BNP Paribas toujours plus haut avec Fortis! Par Didier REMER



C'est à Utrecht, aux Pays-Bas, que s'est joué la fin de la reprise mouvementée de Fortis par BNP Paribas. Commencée hier à Gand en Belgique, siège historique de Fortis Holding, l'ambiance de la première assemblée générale, était très tendue. La sécurité était même intervenue sur le podium pour maintenir les nombreux actionnaires qui s'étaient avancés jusqu'à la tribune du président du conseil d'administration De Mey, encore choqué. Dans un premier temps, l' avocat Mischael Modrikamen venait d'appeler au micro les actionnaires à se déplacer en masse. Dépassé par son propre appel, il fera vite marche arrière pour demander le calme et "la dignité qui doit prévaloir" à l'assemblée générale. Il faut dire qu'avec Deminor, la lutte des "petits actionnaires" ne pouvaient donner que trop peu d'échos à une issue autre que la cession "toute tracée" de Fortis Banque à BNP Paribas. C'est donc le vote d'Utrecht qui aujourd'hui valide la patience du groupe français qui devient du coup première banque de la zone euro. Les votes massifs depuis des sociétés domiciliées à Caïman Islands venaient compléter "le tour de table" favorable à la cession... De quoi irriter le camps de ceux qui refusent cette cession. La Belgique perd donc sa principale banque et fleuron de la finance belgo-néerlandaise. "Il faut rester réaliste, l'avocat Modrikamen est dans une logique bien délicate, ceux qu'ils représentent, et ce plutôt courageusement avec de grandes qualités, ne sont en rien capables de faire obstacle à la puissance de BNP Parisbas. Mais la prudence est de rigueur!" Souffle un conseiller du groupe.Le groupe français peut donc enfin "respirer", la deuxième assemblée générale a bien confirmé son nouvel accord sur la cession de la Fortis Banque à BNP Paribas. Décision qui avait été approuvé mardi lors de l'assemblée générale à Gand (Belgique) de l'ancienne maison mère Fortis Holding. L'ambiance était tendue et houleuse: "Oui mais la Belgique perd sa principale banque! C'est pour certain le démantèlement de toute la Belgique qui se profile avec ce triste exemple!" Précise un économiste présent... Hier, après le départ de l'avocat Mischaël Modrikamen, jugé comme la dernière cartouche des "petits" actionnaires et minoritaires, près de 73% des votants ont approuvé la dernière mouture de l'accord prévoyant que BNP rachète 75% de Fortis Banque.BNP Paribas qui va reprendre 25% des activités d'assurance en Belgique de Fortis Holding, ancien fleuron de la finance belgo-néerlandaise. Mais Me Modrikamen ne cache pas qu'il entend formuler de nombreux recours plus particulièrement avec la contestation "de la régularité des droits de vote accordés à des fonds spéculatifs entrés récemment au capital de Fortis Holding" quand "le cours de Bourse était au plus bas, et donc plus susceptibles de voter en faveur de BNP que les petits actionnaires historiques qui ont déjà beaucoup perdu." Les recours d'actionnaires qui s'estiment floués empêchaient depuis sept mois à la BNP de prendre le contrôle de Fortis Banque. Fortis Banque et Fortis Holding sont en effet issues du démantèlement en octobre du bancassureur belgo-néerlandais Fortis, un des premiers groupes européen frappé par la crise financière. Appelés à son secours, les Etats belge et néerlandais, avaient orchestré son démantèlement en octobre. Le premier avait alors nationalisé provisoirement Fortis Banque, en attendant d'en revendre 75% à BNP. Les actionnaires de Fortis Holding, qui ont vu la valeur de leurs titres s'effondrer en Bourse, avaient déjà voté une première fois contre le démantèlement de leur groupe lors d'une assemblée générale le 11 février à Bruxelles, obligeant l'Etat belge à renégocier son accord avec BNP. C'est la dernière mouture de cet accord qui vient d'être actée par l'assemblée générale d'Utrecht et dans une ambiance plus "posée" précisent de nombreux observateurs encore sur le coup "de la fronde de Gand". En Belgique certains font grise mine et parlent d'une "braderie" au profit de la banque française. "Il est clair que nos politiques se sont limités à un plan qui manque cruellement d'audace, tout juste une solution qui fait la part belle à nos cousins français! Didier Reynders (ministre) est à la merci de personnes qui portent des intérêts éloignés du coeur de chaque belge!" (...) "Le plus grave, c'est le plan social que va donner la synergie des compétences des deux groupes, on sait que le pire est à venir, les syndicats seront vigilants!". Un autre actionnaire: " Il fallait le faire, c'est fait! Que des cabinets d'avocats soient intéressés à la pêche habituelle aux honoraires m'importe peu. Le plus important, c'est que dans la crise actuelle, l'essentiel soit sauvé, toujours plus intelligent que la faillite évitée et dont certains belges ne semblent pas vouloir intégrer à quel point le risque était bien réel! Le reste viendra avec les compétences des personnels, du conseil d'administration et le retour à la confiance des clients." BNP Paribas va donc devoir rassurer la clientèle du réseau belge tout en fêtant cette victoire qui lui ouvre de nouvelles perspectives toujours plus fructueuses.

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