Monday, April 27, 2009

Paradis fiscaux, sujet phare des élections européennes!Par Didier REMER

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Photo: Le juge Eva Joly en campagne....

On pouvait s'en douter, comme précisé sur "Finance Offshore" la question des paradis fiscaux entre dans la campagne des élections européennes. Coup de force des socialistes du parlement européen (voir article "Benoît Hamon chasse aux paradis!") et implication de l'ancien magistrate, le celèbre juge Eva Joly qui dans "Télérama" reprécise que la question des paradis doit devenir un enjeu de société... Arnaud Montebourg n'est pas en reste, le député socialiste monte au créneau pour préciser à nouveau l'enfer qu'il souhaite aux paradis fiscaux et même Daniel Chon Bendit ne manque pas lui de constater haut et forte que le G20 n'est qu'un grand bluff! Les paradis fiscaux sont le sujet que tous les leaders utilisent en cette période de crise économique internationale, certains craignent une certaine surenchère...

Eva Joly, ancienne magistrate et candidate sur la liste Europe-Ecologie«[Les pays du G20] auraient dû au moins interdire aux banques bénéficiant de fonds publics de posséder des filiales dans les paradis fiscaux. Ils n'ont pas osé prendre ce risque car la moitié des transactions bancaires mondiales passent par les paradis fiscaux ! Ils auraient également pu rendre automatique et obligatoire, dans le monde entier, l'échange d'informations fiscales entre les pays [...] Nous devrions bannir les paradis fiscaux de notre continent en imposant leur boycott absolu par les banques et les entreprises européennes. C'est ma position, et c'est l'une des raisons pour lesquelles je me présente aux européennes. Comme citoyenne, j'ai épuisé toutes les possibilités dans ce combat. Il faut maintenant qu'il devienne un enjeu politique, un enjeu de société.»(interview dans Télérama)


Arnaud Montebourg, député socialiste«Ce ne sont pas des conférences internationales et leurs communiqués en demi-teinte qui feront rapatrier les milliards exilés, mais les seules sanctions concrètes contre les paradis récalcitrants: interdiction des transactions financières à destination et en provenance de ces territoires; interdiction des sociétés de domicile; retrait de licence pour les banques exerçant sur le territoire de l'Union européenne dont le siège social est situé dans les paradis fiscaux; fermeture d'office des filiales des banques européennes dans ces territoires; redressements fiscaux sur les sociétés ayant leur siège dans les paradis fiscaux; remise en question des accords de libre-échange avec les paradis fiscaux extra-européens dans l'attente du rétablissement d'un niveau de fiscalité sur le capital acceptable. Seules ces sanctions auront raison des paradis fiscaux. Les dirigeants du monde n'échapperont pas à cette heure de vérité là.»(Le Monde)

«Le secret bancaire est condamné. Et alors?»
A 64 ans, l'ancien leader de Mai 68 n'a rien perdu de son mordant. Sur le même sujet
Daniel Cohn-Bendit repart en campagne. Candidat aux élections européennes sur la liste Europe-Ecologie, il dénonce les plans de relance français et allemands, déplore les mesures à courte vue du G20 ainsi que l'inégalité de traitement infligée à la Suisse.
«Un grand bluff!» Daniel Cohn-Bendit n'est pas tendre avec le G20, qui a placé sur des listes grises ou noires quelques paradis fiscaux, avec une certaine partialité et peu de suite dans les idées. «Les grandes puissances ont tapé sur ceux qui n'étaient pas là. Le Luxembourg et la Suisse notamment. On n'y a guère parlé de la City londonienne, paradis fiscal par excellence.»
«Dany le Vert», tête de la liste dans la région parisienne du rassemblement Europe-Ecologie aux élections européennes de juin prochain, attendait du G20 des mesures plus globales de lutte contre le blanchiment, l'évasion fiscale et la corruption.
La Suisse a fini par adhérer à l'ONU
... «Chaque euro devrait être déclaré dans le pays d'origine et dans le pays où il est placé. Condition sine qua non à la traçabilité de l'argent», estime Cohn-Bendit, de passage au Centre d'accueil de la presse étrangère à Paris. C'est ce que d'autres appellent l'échange automatique d'informations sur la fiscalité de l'épargne. Et ce que refuse la Suisse pour l'instant.
«Le secret bancaire est condamné. Et alors ?», tempête le bouillonnant député européen, qui connaît bien la Suisse pour avoir animé pendant neuf ans une émission littéraire sur la télévision suisse alémanique. «L'Allemagne a bien abandonné le Reich Mark. Et la Suisse a bien fini par adhérer à l'ONU, après tant d'années d'hésitation.»