des propositions législatives à l’automne.
Plus de problème de liste au prochain g20, si l'on en croit votre analyse?
Je ne dis pas cela, mais il est clair qu'il y avait un avant et que maintenant nous sommes dans l'après. Certains préfèrent voyager dans les wagons de tête quant d'autres cherchent encore à raccrocher leur wagon au train de la réforme qui s'opère... Les rapports de force vont demeurer mais il faut s'attendre à une série de mesures pénalisantes pour les états qui s'entêteront...
Une reprise au deuxième trimestre 2010, pour vous c'est une hypothèse possible?
Il faut être prudent sur les effets d'annonces actuels... Un journaliste d'un grand média français que je conseille me posait la question, je lui ai répondu que si le deuxième semestre 2010 ne voit pas les signes actuels positifs se confirmer, qu'il faudra nous attendre à une double complication. La récession devrait se stabiliser à un niveau que la BCE juge encourageant, mais la crise sociale risque de porter un mauvais coup au moteur de la reprise. La France s'en sort relativement bien par rapport à ses voisins, le matelas que représente la cohorte de fonctionnaires si coûteux à l'état s'avère un bon socle pour la consommation qui maintient ainsi une relative stabilité. L'OCDE met en garde le manque d'initiative des gouvernements pour l'emploi, il faut dire que les états semblent complètement impuissants pour créer de l'emploi, ils n'arrivent déjà plus à stopper les délocalisations et fermetures de sites... On peut considérer que pour 2012 la crise sera en partie dans sa phase de sortie.




Photographie: Tous droits réservés

Thursday, May 21, 2009

Secret bancaire Suisse et Luxembourgeois: Eric Woerth éxige! Par Didier REMER

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Faire monter la pression en Suisse

Alors que le Luxembourg opère son virage vers la définition d'une nouvelle logique pour sa place, la Suisse semble vouloir s'entêter encore et toujours. Pour le ministre français du Budget Erich Woerth, trop c'est trop! Il décide d'annoncer la couleur, en éxigeant la suppression pure et simple du secret bancaire et menace: "Si Berne s'entête et inscrit le secret bancaire dans la Constitution, cela pourrait lui coûter "très cher". (Menace à peine voilée qui fait référence au volet sanction du prochain G20 de septembre).
"Le secret bancaire doit être aboli. Les temps ont changé. Si certains ont profité de cet artifice, cela n'est plus envisageable aujourd'hui", affirme le ministre français dans une interview publiée par le quotidien économique "L'Agefi".
"Monaco, la Belgique et le Luxembourg se sont fermement engagés à ratifier l'article 26 du code de l'entraide fiscale entre les membres de l'OCDE. La Suisse n'a plus d'autre choix que de suivre la même voie. Rien ne sert de jouer la montre, ce que sait très bien faire la Suisse par ailleurs", ajoute M. Woerth.


Luxembourg bon élève

Le Luxembourg a indiqué avoir signé avec les Etats-Unis un accord qui va réduire la porté de son secret bancaire. Cette décision devrait contribuer à faire sortir le Grand Duché d'une liste de paradis fiscaux de l'OCDE.
Le texte est conforme aux standards de l'OCDE. Il prévoit un échange d'informations au cas par cas entre les services fiscaux des deux pays.
Le ministre du Trésor Luc Frieden a également déclaré s'être mis d'accord mardi avec la ministre française de l'Economie, madame Christine Lagarde, pour faire la même chose avec la France. Concrètement, il s'agit d'avenants à des convention de non-double imposition entre le Luxembourg et les Etats-Unis, d'une part, et la France d'autre part.
L'article 26 du document de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) stipule qu' "en aucun cas un Etat ne peut refuser de communiquer des renseignements uniquement parce que ceux-ci sont détenus par une banque".

Le Luxembourg qui vient de constituer une association internationale de réflexion sur les pratiques financières et l'éthique, dirigée par l'ancien président de la commission européenne, Jacques Santer. (Ligfi)


Le Luxembourg qui entre dans le rang aprés s'être lancé dans un road show de la contestation en Europe organisé par le premier ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker qui devrait quitter la présidence de l'Eurogroupe (réunion des ministres des finances) aprés les législatives actuelles de son pays.


Si la Suisse ne suit pas cette voie, "elle figurera sur la liste noire des paradis fiscaux et s'exposera à des sanctions", a menacé le ministre français. Ces mesures de rétorsion seront déterminées après la réunion du G20 prévue à l'automne, précise-t-il. Les mesures possibles sont de nature à faire réflèchir les plus déterminés, on parle de possible retrait de licences pour établir des banques à l'étranger...
La Suisse va t'elle se conformer enfin à l'esprit des recommandations de l'OCDE? A suivre...


Source: ATS , Agefi (interview Eric Woerth)

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Wednesday, May 20, 2009

Création du Luxembourg Institute for Global Financial Integrity. Par Didier REMER

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Bonnes volontés...

Après bien des déboires, la place de Luxembourg veut nous montrer ses réalités... Dans cet esprit vient de voir le jour le "Luxembourg Institute for Global Financial Integrity".
Le Luxembourg Institute for Global Financial Integrity a été officiellement constitué le 13 mai dernier à Luxembourg. On nous annonce que cet "opus de la rédemption" est bien créé à l’initiative "de citoyens d’Europe et des Etats-unis, sous le patronage de M. Jacques Santer, ancien Premier Ministre du Luxembourg et ancien Président de la Commission européenne", cet institut se veut un organisme sans but lucratif. Plus clairement une association pleine de bonnes volontés!


Revanche sur l'OCDE?

L'objectif principal est bien de traiter toutes les questions liées "à l’intégrité du secteur financier mondial" et "à la responsabilité sociale de toutes les parties prenantes". Ce qui offre un champ d'action étendu mais fort intéressant. De l'éthique portée par monsieur Jacques Santer nous retrouvons ici l'occasion d'une possible revanche sur l'OCDE et certaines de ses conclusions pas toujours acceptées au Grand-Duché, l'effet liste grise (très foncée) y est pour beaucoup...

Contrition...

M. Jacques Santer s'en est ouvert avec "un acte de contrition":

- « Nous avons pleinement conscience du fait que le secteur financier mondial a besoin d’un renforcement de ses pratiques et normes éthiques . Celles-ci devront être fondées sur des principes d’intégrité : la transparence, l’équité d’une part ; et d’autre part, sur le sens des responsabilités et de l’engagement ». Ce que le l'ancien président de la commission européenne maîtrise avec réalisme, poussé à la réflexion en son temps pour des questions d'éthique justement. De quoi rassurer sur ses convictions, dés lors que lui même sait tirer les bonnes conclusions sur ce qui est bon et donc mal...


Dans cet esprit le président de l'Eurogroupe, M. Jean-Claude Juncker, Premier Ministre du Luxembourg est venu donner son quitus pour l'opération et s'assurer ainsi que tous ensemble, jetteront des ponts pour trouver des solutions pour endiguer les mauvaises pratiques du secteur financier et définir de nouvelles règles éthiques pour cette moralisation devenue indispensable, le futur G20 de New-York se préparant lui aussi à quelques "bonnes surprises" sur la question de l'éthique... (Une imposante étude de l'Université de Lausanne sur le sujet pourrait être un document de travail pour les membres de l'institut...) Et logiquement comme d'autres travaux dont il me parait toujours intéressant de consacrer le mérite qui doit être rendu.

Sciences cognitives

On nous annonce fièrement, que le professeur Howard Gardner, titulaire de la chaire Hobbs des sciences cognitives et éducatives à la Harvard Graduate School of Education dirigera les travaux du groupe de travail de l’Institut chargé d’élaborer ce modèle d’éthique. Une démarche qui devrait laisser place aux travaux de l'introspection pré-cognitive et à la définition d'un certain méa-culpa collectif...

On peut également tenter de comprendre que la mesure se veut avant tout une démarche positive à double titre:

- D'une part intégration des nouvelles valeurs portées par la place de Luxembourg.

- Opération de communication d'un plan média gouvernemental que je considère bien plus porteur que le mini sommet des états listés porté par le premier ministre luxembourgeois en pleine tourmente lors du G20 avec l'OCDE.

Démarche participative

Le plus intéressant dans la démarche de cet institut est bien son caractère ouvert, Jacques Santer est un homme politique qui ne peut se prévaloir de manque d'ouverture, esprit vif et disposant d'un bilan contrasté au niveau européen mais relativement positif. La fraude, l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent ainsi que le financement d’activités criminelles et le terrorisme sont donc les priorités affichées de l’institut qui annonce que l’un de ses tout premiers projets est bien la définition d’un modèle d’éthique pour le secteur financier.

Objectif prétentieux?

Objectif qualifié de prétentieux par les plus sceptiques qui précisent que le "FMI et L'OCDE tout comme les Nations-Unies se sont déjà posés les bonnes questions, les politiques et leurs commissions, ils nous en inventent toujours plus!". C'est toute la problématique de ce genre d'opérations qui n'en doutons pas, sont toujours le fruit de bonnes volontés affichées... au départ, mais vites recadrées. Annoncer vouloir servir de cadre de référence pour la mise en place d’un code de conduite éthique pour l’ensemble du secteur financier mondial, c'est déjà donner dans une surenchère qui ne tient pas toujours compte de ce qui est acquis, l'option participative serait plus cohérente à ce stade. 

J'ai le souvenir du très porteur qualificatif de "nouvelle économie" et de son résultat... Combien de docteurs émérites en Economie nous ont vendu cette thèse... Nous pouvons considérer que si le LIGFI se constitue comme un organisme de recherche et donc synthèse, que son avenir peut convaincre universitaires et pourquoi pas les nombreuses ONG qui travaillent sur la question. Ce qui serait déterminant de la valeur de sa mission, la volonté affichée par exemple de travailler sur un cas d'école comme peut l'être le Luxembourg... ( "Charité bien ordonnée...") Nous montrer ainsi les efforts, les évolutions de cet état souvent étriqué entre réalisme et ce besoin inhérent d'une maîtrise active pour une économie dont la dépendance aux pratiques de sa place financière se sont accrues durant une décade, et remise en question avec cette crise. En tous cas les thèses programmatiques de l'Institut sont pleines de bonnes volontés! Les participants pourront donc s'exprimer, construire une réflexion collective et imaginer là ou d'autres, trop souvent s'empressent dans un jugement qui n'invite finalement qu'à des levés de boucliers... "le G20 porte plus ses objectifs sur la sanction qu'une occasion réelle de dialogue constructif, les petits états se sont trouvés très limités pour entrevoir des solutions empreintes d'équité, la solidarité européenne s'est avérée un fiasco total..." Souligne un diplomate.


Conférence

L'Institut organise une conférence les 10 et 11 décembre 2009 à Luxembourg sur le thème :
« Ethique, Secret bancaire et Paradis fiscaux ».

Informations, réservations: http://www.ligfi.org/



Photographie: Monsieur Jacques Santer
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Tuesday, May 19, 2009

G20/OCDE: Liste et enquêtes pour le G20 de septembre! Par Didier REMER

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Évoquée depuis plusieurs semaines, l'information tente à se confirmer. Une imposante réunion d'ONG serait déterminée pour publier une enquête avec une liste de "Paradis fiscaux irréductibles". Opération programmée juste avant le prochain G20 de septembre. L'enquête serait composée de preuves qui démonteraient les arguments de certains états listés qui nient toujours une certaine réalité... Ce sont des enquêtes effectuées directement "in situa" avec des entretiens de responsables de banques (filmés en caméra cachée) et même des "missions concrètes" pour établir les circuits toujours utilisés et les conseils administrés depuis certains états listés en gris... L'objectif de cette enquête se veut comme une occasion de confronter les chefs d'états qui nient encore certaines pratiques du blanchiment d’argent, comme souvent évoqué dans la liste des pays non coopératifs dressée par l'OCDE lors du dernier G20. Le G7 de Washington demandait lui même une liste pour le blanchiment d'argent comme précisé dans cet article:
---Les pays du G7 demandent une liste des pays non coopératifs en matière de blanchiment d’argent pour septembre, décision prise à Washington, "elle devra être dressée d’ici au prochain sommet du G20 en septembre", a déclaré la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde."Nous avons demandé au Gafi (Groupe d’action financière internationale) de dresser la liste des pays non coopératifs en matière (...) de blanchiment d’argent. Il faudra que cela soit fait avant le prochain G20 des chefs d’Etat, en septembre", avait-t-elle indiqué dans un entretien au Figaro le mois dernier. Une liste sera également établie par le Conseil de stabilité financière (FSB) pour recenser les pays non-coopératifs en matière "prudentielle", c’est-à-dire sur les normes fixant les exigences de solvabilité des banques, avait précisé Mme Lagarde."Nous savons que cela va provoquer des remous mais les membres du G7 veulent la fin des paradis de toutes sortes", a précisé la ministre, ajoutant que c’était "un élément essentiel de stabilité financière". Dans le communiqué final le G7 pressait ainsi le Gafi d’"identifier les pays non-coopératifs en matière de blanchiment d’argent et de lutte contre le financement du terrorisme et de mettre au point les contre-mesures". Dans son dernier rapport publié en avril, le Gafi recensait déjà cinq "juridictions" présentant un "risque" en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme : l’Iran, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Pakistan et Sao Tomé-et-Principe.(Fondé en 1989, le Gafi est un organisme intergouvernemental regroupant 34 pays qui a pour objectif de concevoir et de promouvoir des politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.)D’après le Fonds monétaire international, le volume agrégé du blanchiment de capitaux dans le monde représentait en 1996 entre 2 à 5% du produit intérieur brut mondial, soit de 590 à 1.500 milliards de dollars. --- (Source AFP)
C'est ainsi que l'AFP rendait compte des objectifs du G7, mais on comprend bien l'intérêt d'un groupement d'ONG pour publier une contre-enquête qui risque bien de décridibiliser la nouvelle liste que certains jugent d'avance trop consensuelle. " Si cette enquête s'avère aussi puissante qu'elle est tenue au secret, on peut s'attendre à de réelles révélations qui risquent bien de compliquer les objectifs du G20 de septembre. L'objectif des ONG est d'assurer un travail plus efficace que l'entreprise pas toujours heureuse de l'OCDE,organisation qui reste toujours sous la pression de grands états, enfermés dans la diplomatie post-crise". Constate un diplomate. Il est vrai que tout ne sera pas réglé en septembre, bien au contraire, les principales sources diplomatiques parlent même du possible discrédit du précédent G20 de Londres dont les listes manquaient d'une réelle lisibilité dans l'opinion publique. "L'idée des classifications intermédiaires était bienvenue, mais dans le concret, on se demande si elle n'est pas à l'origine d'une confusion généralisée, qui permet à certains états de "crier au scandale" pour mieux masquer leur réalité. (ndlr: Suisse, Luxembourg...)" Cette enquête risque de décridibiliser au plus haut point les états qui se risqueront dans la surenchère d'un certain mensonge! Les mécanismes "vertueux" de l'évasion fiscale seront démontrés avec des exemples concrets, un véritable "crash test grandeur nature"! A suivre...

Tuesday, May 12, 2009

OCDE/SUISSE: Angel GURRIA le diplomate. Par Didier REMER

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On le savait diplomate, plus que jamais il le démontre... A nos amis suisses! Angel GURRIA se veut didactique dans sa réponse au président de la Confédération: "L'OCDE fait partie de la solution et non du problème". SWISSINFO n'a pas hésité à donner avec précision la réponse tant attendue de l'OCDE. Il en ressort une missive du secrétaire général de l'OCDE qui englobe une véritable "leçon de chose" adossée à une mise en garde des plus fermes pour recadrer la Suisse qui s'était perdue dans une "guerre des nerfs". Opération d'un plan média devenu scabreux au possible et transformé en une "belle" occasion de la contestation généralisée. Mission, dans laquelle nos amis suisses, en doux rêveurs, se sont lancés contre les fameuses décisions d' un G20 de Londres... Toujours jugé injuste ! Il faut dire que la Confédération cultivait le culte de la victimisation à outrance, fort du déséquilibre entre grands états et petits états, Hanz Rudolf MERZ montait toujours plus haut dans ses revendications, l'appel "du paradis" mais en oubliant pas d'ajouter que "d'une certaine façon, il nourrissait un certain discrédit de l'OCDE pour mieux cibler les décisions jugées comme scandaleuses" du G20 de Londres. Ce qui est compréhensible, mais une fois le grief d'une certaine injustice passé, la réalité du dossier de la Suisse reste plus que jamais acquise , effet boomerang quand tu nous tiens! Les "SpinDoctors" (conseillers en communication politique) se mordent les doigts, puis croisent leur stratégie avec celle de leurs collègues luxembourgeois pour découvrir que l'union fait toujours la force... Le plan média est "bien huilé", parler d'injustice, de scandale de la liste grise, ainsi iront aux oubliettes les arguments nobles tels que ceux des "paradis fiscaux refuges de l'évasion fiscale" et du lot des shell (sociétés écrans ) et autres pratiques qui caractérisent aussi la réalité des états listés. Un ami me disait encore au restaurant: "Tu n'as pas le droit de dire cela, il y a beaucoup de légendes avec les paradis fiscaux..." et de lui répondre "Moi peut-être, laisse venir le G20 de septembre, une enquête internationale devrait te conforter sur ta notion du droit... et du respect justement!". Il suffit de regarder les statistiques des ministres des finances des pays voisins de ses états pour comprendre que l'évasion fiscale est un sport national pour nombreux ressortissants d'états voisins des états listés..." Un plan de relance plus tard, on ressort les calculettes, et finalement il n'y a pas de mal à se faire autant de bien pour des budgets de nations pleines d'attentes, souvent d'équité pour les plus justes!". On peut se demander comment un commissaire européen peut envisager une réglementation permissive pour les fonds spéculatifs, on croit rêver ! Le modèle éthique est une plaisanterie si on recommence par créer des zones avec des particularismes plus complexes, donc douteux. La criminalité financière est surtout destructrice d'emplois, de vies... Alors au diable les derniers défenseurs du paradis ? ...



Article SWISSINFO


Après cinq semaines de frictions provoquées par l'inclusion de la place financière suisse à la «liste grise» de l'OCDE, José d'Ángel Gurría a répondu à la lettre du président de la Confédération. swissinfo a obtenu une copie de ce courrier en exclusivité.
Sur un ton cordial, qui contraste avec la crispation des échanges précédents, le secrétaire général de l'organisation répète: «L'OCDE fait partie de la solution et non du problème».
L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a écrit jeudi un nouveau chapitre du feuilleton épistolaire entamé avec la Suisse il y a un peu plus d'un mois.
Le secrétaire général José d'Ángel Gurría répond à la missive que lui a fait remettre le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, le 28 avril dernier. Il propose d'enterrer la hache de guerre en ces termes: «Je suis disposé à apporter mon aide mais, s'il vous plaît, ne tuez pas le messager, je suis du côté de la solution, non du problème.»
Le secrétariat de M. Merz a confirmé vendredi avoir reçu la missive de M. Gurrìa. Rappelons que la Suisse s'est insurgée de figurer sur la «liste grise» publiée par l'OCDE, le 2 avril lors du Sommet du G-20 à Londres. Un classement qui inclut les pays réticents à transmettre des informations fiscales et bancaires à d'autres gouvernements.
Berne avait annoncé un assouplissement de son secret bancaire deux semaines avant le sommet de Londres, en espérant rejoindre la «liste blanche», avec des pays comme les Etats-Unis, la France ou l'Allemagne, mais en vain.

OCDE indépendante
La lettre de José d'Ángel Gurría, dont la copie a été obtenue par swissinfo, revient en détails sur les questions techniques et politiques posées par Hans-Rudolf Merz. (Notons au passage que, dans ce courrier, Merz devient Mertz...)
Pourquoi la Suisse, pourtant membre de plein droit de l'OCDE, n'a-t-elle pas été informée préalablement de l'intention de l'inclure sur la «liste grise»?
M. Gurría répond que l'OCDE publie périodiquement des enquêtes sur tous les pays membres, sans solliciter à chaque fois leur consentement formel, comme l'y autorise son devoir d'indépendance, de crédibilité et d'autorité.
L'OCDE a apprécié à sa juste valeur l'intention manifestée par la Suisse d'échanger des informations fiscales, ainsi que M. Gurría l'a exprimé dans une lettre au ministre britannique des Finances Alistair Darling.
Cependant, la Confédération savait que, l'année dernière, la tolérance de la communauté internationale face à l'évasion fiscale n'a fait que diminuer et, si Berne a bien annoncé son intention d'assouplir le secret bancaire, elle ne l'a fait que quelques jours avant le sommet du G-20, et donc trop tard pour que son intention se traduise dans les faits.
José d'Ángel Gurría affirme ensuite qu'il est opposé à la décision du G-20 et rappelle que, le même 2 avril, il avait affirmé croire que «la Suisse ne méritait pas de figurer dans ce contexte (ladite «liste grise)».
Critères peu transparents
Évoquant des «zones d'ombre» dans la position de l'OCDE, le président de la Confédération demandait des détails sur les critères adoptés.
Réponse de l'économiste mexicain: l'OCDE s'est basée sur l'enquête menée sur 84 juridictions par le Forum Global de l'OCDE (qui regroupe les pays membres, les observateurs du Comité des affaires fiscales). Enquête sur les nations considérées comme des paradis fiscaux et des places financières jugées peu transparentes, qui avait été publiée lors du Forum mondial de Berlin en 2004. La Suisse était censée avoir connaissance de tout le processus qui a débouché sur le classement présenté à Londres en 2008.
Une autre question de Hans-Rudolf Merz portait sur les critères quantitatifs et qualitatifs utilisés pour inclure un pays sur la liste grise.
Dans sa missive de jeudi, le secrétaire général de l'OCDE précise que ce sont les standards internationaux, comme l'Article 26 du Modèle de convention fiscale de l'OCDE, qui ont été utilisés en toute objectivité. Lequel a fixé un seuil minimum qui consiste en la conclusion de douze accords d'échange d'information avec d'autres gouvernements.
Ce chiffre de douze a été fixé lors de discussions menées en 2008 et la décision a été communiquée aux 84 pays évalués.
Les «privilégiés»
Sur le plan politique, la lettre de Hans-Rudolf Merz demandait pourquoi certains membres du G-20 n'ont pas été intégrés à la liste grise, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne lesquels comptent des territoires peu transparents en matière fiscale.
Le secrétaire général de l'OCDE répond que le mouvement de lutte contre l'évasion est global.
Et précise que Londres a exhorté toutes les juridictions du Royaume-Uni à appliquer les standards internationaux avant septembre. De son côté, le Congrès américain envisage des sanctions contre les Etats qui ne se plient pas aux réglementations
internationales.
M. Gurría estime que la priorité va à la création de mécanismes légaux, afin d'améliorer l'échange d'informations fiscales entre pays.
Il répète que la Suisse est invitée à participer aux travaux qui vont commencer au niveau international, comme le Forum sur les pratiques fiscales dommageables (13-14 mai) ou le Comité des affaires fiscales de l'OCDE (28-29 juin).
José d'Ángel Gurría salue enfin la bonne volonté manifestée par la Suisse pour négocier les douze accords requis d'échange d'information avec d'autres pays avant le 31 décembre 2009. Et promet enfin que «ce sera une satisfaction pour l'OCDE».
Un pont a maintenant été jeté, la balle est maintenant dans le camp de la Suisse.

Andrea Ornelas, swissinfo.ch (Traduction de l'espagnol: Isabelle Eichenberger)
Source: SWISSINFO Tous droits réservés
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Sunday, May 10, 2009

OCDE:Jean-Claude Juncker en pleine guerre! Par Didier REMER

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Le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, chef de l'Eurogroupe (réunion des ministres des finances de l'Union Européenne) monte au créneau dans la guerre qui l'oppose à l'Allemagne et en partie à la France. Depuis que son pays tient "bonne place" sur la fameuse liste grise des paradis fiscaux compulsée par l'OCDE, nombreuses sont les petites phrases! Frank Müntefering, le président du SPD (le parti social démocrate allemand) a bien ouvert les hostilités en exigeant des mesures radicales contre les paradis fiscaux :"Avant on y aurait envoyé des soldats, aujourd'hui ce n'est plus possible!" De quoi faire bondir le premier ministre luxembourgeois dont le père fut enrôlé de force dans l'armée allemande... Il s'en est ouvert dans une interview accordée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel: "Je suis déçu de voir que mes collègues européens (Ndlr:Sarkozy, Brown, Merkel) n'ont pas tenu la promesse qu'ils nous avaient faite à Bruxelles. Je considère cela scandaleux!" Jean-Claude Juncker rappelle que lors du sommet de Mars à Bruxelles, les dirigeants européens étaient tombés d'accord pour qu'aucun pays de l'UE ne figure sur la liste. Or, en plus du Luxembourg, la Belgique et l'Autriche sont les autres membres de l’UE mentionnés dans cette liste. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient... Jean-Claude Juncker est bien dans le viseur du couple franco-allemand qui reste bien décidé à lui faire payer son road show européen pour décrédibiliser le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurrià qui vient de recadrer encore la Suisse avec une missive qui annonce ce que "les mauvais perdants, petits joueurs" risquent en Septembre lors du prochain G20 de New-York. Juncker avait même organisé un mini sommet à Luxembourg pour fédérer les forces de ceux qui souhaitent conserver le secret bancaire et peut être un possible dernier bout de paradis...
Cette semaine, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a jeté encore une bonne dose d'huile sur le feu en présentant le Luxembourg, le Liechtenstein, la Suisse et l'Autriche, de même que Ouagadougou (capitale du Burkina Faso) dans un même lot de zones à problèmes pour les services fiscaux à la recherche des fraudeurs de l'évasion fiscale... "Nous ne trouvons pas cela amusant! Nous avons été occupés, nous avons souffert de l'occupation allemande" pendant la dernière guerre,
très irrité a répondu Jean-Caude Juncker pour recadrer son homologue allemand qui parlait "d'envoyer les soldats". Intervention trés remarquée sur un plateau de la ZDF (télévision publique allemande) lors d'un débat plutôt tendu. On voit que se sont bien les dernières salves d'un président de l'Eurogroupe qui est très clairement poussé vers la sortie pour s'être un peu trop facilement accommodé de son statut pour brouillé les objectifs du G20. Son possible successeur serait l'actuel ministre des finances suédois, Anders Borg qui aurait les faveurs du couple franco-allemand et même des britanniques désireux de mettre un terme aux envolées lyriques du premier ministre luxembourgeois pour lequel certain imagine "une potentielle surprise qui lui serait réservée lors du prochain G20 de New-York, ce qui devrait l'inviter à moduler ses propos. On parle du possible résultat d'une très sérieuse enquête internationale par une importante organisation non gouvernementale..." Info? Intox?. On le voit bien ici, la liste grise des paradis fiscaux continue de faire couler beaucoup d'encre, Jean-Claude Juncker qui de surcroît doit mener le combat politique des échéances électorales de son pays, en inspirant à certains le possible dernier combat... de trop!


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Wednesday, May 6, 2009

Anders Borg, futur chef de l'Eurogroupe? Par Didier REMER

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Bientôt la Suède va diriger l' Union Européenne, et ce petit pays qui en inspire tant d'autres pour les réformes sociales va devoir profiter de cette présidence pour communiquer ses nombreuses qualités à l'international. Depuis quelques mois un nom circule, celui de l'actuel ministre des finances Suèdois, Anders Borg. A 41 ans, il fait déjà bonne impression dans le milieu de la finance internationale, surtout depuis que ses thèses programmatiques pour lutter contre la crise financière se découvrent. Car celui que les professionnels de la finance souhaiteraient voir "dés que possible" en lieu et place de l'actuel chef de l'Eurogroupe, (le luxembourgeois Jean-Claude Juncker), est un véritable crack de la finance! Diplômé en économie de l'université de Stockhom, il a déjà occupé d'importantes fonctions stratégiques dans son pays, conseiller politique de l'ancien premier ministre Carl Bildt, analyste dans les deux plus grandes banques du pays et même économiste en chef du parti des conservateurs modérés... "Il est des ministres des finances européens actuels celui qui intègre le mieux les enjeux de la refonte du système, homme moderne, d'ouverture et cultivé, il maîtrise les fondamentaux de l'économie, il est homme de dialogue et surtout porté par un pragmatisme qui invite la coordination et la mutualisation des expériences par l'effort." Précise un ami qui dirige une des plus grandes banques européennes en concluant: "C'est le profil d'une nouvelle génération qui va devoir associer la qualité de l'expertise à celle de l'imagination. Actuellement on peut considérer que nombreux sont les ministres des finances à vouloir éteindre le feu avec un verre d'eau, sans compter ceux qui "mettent l'huile sur le feu" en plus d'une incompétence... notoire!"

Pour l'Eurogroupe, c'est pas gagné, car cette instance "informelle" est encore l'avantage des pays fondateurs de l'Union adeptent de l'euro. Le premier ministre luxembourgeois totalise de trés bons résultats qui plaideront toujours en sa faveur. La Suède va donc par cette présidence donner de la voix à son actuel ministre des finances qui du coup deviendra le "ministre des finances de l'Union Européenne" et se retrouvera en capacité de faire valoir ses thèses. A Paris, Anders Borg à la cote, décontracté, doté d'un franc-parler il est très en phase avec "le milieu" mais n'hésite pas à faire comprendre au couple franco-allemand que ceux qui sont le moteur de l'Union Européenne vont devoir l'aider pour que des solutions stables et efficaces soient trouvées lors des six mois de la présidence Suédoise, tel est son principal objectif. Relancer la machine "Europe"! Le 1er juillet, la Suède succédera à la République Tchèque à la présidence de l'Union Européenne. Il va devoir s'attaquer au rééquilibrage des finances publiques de 23 des 27 pays de l'UE qui risquent de ne pas respecter les fameux 3% du seuil et à 60% de leur P.I.B (Produit intérieur brut) pour 2010. Ce n'est pas acceptable pour lui et précise que le pacte de stabilité devra être scrupuleusement être respecté lors de la présidence Suédoise de l'union Européenne. Il propose déjà dans son pays la fin de l'état providence (12% de chômage d'ici à 2012), ce qui en soit est une véritable révolution dans cette démocratie nordique souvent citée en exemple avant la crise financière internationale. On lui prête de sérieuses compétences qui font dire à beaucoup que si le test de cette fonction de ministre des finances de l'UE s'avère efficace qu'elle devrait lui offrir le ticket de la présidence de l'Eurogroupe, candidat plus consensuel qui intègre ultra-libéralisme et modèle social européen. La crise sociale qui s'installe en Europe sera d'autant plus délicate: "Le modèle d'avant crise risque de se transformer toujours plus en machine destructrice d'emplois, il faut un plan social européen, qui étrangement résiste aux égoïsmes des états qui se focalisent encore trop sur les économies nationales!" Précise un expert... On le voit bien, le ministre a du pain sur la planche avant de diriger l'Eurogroupe. Jean-Claude Juncker, actuel président de l'Eurogroupe pourra lui donner encore quelques bonnes leçons. Le luxembourgeois, qui totalise la plus grande durée à la tête d'un exécutif européen souffre d'une grave crise avec le couple franco-allemand. Il sait qu'aprés sa gestion "trés personnelle" de la crise avec l'OCDE, il sera toujours moins consensuel qu'une nouvelle tête, même trop "fraîche" pour les plus irréductibles ... Mais tête pleine de promesses!


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G20/OCDE: Liste des paradis fiscaux, la trahison Suisse! Par Didier REMER

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Après avoir crié à l'injustice, on pouvait penser que nos amis Suisses allaient se ranger derrière les décisions du sommet de Londres en prenant acte de la liste de l'OCDE... Non c'est non! Le président de la confédération, Hanz Rudolf Merz ne semble pas intimidé par le couple franco-allemand, mieux, il ne cache même plus la stratégie de la confédération pour contourner les objectifs du G20. Porté par l'ambiance d'un colloque dans une université genevoise, il s'est clairement vanté devant un parterre d'étudiants d'avoir un plan efficace pour contourner les décisions du G20, ce que pressentait à juste titre l'Union Européenne en souhaitant mettre en place rapidement un accord de coopération avec l'ensemble de l'Union et non plus des accords état par état comme actuellement... La Suisse jette ici ses dernières cartouches en espérant passer au travers du plan acté par le G20 de Londres. Dans un article retentissant d'un éminent quotidien Suisse, Le Matin, sont retracées les méthodes de la confédération largement explicité par Hanz Rudolf Merz. "Il est clair que la Suisse risque beaucoup en jouant à ce petit jeu de "petit joueur, mauvais perdant de surcroît!" Cette diatribe trouvera vite sa limite, le filon de l'accusé qui porte plainte est très léger, nos amis Suisses prennent le couple franco-allemand clairement pour des amateurs, ils avaient tenté cette même logique très maladroite avec les Etats-Unis dans le cadre du dossier UBS, pour cette affaire, le résultat est bien là: Petit joueur, grande claque! Ce que monsieur Hanz Rudolf Merz devrait méditer tous les matins en lisant toujours plus la presse internationale..." Précise un expert qui ajoute que l'angle d'attaque des Suisses est bien le pire qui pouvait être! Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurrià, affublé de pantinisme par la Suisse, ne doit pas être déçu d'avoir sauvé l'honneur de son organisation après avoir remarqué la nouvelle stratégie d'une Suisse qui en plus de ne pas craindre le ridicule risque de suggérer une monté au créneau du couple franco-allemand qui considère que la confédération tout comme le Luxembourg dépassent à nouveau une limite, celle d'un certain bon sens! Il faut s'attendre que des dossiers sur l'évasion fiscale commencent à sortir en masse avec les encouragements des administrations des pouvoirs français et allemands. "Cette notion d'un suicide collectif des pays listés est d'un ridicule absolu qui échappe à la grave réalité que porte en elle cette crise mondiale, c'est une signature de la part de certains états qui venaient engranger les fonds de toute l'évasion fiscale, sans jamais se soucier des dérégulations et du manque à gagner de leurs voisins..."




Voici l'article du quotidien "Le Matin":

Hans-Rudolf Merz en dit trop... par erreur
Hans-Rudolf Merz s'est trop emballé hier devant un parterre d'étudiants d'Uni Mail, à Genève, venus assister à un cours exceptionnel donné par le président de la Confédération.

Suisse de la liste grise du G20

Fabian Muhieddine - le 05 mai 2009, 22h33Le Matin


Un projet pour en finir avec la liste grise du G20. C'est ce que le Conseil fédéral présentera ce matin, juste après sa séance hebdomadaire.
C'est en tout cas ce que Hans-Rudolf Merz a lâché hier devant un parterre d'étudiants d'Uni Mail, à Genève, venus assister à un cours exceptionnel donné par le président de la Confédération sur le droit fiscal. Le ministre des Finances répondait à l'invitation du professeur et avocat fiscaliste genevois Xavier Oberson, qui est également membre du groupe d'experts nommé par la Confédération pour trouver une issue à la crise du secret bancaire.
Une vraie bombe! Hans-Rudolf Merz a dévoilé hier une partie de son plan secret: «Le Conseil fédéral présentera demain (ndlr: aujourd'hui) un projet de négociations avec une douzaine de pays avec qui la Suisse pourrait signer rapidement un accord de double imposition. Elle respecterait ainsi, d'ici à la fin de l'année, les critères du G20 et de l'OCDE et ne serait plus inscrite sur la liste grise.»

Hans-Rudolf Merz s'est refusé à donner la liste des pays concernés. Il devrait rester tout aussi discret sur le sujet aujourd'hui, secret des négociations oblige. Mais ces pays seront probablement à chercher parmi les 14 Etats qui ont déjà fait une demande officielle de négociations à la Suisse...
Conquis par son humourDans la lancée, Xavier Oberson a cité un exemple: «Certains pays ont signé un accord avec le Danemark, or, en l'élargissant ensuite aux juridictions de ce pays nordique, cela fait huit accords d'un coup.» Détail croustillant: la Suisse est déjà en discussions avec ce pays.

Questionné après le cours, Hans-Rudolf Merz lâche: «Il existe plusieurs pays où la signature des accords ne requiert pas grand-chose. Les négociations ne devraient vraiment pas durer longtemps.»
Jusqu'à présent, la seule stratégie du Conseil fédéral consistait à expliquer aux autres pays que la Suisse, par son système démocratique, ne pouvait pas signer ces accords d'ici à la prochaine réunion du G20 en septembre prochain. Et ce même si des négociations sont déjà ouvertes avec trois pays: les Etats-Unis, la Pologne et le Japon.
Hans-Rudolf Merz a-t-il donc totalement changé de stratégie? Pas vraiment. En fait, il a surtout l'air de s'être trop emballé et d'en avoir trop dit devant ces étudiants entièrement conquis par son humour... Selon nos informations, il devrait rester beaucoup plus modéré dans son annonce aujourd'hui. Il ne parlera que du début des négociations. Oubliée donc, la liste grise. C'est que le chemin est encore long jusqu'à ce que son plan secret aboutisse...
«Le plan est bon, confirme Philippe Kenel, avocat fiscaliste lausannois, mais il sera très difficile à appliquer.» La menace d'un référendum pèse effectivement toujours sur le premier accord que la Suisse pourrait signer. Ce qui retarderait les plans de Hans-Rudolf Merz de plusieurs mois. Ensuite, l'Union européenne entend signer un accord global avec la Suisse, ce qui impliquerait cette fois de longues négociations mais priverait surtout la Confédération de plusieurs pays européens «simples» à signer.
Que signifie la liste blanche?
Ce que la suisse gagnerait
Redorer son blason L'image de la Suisse a évidemment été écornée par l'inscription sur liste grise, elle serait à nouveau blanchie.
Eviter les sanctions Lors de la prochaine séance du G20, les pays membres devraient décider de sanctions à l'encontre des pays jugés comme non coopératifs en matière fiscale.
Ce que la suisse a dû céder
Adoucir son secret bancaire Pour se retrouver sur la liste blanche, la Suisse devra signer douze accords qui prévoient l'échange d'informations bancaires sur demande avec les pays cosignataires aussi bien en cas de fraude que d'évasion fiscale. Aujourd'hui, la Suisse ne rentre en matière qu'en cas de fraude.

Rappel des faits
18 février 2009 L'Autorité de surveillance des marchés financiers permet à UBS de remettre aux Américains des données bancaires de clients suspectés d'avoir trompé le fisc. Cette décision évite à UBS une poursuite pénale mais écorne le sacro-saint secret bancaire.
13 mars 2009 Le Conseil fédéral accepte de réformer le secret bancaire. Désormais, l'échange d'informations sera accordé aux autres pays sur demande selon les critères de l'OCDE. Mais le droit suisse ne changera pas. Cette clause sera ajoutée dans les accords de double imposition. La Suisse doit donc renégocier les 71 traités qu'elle a déjà signés.
2 avril 2009 Le G20 inscrit la Suisse sur la liste grise des pays non coopératifs en matière fiscale. Pour figurer sur la liste blanche, un pays doit avoir au moins douze accords respectant les critères de l'OCDE. La Suisse n'en a, pour l'instant, aucun. Elle a jusqu'à la réunion du G20 en septembre pour y remédier.

Source: Article et photographie: Le Matin.ch
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